La Paracha de la semaine par Claude Layani:VayakelBetzalel, l’architecte du Sanctuaire

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Vayakel Betzalel, l’architecte du Sanctuaire

Depuis quelques semaines, les sections sabbatiques exposent les prescriptions pour la construction du Tabernacle portatif. La fastidieuse répétition des détails de sa construction peut lasser le lecteur. Elle comporte en tout cas une leçon sur l'importance d'un travail collectif. Certains détails différents cependant apportent un enseignement qui n'en sera que plus significatif. Il s'agit par exemple, dans nos lecture d'une particularité quant à la personnalité des principaux architectes de l'ouvrage. Nous savons déjà qu'il s'agissait de Betzalel et de ses collaborateurs ; au moment de la mise en chantier, leurs noms et qualités sont à nouveau évoqués presque dans les mêmes termes. 

A un détail près toutefois. On nous apprend cette fois que, si le Seigneur les a désignés pour diriger les travaux, c'est parce qu'ils possèdent en plus d'autres vertus le don de l'enseignement. Ce détail, ajouté au moment du début des travaux, n'est certes pas d'une minime importance quand on se rappelle que la masse des enfants d'Israël sortant d'Egypte, rompue aux travaux serviles, aux basses besognes, devait être difficile à éveiller à la  grandiose oeuvre que représentait la construction du sanctuaire. L'association du maître et de l'élève, relève le caractère d'un travail exaltant entrepris en commun, mais qui ne devait comporter aucun aspect mystérieux ou ésotérique. L'exemple des maîtres devait être contagieux et exaltant pour les autres artisans attachés à l'oeuvre sacrée..

Le choix de Betzalel n'était pas gratuit. Son origine le désignait à sa fonction. La tribu de Juda n'avait-elle pas la première fait parti du Seigneur en s'élançant dans la Mer Rouge à la tête de la sainte cohorte alors que les flots ne s'étaient pas encore ouverts ? Petit-fils de Hour, Betzalel n'avait-il pas tiré la leçon de la conduite de son grand-père qui, suivant le Midrach Rabba, avait succombé en résistant à la foule en liesse dansant devant le veau d'or et qu'il adjurait de ne pas se livrer à l'idolâtrie?Son nom parlait pour lui, "à l'ombre du Seigneur", c'est lui qui devait donner forme aux objets . Betzalel n'a pas seulement investi ses efforts et son génie dans la construction matérielle du Tabernacle. Il a aussi oeuvré dans le domaine spirituel. et D.ieu lui accorda le don de l'esprit saint comme le texte le souligne il était "rempli de l'esprit de D.ieu, avec la sagesse, l'intelligence et la connaissance de tous les arts.

Cette échelle des vertus de l'artiste a souvent et diversement été étudiée par nos Sages ; elle est reprise dans le même ordre et la même formulation dans les Proverbes,3,19. Ces qualités en appellent autant à la connaissance intellectuelle qu'à l'intuition qui fait de l'artiste une personnalité unique et de son oeuvre inimitable.

La personne de Betzalel n'était ni celle d'un exécutant, ni celle d'un artisan de génie, elle était si écrasante que le Seigneur lui-même l'avait présenté à Moïse: "Vois j'ai appelé le nom de Betzalel...")

A toutes ces vertus, à la grandeur de sa vocation, le maître ajoutait celle d'être un chef d'école, car il avait aussi "le don d'enseignement dans son coeur".

De son esprit, de son ouvrage allait naître le sanctuaire réceptacle du monde à l'image de l'univers créé, disent nos  Sages. N'est-ce pas sur les trente-neuf tâches principales de l'édification et du service du Tabernacle que sont basées les quarante moins une interdictions maîtresses d'oeuvrer le jour du chabbat ?

L'oeuvre de Betzalel était création au premier chef, parallèle à cette création initiale dont elle était le reflet. Elle était aux dimensions de l'univers. C'est pourquoi cette oeuvre est demeurée unique pour ce peuple religieux par définition mais qui n'a point de cathédrales.

Pour le judaïsme, le chabbat est supérieur au Temple. Par sa haute valeur il se place en tête de toutes les institutions religieuses.  Le Temple et l'autel pouvaient être ruinés, mais le Chabbat restait le sanctuaire inviolable qui accompagne le juif partout et toujours, et que le juif rebâtit à chaque 7e jour: voilà l'Alliance éternelle à laquelle il adhère à chaque jour du Chabbat.

Avant de mettre en oeuvre la construction, D.ieu, dans notre sidra, rappelle encore une fois l'observance du Chabbat.  Elle ne pouvait pas mieux marquer l'indispensable nécessité du chabbat pour conférer à une oeuvre déjà sacrée, et à plus forte raison, à des occupations profanes, un degré de sainteté compatible avec le rôle éminent de D.ieu que l'homme doit assumer sur cette terre. 

 

CLAUDE LAYANI

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