Trump sur l'Iran : 'Rien ne me plairait davantage que de leur prendre leur pétrole'"

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Trump sur l'Iran : 'Rien ne me plairait davantage que de leur prendre leur pétrole'"

Trump : "Ma chose préférée c'est de prendre le pétrole iranien"  L'île de Kharg, prochaine cible américaine ?

Dans une interview explosive au Financial Times publiée ce dimanche, Donald Trump a déclaré sans détour vouloir s'emparer du pétrole iranien et envisage sérieusement de prendre le contrôle de l'île de Kharg, qui concentre 90% des exportations pétrolières de l'Iran. Derrière la provocation trumpienne se cache une manœuvre géopolitique d'une portée considérable. Décryptage.

"Ma chose préférée"

Donald Trump ne fait jamais dans la dentelle. Dimanche 29 mars, dans une interview au Financial Times, il a résumé sa stratégie iranienne avec une franchise désarmante.

"Pour être honnête avec vous, ma chose préférée serait de prendre le pétrole en Iran. Mais des gens stupides aux États-Unis demandent : 'pourquoi faites-vous ça ?' Ce sont des gens stupides,"  a-t-il déclaré au quotidien britannique.

Il a ensuite précisé sa pensée sur l'île de Kharg, cible potentielle d'une opération terrestre américaine : "Peut-être qu'on prend Kharg Island, peut-être pas. Nous avons beaucoup d'options. Cela signifierait aussi qu'on devrait rester là-bas un moment"

Des mots qui ont immédiatement fait trembler les marchés pétroliers mondiaux.

L'île qui vaut une guerre

Pour comprendre pourquoi Kharg Island est au cœur de toutes les stratégies, il faut comprendre ce qu'elle représente.

C'est un petit îlot de 8 kilomètres de long, situé à moins de 30 kilomètres des côtes iraniennes dans le Golfe Persique. Mais ses eaux profondes permettent aux supertankers pétroliers d'y accoster ce que la plupart des côtes du Golfe, trop peu profondes, ne permettent pas. Résultat : environ 90% des exportations pétrolières iraniennes transitent par cette île.

C'est la jugulaire économique de Téhéran. Celui qui la contrôle tient l'Iran par la gorge.

Trump le sait depuis longtemps. Dès 1988, il déclarait à un journaliste : "Je tirerais sur Kharg Island. J'irais la prendre" si l'Iran s'attaquait aux troupes ou aux navires américains.  Trente-huit ans plus tard, l'occasion s'est présentée.

Les frappes du 13 mars : le coup d'envoi

Le 13 mars, Trump annonçait sur Truth Social que le Commandement central américain venait de réaliser "l'un des raids de bombardement les plus puissants de l'Histoire du Moyen-Orient", ayant "totalement oblitéré" des cibles militaires sur l'île de Kharg — installations de stockage de mines navales, bunkers de missiles et autres sites militaires.

Mais les infrastructures pétrolières, elles, ont été épargnées. Délibérément.

"On peut détruire l'île quand on veut. Je l'appelle la petite île qui est là, totalement sans protection. On a tout détruit sauf les tuyaux. On a laissé les tuyaux parce que les reconstruire leur prendrait des années,"t a expliqué Trump. Un message limpide : les pipelines sont le levier de négociation ultime.

L'opération terrestre : sérieuse, risquée, imminente ?

Derrière les déclarations tonitruantes, une réalité militaire concrète se met en place.

Trois sources proches de la Maison Blanche ont confirmé qu'une occupation de l'île par des forces terrestres est sérieusement à l'étude. Le raisonnement est brutal dans sa logique :
"On a besoin d'environ un mois pour affaiblir davantage les Iraniens avec des frappes, prendre l'île, puis les tenir par les c.....es et utiliser ça pour les négociations."

Les moyens militaires sont en cours de déploiement. Le USS Tripoli, un navire d'assaut amphibie transportant 3 500 soldats américains, vient d'arriver dans la région. Des milliers de parachutistes de la 82e Division aéroportée ont également reçu l'ordre de soutenir les opérations.

Mais l'opération est loin d'être sans risques. L'Iran a renforcé ses défenses sur l'île ces dernières semaines, déployant des forces supplémentaires et des systèmes de défense aérienne en prévision d'une possible opération américaine.

Les alliés du Golfe, eux, font pression en coulisse contre toute présence terrestre américaine sur l'île, craignant des représailles iraniennes massives sur leurs propres infrastructures.

Le prix à la pompe : déjà une réalité mondiale

Pendant que les stratèges débattent, les marchés, eux, ne tergiversent pas.

Après les déclarations de Trump, le baril de Brent a bondi de 3,5% pour dépasser 116 dollars. Le WTI américain a grimpé de 3,4% à 102 dollars. Les prix du pétrole ont augmenté de plus de 50% depuis le début de la guerre en mars.

L'Asie est le premier continent à ressentir les effets des stocks pétroliers en diminution, les expéditions de pétrole du Moyen-Orient y arrivant en premier. L'Afrique et l'Europe seront probablement plus impactées en avril, selon un rapport de JPMorgan. l

En Australie, le gouvernement a d'ores et déjà annoncé une réduction de la taxe sur les carburants pour trois mois afin d'amortir le choc pour les consommateurs.

Négociations ou escalade : le grand flou trumpien

Trump joue simultanément sur deux tableaux  la menace militaire et la diplomatie selon une méthode qui lui est caractéristique.

Le porte-parole iranien des Affaires étrangères a affirmé qu'il n'existe "aucune négociation directe" entre l'Iran et les États-Unis, contredisant les affirmations de Trump selon lesquelles Téhéran aurait accepté "la plupart" de ses conditions.

Le Pakistan tente de jouer les médiateurs, se déclarant prêt à accueillir des pourparlers "dans les prochains jours."

Dans ce contexte d'incertitude maximale, une certitude demeure : chaque mot de Trump sur Kharg Island fait monter le baril d'un dollar. Et dans la guerre des nerfs qui se joue dans le Golfe Persique, c'est peut-être précisément l'objectif.

Sources : Financial Times, CNN, Axios, CNBC, NBC News, NPR — 29-30 mars 2026

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