Yves Benjamin ATTALI

Né le 8 juin 1957 à Paris
Études secondaires en internat à l'école Maïmonide de Boulogne sur seine.
Aliyah en 1976, terminale au lycée français de Jérusalem.
Service militaire dans le génie combattant.
Marié avec une Israélienne, Hanna, père de 4 enfants (2 filles et 2 garçons). Habitons à Kfar Tavor en basse Galilée.
Licence en sociologie et ressources humaines de l'université de Bar-Ilan.
Amoureux des langues, considéré comme le plus Israélien des francophones de ma promotion.
J'ai collaboré pour la première fois avec Alliance en 1997. Aujourd'hui j'ai renoué avec le magazine juif qui est incontestablement le meilleur sur Web.

Les articles de Yves Benjamin ATTALI

Lieberman exige un désarmement du Hamas pour renouer le dialogue

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, estime que des progrès dans les négociations de paix avec les Palestiniens sont subordonnés au désarmement des militants du Hamas dans la bande de Gaza.

"Les Palestiniens doivent d'abord régler le problème du terrorisme, prendre le contrôle de Gaza et désarmer le Hamas", affirme Lieberman dans un entretien publié par le journal Haaretz. "Sans cela, il sera difficile d'avancer."

Le nouveau chef de la diplomatie israélienne avait provoqué la colère des Palestiniens et ranimé le risque de tensions avec Washington, mercredi, en affirmant qu'Israël n'était pas lié par la promesse faite à Annapolis en novembre 2007.

Le Premier ministre de l'époque, Ehud Olmert, avait déclaré être prêt à oeuvrer à la création d'un Etat palestinien.

Un proche de Benjamin Netanyahu a précisé que les propos du chef de file de l'extrême-droite israélienne traduisaient assez largement l'opinion du nouveau chef du gouvernement.

Dans l'entretien au Haaretz, Lieberman affirme que l'Etat hébreu n'est lié que par "la feuille de route" établie en 2003 sous l'égide des Etats-Unis et qui ne prévoit qu'un gel des implantations de colonies et un retrait des installations non autorisées de colons.

La feuille de route demande aux Palestiniens de régler le problème des attaques contre Israël avant que les discussions s'ouvrent sur la question de la création d'un Etat.

"Nous mènerons des discussions avec l'Autorité palestinienne mais nous voulons nous assurer qu'elle peut honorer ses engagements", a dit Lieberman. "La feuille de route impose des obligations à Israël et nous les honorerons mais nous exigeons une réciprocité."

"Celui qui pense qu'il va parvenir à quelque chose en faisant des concessions se trompe, il ne fera qu'ajouter des tensions et des conflits", a encore dit Lieberman. "Si vous voulez la paix, préparez la guerre."

Lionel Allouche, victime de la barbarie ordinaire

lionel.jpgArticle paru dans "FranceSoir"

Lionel Allouche, 27 ans, a été enterré, mercredi après-midi, au cimetière juif de Pantin (Seine-Saint-Denis). Il a succombé, vendredi 27 mars, aux blessures que lui ont infligées ses agresseurs, à Paris. Avant qu’il meure, l’Ordre des avocats et l’Ecole du barreau lui ont promis son diplôme.
Lionel Allouche a été porté en terre sous la caresse du chaud soleil printanier, à 14 heures mercredi, en présence de sa famille, de ses amis, des étudiants en droit dont il était l’un des brillants sujets, et d’avocats qui, symboliquement, autour de son lit de mort, l’ont admis parmi eux lors d’une cérémonie exceptionnelle, vendredi dernier, à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. La petite foule, recroquevillée sur sa douleur, lui a rendu hommage dans le carré juif du cimetière de Pantin, au cœur de l’Ile-de-France où il avait grandi : hommes et femmes, jeunes et vieux, de toutes confessions, réunis dans l’incompréhension du drame injuste qui a ravi Lionel aux siens.

Le jeune homme, âgé de 27 ans, a succombé aux blessures que lui ont infligées, à l’aube du dimanche 22 mars, trois petits malfrats dont le seul objectif, cette nuit-là, était d’entrer dans une discothèque de Saint-Germain-des-Prés, à Paris. L’altercation a dégénéré au moment où Lionel Allouche quittait la boîte : des mots, des insultes, l’élève avocat qui tente de ramener les jeunes à la raison, qui semble même y parvenir, jusqu’à ce que l’un d’eux lui fracasse une bouteille sur la tête. Par-derrière. La violence du coup a détruit une partie de son cerveau. Puis l’acharnement, à coups de pied, a accentué les dégâts, irréversibles. Mort cérébrale, ont annoncé les médecins. Six jours plus tard, le cœur de Lionel a cessé de battre. Ses agresseurs ont été arrêtés. Seul celui qui l’a mortellement frappé est en prison (lire ci-dessous).

« Je t’appelle désormais confrère »

« Lionel était malheureux lorsqu’il y avait peu de monde à des obsèques, » dit sa grande sœur Emmanuelle, attablée face à un jus d’orange qu’elle ne boit pas. La boule de chagrin paralyse les mouvements de sa gorge. Elle espère qu’il aura ressenti l’impressionnante communion autour de son cercueil. Avant d’observer le rituel de la semaine de deuil, elle raconte le dernier jour d’une vie exemplaire. « Il est parti en paix, entouré d’avocats qu’il admirait, du directeur de son école, des élèves, du rabbin. Il y avait un monde fou à l’hôpital et, malgré notre peine, j’étais heureuse. » Ce vendredi 27 mars, le pénaliste Karim Achoui, à qui Lionel Allouche vouait une amitié sans failles, a convaincu le vice-bâtonnier de l’Ordre des avocats de Paris, Me Jean-Yves Le Borgne, d’intercéder en faveur de l’élève qui devait prêter serment dans cinq mois. Le ténor a foncé à la Pitié-Salpêtrière. Avec Karim Achoui, il a obtenu l’assurance, auprès de l’Ecole de formation du barreau, que le diplôme de Lionel lui sera délivré à titre posthume, en septembre, et remis à sa famille. « Me Le Borgne a serré la main de mon frère et lui a dit je t’appelle désormais confrère, tu es des nôtres, témoigne Emmanuelle. Ce fut un immense honneur. Lionel aurait été si fier… »

« Ce sont des traîtres ! »

Dans le regard de ce si beau garçon, se nichaient la gentillesse et le bonheur. « Il avait choisi le droit parce que les injustices le révoltaient, explique Emmanuelle. Cela faisait sept ans qu’il étudiait dans le but d’aider les autres. Lionel attendait son diplôme pour s’accomplir. Il se consacrait à son travail, visitait des détenus, pratiquait le basket, lisait beaucoup ; il ne sortait quasiment jamais. » Le hasard l’a placé sur le chemin de jeunes excités, 20 ans à peine, souhaitant en découdre : « C’était de la racaille, des gens juste là pour provoquer les autres. Lionel a été frappé alors qu’il leur tournait le dos. A nos yeux, ce sont des traîtres ! » En vain, depuis la tragédie, la famille Allouche cherche une explication, oscillant entre la révolte, légitime, et la sagesse qui a toujours dirigé ses actes : « C’est une preuve supplémentaire de l’agressivité, de la haine qui domine aujourd’hui. Un drame ordinaire provoqué par la bêtise humaine. » Afin de la contrer, Harry, le petit frère qui étudie aussi le droit, endossera la robe de Lionel et portera haut ses convictions humanistes. Annabelle, la petite sœur, veut être juge, « plus que jamais. » Mercredi, les cris de la maman ont déchiré le cœur des quelque quatre cents amis de Lionel Allouche, à Pantin. Parmi eux, il y avait Karim Achoui et Jean-Yves Le Borgne, ses confrères.

Les trois agresseurs ont été arrêtés juste après les faits

Les policiers du VIe arrondissement parisien, où s’est déroulée l’agression, ont procédé la nuit même à l’arrestation des trois jeunes gens qui ont mortellement blessé Lionel Allouche, dimanche 22 mars, grâce au témoignage d’une jeune fille qui a assisté à la scène. Mais la famille du blessé a dû attendre longtemps avant d’être alertée par l’hôpital. « A six heures du matin, j’étais inquiète, j’ai réveillé maman, explique Emmanuelle, la sœur du défunt. Lionel sortait peu et n’était pas du genre à rester dehors jusqu’à l’aube sans prévenir. C’était un fils aimant et respectueux. Vers 8 heures, j’ai réussi à savoir qu’il était allé en boîte dans le VIe et j’ai téléphoné au commissariat. On m’a répondu : votre frère est majeur, attendez deux jours. On a appelé tous les hôpitaux, en vain. Finalement, à 11 heures, la Pitié-Salpêtrière nous a recontactés, ils avaient trouvé Lionel. Le médecin a dit venez, c’est grave. Cela a été le début du cauchemar. »

Selon le témoin du drame, « Lionel a voulu calmer le trio. Il a pris un jeune à part, ça se passait bien, puis un autre l’a frappé sur l’arrière du crâne. La bouteille s’est brisée, Lionel est tombé. Après, il y en a deux qui l’ont fini à coups de pied ». Le capitaine chargé de l’enquête a indiqué que deux des voyous avaient été remis en liberté sous contrôle judiciaire, l’autre étant incarcéré. Une autopsie a été pratiquée, même si les causes de la mort ne font aucun doute. La famille de Lionel Allouche a décidé de se constituer partie civile. « La mort est toujours atroce, souffle Emmanuelle, mais là… Je n’arrive pas à comprendre. Mon frère était la douceur même, tous ses directeurs de stage, en Espagne, en Belgique, à Paris, vous diraient combien il était gentil, discret, si poli, tellement humain. Pourquoi nous l’avoir dérobé ? Lionel avait coutume de dire qu’il y a toujours une justice, en tout et pour tout. J’espère qu’il avait raison et que justice lui sera rendue. »

Un jeune Israélien tué à coups de hache en Cisjordanie

Un Palestinien armé d'une hache et d'un couteau a tué un adolescent israélien de 13 ans et a grièvement blessé un garçon de sept ans jeudi dans une colonie juive de Cisjordanie, rapporte la police.
Cette attaque, qui n'a pas été revendiquée, s'est produite dans la colonie de Bat Ayin, près de la ville d'Hébron, deux jours après l'investiture du nouveau gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu, très marqué à droite.

La police et les services de secours ont précisé que l'enfant de sept ans se trouvait dans un état grave.

"L'agresseur était un Palestinien. Il était armé d'une hache et d'un couteau. Nous sommes à sa recherche", a dit un officier de police.

Un habitant de la colonie est intervenu et a désarmé l'assaillant qui a réussi à prendre la fuite.

"Il a essayé de me poignarder. Je l'ai frappé et il m'a frappé", a raconté le colon sur la chaîne de télévision Channel 10.

En 2002, trois habitants de la colonie avaient été condamnés par un tribunal israélien à des peines de 12 à 15 ans de prison pour avoir tenté de faire exploser une bombe près d'une école de filles palestinienne à Jérusalem-Est.

Shoah. Sur les traces de la famille Perper

Article paru dans "le Telegramme"

L'auteur et comédien Julien Simon et la vidéaste Marie Dault enquêtent sur la famille Perper. Arrêtée en 1942 à Plounéour-Ménez, elle fut victime de la Shoah. À la recherche de nouveaux témoignages et indices, ils organisent une rencontre-débat amicale, dimanche à Brasparts.

1935: Ihil Perper, 27 ans, son épouse Sonia, 23ans, et Rosine, leur fillette de trois ans, s'installent à Brasparts. Juifs, originaires de Bessarabie (actuelle Ukraine), ils ont fait leurs études à Nancy: de médecine pour lui, de pharmacie pour elle. Le Dr Perper a lu dans la presse spécialisée qu'on recherchait un médecin à Brasparts. En s'y établissant avec sa famille, il devient le premier praticien à exercer dans la commune des monts d'Arrée. La famille s'agrandit: Odette naît à Brest, en 1937, puis Paul, à Plounéour-Ménez, en 1942.

Médecins étrangers interdits

Lorsque le benjamin voit le jour, tout a déjà basculé. Deux ans plus tôt, le gouvernement de Vichy a interdit aux médecins étrangers d'exercer en France. De dérogations en dérogations, le Dr Perper continue quand même à prodiguer ses soins dans une zone allant de Briec-de-l'Odet à Morlaix. Octobre1942: répondant dans l'heure à un ordre de la Kommandantur, deux gendarmes français de Pleyber-Christ s'emparent de la famille Perper, à Plounéour-Ménez. C'est ce qu'on appellera «la seconde rafle de Bretagne». Après une nuit d'incarcération à la gendarmerie de Morlaix, le couple et ses trois enfants sont dirigés sur Rennes puis Drancy, où ils restent six mois. Mars1943: ils sont déportés au camp d'extermination de Sobibor, en Pologne, où ils sont «assassinés», pour reprendre le mot de Julien Simon. Une chape d'oubli tombe alors sur leur existence.

«La vie comme la vie»
Auteur et comédien, le Trégorois Julien Simon explore la mémoire et ses dénis pour la restituer sous la forme de spectacles. On lui doit le passionnant «Comme un ange après temps de misère» (1990), construit à partir de lettres d'un soldat breton pris dans les guerres de la République et napoléoniennes. Il a également créé «Un drôle de silence» (2004), sur les appelés de la guerre d'Algérie. Toujours convaincu que le théâtre doit participer aux «remontées de mémoire», Julien Simon voulait consacrer un travail à la France sous Vichy. La lecture du livre de Marie-Noëlle Postic, «Sur les traces d'une famille juive en Bretagne» (Coop Breizh), l'a mis sur la piste des Perper. Depuis plus d'un an, avec sa complice vidéaste Marie Dault, il essaie de «dresser un portrait en absence de cette famille, pour la ramener dans l'humanité». «Nous cherchons à collecter toutes les traces et empreintes qui ont "enveloppé" ces vies brèves, pour les restituer dans un second temps dans un dispositif mêlant théâtre et images qui s'appellera "La vie comme la vie"». Habités par leur quête, Julien Simon et Marie Dault sont partis à la rencontre des lieux, de témoins et d'indices, en 2008, en Bessarabie. La vidéaste a effectué la même démarche à Nancy et Drancy. En explorant cette période sombre de notre Histoire, les deux artistes ne cherchent pas «à juger ou dénoncer, mais à comprendre pour mieux préparer l'avenir».

Dimanche à Brasparts

Leur recherche de traces de la famille Perper vivra une étape très importante dimanche prochain, à Brasparts. Julien Simon et Marie Dault invitent, à 14h30 à la salle des fêtes, toutes les personnes détentrices de documents, aussi infimes soient-ils, sur cette famille ou cette période, ou tout simplement intéressées par leur travail. Ils présenteront leur projet «La vie pour la vie». La Cinémathèque de Bretagne diffusera des films de l'époque. Des témoins parleront de la famille Perper et l'on pourra débattre autour des cafés, crêpes et boissons fraîches offerts.

Israël: le gouvernement Netanyahu obtient l'investiture du Parlement

Le gouvernement israélien dirigé par le chef de la droite Benjamin Netanyahu a obtenu mardi l'investiture du Parlement à une large majorité des voix.

Soixante-neuf députés de la Knesset sur 120 ont voté pour ce cabinet issu des législatives du 10 février et 45 ont voté contre, le reste ne participant pas au vote.

Après le vote, les ministres, M. Netanyahu en premier, ont procédé à la prestation de serment.

Ce gouvernement de coalition, qui compte trente ministres dont M. Netanyahu, le chef du parti Likoud, est le plus pléthorique dans l'histoire d'Israël. Il s'appuie sur une assise parlementaire d'au moins 69 députés.

Fortement dominé par les partis de droite et l'extrême droite, ce cabinet suscite l'inquiétude pour la poursuite du processus de paix avec les Palestiniens, M. Netanyahu étant opposé à un Etat palestinien indépendant en Cisjordanie et à Gaza, dont la création est soutenue par les Etats-Unis et l'Europe.

Le cabinet comprend notamment, au poste clé des Affaires étrangères, l'utlranationaliste Avigdor Lieberman, chef du parti Israël Beiteinou, qui s'est illustré par des déclarations anti-arabes et des critiques acerbes contre le président égyptien Hosni Moubarak.

Dans son discours d'investiture, M. Netanyahu, qui fut déjà Premier ministre entre 1996 et 1999, s'est dit prêt à négocier la paix avec les Palestiniens, mais s'est abstenu de toute référence à un Etat palestinien indépendant qui ne figure pas dans le programme de son cabinet.

"Je le dis aux dirigeants de l'Autorité palestinienne: si vous voulez vraiment la paix, il est possible d'arriver à la paix. Le gouvernement sous ma direction agira pour arriver à la paix sur trois volets: économique, sécuritaire et politique", a dit M. Netanyahu.

Dans le cadre d'un "accord définitif", a-t-il poursuivi, les Palestiniens "disposeront de tous les droits pour se gouverner eux-mêmes, sauf ceux susceptibles de constituer un danger pour la sécurité et l'existence de l'Etat d'Israël".

"Ces déclarations constituent un début qui n'est pas encourageant de la part de ce gouvernement", a déclaré à l'AFP Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.

"L'administration américaine doit faire pression sur le gouvernement de Netanyahu pour qu'il s'en tienne aux fondements du processus de paix, à savoir la paix contre la terre. Cela signifie la restitution de tous les territoires palestiniens occupés en 1967 y compris Jérusalem-est", a-t-il ajouté.

M. Netanyahu s'en est aussi pris avec véhémence à l'Iran, mettant en garde contre la possibilité pour ce "régime radical" de se doter de l'arme atomique.

"Le peuple juif a tiré les leçons (de la Shoah), il ne peut pas baisser la tête devant des dictateurs qui menacent de le détruire. Contrairement à ce qui s'est passé au siècle dernier, nous avons aujourd'hui les moyens de nous défendre. Nous savons comment nous défendre", a-t-il ajouté.

La chef du parti Kadima (centre-droit), devenue la dirigeante de l'opposition, Tzipi Livni, a dénoncé dans son allocution à la Knesset ce "gouvernement de baudruches avec des ministres et des vice-ministres chargés de rien du tout, mais qui se sont vu octroyer des titres ridicules".

Benjamin Netanyahu redevient Premier ministre d'Israël

net.jpgLe leader de la droite Benjamin Netanyahu est redevenu mardi Premier ministre d'Israël, s'engageant devant le Parlement à négocier une paix avec les Palestiniens mais sans la moindre mention de l'Etat auquel ils aspirent.

Fortement ancré à droite malgré la participation de ministres travaillistes dont Ehud Barak reconduit à la Défense, la composition du cabinet a provoqué de fortes inquiétudes sur la scène internationale qui craint qu'il ne donne le coup de grâce à un processus de paix enlisé et n'intensifie la colonisation.

La Knesset a voté son investiture à une large majorité de 69 voix contre 45, sur 120 députés. Après le vote, les ministres, M. Netanyahu en premier, ont prêté serment.

Le gouvernement de coalition, qui compte trente ministres dont M. Netanyahu, le chef du parti Likoud, est le plus pléthorique de l'histoire d'Israël.

Il comprend au poste clé des Affaires étrangères l'utlranationaliste Avigdor Lieberman, chef du parti Israël Beiteinou, qui s'est illustré par des déclarations anti-arabes.

Dans son discours d'investiture, le nouveau chef du gouvernement, âgé de 59 ans et qui fut déjà Premier ministre entre 1996 et 1999, a brandi l'épouvantail de la menace nucléaire iranienne et proposé aux Palestiniens de s'autogouverner, sans préciser comment ceux-ci pourraient le faire.

"Je le dis aux dirigeants de l'Autorité palestinienne: si vous voulez vraiment la paix, il est possible d'arriver à la paix. Le gouvernement sous ma direction agira pour arriver à la paix sur trois volets: économique, sécuritaire et politique", a déclaré M. Netanyahu.

Dans le cadre d'un "accord définitif", a-t-il poursuivi, les Palestiniens "disposeront de tous les droits pour se gouverner eux-mêmes, sauf ceux susceptibles de constituer un danger pour la sécurité et l'existence de l'Etat d'Israël".

Mais il s'est gardé de parler d'un Etat palestinien indépendant qui ne figure pas dans le programme de son cabinet.

"Ces déclarations constituent un début qui n'est pas encourageant de la part de ce gouvernement", a déclaré Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.

"L'administration américaine doit faire pression sur le gouvernement de Netanyahu pour qu'il s'en tienne aux fondements du processus de paix, à savoir la paix contre la terre. Cela signifie la restitution de tous les territoires palestiniens occupés en 1967 y compris Jérusalem-est", a-t-il ajouté.

A Gaza, un responsable du mouvement islamiste palestinien Hamas, Moushir Al-Masri, a affirmé que M. Netanyahu "doit réaliser qu'il n'a pas d'autre choix que de reconnaître les droits du peuple palestinien, d'accepter un retrait total des territoires occupés et le retour des réfugiés".

M. Netanyahu s'en est aussi pris avec véhémence à l'Iran, mettant en garde contre la possibilité pour ce "régime radical" de se doter de l'arme atomique.

"Le peuple juif a tiré les leçons (de la Shoah), il ne peut pas baisser la tête devant des dictateurs qui menacent de le détruire. Contrairement à ce qui s'est passé au siècle dernier, nous avons aujourd'hui les moyens de nous défendre. Nous savons comment nous défendre", a-t-il ajouté.

La chef du parti Kadima (centre-droit), Tzipi Livni, devenue la dirigeante de l'opposition, a dénoncé ce "gouvernement de baudruches avec des ministres et des vice-ministres chargés de rien du tout, mais qui se sont vu octroyer des titres ridicules".

Cinq des treize députés travaillistes se sont abstenus de voter. La liste du "Judaïsme unifié de la Torah", dont cinq députés ont voté pour, doit signer formellement mercredi son accord d'entrée dans la coalition.

Netanyahou lance une vive mise en garde à l’Iran

Le premier ministre présente un gouvernement très marqué à droite. Et s’en prend au régime «radical» au pouvoir à Téhéran.

Benjamin Netanyahou a présenté hier son gouvernement à l’investiture du parlement. Le prochain premier ministre israélien s’est dit prêt à négocier la paix avec les Palestiniens, mais a refusé de parler d’un Etat palestinien indépendant. Il a également mis en garde l’Iran contre le risque que représenterait le choix de l’arme atomique.

Un ultranationaliste aux Affaires étrangères

Le gouvernement de coalition, qui compte trente ministres, est le plus pléthorique de l’histoire d’Israël. Benjamin Netanyahou s’est efforcé de satisfaire aux appétits de ses divers partenaires. Il a fallu aussi rallonger la table du gouvernement ainsi que ses bancs à la Knesset. Hier encore, il a réussi à convaincre Sylvan Shalom, un baron du Likoud, d’accepter un poste de ministre du Développement régional ainsi qu’un titre de premier ministre adjoint.

Le gouvernement s’appuie sur une assise parlementaire de 69 députés sur les 120 de la Knesset. Il comprend notamment, au poste clé des Affaires étrangères, l’ultranationaliste Avigdor Lieberman, chef du parti Israël Beiteinou, qui s’est illustré par des déclarations antiarabes et des critiques acerbes contre le président égyptien Moubarak.

Epaulé par les travaillistes, Benjamin Netanyahou espère donner à cette majorité une coloration modérée. Il n’en suscite pas moins de lourdes interrogations sur la poursuite du processus de paix. Déjà premier ministre de 1996 à 1999, Benjamin Netanyahou n’a fait hier aucune mention à un Etat palestinien. Il s’est borné à dire qu’il «s’engage à faire avancer le processus de paix avec nos voisins».

Dans le cadre d’un «accord définitif», a poursuivi Benjamin Netanyahou, les Palestiniens «disposeront de tous les droits pour se gouverner eux-mêmes, sauf ceux susceptibles de constituer un danger pour la sécurité et l’existence de l’Etat d’Israël».

Voilà qui n’est pas «encourageant», a déclaré Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas. «L’administration américaine doit faire pression pour que le gouvernement s’en tienne aux fondements du processus de paix, à savoir la paix contre la terre. Cela signifie la restitution de tous les territoires palestiniens occupés en 1967, y compris Jérusalem-Est», a-t-il ajouté.

«Un régime radical»

A propos de l’Iran, Benjamin Netanyahou a affirmé que «le plus grand danger pour l’humanité et pour Israël provient de la possibilité d’un régime radical doté de l’arme atomique».

«Le peuple juif… ne peut pas baisser la tête devant des dictateurs qui menacent de le détruire. Contrairement à ce qui s’est passé au siècle dernier, nous avons aujourd’hui les moyens de nous défendre. Nous savons comment nous défendre», a-t-il averti.

Israël: le gouvernement Netanyahu doit être investi par la Knesset

Benjamin Netanyahu, le chef de la droite israélienne victorieuse aux élections législatives du 10 février, présente mardi son gouvernement qui doit être approuvé par le Parlement.

Le débat à la Knesset doit commencer à 17h00 locales (14h00 GMT) par un discours de M. Netanyahu, suivi des interventions des représentants des différents partis, avant le vote et la prestation de serment dans la soirée.

Disposant de l'appui de quelque 70 députés sur 120, le leader du parti Likoud est assuré d'obtenir la majorité requise pour former le 32e gouvernement de l'histoire d'Israël.

M. Netanyahu, qui a déjà occupé ce poste entre 1996 et 1999, a élargi sa coalition fortement marquée à droite en obtenant le ralliement du parti travailliste (gauche, 13 députés). Outre le Likoud (27 sièges), elle comprendra aussi Israël Beiteinou (extrême droite nationaliste, 15 députés), le Shass (orthodoxe sépharade, 11), le Foyer Juif (colons, 3). Les cinq élus de la Liste unifiée du judaïsme de la Torah (ultra-orthodoxe ashkénaze) devraient également le rejoindre.

Le gouvernement de M. Netanyahu devrait compter une trentaine de ministres et une demi-douzaine de vice-ministres.

Le ministère des Affaires étrangères a été promis à Avigdor Lieberman, chef d'Israël Beiteinou, la Défense au ministre sortant et N.1 travailliste, Ehud Barak, et l'Intérieur au chef du Shass, Eli Yishaï.

M. Netanyahu, 59 ans, s'est efforcé de rassurer l'opinion internationale qui craint que son gouvernement ne donne le coup de grâce à un processus de paix déjà mal en point. Il affirme vouloir mener avec l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas des négociations en vue d'une "paix économique", mais récuse la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël et le gel de la colonisation juive en Cisjordanie.

Lors d'un débat parlementaire lundi, le Premier ministre sortant, Ehud Olmert, a appelé M. Netanyahu à accepter le principe de "deux Etats pour deux peuples", et la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël.

L'Union européenne a pressé vendredi M. Netanyahu d'accepter cette idée, faute de quoi l'UE a menacé d'en "tirer les conséquences". Le président américain Barack Obama a lui aussi estimé que le statu quo dans le conflit israélo-palestinien était "intenable", jugeant "crucial" que l'on progresse "vers une solution à deux Etats".

La tour Eiffel s'offre une nouvelle robe pour ses 120 ans

toureiffel.jpgLa tour Eiffel, monument payant le plus visité du monde, symbole de Paris et de l'Europe, s'offre une nouvelle robe pour son 120e anniversaire : une campagne de peinture qui durera 18 mois.

En équilibre à une cinquantaine de mètres du sol, 25 ouvriers équipés comme des alpinistes ont entamé leur travail mardi devant l'objectif des photographes conviés au premier étage de l'oeuvre de Gustave Eiffel.

"Comme M. Gustave Eiffel nous l'a demandé dans son testament, il faut repeindre la tour régulièrement pour la protéger de la corrosion", a expliqué Jean-Bernard Bros, président de la tour Eiffel et adjoint au maire de Paris, lors d'une conférence de presse organisée 120 ans exactement après l'ouverture de l'Exposition universelle, le 31 mars 1889.

C'est à l'occasion de cette exposition que fut construite la tour, aujourd'hui haute de 324 mètres, antennes comprises, qui fut le bâtiment le plus haut du monde pendant plus de 40 ans.

Pour cette 19e campagne de rénovation, 60 tonnes de peinture sans plomb "brun tour Eiffel", une couleur brevetée, seront nécessaires pour recouvrir quelque 250.000 m2 de poutres et poutrelles.

Coût de l'opération, réalisée tous les sept ans et confiée cette année à une entreprise grecque après appel d'offre : quatre millions d'euros.

Pour que le résultat soit uniforme à l'oeil nu, trois tons de peinture seront étalés à l'ancienne, au pinceau, du plus foncé en bas au plus clair au sommet.

Le brun a été choisi pour colorer la tour au début de son histoire. Elle a ensuite été peinte en jaune, puis en rouge dans les années 1950, avant de revenir à sa couleur d'origine.

"BRUN TOUR EIFFEL"

"Cette couleur, qui rappelle de la terre mélangée à de l'eau, se marie bien avec les bâtiments et le ciel de Paris. Comme elle est assez neutre, elle permet de mettre en valeur la structure du monument. Finalement, on ne voit pas la couleur, on regarde la tour Eiffel", souligne Yves Camaret, directeur des services techniques du monument.

En tout, 1.500 pinceaux devraient être utilisés pour cette campagne, ainsi que 1.000 paires de gants, 1.000 spatules à gratter, 1.500 combinaisons de travail et deux hectares de filets de protection.

"C'est difficile parce qu'il y a la hauteur mais on ne prend pas de risque pour autant, la sécurité est totale", a dit à la presse l'un des peintres, Aderito Baptista, qui entame sa cinquième campagne de peinture de la tour et concède qu'il n'a "pas du tout le vertige".

Aucun accident mortel n'a endeuillé la tour Eiffel pendant sa construction, ni lors des campagnes de peinture.

Pour le 120e anniversaire de son inauguration, de nombreuses festivités sont prévues : des expositions, dont l'une à l'Hôtel de ville de Paris, des concerts, un feu d'artifice et des visites gratuites pour les élèves de 120 classes de Paris et d'Ile-de-France.

Pendant toute la durée des travaux, la tour restera ouverte sept jours sur sept aux très nombreux visiteurs qui bravent de longues files d'attente pour admirer Paris d'en haut.

La fréquentation de la tour Eiffel a légèrement augmenté en 2008 avec 6,9 millions de visiteurs, dont 75% d'étrangers, soit une hausse de 0,5% par rapport à l'année précédente.

La société d'exploitation s'attend toutefois à une baisse en 2009 en raison de la crise économique.

Israël: le cabinet Netanyahu va continuer les négociationspour Shalit

Le prochain gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu va devoir continuer les négociations avec le Hamas pour la libération du soldat Gilad Shalit, a estimé dimanche le secrétaire du gouvernement sortant Oved Yehezkel.

"Je ne pense pas que le gouvernement sortant d'Ehud Olmert puisse parvenir à la libération de Gilad Shalit, les choses vont attendre le prochain gouvernement", a affirmé ce responsable à la radio militaire.

Le chef de la droite Benjamin Netanyahu doit en principe présenter son gouvernement mardi au parlement, selon une porte-parole du président Shimon Peres.

"Des efforts intenses ont été déployés récemment, mais le prix exigé (par le Hamas) était inacceptable", a ajouté le secrétaire du gouvernement.

Le 17 mars, Israël avait rejeté les conditions posées par le Hamas pour la libération de centaines de prisonniers palestiniens en échange du soldat franco-israélien.

M. Yehezkel a par ailleurs refusé de confirmer ou de démentir des informations selon lesquelles Ofer Dekel, le conseiller de M. Olmert s'est rendu ce week-end à l'étranger afin de poursuivre les négociations sur la libération de Gilad Shalit.

Selon les commentateurs, les perspectives d'une possible libération de ce soldat ne sont guère encourageantes avec la prochaine arrivée au pouvoir de M. Netanyahu.

Plusieurs dirigeants de sa future coalition sont en effet opposés à un échange qui comprendrait la libération de centaines de Palestiniens détenus pour leur participation à des attentats anti-israéliens.

Le caporal Shalit, 22 ans, a été enlevé le 25 juin 2006 lors d'une opération menée par un commando palestinien, dans le sud d'Israël, à la lisière de la bande de Gaza.

L'attaque a été revendiquée par trois groupes armés, dont les brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche armée du mouvement islamiste Hamas qui contrôle la bande de Gaza.

Israël et le Hamas se sont rejeté la responsabilité de l'échec des négociations sur un échange de Gilad Shalit.