Yves Benjamin ATTALI

Né le 8 juin 1957 à Paris
Études secondaires en internat à l'école Maïmonide de Boulogne sur seine.
Aliyah en 1976, terminale au lycée français de Jérusalem.
Service militaire dans le génie combattant.
Marié avec une Israélienne, Hanna, père de 4 enfants (2 filles et 2 garçons). Habitons à Kfar Tavor en basse Galilée.
Licence en sociologie et ressources humaines de l'université de Bar-Ilan.
Amoureux des langues, considéré comme le plus Israélien des francophones de ma promotion.
J'ai collaboré pour la première fois avec Alliance en 1997. Aujourd'hui j'ai renoué avec le magazine juif qui est incontestablement le meilleur sur Web.

Les articles de Yves Benjamin ATTALI

Israël doit appliquer le plan de paix lancé à Annapolis, estime Livni

livni-devrait.jpgLa ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni a estimé lundi soir à Jérusalem qu'Israël devait appliquer le plan de paix lancé à la conférence internationale d'Anapolis (Etats-Unis) en novembre 2007.

"Nous devons progresser vers la paix selon le plan lancé à Annapolis", a déclaré devant la Conférence des présidents des organisations juives américaines Mme Livni, chef du parti centriste Kadima.

"Si nous n'appliquons pas ce plan, nous ne pourrons pas compter sur la coopération internationale s'agissant de l'Iran, du Hezbollah (chiite libanais) ou du Hamas" islamiste palestinien à Gaza, a-t-elle ajouté.

"La majorité des Israéliens comprennent que pour qu'Israël demeure un Etat juif et indépendant, il faudra en fin de compte partager les territoires (ndlr: occupés). Nous pouvons mener des négociations tout en luttant contre le terrorisme", a-t-elle encore dit.
Le processus de paix relancé à Annapolis vise à établir une coexistence pacifique entre deux Etats, israélien et palestinien. Peu de progrès ont été enregistrés depuis.

Mme Livni brigue le pouvoir car elle dirige le parti arrivé en tête des législatives du 10 février avec 28 sièges, mais son rival Benjamin Netanyahu, chef du Likoud (droite - 27 élus), est mieux placé pour former une coalition gouvernementale. Il peut en principe compter sur un bloc de partis de droite et religieux, comptant 65 députés sur 120 à la Knesset.

Interviewée par la seconde chaîne privée de la télévision israélienne, Mme Livni a déclaré que son "gouvernement fera progresser le processus de paix (...) Je ne serai pas associée au gel de ce processus, et suis prête s'il le faut à rejoindre l'opposition".

Devant les représentants du judaïsme américain, elle a par ailleurs évoqué les relations entre Israël et la Turquie en les qualifiant de "cruciales au plan stratégique". "Nous devons voir plus loin (...) Il y a des malentendus, et nous devons combler les écarts entre Israël et la Turquie", a-t-elle dit.

Le Premier ministre turc Tayyip Erdogan a fustigé quasi quotidiennement l'offensive meurtrière menée par Israël du 27 décembre au 18 janvier contre le Hamas dans la bande de Gaza, ce qui a créé des tensions dans les relations entre les deux pays liés depuis 1996 par un accord de coopération militaire.

Israël envisage un échange de prisonniers avec le Hamas

shalitect.jpgLe Premier ministre israélien Ehud Olmert réunira ces jours-ci son cabinet restreint pour étudier un échange de détenus avec le Hamas qui pourrait faciliter un accord de cessez-le-feu durable dans la bande de Gaza, indique-t-on de sources autorisées.

Olmert s'efforce d'obtenir la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit avant de quitter son poste.

Il refuse la conclusion d'une trêve durable proposée par l'Egypte pour la réouverture des passages frontaliers de Gaza avant que le mouvement islamiste libère Shalit en échange de Palestiniens emprisonnés en Israël.

Selon un responsable israélien qui a requis l'anonymat, le cabinet restreint d'Olmert examinera dès mercredi - et approuvera peut-être - les dispositions d'un accord.

Cet accord pourrait fixer le nombre et l'identité des prisonniers palestiniens qu'Israël remettrait en liberté pour récupérer Shalit, qui a été enlevé par des activistes de Gaza lors d'un raid transfrontalier en 2006.

"C'est sérieux. Ils discutent du point de savoir qui sera libéré", a dit un autre responsable israélien à ce sujet.

Le Hamas a prévenu lundi que l'insistance d'Olmert sur le sort de Shalit compromettait les pourparlers sur le cessez-feu.

Mais un responsable du mouvement, Moussa Abou Marzouk, a déclaré du Caire à la chaîne Al Djazira : "Nous sommes prêts (...) à ouvrir le dossier de Gilad Shalit à la négociation. S'ils veulent le voir revenir, ils doivent aussi laisser les prisonniers palestiniens détenus en Israël rentrer chez eux."

BARGHOUTHI LIBÉRÉ AVANT SHALIT ?

Un autre représentant du Hamas, Taher al Nono, a dit qu'un "accord clair" sur une trêve était acquis avant qu'Olmert insiste durant le week-end pour que Shalit soit libéré en premier. "Nous soulignons notre rejet de tout chantage israélien", a-t-il ajouté.

Pour la reconstruction de leur enclave pilonnée par Tsahal durant trois semaines en début d'année, les Gazaouis devront obtenir d'Israël et de l'Egypte la réouverture permanente des points de passage frontaliers. Ce qu'Olmert exclut avant que Shalit retrouve la liberté.

"Lorsque Gilad Shalit sera ici, nous examinerons le reste. C'est l'ordre de priorité", a-t-il déclaré à Radio Israël.

Le Hamas a réclamé la libération de 1.400 prisonniers palestiniens contre celle de Shalit. Dans le passé, Israël a obtenu le retour d'Israéliens capturés ou la restitution des dépouilles de soldats en échange de très nombreux Palestiniens.

Des diplomates occidentaux jugent probable qu'Olmert relâche un millier de prisonniers, parmi lesquels figureraient quelques activistes du Hamas impliqués dans des attentats contre des Israéliens.

Avant de procéder à un tel échange avec le Hamas, l'Etat juif envisage de libérer Marouane Barghouthi, l'un des dirigents de la "deuxième intifada" palestinienne, afin de conforter le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, adversaire politique du Hamas.

"Nous réfléchissons à ces questions", a déclaré un troisième responsable israélien par allusion à Barghouthi et au Fatah.

L'Etat juif estime que le Hamas souhaite boucler un accord avant l'arrivée d'un gouvernement israélien peut-être plus dur que l'actuel en conséquence des élections législatives de la semaine dernière. Ce gouvernement pourrait être dirigé par le conservateur Benjamin Netanyahu, chef du Likoud.

"Le temps compte en l'occurrence parce qu'Olmert veut laisser derrière lui une table nette et que Netanyahu a intérêt à prendre ses fonctions sans que l'affaire Shalit plane au-dessus de lui", note un responsable israélien.

Législatives en Israël: Obama appelle Peres, Washington oeuvrera pour la paix

Le président américain Barack Obama a appelé mercredi son homologue israélien Shimon Peres pour parler des législatives tandis que son administration se disait résolue à poursuivre l'effort de paix avec le prochain gouvernement israélien, quel qu'il soit.

En la personne de M. Peres, M. Obama a appelé celui qui devra décider à qui confier la tâche de former un nouveau gouvernement après les législatives de mardi.

Selon la radio publique israélienne, M. Obama a appelé pour s'enquérir du processus de formation du gouvernement.

Le chef du Likoud (droite) Benjamin Netanyahu et celui du Kadima (centre) Tzipi Livni tentent de former leur propre coalition après des législatives marquées par une percée de l'extrême droite qui fait craindre aux Palestiniens un gel du processus de paix au Proche-Orient.

M. Netanyahu a rencontré Eli Yishai, dirigeant du parti ultra-orthodoxe Shass, membre de la coalition sortante. Avant le scrutin, la formation religieuse avait retiré son soutien à Mme Livni qui refusait de laisser la question de Jérusalem en dehors des négociations avec les Palestiniens.

M. Netanyahu a rencontré en soirée Avigdor Lieberman, dirigeant d'Israël Beiteinou, le parti d'extrême droite laïc sans qui aucune coalition ne peut désormais être constituée.

"Nous clarifierons nos positions et ferons notre part du travail pour former le plus vite possible un gouvernement", a assuré M. Lieberman après avoir discuté en matinée avec Tzipi Livni, qui a mené le Kadima à une victoire étriquée.

Les résultats encore officieux donnent 28 sièges au Kadima (29 dans le Parlement sortant) et 27 au Likoud (12). Israël Beiteinou devient le troisième parti israélien avec 15 sièges (11). Le parti travailliste du ministre de la Défense sortant Ehud Barak n'obtient que 13 sièges (19) et le Shass 11 (12).

Ce décompte ne comprend pas le vote de quelque 175.000 soldats - entre 5 et 6 mandats - dont le dépouillement ne devrait s'achever que jeudi.

Selon la Maison Blanche, M. Obama a félicité M. Peres pour le déroulement des élections de mardi.

La Maison Blanche n'a rien dit rien d'un échange sur la constitution du prochain gouvernement. L'administration s'est gardée de s'exprimer publiquement sur ce sujet et sur les résultats.

Ceux-ci, et la percée de l'extrême droite, paraissent compliquer la tâche d'un président Obama qui a affirmé son volonté de s'impliquer dès le début de sa présidence dans l'effort pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

"Tous les bulletins n'ont pas été comptés de manière définitive", a déclaré le porte-parole de M. Obama, Robert Gibbs.

M. Obama "attend avec impatience de travailler avec quiconque formera le prochain gouvernement israélien, pour parvenir à une paix durable dans la région", a-t-il dit.

Plutôt que de s'exprimer sur les conséquences possibles des élections, l'administration a souligné la manière dont elle s'était déroulée.

Au cours de son entretien avec M. Peres, M. Obama a relevé que "les Israéliens devaient être très heureux d'avoir donné au monde l'exemple de la démocratie", a indiqué la Maison Blanche.

M. Obama, successeur de George W. Bush critiqué pour s'être soucié tardivement du conflit israélo-palestinien, s'est engagé à s'investir sans attendre.

Ses premiers coups de fil à des dirigeants étrangers, au lendemain même de son investiture, ont été pour le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le Premier ministre israélien Ehud Olmert, le président égyptien Hosni Moubarak et le roi Abdallah II de Jordanie.

Le lendemain, il a nommé George Mitchell émissaire pour le Proche-Orient et l'a dépêché dans les jours suivants dans la région.

M. Obama a aussi accordé son premier entretien de président à la chaîne al-Arabiya.

"Je continuerai à croire que la sécurité d'Israël est prépondérante", a-t-il dit après la guerre menée par Israël contre le Hamas radical dans la bande de Gaza, "mais je crois aussi qu'il existe des Israéliens pour reconnaître l'importance de faire la paix".

"Le moment est venu de revenir à la table des négociations", a-t-il dit en concédant que "cela va être difficile, cela va prendre du temps", et que quelques mois ne suffiront pas à résoudre le conflit.

Le virage à droite de l'électorat israélien paraît cependant rendre la tâche encore plus ardue.

"Nous espérons certainement que le nouveau gouvernement poursuivra sur la voie de la paix. Je ne vois pas de raison de penser qu'un nouveau gouvernement agisse différemment", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Robert Wood.

Tractations gouvernementales, Netanyahu rencontre la droite religieuse

Pratiquement assuré de former le prochain gouvernement israélien, le chef du Likoud Benjamin Netanyahu rencontrait jeudi les dirigeants de la droite religieuse, opposée à toute concession avec les Palestiniens, pour les associer à son équipe.

Netanyahu tient ses consultations sur fond de craintes croissantes dans la communauté internationale qu'un gouvernement à forte coloration d'extrême droite enterre le processus de paix sans même chercher à garder les apparences.

Dans ce contexte, les Etats-Unis et l'Europe insistent pour qu'Israël poursuive ses efforts en vue de parvenir à un accord de paix.

Benjamin Netanyahu doit rencontrer jeudi, selon la radio publique, les représentants des deux partis de la droite religieuse, qui regroupent sept députés sur 120, tous deux champions de la colonisation juive, pour des motifs religieux et historiques.

La veille, il avait eu un entretien avec Avigdor Lieberman, le chef du parti d'extrême droite laïc Israël Beiteinou (15 députés sur 120), troisième formation du Parlement, qui a exprimé sa préférence pour un gouvernement de droite sans pour autant "écarter à ce stade tout autre candidature".

Quoi qu'il en soit, médias et analystes s'accordent à penser que Netanyahu est le prochain Premier ministre.

Faute d'alliés politiques, la dirigeante du parti Kadima (centre droit) Tzipi Livni n'a aucune chance de former un nouveau gouvernement pour l'instant, bien que son parti devance le Likoud d'un mandat, selon ces sources.

Elles relèvent que pour l'heure, la dirigeante du Kadima ne peut compter que sur le soutien des 28 députés du parti sur 120 de la nouvelle Knesset, vu que les formations de gauche elles-mêmes, très affaiblies après le scrutin, ne lui ont pas donné leur appui.

Les dirigeants du parti travailliste, qui a chuté de 19 mandats à 13, ont annoncé qu'ils se résignaient à l'opposition tant la constitution d'un cabinet Livni leur paraissait irréaliste.

"La tendance au parti travailliste est de ne proposer aucun candidat au poste de Premier ministre", a déclaré à l'AFP le porte parole du parti Lior Rothblat.

"Les chances de Livni de former un gouvernement avoisinent zéro", estime le politologue Abraham Diskin.

"Il faut en finir avec ce cirque médiatique. Elle ne peut continuer à prétendre être investie par le peuple pour prendre la direction du pays sous prétexte que son parti a un mandat de plus", a déclaré à l'AFP ce professeur de l'université hébraïque de Jérusalem.

La grande question est de savoir si Netanyahu constituera un gouvernement restreint s'appuyant sur Lieberman, ou bien élargi avec la participation du Kadima, son option favorite.

Les journaux écartent tous un gouvernement Livni, même dans l'hypothèse peu vraisemblable d'un ralliement du parti de Lieberman à un cabinet sous sa direction.

"Même si Lieberman le voulait, il ne pourrait faire de Livni la chef du gouvernement", écrit l'éditorialiste du quotidien à grand tirage Yediot Aharonot.

Pour le Maariv, "Tzipi Livni commence à comprendre qu'elle ne sera apparemment pas à ce stade Premier ministre d'Israël".

Pour le quotidien libéral Haaretz, "Livni a battu la gauche aux élections" en bénéficiant d'un report massif de votes pour son parti, mais "elle a été battue par la droite".

Le président Shimon Peres devrait commencer ses consultations avec les partis la semaine prochaine pour choisir la tête de liste la mieux placée pour obtenir la confiance du Parlement.

Netanyahu mieux placé pour mobiliser une coalition

Le faucon Benjamin Netanyahu était mercredi le mieux placé pour mobiliser une majorité et devenir Premier ministre, bien que le parti de sa rivale centriste Tzipi Livni eut décroché de justesse la première place aux législatives en Israël.

Ce résultat d'une ambiguïté sans précédent dans l'histoire politique d'Israël a créé une confusion que va tenter de lever le chef de l'Etat, Shimon Peres, à qui il revient de désigner celui ou celle capable de constituer un gouvernement.

"Livni a gagné la bataille, mais va perdre la guerre", titrait mercredi le quotidien Maariv (centre-droit).

Dans tous les cas de figure, l'issue de l'élection de mardi a suscité l'inquiétude des Palestiniens, déjà échaudés par la guerre menée par Israël à Gaza jusqu'au 18 janvier.

Les responsables palestiniens craignent au mieux une "paralysie" d'un processus de paix bancal et, au pire, un regain des violences.

Un gouvernement à forte coloration de droite risquerait en outre, selon les commentateurs, de se heurter à la nouvelle administration du président américain Barack Obama qui s'est engagé à faire progresser la paix dans la région.

Se faisant l'écho des cris de victoire poussés par Mme Livni et M. Netanyahu, les responsables de leurs partis ont affiché une confiance sans faille.

"Je suppose que le président va choisir Benjamin Netanyahu car nous disposons d'une majorité claire", a affirmé le chef du groupe parlementaire Likoud, Gideon Saar.

"Le président va désigner Tzipi qui s'adressera ensuite au Likoud, à Lieberman et aux travaillistes pour constituer un gouvernement d'union nationale", a répliqué Haïm Ramon, vice Premier ministre sortant du Kadima.

Avigdor Lieberman, chef du parti d'extrême droite Israël Beiteinou, crédité de 15 sièges, et sans qui aucune coalition ne peut être constituée, a d'ores et déjà manifesté sa préférence.

"Nous avons toujours voulu un gouvernement national, un gouvernement de droite, et j'espère que nous y parviendrons", a-t-il dit à l'issue du scutin, exigeant du futur gouvernement qu'il "mette à bas le Hamas" qui contrôle Gaza.

Les résultats -- qui seront officiellement connus jeudi -- donnent 28 sièges au Kadima (29 dans le Parlement sortant) et 27 au Likoud (12).

Le parti travailliste du ministre de la Défense sortant Ehud Barak n'obtient que 13 sièges (19) et le parti ultra-orthodoxe Shass 11 (12).

Le décompte ne comprend pas le vote de quelque 175.000 soldats -- entre 5 et 6 mandats -- dont le dépouillement ne devrait s'achever que jeudi.

Avec le soutien de l'extrême droite et des formations religieuses, Benjamin Netanyahu apparaît en meilleure position pour former une coalition gouvernementale, sur la base d'une majorité de 65 députés sur 120, contre 55 députés qui soutiennent en théorie Tzipi Livni.

Ce total comprend en effet les 11 élus des partis arabes avec lesquels Mme Livni se refuse à nouer une alliance.

Le président Peres, selon la radio militaire, devrait commencer ses consultations avec les têtes de listes au milieu de la semaine prochaine, sitôt la validation officielle des résultats.

"Il décidera qui sera chargé de la formation du gouvernement en fonction du nombre des mandats et des capacités du candidat à constituer une coalition", a affirmé sa porte-parole, Ayelet Frish.

Selon la radio publique, M. Netanyahu doit rencontrer notamment mercredi les ultra orthodoxes du Shass et du Judaïsme unifié de la Torah, crédité de 5 sièges.

Il pourrait aussi avoir des entretiens avec M. Lieberman qui doit constituer dans la journée son équipe de négociateurs.

Israël: tractations post-électorales en cours, les Palestiniens inquiets

Benjamin Netanyahu et Tzipi Livni tentaient mercredi de former leur propre coalition après les élections législatives israéliennes, marquées par une percée de l'extrême droite qui fait craindre aux Palestiniens un gel du processus de paix au Proche-Orient.

Le chef du Likoud (droite) Benjamin Netanyahu a rencontré Eli Yishai, dirigeant du parti ultra-orthodoxe Shass, membre de la coalition sortante. Avant le scrutin, la formation religieuse avait retiré son soutien à Mme Livni, du Kadima (centre-droit), qui refusait de laisser la question de Jérusalem en dehors des négociations avec les Palestiniens.

M. Netanyahu rencontrait en soirée Avigdor Lieberman, dirigeant d'Israël Beiteinou, le parti d'extrême droite laïc sans qui aucune coalition ne peut désormais être constituée.

"Nous clarifierons nos positions et ferons notre part du travail pour former le plus vite possible un gouvernement", a assuré M. Lieberman après avoir discuté en matinée avec Tzipi Livni, qui a mené le Kadima à une victoire étriquée.

Les résultats encore officieux donnent 28 sièges au Kadima (29 dans le Parlement sortant) et 27 au Likoud (12). Israël Beiteinou devient le troisième parti israélien avec 15 sièges (11). Le parti travailliste du ministre de la Défense sortant Ehud Barak n'obtient que 13 sièges (19) et le Shass 11 (12).

Ce décompte ne comprend pas le vote de quelque 175.000 soldats - entre 5 et 6 mandats - dont le dépouillement ne devrait s'achever que jeudi.

"Livni a gagné la bataille, mais va perdre la guerre", titrait mercredi le Maariv (centre-droit), alors que le président Shimon Peres doit désigner celui ou celle capable de constituer un gouvernement.

L'issue de l'élection de mardi a aussi suscité l'inquiétude des Palestiniens, déjà échaudés par la guerre menée par Israël à Gaza jusqu'au 18 janvier.

Les responsables palestiniens craignent au mieux une "paralysie" d'un processus de paix israélo-palestinien bancal et, au pire, un regain des violences.

Un gouvernement à forte coloration de droite risquerait en outre, selon les commentateurs, de se heurter à la nouvelle administration du président américain Barack Obama qui s'est engagé à faire progresser la paix dans la région.

Se faisant l'écho des cris de victoire de Mme Livni et M. Netanyahu, les responsables de leurs partis ont affiché une confiance sans faille.

"Je suppose que le président va choisir Benjamin Netanyahu car nous disposons d'une majorité claire", a affirmé le chef du groupe parlementaire Likoud, Gideon Saar.

"Le président va désigner Tzipi qui s'adressera ensuite au Likoud, à Lieberman et aux travaillistes pour constituer un gouvernement d'union nationale", a répliqué Haïm Ramon, vice-Premier ministre sortant du Kadima.

Avigdor Lieberman a d'ores et déjà manifesté sa préférence.

"Nous avons toujours voulu un gouvernement national, un gouvernement de droite et j'espère que nous y parviendrons", a-t-il dit après le scrutin, exigeant du futur gouvernement qu'il "mette à bas le Hamas" qui contrôle Gaza.

"Il y a une opportunité pour la formation d'un gouvernement d'union nationale qui pourrait promouvoir des questions importantes pour nos deux partis", a indiqué le bureau de Mme Livni après son entrevue avec M. Lieberman.

Mais avec le soutien de l'extrême droite et des formations religieuses, Benjamin Netanyahu apparaît en meilleure position pour former une coalition gouvernementale, sur la base d'une majorité de 65 députés sur 120, contre 55 députés qui soutiennent en théorie Tzipi Livni.

Le président Peres, selon la radio militaire, devrait commencer ses consultations avec les têtes de listes au milieu de la semaine prochaine.

"Il décidera qui sera chargé de la formation du gouvernement en fonction du nombre des mandats et des capacités du candidat à constituer une coalition", a affirmé sa porte-parole, Ayelet Frish.

Législatives en Israël: ouverture des bureaux de vote

burovote.jpgLes bureaux de vote ont ouvert mardi pour des législatives en Israël marquées par une poussée de l'extrême-droite et un duel serré entre l'ex Premier ministre Benjamin Netanyahu et la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni.
Ce scrutin pour l'élection des 120 députés à la Knesset (Parlement) se déroule dans des conditions météorologiques particulièrement mauvaises pour la région -- pluies abondantes et fortes bourrasques -- qui pourraient faire baisser le taux de participation.

Plusieurs partis ont ainsi mis en place un service de navettes urbaines pour conduire aux urnes les électeurs, notamment les plus âgés, en raison des intempéries.

Selon les derniers sondages, le Likoud, principal parti de l'opposition de droite, de M. Netanyahu et le Kadima, formation au pouvoir de centre-droit, de Mme Livni sont crédités de 25 mandats environ chacun.

Le parti d'extrême droite laïc Israël Beiteinou, du député Avigdor Lieberman, pourrait se retrouver en troisième position, devançant le parti travailliste de centre-gauche du ministre de la Défense Ehud Barak.

5.278.985 électeurs sont inscrits dans 9.263 bureaux de vote. Le scrutin doit s'achever à 22h00 (20h00 GMT). Les chaînes de télévision publieront leurs estimations dès la clôture. Les résultats complets pourraient être annoncés mercredi matin, voire jeudi, en cas d'écart trop réduit entre les candidats.

Toutes les enquêtes d'opinion réalisées durant une campagne marquée par l'apathie de l'électorat prévoient une victoire du bloc réunissant les partis de droite et religieux.

Mais l'avance du Likoud de M. Netanyahu, longtemps présenté comme grand favori, n'a cessé de se réduire dans les sondages face au Kadima de la ministre des Affaires étrangères.

Le nombre d'indécis reste par ailleurs très élevé et constitue, avec le taux de participation, la grande inconnue de ce scrutin.

Durant la campagne, ni Benjamin Netanyahu ni Tzipi Livni n'ont exclu de gouverner au côté d'Avigdor Lieberman, qui a mené toute sa campagne en mettant en cause la "loyauté" de la minorité arabe d'Israël (1,2 million d'habitants, soit environ 20% de la population).

Sa progression prévue est telle, selon les commentateurs, qu'il va se retrouver en position d'allié incontournable, voire de "faiseur de roi".

M. Netanyahu a d'ailleurs "musclé" ses discours pour tenter d'endiguer une fuite des électeurs du Likoud vers Israël Beitenou, et promis un ministère "important" à M. Lieberman.

Le scrutin se déroule sous très haute surveillance de crainte d'un attentat palestinien, de tirs de roquettes de la bande de Gaza, ou d'incidents.

Plus de 16.000 policiers vont quadriller le pays tandis que l'armée a imposé lundi soir un bouclage total de la Cisjordanie.

Prévu initialement en 2010, la date du scrutin a été avancé après la démission en septembre du Premier ministre Ehud Olmert, impliqué dans plusieurs affaires de corruption.

Films de la semaine, Rickyet La Folie des grandeurs

ricky.jpgLe film de la semaine n’est pas un coup de cœur, mais, cependant, un film événement.

Il s’agit du dernier film de François OZON (5 fois 2, 8 Femmes ou encore Swimming pool) «RICKY ».
Avec un couple de stars totalement inédit : Alexandra Lamy (Madame Dujardin) et Sergi Lopez (Vous savez, un ami qui vous veut du bien).
L’histoire paraît toute simple au départ. Celle de Katie, une femme qui élève toute seule sa fille Lisa et qui rencontre et tombe très vite sous le charme de Paco.

Lisa ne sera plus seule dorénavant, un très joli petit garçon, au prénom de Ricky, naîtra de l’amour de Paco et de Katie.
Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien.
Sans vous dévoiler quoi que ce soit, attendez-vous à vivre un moment de cinéma inoubliable que seul, François Ozon ose.
Entre réel et fantastique, ce conte sur la différence et l’instinct maternel ne vous laissera pas indifférent.

Par contre, si il y a un coup de cœur qui retient l’attention, ce serait la ressortie de l’un des filmsfolie.jpg cultes de Gérard Oury « La Folie des Grandeurs ».
Evidemment, un film comme celui-ci, on n’en fait plus. Le rôle de Don Salluste, attribué à Louis de Funès, lui va comme un gant. Yves Montand (qui remplace le regretté Bourvil, dans le film) joue le valet à merveille. La musique de Michel Polnareff prend des allures, sans prétention, d’Ennio Morricone et les décors, sublimes, font de ce film un classique du genre.
Le duo de Funès-Montand crève l’écran. C’est tordant, rythmé par des dialogues comme « il est l’or monseignor », « elle ment en allemand », inoubliables.
On le regarde toujours avec autant de plaisir, même au bout de la dix-neuvième fois.
Un film monumental qui nous fait constater une fois de plus, avec une évidence indéniable, que le légendaire Louis de Funès reste irremplaçable.

Israël: Kadima en tête, Netanyahu le mieux placé pour former un cabinet

Le parti Kadima de Tzipi Livni a provoqué la surprise mardi, à l'issue des législatives en Israël, en devançant légèrement le Likoud de Benjamin Netanyahu qui garde néanmoins de fortes chances de former un gouvernement.

Selon les sondages sorties des urnes, le Kadima (centre-droit) au pouvoir obtient 30 sièges, contre 28 pour le Likoud, principal parti de l'opposition de droite.

La formation d'extrême droite d'Avigdor Lieberman accède au rang de troisième force politique d'Israël, avec une quinzaine de députés, ce qui représente une progression sérieuse de ce parti qui n'en avait que 11 sur les 120 à la Knesset.

M. Lieberman se retrouve ainsi dans une position de "faiseur de roi" puisque sans son appui, aucune coalition n'est concevable.

Dans le même temps, les travaillistes d'Ehud Barak chutent à 13 mandats, selon les estimations, soit le score le plus bas de l'histoire de cette formation fondatrice de l'Etat d'Israël et longtemps hégémonique.

Aussi bien au Kadima qu'au Likoud, on criait victoire.

Les partisans de Mme Livni, ministre des Affaires étrangères sortante, s'appuyaient sur le fait que sa formation est en tête. Ceux du Likoud mettaient en avant celui que l'opposition de droite est devenue majoritaire avec l'appui de M. Lieberman et des partis religieux.

"Tzipi Livni est le prochain Premier ministre, parce que Kadima est arrivé en tête", a affirmé la numéro trois de cette formation, Dalia Yitzik.

"Les résultats de l'élection prouvent que le Likoud a gagné et que le camp national a gagné. Une majorité claire de la population rejette le Kadima et s'est joint au Likoud", a affirmé à l'inverse dans un communiqué le Likoud en annonçant que M. Netanyahu serait le prochain Premier ministre.

"Tzipi, Tzipi, c'est tout ce que nous espérions ... Je ne crois ni en Barak ni en Netanyahu", a hurlé la foule des partisans de Mme Livni rassemblés dans un grand hôtel de Tel-Aviv.

Les résultats pourraient évoluer au fur et à mesure du décompte des bulletins de vote qui devrait s'achever mercredi matin. Une résultat complet mais pas officiel sera alors annoncé.

Le président de l'Etat, Shimon Peres, disposera ensuite d'une semaine pour consulter les différentes formations afin de décider laquelle il proposera au parlement en vue de la formation du prochain gouvernement.

Le taux de participation a atteint 65,2% des inscrits à la fermeture des bureaux de vote à 20H00 GMT, selon la commission centrale des élections. Ce taux est plus élevé de 1,7 point par rapport à celui constaté à la même heure lors du dernier scrutin en 2006, en dépit du mauvais temps.

Trente-trois listes étaient en lice. Parmi elles, les deux partis ultra-orthodoxes sont crédités en tout d'une quinzaine de députés et pourraient rejoindre une coalition de droite.

Deux partis nationalistes religieux sont de leur côté crédités de 7 mandats, tandis que les listes arabes obtiennent 6 sièges, toujours selon les estimations sorties des urnes.

Côté palestinien, le négociateur Saëb Erakat a dit craindre une "paralysie" du processus de paix après l'annonce des sondages.

Ces législatives clôturent une campagne sans passion, placée sous l'impact de l'offensive dévastatrice et meurtrière d'Israël contre le mouvement islamiste palestinien Hamas qui contrôle Gaza (27 décembre-18 janvier).

Une apathie qui contraste avec l'ampleur des défis du prochain gouvernement: risque d'une nouvelle confrontation avec le Hamas qui contrôle Gaza, relance des pourparlers de paix avec l'Autorité palestinienne, dossiers syrien et libanais, menace d'un Iran nucléaire.

Le tout dans un contexte international difficile avec une nouvelle administration américaine moins encline que la précédente à un soutien inconditionnel à Israël.

L'issue des élections "paralyse" le processus de paix pour les Palestiniens

L'issue des élections en Israël, qui laisse la droite favorite pour former le prochain gouvernement, "paralyse" le processus de paix, a affirmé mardi le négociateur palestinien Saëb Erakat.

"Il est évident que les Israéliens ont voté pour paralyser le processus de paix", a déclaré M. Erakat à l'AFP.

"Les résultats des élections israéliennes indiquent qu'il n'y aura pas en Israël un gouvernement capable de faire ce qui est requis pour parvenir à la paix", a-t-il ajouté.

Le parti Kadima de Tzipi Livni arrivait mardi soir légèrement en tête des législatives en Israël, devant le Likoud de Benjamin Netanyahu, mais ce "faucon" reste néanmoins le plus à même de former une coalition gouvernementale, selon des sondages sortie des urnes.

Le parti d'extrême droite Israël Beiteinou d'Avigdor Lieberman est en effet devenu la troisième force politique israélienne, devant le parti travailliste (centre-gauche) qui enregistre le score le plus bas de son histoire, selon les sondages.