TOUTE LA VERITE SUR LES JUIFS
Une loi bizarre gouverne l'existence juive à travers le temps : "Tout ce qu'on peut dire de faux sur les Juifs l'a été ou le sera un jour". L'histoire ancienne et contemporaine des Juifs, le. traitement de l'Etat juif dans l'arène internationale, l'expérience quotidienne le vérifient aisément : toute perception des Juifs repose sur des mythes, des stéréotypes et des mensonges. Exemple le plus trivial qui soit, le "nez juif". Il ne correspond à aucune réalité. Près de 60 % des Juifs ont des nez droits ou "grecs". 31 %o des Bavarois ont des nez aquilins 1 Mais la légende du nez juif colle, si l'on peut dire, au visage des "sémites"...
Un chercheur américain, Hirsh Goldbergg rapporte dans Le paradoxe juif (1) "ce qu'il y a de bizarre,, d'ironique, d'amusant, d'inimaginable et de provocateur dans l'image qu'on se fait des Juifs" et de tragique, puisque les préjugés n'ont pas simplement conduit à leur prg*er des nez qu'ils n'ont pas, mais droit à Auschwitz.
L'auteur démonte tous les préjugés, toutes les fausses vérités,
Il n'y a pas de "race" juive. Les Juifs ont les caractères ethniques des peuples parmi lesquels ils vivent. Il y a des Juifs blancs, noirs, jaunes et présentant tous les mélanges, car les Juifs sont la pseudo-race la plus métissée.
Ce qu'on colporte sur leur religion est faux. Ils n'ont évidemment commis ni le déicide de Jésus, ni de profanations d'hosties ni de meurtres rituels. La "loi du Talion" n'est pas une loi de vengeance, mais une règle humanisée de réparation, qui a marqué "un progrès sur les anciennes pratiques de la revanche brutale". Les grandes idées morales et éthîques de la Bible hébraïque ont été annexées par d'autres civilisations, et l'on a accolé au "Testament originel" des juifs 'l'adjectif 'ancien' avec ses connotations de "dépassé" et . "révolu" " archaïque" tandis que "nouveau" suggère évidemment "fraîcheur", " modernité", "dynamisme", 'jeunesse'.Or "tu aimeras ton prochain" provient de 'l'ancien". Etc...
La connaissance du judaisme est donc entachée d'ïnnombrables erreurs. Le regard posé sur les Juifs aussi. On tient par exemple pour axiomatique que les Juifs ne brillaient pas sur les champs de bataille. Le contraire est vraï. "West Point , l' école ' militaire des Etats-Unis", affiche les neuf plus célèbres guerriers de l'hïstoires on y voit Josué, David et Juda Maccabée". Lors de la Première Guerre mondiale, 250 000 Juifs servirent dans les forces armées américaines, soit 5 % de la population juive, contre 3% des non-Juifs. On tient pour évident que les Juifs ne brillent pas dans les sports. Les palmarès disent également le contraire. Il n'existe pas de domaine de l'activité humaine où les chiffres, les faits, la vérité ne soient pas à l'opposé de la "vérité" professée sur les Juifs.
Les boucs-émissaires
La question se pose évidemments pourquoi ? Hïrsh Goldberg tente d'élucider les causes.
Les Juifs sont minoritaires partout, dominants nulle part, sauf aujourd'hui en Israël. "Considérés longtemps comme les adversaires du christianisme et du Coran (...) les Juifs et leur religion ont suscité les racontars, les insinuations, les calomnïes et les mensonges que l'on emploie toujours contre un adversaire". Groupe minoritaire, ils récoltent "la méfiance que l'on ressent souvent à l'égard de chaque membre d'une minorité". Goldberg rejoint là les historiens, tels Yves Chevalier, qui voient dans les Juifs 1'autre par excellence, qui ne peut ou ne veut pas s'assimiler, le bouc-émissaire idéal qui permet de focaliser et de dériver sur ce souffre-douleur les mécontentements populaires (2).
La prise de conscience de ces réalités permet-elle de les contrer ?
L'antisémitisme sévit à deux niveaux. Les meneurs s'en servent tout en connaissant souvent la fausseté des accusations qu'ils profèrent contre les Juifs. Tenter de les dissuader de les haîr ne sert a rien, "tout au plus obtiendra-t-on d'eux un éclat de rïre. Mais Goldberg croit que la masse abusée "peut être influencée dans un sens ou dans un autre" et qu' "au niveau des gens ordinaires (...) la bataille livrée contre 1 'antisémitisme peut produire des effets. Il faut donc dire la vérité, la redire inlassablement, remplacer l'ignorance par l'information.
Thèse optimiste. Effort herculéen, en tout cas de très,très longue haleine, que tout Juif, tout homme de bonne volonté devrait évidemment produire. En étant conscient de l'énorme épaisseur de préjugé, de haine, d'aveuglement et de désir de nuire à traverser. Un exemple entre milles dans le cadre de l'agression arabe contre l'Etat juif, fonctionne un boycott que l'on dit dirigé contre Israël mais qui s'attaque a tous les Juifs, partout dans le monde, à tout ce qui peut sembler juif de près ou de loin. Blanche Neige et les sept nains a été interdit dans les pays arabes pour la simple raison qu'on y voit un cheval nommé Samson...
Victoire ou échec du sionisme
Ce qui introduit l'existence israélienne au coeur du combat contre l'antisémitisme, qui s'affuble d'un nouveau visage, d'un nouveau masques l'antisionisme.
On l'a notés les Juifs sont majoritaires en un seul point du globe, Israël, mais l'aspect le plus paradoxal du paradoxe juif, c'est que le lieu le moins sûr du globe, pour un Juif, est l'Etat juif. Goldberg n'entame pas l'analyse de ce phénomême, mais son livre le suggère. L'Etat juif, dans la pensée de Theodor Herzl et dans l'espoir des sionistes, devait mettre fin à l'antisémitîsme. Manifestement, le but n'a pas été atteint.
Encore une fois pourquoi ?
Les aviateurs israéliens qui ont écrasé les armées de l'air arabes en 1967 avaient, comme le suggère Goldbergg une arme secrète le souvenir de la shoah. Mais est-ce encore le cas en 1999 ? Cette arme ne s'est-elle pas émoussée n'est-elle pas tombée des mains des successeurs des Maccabées 7
Le post-sionisme"les "nouveaux historiens" israéliens qui colportent les mensonges de la propagande des ennemis de leur pays, l'idéologie, l'illusion de "la paix maintenant" (et à tout prix), font retomber Israël dans une ancienne, morbide et mortifère ornière. Goldberg nous explique que l'un des facteurs de la. shoah a été paradoxalement encore - la capacité de survivre des Juifs. "Minoritaires pendant des siècles" ils avaient appris à pratiquer une politique consistant à éviter la confrontation et le conflit (...) à adopter la position conciliante qui avait permis à leurs ancêres de survivre si longtemps à leur exil". Habitués à la persécution ils n'ont pas perçu à temps la nouveauté radicale de la persécution nazies l'extermination totale.
Pour endormir leur vigilance, les nazis agissaient "à petits pas" serrant la vis progressivement, de sorte que les Juifs subissant la persécutaient imaginaient à chaque étape, qu'elle s'arreterait là. Meme dans les trains de la mort, beaucoup de Juifs croyaient qu'en arrivant dans un camp, où les attendaient une douche chaude et une savonnette, ce serait la fin des souffrances. Ce fut la fin. Mais telle que l'avaient imaginée les nazis.
N'est-ce pas exactement ce qui se répète maintenant dans le vis-à-vis d'Israël et de ses ennemis ? Une partie de la population israélienne cherche l'impossible accomodement avec un ennemi dont elle ne perçoit pas les desseins, ou les nie,ou les bagat ellise, parce que qu'elle se croit toujours, irrationnellement, comme les générations juives qui l'ont précédée, la championne de la survie. Les ennemis d'Israël pratiquent eux aussi la politique des "petits pas". C'est même ainsi que l'a appelée elle-méme l' OLP. Elle consiste aussi à progresser par étapes, à endormir la vigilance des israèliens "encaisser" des portions d'Israël en attendant la récupération du reste de la Palestine. Les Juifs ont toujours cru qu'ils retomberaient toujours sur leurs pieds. Que Dieu les tirerait toujours des mauvais pas. Mais six millions de fois, Dieu n'a pas arrété le bras brandissant le couteau de l'holocauste. Cela ne doit-ils pas nous~faire réfléchir ?
La psychologie nous apprend que la peur de l'inconnu paralyse nos réflexes; la peur du connu les mobilise. Le livre de Ilirsh Goldberg est mobilisateur., si ses lecteurs en tirent les conclusions correctes. Les milliers de fusées arabes dotées d>45 d'ogives chimiques et bactériologiques sont un péril mortel pour Israël. Mais un péril encore plus grave serait d'oublier la leçon dtAuschwitz et de ne pas faire front tant qu'il est encore temps.
Paul GINIEWSKI
(1) Hirsh Goldberg . Le -paradoxe juif -Editions MJR 1 6 route de Compois, 1245 Collonge-Bellerive, Genève, 1999.
(2) Yves Chevalier, L'antisémitïsme, Le Cerf, 1988.