Archives de mai 2015

Rescapé du Hamas, Segev Kalfon bouleverse Israël par un simple geste : « Il ne jette plus rien »

Rescapé du Hamas, Segev Kalfon bouleverse Israël par un simple geste : « Il ne jette plus rien »

Il ne jette jamais de nourriture : le détail révélé par la mère de Segev Kalfon

Après un calvaire prolongé de plus de deux ans en captivité par le Hamas, Segev Kalfon est revenu dans les bras de sa famille. Lors de son premier entretien accordé après sa libération, ses parents, Galit et Kobi Kalfon, ont évoqué non seulement les souffrances endurées, mais également des transformations symboliques dans le comportement de leur fils – dont un geste posé, inattendu, révélateur d’une épreuve qui l’a marqué à jamais. 

Une attitude nouvelle, née de l’épreuve

« Quand il mange, il dit : “Maman, tu ne vas pas jeter ça, d’accord ?” » explique Galit Kalfon, la voix empreinte d’émotion. « Il appelle immédiatement des amis, pour qu’ils prennent la nourriture qu’il n’aura pas consommée et la donnent aux nécessiteux. Je suis tout simplement bouche bée : pour lui, chaque petite chose a un poids énorme. » 

Ce détail, apparemment anodin, trahit une transformation profonde : l’homme de trente ans qu’ils avaient connu, actif, insouciant, se découvre désormais dans un souci aigu de gratitude et d’attention aux autres. « Chaque matin, il fait son lit, il se lève et plie ses vêtements ; ça ne se faisait pas avant », ajoute sa mère. 

« Quel enfant nous avons retrouvé ? »

« Tout ce que nous avons traversé pendant ces deux années, l’extraordinaire fardeau, mais au final, Dieu nous a bénis et nous a donné un cadeau : un enfant nouveau, avec de nouvelles prises de conscience. » confie Galit.
« Nous ne sommes qu’au début, mais il a énormément de remise en question, une immense reconnaissance pour chacun de ceux qui nous entourent ; à chaque instant je remercie Dieu. » 

La question fu­sible : comment accompagner quelqu’un qui revient d’un moment aussi extrême ?
« Durant ces deux semaines, je n’ai quasiment pas pu m’asseoir avec Segev, il passe des examens, s’occupe de toute cette affaire. Mais je suis également inquiète pour la suite. Il doit être dans une tourmente d’émotions ; pour nous, cela a été deux ans, mais pour lui, c’est plus de dix ans. Tout est nouveau pour lui : il s’émerveille de la moindre chose, et je veux le voir sur la bonne voie. Je suis toujours optimiste, mais je souhaite vraiment qu’il réussisse dans cette voie, nous l’aiderons, mais j’espère qu’il soit sur le bon chemin. » confesse encore Galit. 

L’écho du père et le choc de la libération

« J’ai traversé des jours où j’ai failli craquer », confie Kobi Kalfon. « Mais ma foi personnelle m’a soutenu et je suis allé de l’avant à ma façon. J’ai compris que, en tant qu’État, et parmi les instances qui s’occupent de tout ce dossier des otages, on avait besoin de cette aide divine. On ne peut pas rêver qu’ils sortent vingt otages dès le premier jour, qui croire ? Ce n’était même pas à l’ordre du jour.
Une transaction globale était imaginée dans des conditions où Israël ne pouvait pas tenir, et le Hamas a été obstiné… jusqu’à ce que vienne le Grand Maître et alors tout s’est déroulé. » 

À propos du moment tant attendu du retour de son fils : « Tu ne planifies pas ce que tu vas voir ; on a vu sa sortie du « savana » de l’Forces de défense israéliennes lorsque l’officière le reçoit. Avant tout, c’est un choc : tu vois simplement une silhouette et tu exploses de rage et d’émotion. Tu le vois, tu ne l’entends pas, tu ne le sens pas. Imagine que je voyais Segev uniquement à l’écran, et on me disait encore « une heure et vous le rencontrez », il est là, à quinze mètres de nous, dans une autre pièce, en train de se préparer, passer les entretiens, se doucher. Et puis ils nous ont dit : “Vous êtes prêts à aller voir Segev ?” Pour moi, ce fut un tremblement de terre dans tout le corps, un volcan prêt à exploser d’émotion. » 

Une vie « neuve », mais une douleur persistante

La libération n’efface pas l’empreinte de l’enfer vécu. Si aujourd’hui la famille Kalfon célèbre le retour, elle ne minimise pas l’ampleur du travail à venir. Peu à peu, ils découvrent un homme transformé, désormais capable d’un regard neuf sur les « petites » choses de l’existence – premier repas sans gaspillage, première matinée avec un lit rangé, premier sourire spontané sans crainte.

Et pourtant, le vécu demeure : l’abandon forcé de sa liberté, la sidération d’être « pris·en·otage », la souffrance psychologique aussi bien que physique. Le geste de ne plus jeter de nourriture – petite marque, peut-être, mais révélatrice – devient une métaphore de la reconnaissance retrouvée, de la vie réapprivoisée.

 L’otage libéré revient, certes, à sa famille et à sa vie, mais il revient aussi, et peut-être surtout, à lui-même : un homme marqué, humble, attentif. Galit et Kobi Kalfon ont franchi l’intervalle de l’absence, de l’angoisse, de l’incertitude. Ils ont maintenant devant eux un fils différent, et l’espoir d’un chemin à reconstruire pas à pas.

Crise des vétérans en Israël : un réserviste s’immole devant un haut responsable du ministère de la Défense

Crise des vétérans en Israël : un réserviste s’immole devant un haut responsable du ministère de la Défense

Un réserviste souffrant de stress post-traumatique s’immole devant le domicile d’un haut gradé de la réadaptation

Le drame

Un homme réserviste âgé d’environ quarante ans, souffrant de trouble de stress post-traumatique (TSPT), s’est immolé par le feu devant le domicile d’un haut gradé du service de réadaptation du Ministère de la Défense d’Israël, situé au sein de la localité de Neve Ilan.

Les équipes de premiers soins dépêchées sur place ont constaté de nombreuses brûlures couvrant l’ensemble de son corps et l’ont transporté dans un état grave à l’hôpital Hôpital Hadassah Ein Kerem.

L’article du site Mako révèle plusieurs éléments essentiels sur le drame.

L’homme qui s’est immolé est un ancien policier âgé d’environ quarante ans, reconnu depuis 2013 par le département de réadaptation du ministère israélien de la Défense pour un trouble de stress post-traumatique. Ces dernières semaines, il s’était engagé dans de nouvelles démarches administratives afin d’obtenir une reconnaissance supplémentaire de sa situation et une amélioration de sa prise en charge.

D’après le communiqué conjoint des services d’incendie et de secours :

« Un homme a été grièvement blessé dans un incendie survenu dans la localité de Neve Ilan. Les équipes de pompiers ont été appelées sur les lieux d’un feu qui s’était déclaré dans la cour d’une habitation, où elles ont découvert un civil blessé par les flammes. Les pompiers ont éteint les foyers d’incendie, et un enquêteur du service des incendies examine actuellement les circonstances de l’origine du sinistre. »

L’événement survient à un moment où l’armée israélienne (Forces de défense d’Israël, Tsahal) est confrontée à une explosion d’appels à l’aide psychologique, à un accroissement dramatique des tentatives de suicide parmi ses réservistes, et à un épuisement profond de ses troupes mobilisées depuis plus longtemps que jamais.

Un indicateur alarmant

D’après un rapport du Centre de recherche et d’information de la Knesset, 279 soldats ont tenté de se suicider entre janvier 2024 et juillet 2025. Les soldats de combat représentaient 78 % de ces cas en 2024, une montée fulgurante comparée aux 42-45 % enregistrés entre 2017 et 2022.  Une enquête interne révèle par ailleurs que les suicides les plus récents sont liés aux « traumatismes psychologiques » liés à la guerre, aux déploiements prolongés et aux pertes observées sur le terrain. 

Dans un article du The Washington Post, on apprend que plus de 11 000 soldats ont été admis dans le programme de réadaptation psychologique du ministère de la Défense depuis le déclenchement du conflit en cours.  De l’aveu même des spécialistes israéliens de la santé mentale, le système est proche de l’effondrement.

Une immolation aux multiples lectures

Cet acte de désespoir s’inscrit dans un contexte où un réserviste, gravement blessé par la guerre ou le retour au civil, ne peut plus trouver de soulagement.
Le choix spécifique du lieu — le domicile d’un haut gradé du service de réadaptation — pose une question symbolique : celui qui avait vocation à accompagner les blessés de guerre se trouve pris à témoin de l’impuissance des structures dont il dépend. Le geste interroge la chaîne de responsabilité institutionnelle et la proportionnalité des réponses apportées à cette crise silencieuse.

L’arrière-plan psychologique

Le phénomène du TSPT chez les forces israéliennes connaît une recrudescence : un article du Haaretz indique que des soldats souffrant de stress post-traumatique ont été rappelés au service malgré leur condition, certains se suicidant.  L’étude de 2015 « Characteristics of the suicidal soldier in the Israeli Defense Forces » avait déjà posé les éléments de profil d’un soldat suicidaire, mais la situation actuelle dépasse tout ce qui avait été anticipé. 

La pratique du retour sur le terrain avant une réadaptation complète, la stigmatisation psychologique, le sentiment d’abandon et la répétition des traumatismes interviennent dans une spirale mortifère.

À l’épreuve de la guerre et de la société

Depuis l’attaque du 7 octobre 2023 lancée par Hamas, la guerre a tenté de répondre à un défi existentiel pour Israël. Mais elle a également révélé ses effets collatéraux internes. Alors que les réservistes représentent environ 70 % de l’effectif total de Tsahal, le fardeau qu’ils portent est sans précédent.  Certains soldats sont aujourd’hui confrontés à un dilemme moral, à l’usure familiale et professionnelle ou au sentiment d’un engagement sans limite. Dans ce cadre, l’acte d’immolation est loin d’être isolé, il s’inscrit dans une crise miroir de la société.

L’impératif d’une réforme

Les signaux sont clairs : l’armée israélienne reconnaît que la situation sanitaire mentale de ses soldats est « hors norme ». Un député, Elazar Stern, a qualifié de « hors norme » le taux de suicides et présenté des témoignages de familles dont les fils avaient sollicité de l’aide avant leur décès.
L’urgence d’une réforme en profondeur se pose : filtrage psychologique rigoureux avant le retour au front, renforcement massif de la prise en charge, modification de la culture militaire pour y intégrer la vulnérabilité et non la norme du silence.

Élaborer des mécanismes permettant la reconnaissance des suicidés et des blessés psychiques comme « victimes de guerre » est également évoqué, afin d’apporter dignité et soutien aux familles. 

Le cas spécifique et ses implications

L’immolation de ce réserviste traduit l’alerte urgente que les chiffres seuls ne suffisent plus à rendre. Elle pose une fois de plus la question de la ligne de fracture entre le combattant qui revient « intact » et celui qui revient brisé. Elle met au jour la nécessité d’évaluer les structures de réadaptation non comme un amortisseur mais comme un axe stratégique de la sécurité nationale.

Dans ce contexte, l’État d’Israël doit affronter deux fronts : celui défensif au-dehors, et celui humain au-dedans. Le même soldat qui se tient sur la ligne de front est, à son retour, fragilisé par un ennemi intérieur plus furtif : la souffrance psychique.

Une marée noire à Jérusalem : mobilisation d’ampleur chez les Haredim

Israël au bord de la rupture : la conscription des ultra-orthodoxes embrase la presse nationale

Israël au bord de la rupture : la conscription des ultra-orthodoxes embrase la presse nationale

Une marée noire à Jérusalem : la contestation haredi s’intensifie

Ce matin du 31 octobre 2025, la presse israélienne parle d’une seule voix : celle d’un peuple fracturé. Des dizaines de milliers d’hommes vêtus de noir ont envahi les rues de Jérusalem pour protester contre l’obligation de servir dans Tsahal.

Le Yedioth Aharonoth titre : « Ils se sont mobilisés », évoquant près de deux cent mille manifestants massés sur le pont des Cordes.
Le Israel Hayom, lui, dénonce « un foyer de violence et d’intimidation », tandis que Haaretz analyse ce rassemblement comme « le symptôme d’une crise identitaire profonde ».

La Cour suprême hausse le ton

Cette explosion de colère intervient après une audience tendue à la Cour suprême, le 29 octobre. Les juges reprochent au gouvernement de ne pas faire appliquer la loi sur la conscription obligatoire des haredim.

Sur les 78 000 jeunes hommes ultra-orthodoxes convoqués depuis juin 2024, seuls 931 se sont effectivement enrôlés.

La juge Yaël Wilner a résumé l’exaspération de la Cour en déclarant : « L’argument selon lequel il n’y aurait pas assez de places dans l’armée n’est pas recevable. Il s’agit d’un prétexte inacceptable au regard de la situation actuelle. »

L’armée israélienne alerte : elle manque aujourd’hui de douze mille soldats de combat, alors que le pays est engagé dans une guerre ouverte depuis le 7 octobre 2023.

Un clivage devenu politique

Le gouvernement Netanyahou s’est engagé à recruter dix mille haredim supplémentaires d’ici deux ans. Une unité spéciale, la brigade hasmonéenne, a été créée pour concilier service militaire et pratique religieuse. Mais les résultats restent dérisoires.

Sur le terrain, la contestation se radicalise. Plusieurs jeunes ultra-orthodoxes ont été interpellés après avoir crié, à l’audience : « Plutôt mourir que de servir dans l’armée ! » Les forces de sécurité ont dû intervenir pour évacuer la salle.

La fracture est désormais ouverte entre Israël laïque et Israël religieux. Les haredim, qui représentent environ 13 % de la population, continuent de considérer l’étude de la Torah comme une forme supérieure de service national. Le reste de la société y voit une injustice intenable.

Les journaux s’affrontent sur le sens de la crise

Dans Yedioth Aharonoth, les éditorialistes appellent à « une responsabilité partagée » et à « un effort collectif » pour préserver l’unité nationale.

Israel Hayom, proche du gouvernement, met plutôt l’accent sur la provocation :
« Les forces de gauche exploitent la colère des haredim pour affaiblir la coalition », écrit le quotidien.

Haaretz, enfin, s’interroge sur « l’échec d’un modèle » : celui d’un État juif incapable de définir ce que signifie être à la fois religieux, citoyen et soldat.

Une fracture nationale en pleine guerre

Derrière la polémique sur la conscription se cache une question existentielle : comment Israël peut-il rester uni alors que sa survie dépend de l’engagement de tous ?

Les partisans de la réforme rappellent que Tsahal repose sur un principe d’égalité des devoirs. Les opposants rétorquent que forcer un étudiant en yeshiva à combattre revient à détruire le cœur spirituel du peuple juif.

La manifestation d’hier à Jérusalem, soutenue par des rabbins influents et des courants ultra-orthodoxes radicaux comme Peleg Yerouchalmi, n’était pas un simple cri de protestation : elle symbolise une rupture profonde entre deux visions d’Israël.

Les journaux israéliens du matin en miroir

Le Yedioth Aharonoth fait sa une sur la « peur d’un schisme social ».

Israel Hayom titre sur « l’ordre public menacé ».

Haaretz publie un éditorial intitulé « Un État juif sans cohésion ».

Chacun à sa manière traduit le désarroi d’un pays tiraillé entre sa mémoire, sa foi et son devoir.

La presse internationale

Europe (Espagne)

Le journal espagnol El País rapporte qu’environ « 200 000 juifs ultra-orthodoxes se sont mobilisés à Jérusalem contre le service militaire obligatoire ».  Le quotidien souligne que cette mobilisation s’inscrit dans un contexte où la communauté haredi représente 13 % de la population israélienne et pourrait monter à 32 % en 2065, ce qui alimente les débats sur l’équité du service militaire.  Il met également en avant la pression politique sur le gouvernement de Benjamin Netanyahou, dépendant des partis ultra-orthodoxes, et le risque d’effondrement de la coalition. 

Monde anglophone (États-Unis, Australie)

Le service de presse international Associated Press titre : « Tens of thousands of ultra-Orthodox Jews protest military draft in Jerusalem ».  Il y est rappelé que l’exemption haredi du service remonte à la fondation de l’État d’Israël, mais a été jugée illégale par la Cour suprême d’Israël.  Un adolescent est mort lors de la manifestation, ce qui pèse désormais sur l’image de l’événement. 

Le média australien ABC News évoque la paralysie d’accès à Jérusalem, les arrestations et la détérioration de l’ordre public comme partie du choc symbolique de cette manifestation. 

Scandinavie / Europe du Nord

Le portail suédois Omni note que le gouvernement israélien « vacille » : crise de gouvernance et menace de dissolution de la Knesset en raison de l’opposition ultra-orthodoxe à la réforme du service militaire.  Le ton est nettement politique : il n’est plus seulement question d’une communauté protestant, mais d’un gouvernement fragilisé.

Analyse comparative

À l’international :

  • L’accent est mis sur la justice sociale : l’idée qu’une communauté (haredi) bénéficie d’un privilège en temps de guerre suscite l’indignation.

  • Le risque politique pour Israël interpelle : l’instabilité de la coalition gouvernementale est pointée comme un signal de faiblesse.

  • Le symbole sociétal de la manifestation est perçu comme révélateur : un État en guerre, une minorité qui refuse encore une fois un devoir national, et une fracture interne qui attire

 

 

Einav Tsengauker, la voix des familles d’otages, reçoit le plus haut hommage universitaire d’Israël

Einav Tsengauker, la voix des familles d’otages, reçoit le plus haut hommage universitaire d’Israël

« Un symbole de solidarité sociale » : Einav Tsengauker reçoit un doctorat honorifique

L’Université de Tel-Aviv a décidé d’attribuer un doctorat honoris causa à Einav Tsengauker, mère du prisonnier de guerre libéré Matan Tsengauker, en reconnaissance, selon ses mots, « du combat sans complaisance, courageux et inspirant qu’elle a mené pendant près de deux ans, avec le Méta des Familles des Captifs et le grand public, en faveur du retour en Israël de tous les captifs vivants et des défunts ».

Un engagement personnel devenu symbole national

Le 7 octobre, Matan Tsengauker a été enlevé par le Hamas, avant d’être libéré dans le cadre d’un échange de prisonniers. L’université rappelle : « Il y a quelques semaines, avec le retour en Israël de vingt des captifs vivants, Einav a eu de nouveau la chance d’embrasser son fils Matan, tout comme les autres familles des captifs vivants ont chaleureusement accueilli leurs proches revenus des tunnels du Hamas, en l’un des jours les plus émouvants qu’Israël ait connus depuis de nombreuses années. »

Mais, précise encore l’institution, « ce combat n’était pas clos ; Einav, comme bien d’autres, poursuit avec toute son énergie le retour en Israël de tous les captifs et des défunts détenus ».

Une décision hautement symbolique

Le communiqué de l’Université souligne qu’« Einav Tsengauker représente le mouvement social pour le retour des captifs et a été l’une de ses dirigeantes les plus marquantes. Depuis le 7 octobre, à ses yeux de nombreux, elle est un symbole de solidarité sociale, de la sacralité de la vie, de l’unité et du discernement ».

La cérémonie se tiendra en mai 2026 sur le campus de l’université, à l’occasion de la réunion annuelle de son Conseil des fiduciaires, en présence de plus d’un millier de personnes. Lors de cet événement, Steve Witkoff, l’un des architectes de l’accord d’échange, recevra la médaille George-Wise pour ses efforts dans la libération des captifs.

Un hommage à la résilience et à la société civile israélienne

En attribuant ce titre honorifique à une mère engagée dans une cause nationale, l’Université de Tel-Aviv adresse un message clair : le retour de chaque captif et la mémoire de chaque disparu demeurent une priorité nationale.

Cette reconnaissance institutionnelle souligne aussi le rôle crucial de la mobilisation civile et de l’unité sociale dans une période de crise prolongée.

Le parcours d’Einav Tsengauker, marqué par la douleur et la persévérance, incarne la force d’un peuple uni par une cause commune. En choisissant d’honorer cette femme qui a transformé sa souffrance en combat, l’Université rend hommage à une forme d’héroïsme ordinaire devenue exceptionnelle.

Ce doctorat honorifique apparaît ainsi comme un geste de gratitude et d’admiration envers celles et ceux qui refusent d’abandonner, un symbole d’espérance et de cohésion nationale.

Les médias israéliens sous tension : quand la liberté d’expression s’invite à l’antenne

Les médias israéliens sous tension : quand la liberté d’expression s’invite à l’antenne

Les médias israéliens sous tension : quand la liberté d’expression s’invite à l’antenne

En plein débat législatif sur les réformes de l’audiovisuel, la journaliste Adi Zarifi monte au créneau en direct pour alerter : « ceci vise à dissuader, à faire taire et à contrôler ».
Son intervention marque un moment clé, nourri par le refus de la majorité de respecter l’avis du conseil juridique – et soulève la question de l’indépendance des médias en Israël.

Le mouvement de contestation

Ce jeudi matin, lors de l’émission « חדשות הבוקר » sur la chaîne Keshet 12, Adi Zarifi a pris la parole pour dénoncer publiquement une réforme portée par le ministre des Communications Shlomo Kar’i. Cette réforme vise à instaurer un comité spécial dédié aux questions de l’audiovisuel à la Knesset, avec la perspective de modifier la régulation et le contrôle des médias. 

Elle a notamment pointé le fait que plusieurs des textes proposés sont présentés « en dépit de l’avis du conseil juridique », ce qui, selon elle, ouvre la voie à un précédent inquiétant. 

Une tribune directe et assumée

« En général, dans ce genre de chronique, nous, dans les médias, nous utilisons la tribune pour adresser une critique aux décideurs. Cette fois, avec votre permission, je vais utiliser ce temps pour m’adresser directement à vous », a-t-elle déclaré en s’adressant aux téléspectateurs. 

Elle poursuit : « Dans les jours à venir, vous entendrez parler de la manœuvre visant à prendre le contrôle des médias en Israël, menée par le ministre Kar’i. Qui en parlera ? Des médias eux-mêmes, très probablement. Cela ressemble toujours à un média qui parle de lui-même. Peut-être. Mais pas seulement. » 

Le cœur de l’alerte

Adi Zarifi insiste : « Cela veut dire que toute loi pourra passer même si l’avis du conseil juridique s’y oppose, comme, par exemple, la ‘loi du recrutement’ ou la ‘loi de l’exemption de recrutement’. Les bâtons que le gouvernement tiendra dans la cadre de la loi à l’égard des médias sont destinés à dissuader, à faire taire, à contrôler via l’ingérence dans l’audience, les amendes et la suppression de la séparation importante entre les départements d’information et l’enveloppe du canal — et c’est ce qui garantit notre indépendance, car nous devons cette indépendance uniquement à vous. » 

Elle ajoute : « Et les carottes ? Elles sont déjà distribuées à ceux dont l’attitude est favorable aux puissants, aux ministres du gouvernement, sous forme d’argent public et de facilités diverses. » 

Sa conclusion mérite attention : « Dans ce cas-ci, il existe une occasion rare de voir l’avenir sur cette trajectoire », avant de citer l’exemple de la Hongrie :
« Voyez la Hongrie ; les journalistes là-bas ont l’air bien et libres mais c’est le pouvoir qui dicte le cadre. Et vous ? Vous avez appris à qui le pouvoir fait confiance. » 

Les enjeux sous-jacents

Au-delà de l’alerte, ce discours soulève plusieurs questions fondamentales.
D’abord l’indépendance des médias face à l’exécutif : la séparation entre information et sphère politique est mise à mal lorsque les règles peuvent être imposées malgré l’avis légal.
Ensuite, la régulation des audiences, le financement public et la structure des chaînes de télévision deviennent des leviers de contrôle politique – non plus seulement techniques mais stratégiques. Enfin, l’appel au spectateur comme arbitre ultime de l’indépendance suggère une remise en cause du rôle traditionnel des journalistes.

Pourquoi maintenant ?

Le calendrier parlementaire est déterminant. La réunion de la commission de l’économie de la Knesset a relancé le débat sur les lois de l’audiovisuel, sous l’impulsion du ministre Kar’i.  Le projet de création d’un comité spécial pourrait redéfinir la manière dont les médias sont encadrés en Israël – et potentiellement affaiblir les garanties d’autonomie.

Dans cet environnement politique instable, l’intervention d’Adi Zarifi agit comme un signal d’alarme clair : un média peut-il encore exercer son métier en toute liberté lorsque la loi elle-même est susceptible de s’imposer contre l’avis de ses propres conseillers juridiques ?

En choisissant de s’adresser directement aux téléspectateurs, Adi Zarifi déplace le lieu du débat : des coulisses de la législation à l’écran, au cœur de l’audience. Son message est limpide : ce qui se joue n’est pas seulement une loi sur l’audiovisuel, mais la sauvegarde d’un pilier démocratique. Et si cette bataille est remportée, elle reconfigurera la relation entre pouvoir, médias et public en Israël.

Le spectateur est ici appelé non plus à consommer, mais à choisir. Et ce choix pourrait bien redéfinir le paysage médiatique pour longtemps.

Un pédophile a tenté d’enlever un enfant d’un refuge à Jérusalem

Un pédophile a tenté d’enlever un enfant d’un refuge à Jérusalem

Un pédophile a tenté d’enlever un enfant d’un refuge à Jérusalem

Dans l’après-midi d’un jour ordinaire à ­Jérusalem, un refuge pour enfants a été le théâtre d’une tentative d’enlèvement sur laquelle plane l’ombre sinistre de la pédophilie. Le récit, rapporté par le site israélien Mako, met en lumière une alerte et une réponse rapide qui ont permis d’empêcher un drame. 

Le scénario d’une tentative d’enlèvement

Mercredi après-midi, les policiers de la station ­Moria (secteur de ­Zion) ont été alertés après qu’une employée du refuge a signalé la présence d’un individu inconnu. Cet homme s’est présenté devant l’établissement pour enfants, et selon le témoignage, « il sonna sans cesse à la porte d’entrée », demandant que l’on lui remette un enfant bien que « il ne soit pas connu du personnel ». 

Dans le même temps, l’homme a tenté de s’emparer d’un véhicule appartenant à un père venu chercher sa fille. Il est entré dans la voiture et aurait « tenté de la mettre en marche » afin de la voler. Toutefois, la vigilance du propriétaire a permis d’empêcher le vol. 

L’arrestation et la suite judiciaire

Le suspect, âgé de 22 ans et originaire de ­Modiin Illit, a été interpellé peu après son geste par les forces de l’ordre. Il a été conduit au commissariat de ­Moria pour interrogatoire, puis placé en détention provisoire. Le lendemain matin, une audience devant le tribunal de Jérusalem décidera d’une éventuelle prolongation de son incarcération. 

Le dossier reste ouvert — l’enquête se poursuit afin de déterminer avec précision les motifs et l’éventuelle préparation d’actes supplémentaires. 

Analyse critique : ce que révèle cette affaire

Ce dossier pose plusieurs interrogations importantes : pourquoi un tel individu pénètre-t-il dans un refuge pour enfants ? Était-il seul ou en réseau ? La rapidité de son passage à l’acte indique une intention claire, et la tentative simultanée de vol d’un véhicule suggère une mobilité planifiée. Le fait qu’il ne soit pas connu du personnel de l’établissement interpelle aussi sur les procédures de sécurité au sein des refuges de -Jérusalem.

Le personnel a agi avec prudence en ne lui remettant aucun enfant, démontrant une vigilance salutaire. Néanmoins, le simple fait que l’homme ait pu pénétrer dans l’enceinte ouvre le débat sur les protocoles d’accès et la protection des lieux accueillant des mineurs. Il conviendrait que les autorités et les directions de tels établissements réévaluent les dispositifs de contrôle, d’identification et de gestion des visiteurs.

L’arrestation rapide du suspect a permis d’éviter ce qui aurait pu devenir un drame aux conséquences inimaginables. Toutefois, cette affaire met en exergue la vulnérabilité des structures recevant des enfants dans des villes comme Jérusalem, et rappelle l’impérieuse nécessité de raffermir les dispositifs de vigilance et de sécurité. Le souvenir reste vif, et les questions restent ouvertes : ce profil, cette méthode, ces lieux… tout incite à un surcroît de prudence.

Israël : Hausse brutale sur les marques « Master Chef » et « Marabe » : jusqu’à +11 % dès novembre

Israël : Hausse brutale sur les marques « Master Chef » et « Marabe » : jusqu’à +11 % dès novembre

Nouvelle flambée des prix chez Shestovitz : une hausse injustifiée qui inquiète le marché israélien

Après des mois de répit, l’importateur relance la machine à augmenter

Après plusieurs mois de légère accalmie dans les rayons alimentaires, la société Shestovitz annonce une nouvelle vague d’augmentations, sans motif économique clair. L’importateur, distributeur majeur de marques telles que « Master Chef », « Barilla » et « Marabe », a informé les détaillants qu’à partir de novembre, une large gamme de produits verrait ses tarifs grimper de 8 % à 11 %.
Les hausses concernent notamment les sauces, les mayonnaises aromatisées, les pâtes à tartiner, les croûtons et biscuits sous les marques phares de l’entreprise.

 Des hausses précises et répétées, malgré la baisse mondiale des coûts

Selon les documents transmis aux fournisseurs, le prix des croûtons passera de 12,2 à 13,58 shekels, soit une augmentation de 10 %. La sauce soja (700 g) verra son tarif grimper de 5,7 à 6,32 shekels, et la mayonnaise (435 g) de 8,13 à 9,18 shekels, ce qui représente une hausse de 11 %. Côté sucré, les cookies aux pépites de chocolat « Marabe » (150 g) passeront de 4,5 à 5,23 shekels, et les brownies augmenteront d’environ 7 %.

Cette décision heurte les logiques économiques actuelles. En effet, le dollar et l’euro ont reculé ces trois derniers mois, et les matières premières connaissent une baisse significative. Tout indique donc que rien ne justifie objectivement cette hausse.

Face aux critiques, Shestovitz se défend :

« La tarification des produits de l’entreprise est déterminée périodiquement en fonction de critères professionnels précis, afin d’offrir au consommateur israélien le meilleur rapport qualité-prix. Même après les récentes mises à jour tarifaires, nos offres restent particulièrement attractives. »

Une politique tarifaire devenue coutumière

Cette nouvelle hausse ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans une série d’ajustements répétés : en février 2024, l’entreprise avait déjà relevé ses prix de jusqu’à 15 %, seulement six mois après une précédente hausse en décembre 2023. En mai 2023, Shestovitz avait procédé à une autre révision, atteignant là encore 15 % sur plusieurs produits.

Une exception mérite toutefois d’être rappelée : en décembre 2024, la société avait consenti une baisse de 10 % sur les pâtes, conséquence directe de la chute du prix de la farine. Mais cette accalmie aura été de courte durée : les hausses actuelles effacent les bénéfices de cette diminution passagère.

 Le risque d’un effet domino sur le marché israélien

Lorsqu’un importateur d’une telle envergure modifie ses tarifs, l’ensemble du marché suit souvent la cadence. Une entreprise géante comme Shestovitz crée un effet d’entraînement : les concurrents, craignant d’être perçus comme bon marché ou de perdre des marges, alignent leurs prix.

Le consommateur israélien, déjà écrasé par le coût de la vie, risque donc de subir une nouvelle vague de renchérissement généralisé. La seule question désormais : les autres distributeurs suivront-ils, ou attendront-ils de voir si le public acceptera sans broncher cette flambée injustifiée ?

« Entouré de haches, de marteaux et de couteaux » – le père d’un rescapé raconte l’enfer de l’enlèvement à Gaza

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« Entouré de haches, de marteaux et de couteaux » : le père d’un rescapé livre de nouveaux détails sur le jour de l’enlèvement

Le récit glaçant d’un retour et d’une révélation

Le père de Eitan Mor a partagé ce matin des confidences bouleversantes à l’issue de l’enlèvement de son fils, dévoilant des séquences d’une violence extrême et d’un courage inexorable. « Nous avons découvert qu’Eitan a été enlevé alors qu’il était retourné vers la zone de danger », explique son père, le Dr Tzvika Mor, président du forum « Tiqvah ».

« Il est revenu à midi depuis une zone plus protégée ; il avait déjà évacué les survivants qu’il avait secourus avec des agents de sécurité, puis il a décidé de repartir par un long chemin vers la zone de combat pour rechercher son meilleur ami. »

Le moment de la capture

« Ils l’ont poursuivi : trois « nahubot » (commandos) avec tout l’équipement, l’ont pris en chasse ; un Gazaoui l’a attrapé mais Eitan l’a maîtrisé et s’en est détourné.
Finalement, huit Gazaouis l’ont encerclé avec scies, haches, couteaux et marteaux.
Il a subi de nombreux coups et on lui a demandé s’il préférait mourir ou être emmené vers Gaza – il a choisi Gaza. Ils l’ont placé dans une voiture volée d’un des kibboutzim et l’ont emporté. »

Depuis son retour, la famille se concentre sur sa réadaptation : « Le gamin est revenu vivant de la captivité avec tous ses organes. Il retrouve peu à peu lui-même ; je ne peux rien demander de plus pour mon fils et ma famille. Nous sommes extrêmement heureux. Nous avons tremblé pour son état ; nous ne savions pas comment il reviendrait car le Hamas n’avait rien publié à son sujet. Il est revenu sain et sauf, comme tous ceux en rétablissement, il va progresser. »

Le partage et les secrets de la mémoire

Interrogé sur le fait de savoir s’il participe au travail de mémoire, le père répond : « Oui : Eitan raconte dans les cercles familiaux ce qu’il a vécu. Nous buvons ses paroles avec avidité. »
Quant à la crainte que ces récits soient trop lourds pour la famille : « Je veux savoir. Je veux aider mon fils à traiter ce qu’il a vécu. Je suis prêt à souffrir et à savoir ce qu’il faut aider et traiter. Il dira ce qu’il veut, je ne saurais jamais s’il y a des choses qu’il ne veut pas dire. Nous sommes totalement ouverts et nous verrons. »

Sur son état psychique, l’autre versant de l’épreuve : « Il est un ‘joker’, même avant la guerre. Il revient lui-même, car il est optimiste. Il est arrivé avec des réserves élevées vers Gaza, corps et âme. Il avait un optimisme et une compréhension de la situation tels qu’il a pu survivre. »

Le défi des disparus et l’appel à éviter la fatalité

À propos des 13 militaires dont le sort reste inconnu : « Nous sommes sans cesse en contact avec les familles des disparus, nous veillons à ce qu’il n’y ait pas un seul disparu dont l’emplacement de sépulture ne soit pas connu comme cela s’est produit lors d’autres guerres. Nous ne voulons pas que ce soit une statistique. Nous voulons les ramener, mais sans pression sur le Hamas cela ne se fera pas. »

Jérusalem paralysée : la manifestation contre la conscription plonge Israël dans le chaos

Jérusalem paralysée : la manifestation contre la conscription plonge Israël dans le chaos

Bloquage annoncé : les routes fermées ce jeudi en raison du rassemblement contre la conscription

Ce jeudi s’annonce chaotique dans la capitale israélienne : Jérusalem sera pratiquement coupée du reste du pays. Des milliers de manifestants ultra-orthodoxes convergent vers la ville pour protester contre la conscription obligatoire, provoquant la fermeture de l’autoroute 1 et l’asphyxie du trafic. Bus déviés, tramway partiellement à l’arrêt, écoles fermées : Israël retient son souffle face à une démonstration de force religieuse d’une ampleur inédite.

Un jeudi à haut risque pour la circulation

Ce jeudi, à partir de midi et jusqu’en début de soirée (vers 19 h), les accès routiers principaux rejoignant la capitale israélienne seront en grande partie fermés. Le long cortège de manifestants, issus de diverses communautés haredi, se prépare à envahir l’entrée de Jérusalem. Selon les estimations officielles comme celles des organisateurs, plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de milliers de participants sont attendus. 

Le déroulé prévu de l’événement

L’événement commencera à 14 h 30 à l’entrée de la ville. Les manifestants seront répartis par communauté ou hassidout dans des zones dédiées. Au programme : uniquement des segments de prières et de psaumes devant un chœur, sur une scène modeste, sans discours politiques. Une première qui rassemble pères, rabbins et têtes des courants séfarades, lituaniens et hassidim. 

La fermeture de l’axe principal, la Autoroute 1 (Israël) (Tel-Aviv ↔ Jérusalem), sera effective dès 12 h 00 entre l’échangeur de Latrun et l’entrée de la métropole. L’entrée dans la ville ne sera faite que par autocar pré-organisé. 

Zones interdites & itinéraires modifiés

La municipalité et la Police d’Israël ont précisé que, dans la ville elle-même, plusieurs axes seront barrés : la rue Givat Shaul, la rue Jaffa (de Haturim à Yirmiyahu), l’échangeur Givat Shaul-Ramat, la rue Ben Zvi et la rue Rabbi Shmuel Barukh en entrée de Jérusalem, l’avenue Shazar vers l’échangeur de Givat Shaul, l’avenue Herzl (côté Pont des Cordes) et le carrefour Malchei Yisrael vers Yirmiyahu. 

Pour les habitants des communes avoisinantes — Shoresh, Beit Meir, Neve Ilan, Mevasseret Zion, Abu Gosh, Ein Rafa, Ein Naqquba — la traversée sera possible uniquement sur présentation d’une carte d’identité ou d’un « badge » de travail aux barrages policiers. 

Transports publics : perturbations massives

L’Light Rail de Jérusalem fonctionnera normalement jusqu’à 12 h 00. Après, jusqu’à la fin du rassemblement (prévue vers 19 h 30), seule une partie de la ligne sera desservie : du nord entre Neve Yaakov et la station Davidka, du sud entre Hadassah Ein Karem et Kikar Denya. Plusieurs stations du centre-ville resteront fermées (Camp Mahane Yehuda, Hatourim, Central, Kiryat Moshe, HaHalutz). 

De même, certaines lignes de bus intra-urbaines seront déviées ou interrompues, notamment les lignes 54 et 89 ne fonctionneront pas durant les barrages.
Les bus interurbains et de banlieue seront déroutés vers des terminaux d’arrivée alternatifs : par exemple à partir de l’autoroute 1 ou de la 443 jusqu’à la vallée du Jourdain, ou depuis Beit Shemesh ou les corridors urbains via le terminus de Har Hertz ou de Hertom. 

Effet potentiel : quasi-paralysie de la capitale

Le ministère des Transports avait annoncé un renfort du service public, ce qui marque une rupture par rapport aux précédentes mobilisations où aucun effort similaire n’avait été mis en œuvre. Les critiques notent : « Nous ne sommes pas une compagnie d’autobus pour les manifestations », avait déclaré l’ancienne ministre Miri Regev lors d’une autre mobilisation. 

Cependant, les analystes préviennent que, compte tenu des blocages routiers, de l’isolement de l’entrée de la ville et des itinéraires réduits des transports publics, l’ensemble de la circulation – privée comme publique – pourrait connaître un « quasi-arrêt ». 

Impact sur la vie locale

En raison du rassemblement, le conseil régional de Mateh Yehuda a annoncé la fermeture des établissements scolaires dans son enceinte : 11 000 élèves resteront à domicile aujourd’hui. 

En résumé : anticiper, éviter, patienter

Si vous prévoyez de vous rendre à Jérusalem aujourd’hui ou d’en sortir, sachez que l’entrée via la route principale sera fermée dès midi, les transports seront fortement modifiés, et la ville sera partiellement inaccessible pour les véhicules privés.

Les autorités recommandent de retarder votre déplacement, d’utiliser les applications de navigation en temps réel, ou de privilégier le télétravail.

 

Trump relance la terreur nucléaire : « J’ai ordonné des essais immédiats »

Trump relance la terreur nucléaire : « J’ai ordonné des essais immédiats »

Tactique d’intimidation ? Le président Donald Trump : « J’ai ordonné au Pentagone de commencer immédiatement les essais nucléaires »

En pleine tournée diplomatique en Asie, le président américain Donald Trump a lancé une déclaration sidérante : « J’ai ordonné au Département de la Guerre de commencer immédiatement les essais de nos armes nucléaires, sur une base d’égalité. Ce processus commencera immédiatement. » Par cette phrase, il enterre potentiellement un moratoire vieux de 33 ans sur les essais nucléaires américains et relance une dynamique de confrontation stratégique à l’échelle mondiale.

Une annonce aussi symbolique que menaçante

Dans la nuit de mercredi à jeudi, alors qu’il se trouvait en Corée du Sud en route pour un entretien prévu avec le président chinois Xi Jinping, Donald Trump a publié sur son réseau social une série de déclarations fracassantes. Il y affirme : « Les États-Unis possèdent plus d’armes nucléaires que tout autre pays. La Russie est en deuxième position, et la Chine arrive loin derrière, mais elle nous égalera d’ici cinq ans. »

En ajoutant qu’il a ordonné le lancement immédiat des essais, Trump envoie un signal de puissance adressé à la fois à Pékin et à Moscou — mais aussi à ses propres électeurs, en pleine année électorale.

Quelques minutes plus tard, Trump rencontrait Xi Jinping dans le cadre d’un sommet économique, officiellement axé sur un potentiel accord commercial. La proximité de ces deux événements exclut toute coïncidence et suggère une stratégie de pression maîtrisée : faire monter la tension avant de négocier.

Que disent les chiffres ?

Contrairement à l’affirmation de Trump, les données du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) et de la Fédération des scientifiques américains indiquent que la Russie dispose aujourd’hui d’environ 5 600 ogives nucléaires, les États-Unis entre 5 000 et 5 200, et la Chine environ 500 à 600.

Le dernier essai nucléaire américain remonte au 23 septembre 1992, sur le site du Nevada. Depuis, un moratoire officieux était observé par les États-Unis, bien que ceux-ci n’aient jamais ratifié le traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CTBT).

Une provocation ou un tournant stratégique ?

Derrière cette déclaration spectaculaire, aucune information n’a été fournie concernant le lieu, la date ou le type d’essais envisagés. Pour certains analystes, cela suggère une opération de communication destinée à réaffirmer la domination américaine. Pour d’autres, il s’agirait d’un avertissement clair à l’adresse de la Chine, qui augmente rapidement son arsenal.

L’Associated Press s’inquiète : « Relancer le programme d’essais nucléaires américain pourrait être l’une des décisions politiques les plus lourdes de conséquences de l’administration Trump… Un test américain pourrait déclencher une réaction en chaîne incontrôlable. »

De plus, l’emploi par Trump du terme “Département de la Guerre”, expression obsolète depuis 1947, questionne. En réalité, ce sont le Département de l’Énergie et son agence spécialisée, la National Nuclear Security Administration, qui supervisent les essais nucléaires, et non le Pentagone à proprement parler.

La Chine visée, le monde entier concerné

En liant cette annonce nucléaire à la rencontre bilatérale, Trump transforme ce sommet commercial en bras de fer stratégique. Xi Jinping aurait déclaré qu’« il existe des accords de base » entre les deux pays pour parvenir à un arrangement économique. De son côté, Trump a affirmé : « Une relation merveilleuse s’instaurera entre les États-Unis et la Chine pour très longtemps. »

Mais sous ces mots diplomatiques, l’ombre de la bombe se dessine clairement.

La relance des essais américains compromettrait les efforts mondiaux de non-prolifération. Elle fournirait également un prétexte à la Russie, à la Chine, voire à d’autres puissances comme l’Inde ou le Pakistan, pour reprendre leurs propres programmes de tests.

Un retour à la guerre froide ?

Alors que le monde sort difficilement des tensions de la guerre en Ukraine et que la Chine multiplie les démonstrations de force à Taïwan, cette annonce risque d’alimenter une nouvelle course à l’armement. Elle remet aussi en cause les équilibres internationaux patiemment construits depuis la fin de la guerre froide.

S’agit-il d’un bluff électoral, d’une stratégie de dissuasion ou d’une rupture réelle ? L’histoire jugera. Mais en déclarant vouloir tester ses armes nucléaires « immédiatement », Donald Trump n’a pas seulement réveillé les vieux démons de l’atome : il les a libérés.