Yves Benjamin ATTALI

Né le 8 juin 1957 à Paris
Études secondaires en internat à l'école Maïmonide de Boulogne sur seine.
Aliyah en 1976, terminale au lycée français de Jérusalem.
Service militaire dans le génie combattant.
Marié avec une Israélienne, Hanna, père de 4 enfants (2 filles et 2 garçons). Habitons à Kfar Tavor en basse Galilée.
Licence en sociologie et ressources humaines de l'université de Bar-Ilan.
Amoureux des langues, considéré comme le plus Israélien des francophones de ma promotion.
J'ai collaboré pour la première fois avec Alliance en 1997. Aujourd'hui j'ai renoué avec le magazine juif qui est incontestablement le meilleur sur Web.

Les articles de Yves Benjamin ATTALI

Rencontre entre le pape et Netanyahu à Nazareth

Benoît XVI s'est entretenu ce jeudi à Nazareth, en Galilée, avec le Premier ministre israélien. Le contexte est tendu suite aux déclarations papales, favorables à la création d'un Etat palestinien.

Le pape Benoît XVI s'est entretenu jeudi à Nazareth, en Galilée, avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. La rencontre, qualifiée par le Vatican de «privée», s'est tenue dans le couvent des Franciscains de Nazareth.

Des images de la télévision israélienne ont montré le Premier ministre et le chef de l'Eglise catholique devisant en tête-à-tête avec le sourire, sans qu'il soit possible d'entendre leur échange.

Le contexte paraissait difficile dans la mesure où le souverain pontife a apporté son soutien à la création d'un Etat palestinien et déploré le «tragique» mur de séparation érigé par Israël. Ajoutant même que les murs «peuvent être abattus». Or le gouvernement de Benjamin Netanyahu, de droite, est fermement opposé à la création d'un Etat palestinien.

Le pape a promis de «continuer à utiliser toutes les opportunités pour encourager ceux qui sont engagés dans les négociations de paix à travailler ensemble pour une solution juste qui respecte les aspirations légitimes des Israéliens et des Palestiniens».

«C'était une excellente visite au cours de laquelle le pape a apporté un soutien politique à la cause palestinienne et à un règlement basé sur deux Etats permettant la création d'un Etat palestinien indépendant», a ensuite déclaré le président palestinien Mahmoud Abbas.
Appel au rejet du «pouvoir destructeur de la haine»

Le pape est arrivé tôt ce matin au Mont du Précipice, à Nazareth, en Galilée. Il a appelé au rejet du «pouvoir destructeur de la haine et des préjugés» et à une coexistence paisible entre musulmans et chrétiens à Nazareth, lors d'une grande messe - sa plus grande messe depuis son arrivée en Terre sainte, il y a sept jours-, et la dernière de son pèlerinage.

«Que chacun rejette le pouvoir destructeur de la haine et des préjugés, qui porte la mort dans l'âme des personnes avant de tuer les corps !», a lancé Benoît XVI, devant plus de 40 000 fidèles, lors de son homélie dans un vaste amphithéâtre construit au Mont du Précipice où, selon les Evangiles, une foule mécontente des prêches du Christ tenta de le jeter dans le vide.

«Ces dernières années, Nazareth a malheureusement connu des tensions, dont le monde entier a eu l'écho, et qui ont nui aux relations entre les communautés chrétienne et musulmane», a relevé le pape dans la plus grande ville arabe d'Israël (60 000 habitants), qui compte 30 % de chrétiens.

Il a «invité les personnes de bonne volonté des deux communautés à remédier aux dommages qui ont été causés, et, dans la fidélité à notre foi commune au Dieu unique» leur a demandé «de travailler à construire des ponts et de trouver les moyens de vivre paisiblement ensemble».

Le pape a par ailleurs une nouvelle fois plaidé pour l'unité de l'Eglise, dans cette région où il n'y a pas moins de six rites catholiques : «Nous sommes appelés à vivre en harmonie et en paix les uns avec les autres, à nous supporter les uns les autres et, par-dessus tout, à pardonner, ayant l'amour qui fait l'unité dans la perfection», a-t-il déclaré.

Anne, le musical

anne22.jpgLa vie d'Anne Frank est actuellement mise en scène dans un spectacle surprenant. Anne, le Musical, revient jusqu'au 27 juin au théâtre Déjazet à Paris.

Anne, le musical : l'histoire d'Anne Frank

L'histoire d'Anne Frank, évidemment, tout le monde la connaît. C'est une adolescente, juive, enfermée et cachée avec ses parents pendant la Seconde Guerre mondiale. Anne Frank rêvait de cinéma et de journalisme. Faute de mieux, pendant les deux années où elle n'a d'autre moyen d'expression, Anne Frank tient un journal intime. Elle y confie ses joies, ses peines, ses inquiétudes. Rien de bien extraordinaire finalement, pour une adolescente. Sauf que quand on est juive, cachée, que l'on finit par être déportée dans le camp de concentration de Bergen-Belsen et que l'on meurt du typhus, à peine quinze jours avant la fin de cette terrible guerre, la portée du Journal d'Anne Frank est chargée de sens et d'émotions incomparables.

Anne, le musical : la vie d'Anne Frank mise en spectacle

Réinterpréter l'histoire d'Anne Frank, qui plus est en musique, il faut avouer que le projet était ambitieux... La troupe d'artistes qui présentent ce spectacle s'en sort avec brio. Surprenant, émouvant, sans jamais tomber dans le pathétique ou le larmoyant. La mise en scène de Christine Giua Pierre-Yves Duschesne est réussie, les musiques et chansons de Jean-Pierre Hadida tombent toujours à point. Le choeur vous donnera des frissons, c'est sûr, grâce à l'innovante façon dont il est mis en valeur.

Espérons que le spectacle Anne, le musical, partira en tournée dans toute la France, parce que petits et grands seront enthousiasmés par cette interprétation du Journal d'Anne Frank.

Anne, le musical : les infos pratiques

Après un mois de représentation dans une petite salle, le spectacle Anne, le musical, sera jusqu'au 27 juin 2009 au théâtre Déjazet à Paris.

De 18 à 30 euros.
Réservations au 01 48 87 52 55
www.annelemusical.com

Benjamin Netanyahu prêt à négocier avec les Palestiniens

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est dit prêt à ouvrir immédiatement des pourparlers de paix avec les Palestiniens mais sans faire référence à l'établissement d'un Etat pour ces derniers.

"Nous sommes disposés à reprendre les négociations de paix sans délai et sans conditions préalables - le plus tôt sera le mieux", a-t-il dit par téléphone satellitaire dans le cadre de la conférence organisée par le Comité des affaires publiques américano-israéliennes.

Le chef du gouvernement israélien a détaillé son approche "en trois volets" - questions politiques, développement de l'économie palestinienne et renforcement des forces de sécurité palestiniennes.

Il a cependant dit attendre des Palestiniens qu'ils reconnaissent Israël en tant qu'Etat juif. Les Palestiniens redoutent que cette reconnaissance permette aux Israéliens d'empêcher le retour des réfugiés qui ont fui en 1948.

Saëb Erekat, négociateur en chef des Palestiniens, a reproché à Netanyahu d'être resté vague dans son discours, en ne s'engageant pas à négocier sur les questions primordiales que sont le statut de Jérusalem et les réfugiés palestiniens, et en ne s'engageant pas non plus à rechercher une solution à deux Etats.

"Nul n'a de temps à perdre en relations publiques et avec des formulations vagues, et j'espère que nous n'aurons pas à attendre des années avant d'avoir une réponse, un oui ou un non, à ces questions simples. C'est maintenant que nous devons savoir", a dit Erekat à Reuters.

Depuis son arrivée aux affaires le 31 mars dernier à la tête d'un gouvernement de droite, Netanyahu n'a jamais parlé spécifiquement de la création d'un Etat palestinien, condition sine qua non à la paix pour les Arabes et les Etats-Unis.

Les dirigeants palestiniens ont rejeté l'idée d'une "paix économique" avancée par Netanyahu et exclu de reprendre les pourparlers de paix tant qu'il ne se sera pas engagé à accepter une solution à deux Etats.

Le président américain Barack Obama avait pour sa part chargé son émissaire pour le Proche-Orient George Mitchell de rappeler à Netanyahu son attachement à cette solution.

Netanyahu est attendu à Washington le 18 mai pour un entretien avec Obama à l'issue duquel les chances de voir les discussions reprendre devraient s'éclaircir.

L'administration Bush avait tenté de relancer le processus de paix israélo-palestinien en novembre 2007 avec le précédent gouvernement israélien, mais les discussions ont achoppé sur la question des frontières, le statut de Jérusalem et le sort des réfugiés.

L'Autorité palestinienne a rompu les négociations après le lancement de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, en décembre et janvier derniers.

Israël:nouvel ambassadeur à Washington

Un universitaire israélo-américain, Michael Oren, a été choisi par le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour devenir le prochain ambassadeur d'Israël à Washington, ont rapporté aujourd'hui les médias israéliens.

La nomination officielle de Michael Oren, qui doit succéder à Sallaï Méridor, démissionnaire, doit être annoncée officiellement avant le départ de M. Netanyahu pour sa première visite aux Etats-Unis, à la mi-mai, depuis son retour au pouvoir le mois dernier, ont précisé les médias.

M. Oren (54 ans), qui va devoir renoncer à sa nationalité américaine, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'histoire militaire d'Israël. Il enseigne ces dernières années à l'université de Georgetown à Washington tout en étant membre de Shalem, un centre d'étude académique fondé par un Sheldon Arison, un milliardaire américain proche de M. Netanyahu.

M. Oren, né aux Etats-Unis, est commandant de réserve de l'armée israélienne.
La désignation du poste d'ambassadeur à Washington est traditionnellement du ressort du Premier ministre et non pas du ministre des Affaires étrangères.

Baptême du feu diplomatique pour Avigdor Lieberman en Europe

Avigdor Lieberman, le nouveau chef controversé de la diplomatie israélienne, est attendu au tournant cette semaine dans quatre capitales européenne: Rome, Paris, Prague et Berlin.

Le leader du parti ultranationaliste Yisraël Beïtenu, avec lequel le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dû composer en mars pour réunir une majorité à la Knesset, a en effet inauguré ses fonctions par un coup d'éclat.

Israël, a-t-il déclaré le 1er avril, n'est pas lié par la promesse faite par l'ancien Premier ministre Ehud Olmert en novembre 2007 à la conférence de paix d'Annapolis d'oeuvrer à la création rapide d'un Etat palestinien.

Netanyahu lui-même a soigneusement évité avant les élections législatives du 10 février comme depuis la formation de son gouvernement de coalition de s'engager en faveur d'une solution dite "à deux Etats".

Or telle est la politique établie de l'Union européenne et des Etats-Unis, comme celle de l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas.

Dans l'entourage de Lieberman, on présente sa tournée comme un moyen pour le nouveau gouvernement israélien de gagner du temps en attendant de mettre au point une stratégie diplomatique.

"Il va établir des canaux de communication, discuter de l'orientation de nos relations, plutôt que de discuter d'une politique précise à ce stade", dit Yigal Palmor, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Ce premier déplacement de Lieberman à l'étranger vise aussi à peaufiner la stature internationale de cet immigré d'origine moldave qui fut videur de boîte de nuit avant de devenir chef de cabinet de Netanyahu et de fonder son propre parti, à la fin des années 1990.

AUCUNE STRATÉGIE COHÉRENTE?

Lieberman a provoqué l'ire des Arabes israéliens, qui constituent 20% de la population du pays, en mettant en cause leur loyauté. Il prône le détachement territorial des villes qu'ils habitent en Galilée en échange de l'annexion des colonies juives de Cisjordanie.

Les Européens attendent encore la première rencontre entre Netanyahu et le nouveau président américain Barack Obama, le 18 mai, pour savoir sur quel pied danser avec le gouvernement conduit par le chef du Likoud.

Mais la Commission européenne, qui subventionne largement l'administration d'Abbas, a d'ores et déjà marqué son désaccord avec les premières orientations du gouvernement de Netanyahu en gelant son projet de renforcement des relations bilatérales.

L'UE exige qu'Israël réaffirme son engagement en faveur d'un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza, mais elle se heurte à une fin de non-recevoir de l'Etat juif, où ce militantisme risque d'amenuiser son influence.

En attendant la prise de contact entre Obama et Netanyahu, Lieberman a de son côté décidé de reporter la réunion politique annuelle commune entre Israël et l'UE, explique Palmor.

"Notre message pour le moment c'est que les stratégies cruciales sont encore en cours de définition", confie-t-il, tout en précisant que Lieberman cherchera à convaincre les Européens d'être plus fermes envers l'Iran.

En privé, des diplomates israéliens soulignent que Lieberman est plus circonspect, depuis qu'il a hérité du portefeuille des Affaires étrangères, qu'avant les élections qui ont permis à son parti d'arriver en troisième position devant les travaillistes.

Mais ils disent ne pas être sûrs que le nouveau ministre ait une vision stratégique cohérente. Ainsi prône-t-il l'intégration des Arabes israéliens dans le nouvel Etat palestinien tout en se déclarant contre la création de celui-ci.

"Sans surprise, il n'a aucune solution brillante à sortir de son chapeau", affirme un de ces diplomates.

Grippe porcine: deux cas confirmés en Israël, les premiers au Proche-Orient

JERUSALEM - Les deux premiers cas de grippe porcine au Proche-Orient ont été confirmés mardi en Israël chez deux hommes rentrés récemment du Mexique, selon des sources médicales et les médias.

Le premier cas a été diagnostiqués chez Tomer Vajime, 26 ans, hospitalisé depuis dimanche à l'hôpital Laniado de Netanya, au nord de Tel-Aviv, après son retour vendredi d'un séjour au Mexique.

"Effectivement, le virus a été détecté", a indiqué une porte-parole de l'hôpital à l'AFP. "Il se trouve dans une section isolée de l'établissement. Il se sent bien".

Une nièce de ce malade, âgée de cinq ans, a été placée en observation dans le même hôpital de crainte qu'elle ne soit elle aussi atteinte du virus.

Quelques heures plus tard, un deuxième cas a été confirmé chez un homme de 49 ans lui aussi récemment rentré du Mexique, ont annoncé les médias.

L'Israélien, dont l'identité n'a pas été révélée dans l'immédiat, est hospitalisé depuis lundi dans un établissement de Kfar Saba près de Tel-Aviv après s'être plaint de maux à la tête et à la gorge et de fièvre.

Il s'agit des deux premiers cas confirmés de grippe porcine au Proche-Orient.

La présidence du Conseil a annoncé une "réunion d'urgence" en soirée du Premier ministre Benjamin Netanyahu avec les responsables des services de santé en Israël.

En outre, une rencontre entre représentants israéliens, jordaniens et palestiniens pour discuter des moyens d'"éviter la propagation de la maladie" est prévue la semaine prochaine, selon les Affaires étrangères israéliennes.

Le ministre de la Défense Ehud Barak a annoncé dans un communiqué la mise en place d'une "cellule de crise" chargée de prendre les mesures nécessaires en cas de propagation de la maladie, et le ministère de la Santé a appelé toute personne présentant des symptômes de grippe à rester chez elle et à ne pas prendre les transports publics.

La grippe porcine aurait fait plus de 150 morts au Mexique, et s'est également étendue notamment aux Etats-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne, en Espagne et en Nouvelle-Zélande, faisant craindre une pandémie d'ampleur mondiale.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a dit avoir connaissance d'un total de 79 cas confirmés de grippe porcine dans le monde, sans préciser le nombre de morts.

Au Moyen-Orient, des mesures de surveillance ont été prises en Jordanie, alors que les autorités des Emirats arabes unis, d'Arabie saoudite, de Bahreïn et du Qatar ont assuré qu'aucun cas n'avait été recensé et détaillé des mesures de précaution. Une réunion de coordination des six monarchies du Golfe est prévue au Qatar samedi.

Le Liban a notamment interdit l'importation de porcs vivants et de viande de porc fraîche.

Au Caire, l'OMS a indiqué que l'expérience de l'Egypte en matière de lutte contre la grippe aviaire avait montré que ce pays était prêt à faire face à la menace de la grippe porcine. Mais la chambre basse du parlement a appelé à l'abattage "immédiat" des 250.000 cochons du pays comme mesure de prévention.

En Syrie, les autorités ont renforcé les contrôles aux frontières. Le ministère de l'Agriculture a interdit à toute personne arrivant dans le pays de faire entrer de la viande fraîche, des produits d'origine animale ou d'importer des oiseaux ou des animaux vivants. Les mesures d'hygiène ont été renforcées dans les fermes d'élevage d'oiseaux et d'animaux, selon une source officielle.

Le président israélien rencontre Obama la semaine prochaine à Washington

peob.jpgJERUSALEM  — Le président israélien Shimon Peres va rencontrer la semaine prochaine à Washington le président américain Barack Obama, le premier contact de ce niveau entre les deux alliés depuis l'entrée en fonction de la nouvelle administration américaine, a annoncé mardi son bureau.

"Le président Peres partira ce week-end pour Washington afin de représenter Israël à la conférence de l'AIPAC (The American Israel Public Affairs Committee)", a indiqué son bureau dans un communiqué.

"Durant son séjour à Washington, il aura des entretiens avec le président Barack Obama", a-t-il ajouté sans avancer de date précise pour la rencontre.

M. Peres, prix Nobel de la paix, sera le premier dirigeant israélien à rencontrer M. Obama depuis l'entrée en fonction de la nouvelle administration américaine en janvier et depuis les élections générales en Israël en février qui ont porté au pouvoir le chef de la droite Benjamin Netanyahu.

Le président israélien, dont la fonction est principalement protocolaire, a coordonné cette rencontre avec M. Netanyahu et les deux dirigeants israéliens doivent se voir mercredi pour discuter des questions que M. Peres soulèvera avec M. Obama, a ajouté le bureau du président.

Selon des responsables israéliens, M. Netanyahu devrait se rendre autour du 18 mai à Washington pour rencontrer M. Obama.

Le processus de paix israélo-palestinien semble encore plus mal en point depuis l'investiture le 31 mars de M. Netanyahu, qui écarte l'option de deux Etats, israélien et palestinien, comme moyen de régler le conflit. Il se dit prêt à parler de paix avec les Palestiniens mais sur la base d'un plan privilégiant leur développement économique.

M. Obama a répété au contraire qu'une résolution du conflit passait par la création d'un Etat palestinien coexistant avec Israël.

Le 21 avril, la Maison Blanche a annoncé les visites prochaines, probablement avant début juin, de M. Netanyahu, du président palestinien Mahmoud Abbas et du président égyptien Hosni Moubarak.

Ces visites indiquent une nouvelle phase dans laquelle M. Obama va s'impliquer personnellement et fortement dans la résolution du conflit israélo-palestinien, un investissement important pour les pays arabes.

Lors de sa dernière mission au Proche-Orient à la mi-avril, l'émissaire américain George Mitchell, chargé par M. Obama de relancer le processus de paix, avait réaffirmé l'engagement des Etats-Unis en faveur d'une solution à deux Etats.

Israël: le père de Gilad Shalit va rencontrer des proches d'Obama

JERUSALEM  — Le père de Gilad Shalit, soldat franco-israélien détenu par le Hamas à Gaza, a quitté Israël lundi pour les Etats-Unis où il doit rencontrer des hauts responsables de l'administration américaine, a-t-on appris lundi auprès de son épouse.

"Noam s'est rendu aujourd'hui aux Etats-Unis pour rencontrer des hauts responsables de l'administration de Barack Obama et des membres du Congrès pour plaider la cause de notre fils Gilad", a indiqué à l'AFP Aviva Shalit, la mère du soldat.

Le caporal Gilad Shalit, un Franco-Israélien âgé de 22 ans, a été enlevé le 25 juin 2006 lors d'une opération menée par un commando palestinien dans le sud d'Israël, à la lisière de la bande de Gaza.

Cette attaque a été revendiquée par trois groupes armés, dont les brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche armée du mouvement islamiste Hamas qui contrôle la bande de Gaza.

Des négociations entre le Hamas et Israël par l'entremise de l'Egypte en vue de la libération du jeune soldat se sont heurtées à une impasse.

Les perspectives ne sont guère plus encourageantes avec l'arrivée au pouvoir en Israël début avril d'un gouvernement de droite dirigé par Benjamin Netanyahu.

Plusieurs dirigeants de sa coalition se sont ouvertement opposés à un échange de Gilad Shalit contre des centaines de Palestiniens, dont beaucoup détenus pour participation à des attentats anti-israéliens, comme l'exige le Hamas.

"Notre coeur est avec Gilad (Shalit) et tous les autres (Israéliens) en captivité. Notre devoir est de faire tout notre possible pour les ramener à la maison, et le plus tôt sera le mieux", a de son côté déclaré lundi le ministre israélien de la Défense Ehud Barak.

Il a tenu ces propos alors qu'Israël s'apprêtait à commémorer à partir de lundi soir le Jour de ses soldats tombés durant ses diverses guerres.

Abbas refuse de reconnaître Israël comme Etat juif

RAMALLAH, Cisjordanie — Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé lundi qu'il refusait de reconnaître Israël en tant qu'Etat juif, comme l'a exigé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Etat juif, c'est quoi ça? Vous pouvez vous faire appeler comme ça vous plaît, mais moi je ne l'accepte pas et je le dis publiquement", a déclaré M. Abbas dans une allocution à Ramallah, en Cisjordanie.

Il a affirmé que l'exigence d'Israël d'obtenir une reconnaissance palestinienne de son caractère juif avait été "longuement discutée" et rejetée par les Palestiniens lors de de la conférence d'Annapolis aux Etats-Unis ayant relancé le processus de paix israélo-palestinien, en novembre 2007.

"Vous pouvez-vous faire appeler la République sioniste hébraïque nationale socialiste si ça vous plaît, ça ne me regarde pas. Moi je sais qu'il existe un Etat d'Israël sur les frontières de 1967 (avant l'occupation des territoires palestiniens, ndlr) et pas un centimètre de plus ou de moins", a ajouté le dirigeant palestinien.

M. Netanyahu avait réclamé le 16 avril que les Palestiniens reconnaissent Israël comme Etat juif, lors d'une rencontre avec l'émissaire américain George Mitchell.

Le 20 avril, son bureau avait toutefois indiqué qu'une telle reconnaissance n'était pas une condition pour une reprise des négociations de paix avec les Palestiniens.

Les Palestiniens craignent notamment que la reconnaissance d'Israël comme l'Etat des Juifs revienne pour eux à renoncer au "droit au retour" des réfugiés palestiniens.

Israël se définit selon une loi fondamentale comme "Etat juif et démocratique", tout en comptant 1,3 million de citoyens arabes. Il s'agit des descendants des 160.000 Palestiniens restés sur leurs terres après la création de l'Etat juif. Ils représentent aujourd'hui 20% de sa population.

M. Abbas a en outre critique le nouveau ministre israélien des Affaires étrangères, l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, qui a notamment affirmé que son pays n'était pas lié par le processus lancé à Annapolis et que l'inititive de paix arabe lancée en 2002 constituait un danger pour Israël.

"Lieberman, c'est un cas à part. Il n'a pas encore appris la politique et ne l'a pas suffisamment pratiquée. C'est un adversaire, il est venu pour dire +non+ et +je rejette+ et à chaque fois il nous sort un nouveau refrain", a déclaré M. Abbas.

Le gang des barbares jugé pour le supplice d'Ilan Halimi

Article paru dans LE MONDE

Entre eux, ses geôliers l'appelaient "l'Autre". Comme pour mieux désincarner Ilan Halimi, le vendeur de téléphones portables de 23 ans de confession juive qu'ils ont séquestré durant trois semaines. Ils jurent qu'ils étaient là "seulement pour qu'il ne manque de rien". L'opération d'enlèvement, lancée le 20 janvier 2006 et qu'ils voyaient comme un "petit règlement de comptes", ne devait durer "que trois jours", avant la libération de l'otage contre une part de la rançon réclamée par Youssouf Fofana. Agé de 25 ans à l'époque des faits, connu dans cette bande de banlieue parisienne sous les sobriquets de "Django", "Oussama", "Mohamed" ou "le Boss", celui-ci avait mis à contribution ses comparses en leur faisant miroiter des gains dont ils seraient "contents". Comment "prévoir" la mort d'Ilan puisque, disent-ils, il "allait bien" quand ils l'ont quitté ? Le corps nu du jeune homme a pourtant été découvert, brûlé et supplicié, gisant le long d'une voie ferrée à Sainte-Geneviève-des-Bois, le 13 février 2006. Il a succombé durant son transport à l'hôpital.

21 janvier 2006
Enlèvement à Sceaux (Hauts-de-Seine) d'Ilan Halimi, attiré dans un guet-apens par une jeune femme.

Du 21 janvier au 13 février
Il est séquestré dans un appartement puis dans une cave de la cité de Pierre-Plate à Bagneux (Hauts-de-Seine).

13 février 2006
Le corps nu et supplicié d'Ilan Halimi est retrouvé le long d'une voie ferrée dans l'Essonne. Il décède lors de son transport à l'hôpital.

17 février 2006
Interpellation de treize des complices présumés de Youssouf Fofana, le "cerveau" de la bande.

22 février 2006
En fuite, Youssouf Fofana est interpellé à Abijan (Côte-d'Ivoire) et extradé vers la France le 4 mars.

29 avril au 10 juillet 2009
Youssouf Fofana et vingt-six personnes sont jugés par la cour d'assises des mineurs de Paris.
Sur le même sujet
Alexandre Lévy, journaliste
Chat Gang des barbares : un procès (ou une affaire) hors norme ?

Youssouf Fofana comparaît à partir du 29 avril et jusqu'au 10 juillet devant la cour d'assises des mineurs de Paris, pour "meurtre avec préméditation commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion déterminée", meurtre précédé de "séquestration en bande organisée" et "d'actes de torture et de barbarie". A ses côtés, vingt-six autres accusés, âgés de 17 à 32 ans au moment des faits, en répondront pour avoir joué les filles-appâts, les ravisseurs, les négociateurs, les geôliers ou pour non-dénonciation de crime.

Caïd sans bande, Youssouf Fofana n'a eu aucun mal, selon l'accusation, à recruter des "petits" ou des "grands" de la cité de la Pierre-Plate à Bagneux (Hauts-de-Seine), ou de l'allée Prunier-Hardy. De ces deux petites barres HLM sont originaires presque tous ses complices, désormais désignés sous le nom de "gang des barbares".

Avec une vingtaine de crimes et délits à son actif et plusieurs incarcérations depuis son adolescence, Youssouf Fofana s'était taillé une réputation dans ces lieux aux noms bucoliques, décrits par leurs habitants comme "un petit village" où "l'on se siffle ou l'on s'interphone". Les jeunes y sont étudiants, intérimaires, livreurs de pizza et-ou revendeurs de cannabis ; le silence impose sa loi et la crainte de "passer pour une balance" domine. "N'importe qui dans les cités pouvait rendre service (à Fofana)", résume une proche mentionnée dans le dossier. "Zigo", le plus jeune des geôliers d'Ilan Halimi, ou Emma, qui a servi d'appât, n'avaient que 17 ans lors des faits.

Parisien, né de parents ivoiriens, Youssouf Fofana fréquente régulièrement la mosquée, mais nul n'a jamais décelé en lui un extrémiste. Depuis le printemps 2005, il s'était mis en tête d'enlever des juifs, préjugeant de leur richesse ou de celle de leur communauté, qu'il imagine assez aisée et solidaire pour racheter la liberté d'un des siens.

Après plusieurs tentatives avortées, qui ont été jointes au dossier, il parvient à kidnapper Ilan. Celui-ci tombe sous le charme vénéneux d'une mineure téléguidée par Youssouf Fofana, venue l'aguicher sur son lieu de travail. Dans la cité, Samir Ait Abdelmalek, dit "Smiler", 27 ans, une relation de Fofana qui connaît bien la prison, a obtenu de Gilles Serrurier, gardien d'immeuble, marié et père de famille âgé de 40 ans, les clefs d'un appartement. Il s'agit d'un trois-pièces récemment libéré, au troisième étage de l'immeuble situé au numéro 1 de la rue Prokofiev, à la Pierre-Plate. Samir table sur une commission de 2 000 à 3 000 euros par jour sur trois jours. Il en promet 1 500 au gardien : une fois et demie son salaire mensuel. Tous deux savent qu'un homme est retenu.

Pour entrer dans l'appartement, comme dans le local technique de la cave où Ilan sera transporté plus tard, on toque à la porte. Les geôliers veillent à deux, parfois à quatre : Nabil Moustapha dit "Bilna", Yahia Kaba, Jean-Christophe G. dit "Zigo", Jérôme Ribeiro dit "Coup de tête", puis Cédric Birot Saint Yves, Jérémy Pastisson, Fabrice Polygone, se relaient.

Dans la chambre du fond, Ilan est menotté par-devant, les pieds entravés par le même gros ruban adhésif industriel qui lui obstrue les yeux et la bouche. Seul son nez dépasse. Ses vêtements ont été découpés pour prendre une photo alarmante envoyée à sa famille. Il grelotte dans un peignoir de coton. Dehors, le thermomètre oscille entre 0 et moins 5 degrés.

On l'alimente à la paille par un trou de son bâillon : des soupes, des protéines liquides. Puis "du Grec" (sandwich), des packs de Fanta, parfois un McDo, des gâteaux, et "des clopes". Il urine dans une bouteille et défèque dans des sacs en plastique quand les geôliers, qui écoutent de la musique sur leur MP3 pour tuer le temps, consentent à entendre ses gémissements.

A intervalles réguliers, ceux-ci regagnent le domicile familial pour rassurer leurs parents, se laver ou "rattraper (leurs) prières", comme l'expliquera l'un d'eux, fervent musulman. Ilan, lui, élude prudemment la question de la religion. Il se dit "marocain" - le pays d'origine de sa mère - précisant qu'il "fait la prière comme les Arabes".

De temps à autre, on le lave à l'aide de bouteilles d'eau et de gel au prétexte qu'il "doit partir". Autant de fausses joies pour lui et de surprises pour ses gardiens. Ceux-ci ignorent tout de l'inconstance des revendications de Youssouf Fofana, qui a commencé par réclamer 450 000 euros de rançon, somme ramenée plus tard à 50 000 euros.

Le temps qui passe use les nerfs des geôliers dont certains entreprennent de se défouler sur Ilan. Youssouf Fofana, lorsqu'il passe, s'isole avec lui pour le frapper. Le jeune "Zigo" écrase une cigarette sur le front d'Ilan. Sans préavis, "pour ne pas qu'il stresse", Samir lui a taillé la joue d'un coup de cutter sur plusieurs centimètres afin de fournir à Youssouf Fofana une "photo gore" crédible pour influencer sa famille.

Jérôme Ribeiro, 19 ans, craque le cinquième jour. Il renonce à l'argent promis, dont il avait besoin depuis qu'il a claqué la porte de chez sa mère en novembre 2005. Il se confie en pleurant à Leïla Appolinaire, sa petite amie, et à Audrey Lorléach, sa maîtresse occasionnelle qui a été initiée au rôle d'appât avant de se désister. Selon lui, "les autres sont des gamins qui font n'importe quoi". Il jure avoir noué un dialogue avec Ilan Halimi auquel il a proposé de le libérer. "C'est trop dangereux, on va être tué tous les deux", aurait répondu ce dernier. Jérôme fuit à Antony chez son père et sa belle-mère qui lui ordonnent seulement de faire profil bas le temps que se tasse l'affaire. Ils le persuadent qu'il n'est qu'un figurant. Car comme l'a noté Emma, l'appât, au cours de l'enquête : "Youssouf, il explique tellement les choses qu'on dirait qu'il n'y a rien de grave."