Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

Tami Rishona Ellison de Denver à Jérusalem : Une alyah à 67 ans guidée par la providence

Tami Rishona Ellison : Une aliyah guidée par la providence : de Denver à Jérusalem

 

 Une aliyah guidée par la providence : de Denver à Jérusalem

Tami Rishona Ellison, 67 ans, a quitté Denver pour Jérusalem en 2014. Son histoire, marquée par la hashgaha pratit (providence divine), illustre comment les obstacles deviennent des signes et comment l’aliyah transforme une vie en profondeur. Polyvalente – scientifique, auteure, photographe et fondatrice de start-up –, elle voit chaque étape comme une guidance divine.

Un parcours scientifique et créatif aux États-Unis

Née à Chicago, Tami a étudié les sciences à l’université de l’Illinois, obtenant un master en biologie du développement.
Elle a travaillé vingt ans dans la high-tech et la biotechnologie comme consultante, puis en marketing, communication et éducation technologique à Chicago et Denver (où elle a rejoint sa mère et sa sœur en 2001).
Passionnée de neurocognition, elle a créé des photographies d’illusions visuelles figure-fond (où le cerveau oscille entre objet principal et arrière-plan), obtenu six brevets américains en manipulation d’images et cybersécurité, et fondé une start-up en 2016.

Elle est aussi auteure de romans spirituels : The Chladni Progression : The Power to Heal (juin 2025, thriller médical post-11 Septembre) et Strange Fire (avril 2025, écrit après le 7 octobre 2023, sur un entrepreneur accélérant l’ère messianique). Pour elle, l’écriture est une connexion à Dieu : « Écrire est une façon de guérir, avec un aspect neurologique profond. »

Les portes fermées et le signe décisif

Tami rêvait d’études de médecine, mais les portes se sont fermées. Elle y voit aujourd’hui la main de la providence :
« Si j’étais allée en médecine, je serais en Afrique à faire quelque chose d’égoïste. Au lieu de cela, j’ai pris un autre chemin. » L’aliyah était dans son plan depuis toujours.
Un moment clé : une simple photo de Jérusalem a tout déclenché.
Comme le titre de son témoignage l’indique : « Une image n’était pas suffisante »  un seul signe ne suffisait pas ; il a fallu que la providence accumule les indices pour la convaincre définitivement. Elle est partie seule, adulte mûre, sans catégorie dédiée sur les formulaires de Nefesh B’Nefesh (seulement familles, retraités ou jeunes célibataires).

Les défis et la guérison en Terre d’Israël

Arrivée en 2014, elle s’installe d’abord à Maaleh Adumim (2020-2021 pour l’air pur pendant le Covid), puis à Jérusalem.
Elle affronte des défis : hébreu conversationnel mais limité (« Je gesticule beaucoup ! »), communauté anglophone de Chicago/Denver, chute dans les escaliers en 2021 qui révèle un cancer de l’endomètre.
Opérée, guérie en quelques mois : « Cela remet les priorités en place. » Cette épreuve renforce sa foi : « Israël te challenge, Dieu nous challenge à devenir meilleurs. »
Elle lance les Hashgaha Cafe, des rencontres hebdomadaires pour femmes où l’on discute des signes divins quotidiens : « C’est pour repérer ces moments nuancés où Dieu dit “Salut !” »

 Une vie épanouie et un message pour la diaspora

Aujourd’hui à Jérusalem, Tami explore, photographie, écrit et se sent pleinement juive : « Qui je suis est intrinsèquement lié à mon identité juive ici. Cette croissance spirituelle n’aurait pas eu lieu ailleurs. Je suis très bénie. La vie n’est pas toujours facile, mais ça en vaut tellement la peine – les gens, les lieux, les opportunités de grandir. » Elle se dit heureuse d’être « sans honte juive, sans peur de marcher dans la rue en étant juif ».

Dans un monde où l’aliyah reste un acte courageux, surtout seul et à un âge avancé, l’histoire de Tami rappelle que la Terre d’Israël est plus qu’un refuge : c’est un lieu où la providence guide vers un accomplissement profond. Un encouragement pour la diaspora : chaque déception peut être une redirection divine vers Sion.

Racines familiales et confluence personnelle en Israël

Tami a des racines à Chicago et a déménagé à Denver après les attentats du 11 septembre 2001 pour se rapprocher de sa famille (sa mère et sa sœur). L’aliyah en 2014 a réalisé un rêve de longue date, permettant à son cœur, son âme et ses poursuites mindful de se confluencer en Terre d’Israël.
Son roman Strange Fire est semi-autobiographique, intégrant ses propres expériences après le 7 octobre 2023, y compris la participation à des funérailles de victimes (les kedoshim devenus malachim) et des pertes personnelles parmi famille et amis.

Elle dédie l’ouvrage à leur force et à l’espoir d’un monde juste, expliquant que partager les histoires des autres l’a amenée à inclure la sienne : « Si j’étais prête à partager leurs histoires dans un roman, la mienne semblait d’autant plus appropriée. »

Extrait 4 – Référence prophétique et hommage

Original (extrait) : "Jerusalem, I have placed guards, and I will be one of them one day. While not an exact quote from the words of the prophet Isaiah 62:6, Ben's words captured…"

Traduction : Jérusalem, j'ai placé des gardes, et je serai l'un d'eux un jour. Bien que ce ne soit pas une citation exacte des paroles du prophète Isaïe 62:6, les mots de Ben capturaient…

Ces extraits illustrent le style du roman : une fiction contemporaine historique qui intègre des faits réels (comme le sort d'Aner Shapira et Hersh Goldberg-Polin au festival Nova et dans l'abri) avec une dimension spirituelle et messianique.
Le livre est dédicacé en partie à ces kedoshim (victimes sanctifiées).

 

 

Les survivants de la Shoah en Israël face à la fracture numérique et la réponse de la startup nation

Les survivants de la Shoah en Israël face à la fracture numérique et la réponse de la startup nation

Les survivants de la Shoah en Israël face à la fracture numérique

Un rapport récent de l’association LeMa’anam révèle que 28 % des 110 000 survivants de la Shoah en Israël renoncent à des soins médicaux essentiels en raison de difficultés technologiques et d’isolement. Une réalité alarmante qui touche au cœur de la mémoire et de la solidarité juive.

Des chiffres qui interpellent

Sur les 110 000 survivants encore en vie en Israël, près d’un tiers est confiné à domicile. Beaucoup peinent à utiliser les plateformes numériques pour prendre rendez-vous médicaux ou coordonner des aides. La transition numérique accélérée du système de santé israélien creuse une fracture : les survivants, souvent âgés et peu familiers avec les outils en ligne, se retrouvent exclus de soins vitaux.

Les défis quotidiens d’une génération

Au-delà de la technologie, ce sont la mobilité réduite, l’éloignement des services et la solitude qui aggravent la situation. Beaucoup renoncent à des traitements par peur des démarches complexes ou faute d’accompagnement. Ce phénomène n’est pas seulement social : il touche à la dignité et à la reconnaissance due à ceux qui ont survécu à l’horreur nazie.

Les solutions mises en place : un élan de solidarité

Face à cette urgence, plusieurs initiatives se déploient. L’association LeMa’anam, fondée en 2020 pendant la pandémie pour lutter contre l’isolement, est en première ligne. Elle mobilise plus de 2 000 volontaires (médecins, ergothérapeutes, travailleurs sociaux) pour des visites à domicile gratuites et rapides, avec plus de 20 000 traitements déjà dispensés.

Elle opère un centre d’appels tenu par des étudiants en médecine, des cliniques mobiles et un service de transport privé (plus de 5 000 trajets depuis la périphérie vers les spécialistes). Soutenue par la Claims Conference, des donateurs privés et l’Institut national d’assurance, LeMa’anam supprime les barrières bureaucratiques et numériques en intervenant directement.

D’autres programmes complètent l’effort : un projet pilote de la Fondation pour le Bien-être des Victimes de la Shoah distribue des tablettes adaptées (gros boutons, internet couvert un an) et apparie chaque survivant à un bénévole pour des formations hebdomadaires.

Les résultats montrent une hausse significative des communications numériques (SMS et appels vidéo avec la famille), une réduction de la solitude et une grande satisfaction (note moyenne 4,6/5).

Le ministère du Bien-être social contacte activement les survivants pour évaluer leurs besoins, tandis que des ONG comme Latet envoient des volontaires pour des repas, des soins dentaires et des adaptations domiciliaires. Ces actions transforment la faiblesse en force : Israël, pionnier de l’innovation, développe des réponses humaines et low-tech pour honorer ceux qui portent l’histoire.

C’est un devoir moral impérieux : préserver la santé et la mémoire de ces survivants avant qu’il ne soit trop tard.

Un appel à l’action communautaire

Face à ce constat, des associations et des initiatives locales appellent à des solutions adaptées : formation simplifiée, accompagnement humain et outils low-tech. Israël, pionnier en innovation, peut transformer cette faiblesse en force en développant des programmes spécifiques pour ses survivants. C’est un devoir moral pour la société israélienne et pour le monde juif : préserver la santé et la mémoire de ceux qui portent l’histoire.

Israël crée la surprise aux JO d’hiver 2026 : l’équipe de bobsleigh écrit l’histoire

Israël crée la surprise aux JO d’hiver 2026 : l’équipe de bobsleigh écrit l’histoire

L’exploit insolite de l’équipe israélienne de bobsleigh aux JO d’hiver 2026

L’équipe israélienne de bobsleigh a obtenu sa qualification pour les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026. Un exploit rare pour un pays méditerranéen, qui démontre la diversité et l’audace du sport israélien.

Une délégation hivernale plus large qu’on ne l’imagine

La qualification de l’équipe de bobsleigh s’inscrit dans une dynamique plus large : Israël élargit discrètement sa présence aux Jeux d’hiver.
Plusieurs athlètes représentant le pays ont grandi hors d’Israël et parlent parfois peu l’hébreu, mais concourent sous le drapeau israélien par choix identitaire et sportif.
Les skieurs alpins Noa Szőllős et Barnie Szőllős, figures de cette génération internationale, symbolisent cette réalité : une délégation façonnée par la diaspora, la mobilité et un attachement volontaire à Israël.

Cette configuration atypique transforme la participation israélienne aux JO d’hiver en récit humain autant que sportif un mélange de talent, d’exil choisi et de fierté nationale.

Une équipe historique et des visages derrière l’exploit

L’équipe israélienne de bobsleigh qui s’est qualifiée pour les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026 est dirigée par le pilote et capitaine Adam “AJ” Edelman, un athlète israélien né aux États-Unis, déjà premier Olympien israélien en skeleton et figure emblématique du projet depuis huit ans.
Il sera accompagné sur la piste par Menachem Chen, Ward Fawarsy et Omer Katz, avec Uri Zisman en tant que remplaçant.

Cette formation a obtenu sa place non pas en terminant directement dans les quotas, mais grâce à la réattribution d’une place après qu’une autre nation a renoncé à son allocation, Israël étant ensuite le mieux classé pour entrer dans la liste des participants. 

Ce succès s’inscrit dans un contexte plus large pour la délégation israélienne à Milan-Cortina : Israël comptera neuf athlètes au total, répartis sur cinq disciplines, dont le skeleton avec Jared Firestone, skieur de fond, patineuse artistique et ski alpin. Mariia Seniuk, patineuse artistique, a été choisie pour porter le drapeau israélien lors de la cérémonie d’ouverture, ce qui souligne l’élargissement des ambitions sportives d’un pays sans tradition de sports d’hiver.

Un défi contre nature pour une nation du soleil

Israël n’est pas connu pour ses pistes enneigées. Pourtant, l’équipe nationale de bobsleigh a réussi à se qualifier, marquant un jalon dans l’histoire sportive du pays. Ce succès est d’autant plus symbolique que le bobsleigh exige une maîtrise technique et un sang-froid extrêmes, loin des plages de Tel-Aviv ou des déserts du Néguev. Cette qualification illustre la capacité d’Israël à exceller dans des domaines inattendus, grâce à la détermination de ses athlètes.

Des athlètes ambassadeurs de la diversité israélienne

L’équipe réunit des sportifs issus de différents horizons, reflétant le melting-pot israélien. Leur parcours, fait d’entraînements intensifs et de compétitions internationales, inspire au-delà des frontières. Ce n’est pas seulement une victoire sportive : c’est une preuve que l’esprit pionnier juif s’exprime aussi sur la glace.

Une fierté nationale et un message d’espoir

En pleine période de défis sécuritaires et sociaux, ce succès rappelle que le peuple juif excelle dans l’impossible. La qualification pour 2026 booste la fierté nationale et montre que l’excellence israélienne rayonne dans tous les domaines, y compris les plus improbables. Un rappel que la résilience n’est pas seulement défensive, mais aussi créative et audacieuse.

Israël devient une puissance mondiale de defense-tech

Israël devient une puissance mondiale de defense-tech

Israël devient une puissance mondiale de defense-tech

La guerre a transformé l’ADN de la Start-Up Nation

Depuis octobre 2023, l’écosystème technologique israélien ne se contente plus de résister : il change de fonction. Israël ne se définit plus seulement comme une nation d’innovation civile. Il devient le laboratoire mondial de la technologie de défense en conditions réelles.

Le nombre de startups spécialisées dans la defense-tech a quasiment doublé en deux ans.
On comptait environ 160 entreprises en 2024. Elles sont aujourd’hui plus de 300. Cette croissance n’est pas un simple effet de cycle. Elle traduit une réorientation stratégique profonde : la guerre a accéléré une fusion entre industrie militaire, recherche privée et innovation commerciale.

Même les voix prudentes reconnaissent l’ampleur du phénomène. Avi Hasson, dirigeant de Startup Nation Central, refuse l’étiquette de “nation entièrement defense-tech”, mais admet que le secteur devient un pilier structurel de l’économie israélienne.

Une industrie qui explose malgré les controverses

Les exportations militaires israéliennes ont atteint 14,8 milliards de dollars en 2024, un record historique. Israël se classe désormais parmi les huit premiers exportateurs d’armement au monde. En 2025, les startups du secteur ont déjà attiré plus d’un milliard de dollars d’investissements privés.

Le paradoxe est frappant : alors que la pression politique internationale contre Israël s’intensifie, la demande mondiale pour ses technologies de défense augmente. Les États achètent ce qui fonctionne. Et les systèmes israéliens sont testés en conditions réelles.

L’Europe devient dépendante du savoir-faire israélien

Plus de la moitié des exportations israéliennes de défense partent désormais vers l’Europe.
La guerre en Ukraine a bouleversé les priorités stratégiques du continent.
Les capitales européennes recherchent des systèmes opérationnels immédiatement déployables.

La livraison du système Arrow 3 à l’Allemagne en décembre 2025 en est le symbole : Israël a honoré un contrat majeur tout en étant engagé sur plusieurs fronts militaires. Peu de pays peuvent soutenir une production stratégique à ce rythme.

Un modèle industriel impossible à reproduire ailleurs

Le succès israélien repose sur une architecture unique : un continuum entre le champ de bataille et le laboratoire.

Des centaines d’entreprises travaillent en interaction directe avec l’armée. Les retours opérationnels se transforment en améliorations technologiques en quelques mois, là où d’autres pays mettent des années. La circulation du personnel entre unités militaires, recherche et industrie crée un cycle d’innovation quasi instantané.

L’État renforce ce mécanisme. Le ministère de la Défense investit massivement dans les jeunes entreprises. En 2026, au moins 10 % du budget de recherche militaire sera réservé aux startups. L’objectif est clair : injecter de l’agilité dans une industrie traditionnellement dominée par de grands groupes.

L’ère des armes énergétiques et de l’IA militaire

La nouvelle génération de technologies israéliennes dépasse la défense aérienne classique. L’intelligence artificielle, l’autonomie robotique et les systèmes énergétiques redéfinissent le champ de bataille.

Le laser Iron Beam incarne cette rupture : une interception à la vitesse de la lumière, pour un coût dérisoire comparé aux missiles traditionnels. Parallèlement, des startups développent des drones longue endurance à hydrogène, des systèmes anti-drones à micro-ondes et des plateformes autonomes de logistique militaire.

Cette hybridation entre deep-tech civile et besoins militaires crée un écosystème que les grandes puissances tentent désormais d’imiter.

Une arme économique et diplomatique

La defense-tech devient aussi un levier géopolitique. Les coopérations avec l’Europe et les pays du Golfe se multiplient. Les partenariats ne portent plus seulement sur l’achat d’armes, mais sur des programmes industriels conjoints, des transferts technologiques et des cycles d’innovation partagés.

Israël transforme son expertise militaire en influence stratégique.

Vers une indépendance sécuritaire assumée

Le gouvernement israélien prépare une évolution majeure : réduire progressivement la dépendance à l’aide militaire américaine pour privilégier la coopération industrielle. L’objectif n’est pas la rupture avec Washington, mais la souveraineté technologique.

Israël veut produire, exporter et co-développer ses systèmes plutôt que dépendre de financements extérieurs.

Une mutation irréversible

La defense-tech n’est pas une parenthèse liée à la guerre. Elle redéfinit la structure économique du pays. L’innovation israélienne ne s’oriente plus seulement vers les marchés civils mondiaux. Elle s’ancre dans une logique de sécurité permanente où technologie et survie nationale sont indissociables.

Israël n’abandonne pas son identité de Start-Up Nation.

Il en crée une version militaro-industrielle, plus dure, plus stratégique  et probablement plus influente sur l’équilibre technologique mondial des décennies à venir.

 

Noam Salom ce mathématicien israélien à la conquête de "l'infiniment complexe"

Noam Salom ce mathématicien israélien à la conquête de "l'infiniment complexe"

Immunai : quand l'IA israélienne cartographie le système immunitaire humain

Un mathématicien israélien à la conquête de "l'infiniment complexe"

Dans un monde où l'intelligence artificielle suscite autant d'espoirs que d'inquiétudes,
Noam Solomon, mathématicien israélien et PDG de la société de biotechnologie Immunai, utilise cette technologie pour accomplir l'une des prouesses scientifiques les plus ambitieuses de notre époque : cartographier et comprendre le système immunitaire humain dans toute sa complexité.
Cette entreprise, qui semblait impossible il y a encore quelques années, est en train de révolutionner la découverte de médicaments et le traitement de maladies graves.

Né et élevé à Ra'anana, Solomon a suivi un parcours académique exceptionnel avec deux doctorats en mathématiques et informatique en Israël, avant de mener des recherches postdoctorales à Harvard et au MIT. Son parcours illustre parfaitement la convergence entre excellence académique israélienne et innovation technologique qui caractérise l'écosystème high-tech du pays.

De l'impossible au possible : repenser la complexité

Lorsque Solomon a commencé à lever des fonds pour Immunai en 2018, l'un de ses premiers investisseurs détenteur d'un doctorat en biologie moléculaire de Harvard fut extrêmement impressionné par le concept mais l'avertit que "le système immunitaire est infiniment complexe". Cette remarque aurait pu être décourageante, mais Solomon en fit un argument de vente.

"J'ai repris cette affirmation que le système immunitaire est infiniment complexe dans chaque présentation que je donnais aux investisseurs, puis j'ai remplacé 'infiniment complexe' par 'incroyablement complexe'", explique-t-il. "La différence entre 'incroyablement complexe' et 'infiniment complexe' est que l'un est impossible, et l'autre, bien qu'incroyablement difficile, reste possible."

Ce jeu de langage semble avoir porté ses fruits. Depuis sa création en 2018, Immunai a levé un total de 270 millions de dollars de financement et s'est associée à une gamme de géants pharmaceutiques, dont AstraZeneca, Bristol Myers Squibb, Pfizer et Teva.

Une révolution pour les géants pharmaceutiques

La plateforme d'Immunai utilise l'IA pour mieux comprendre le fonctionnement du système immunitaire humain. Ces connaissances aident déjà certaines des plus grandes sociétés pharmaceutiques mondiales à découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques, à concevoir des essais cliniques plus efficaces pour les médicaments, et surtout, à prédire quels patients bénéficieront le mieux de ces traitements.

En décembre 2025, Immunai a annoncé un partenariat avec le géant pharmaceutique Bristol Myers Squibb pour soutenir le développement clinique de certains de leurs médicaments.
Mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Selon Solomon, d'autres partenariats seront annoncés dans les mois à venir.

Le mois dernier, l'entreprise a également annoncé son intention de collaborer avec trois institutions médicales américaines de premier plan Icahn School of Medicine à Mount Sinai, Weill Cornell Medicine et Massachusetts General Hospital de Harvard Medical School sur des projets qui construiront une image plus vaste et plus claire du fonctionnement du système immunitaire dans les maladies auto-immunes, l'immunothérapie des tumeurs solides et la thérapie cellulaire.

Une approche unique : de la biologie à l'IA

Ce qui distingue Immunai des autres entreprises de biotechnologie, c'est son approche fondamentalement interdisciplinaire.
L'équipe, répartie entre New York, Tel Aviv et l'Europe, réunit des experts en technologie et des scientifiques capables de naviguer entre les mondes de la biologie, de l'informatique et de l'intelligence artificielle.

La société a développé une vaste base de données contenant des informations sur des millions de cellules immunitaires individuelles, collectées auprès de patients atteints de diverses maladies.
En utilisant des algorithmes d'apprentissage automatique avancés, Immunai analyse ces données pour identifier des modèles qui seraient impossibles à détecter par l'œil humain.

Cette approche permet de comprendre non seulement comment le système immunitaire fonctionne normalement, mais aussi comment il dysfonctionne dans des conditions pathologiques — des maladies auto-immunes au cancer en passant par les maladies infectieuses.

Des applications concrètes en médecine personnalisée

L'un des aspects les plus prometteurs du travail d'Immunai est son potentiel pour la médecine personnalisée. Plutôt que d'adopter une approche "taille unique" pour le traitement, la plateforme peut aider à identifier quels patients sont susceptibles de répondre positivement à un traitement spécifique et lesquels risquent de ne pas en bénéficier ou même de subir des effets secondaires graves.

Cette capacité prédictive pourrait révolutionner le développement de médicaments en réduisant considérablement le temps et les coûts des essais cliniques. Au lieu de tester des médicaments sur de vastes populations dans l'espoir de trouver ceux qui répondent, les chercheurs peuvent désormais identifier plus rapidement les bonnes cohortes de patients.

Un écosystème israélien propice à l'innovation

Le succès d'Immunai s'inscrit dans une tendance plus large de l'écosystème biotechnologique israélien. Le pays, déjà reconnu comme une "Start-Up Nation" pour ses innovations technologiques, devient rapidement un acteur majeur dans le domaine de l'IA appliquée à la santé.

Cette convergence entre expertise en IA et compétences biomédicales n'est pas le fruit du hasard. Israël dispose d'un système universitaire de classe mondiale, d'un secteur high-tech mature, et d'une culture entrepreneuriale qui encourage la prise de risque et l'innovation disruptive. De plus, le service militaire obligatoire expose souvent les jeunes Israéliens à des technologies de pointe, créant un vivier de talents particulièrement qualifiés pour ce type d'entreprises interdisciplinaires.

Les défis à venir

Malgré ces succès impressionnants, Solomon reste conscient des défis qui l'attendent. La cartographie complète du système immunitaire dans toutes ses nuances représente un défi scientifique et technique considérable qui nécessitera probablement des années, voire des décennies, de recherche continue.

De plus, l'application clinique de ces découvertes soulève des questions réglementaires complexes. Comment valider ces modèles d'IA pour une utilisation clinique ? Comment garantir que les algorithmes ne reproduisent pas ou n'amplifient pas les biais existants dans les données médicales ? Ces questions devront être abordées à mesure que la technologie progresse.

Un impact potentiel sur des millions de patients

Au-delà des aspects techniques, le travail d'Immunai a le potentiel d'améliorer la vie de millions de patients à travers le monde. Des maladies qui sont actuellement difficiles à traiter pourraient devenir plus gérables grâce à une meilleure compréhension de la façon dont le système immunitaire interagit avec elles.

Les maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, le lupus ou la sclérose en plaques, qui affectent des millions de personnes dans le monde, pourraient bénéficier de traitements plus ciblés. De même, l'immunothérapie contre le cancer déjà une approche prometteuse pourrait devenir encore plus efficace grâce à une meilleure sélection des patients et des protocoles de traitement optimisés.

Vers une nouvelle ère de la médecine

Le projet d'Immunai illustre comment l'intelligence artificielle peut être utilisée non pas pour remplacer l'expertise médicale humaine, mais pour l'augmenter et l'améliorer. En fournissant aux cliniciens et aux chercheurs des outils pour comprendre la complexité du système immunitaire à un niveau sans précédent, Immunai contribue à inaugurer une nouvelle ère de médecine de précision.

L'histoire de Noam Solomon et d'Immunai est emblématique de la façon dont Israël continue de repousser les frontières de l'innovation scientifique et technologique.

En transformant "l'infiniment complexe" en "incroyablement complexe" et donc en quelque chose de possible  Solomon et son équipe démontrent que même les défis les plus intimidants peuvent être surmontés avec la bonne combinaison d'expertise, de technologie et de détermination.

Alors que les préoccupations concernant l'intelligence artificielle se multiplient à l'échelle mondiale, Immunai offre un exemple puissant de la façon dont cette technologie peut être exploitée pour le bien de l'humanité.

Dans un monde où les maladies chroniques et le cancer continuent d'affecter des millions de personnes, le travail d'Immunai apporte un message d'espoir : grâce à l'IA et à la recherche biomédicale de pointe, nous sommes peut-être à l'aube d'une révolution dans notre compréhension et notre traitement des maladies.

Le chemin vers la cartographie complète du système immunitaire humain est encore long, mais avec des entreprises comme Immunai à l'avant-garde, ce qui semblait autrefois impossible devient progressivement réalité.

Tsahal lance le plan "Hoshen" : repenser l'armée israélienne pour 2030

Tsahal lance le plan "Hoshen" : repenser l'armée israélienne pour 2030

Tsahal lance le plan "Hoshen" : repenser l'armée israélienne pour 2030

Un plan quinquennal ambitieux après deux ans de guerre

Le 12 janvier 2026, le chef d'état-major de Tsahal, le général Eyal Zamir, a dévoilé un nouveau plan pluriannuel baptisé "Hoshen" (le pectoral du Grand Prêtre), destiné à guider l'armée israélienne de 2026 à 2030.
Cette initiative majeure vise à revitaliser les capacités de combat de Tsahal après plus de deux années de conflit intense, tout en intégrant les leçons douloureuses du 7 octobre 2023.

Le nom "Hoshen" n'a pas été choisi au hasard. Ce pectoral orné de 12 pierres représentant les 12 tribus d'Israël symbolise l'unité, tandis que sa position près du cœur reflète la centralité de l'élément humain dans l'armée israélienne.

Des changements stratégiques majeurs

Lors de la conférence "Les leaders du front intérieur" le 6 janvier, le général Zamir a annoncé un changement de doctrine fondamental : "Nous avons apporté des modifications à l'état de préparation, aux ordres" et "comblé des lacunes opérationnelles". Plus significatif encore, il a déclaré : "Il n'y aura plus de politique d'endiguement", promettant qu'Israël ne permettra plus "aux organisations terroristes ou aux mandataires de s'implanter le long de nos frontières."

Cette déclaration marque une rupture nette avec la stratégie précédente, surnommée "tondre le gazon", qui consistait à gérer et contenir les menaces, notamment celle du Hamas, plutôt que de chercher à les éliminer complètement.

Les six piliers du plan Hoshen

Le plan s'appuie sur six axes principaux : un diagnostic approfondi de Tsahal après la guerre, les leçons tirées du 7 octobre, les enquêtes en cours sur le conflit, les directives du leadership politique, un cadre budgétaire pour le développement des forces, et les décisions stratégiques du général Zamir sur les projections et la stratégie futures de Tsahal.

Le leadership politique a demandé à Tsahal de planifier sur la base d'un budget de 350 milliards de shekels (111 milliards de dollars) pour la prochaine décennie, avec la possibilité de financements supplémentaires selon les futurs arrangements avec les États-Unis. Environ la moitié de cette enveloppe sera consacrée aux avancées technologiques et à l'augmentation de l'indépendance d'Israël en matière d'armement.

L'IA, la robotique et l'espace : les trois révolutions technologiques

Le plan Hoshen mise massivement sur trois domaines d'innovation cruciaux.
Premièrement, l'intelligence artificielle sera intégrée de manière plus large dans tous les aspects des opérations militaires, y compris la gestion. Pour suivre le rythme de la guerre par IA, l'armée a développé des centres de données plus grands et plus puissants et continuera d'investir massivement dans ce secteur.

Deuxièmement, le déploiement de robots et de systèmes autonomes sera considérablement accru. L'idée est d'utiliser ces nouveaux systèmes aux côtés des forces aériennes, maritimes et terrestres, parfois de manière indépendante, parfois en coordination avec des soldats humains.

Troisièmement, Tsahal intensifie ses efforts dans le domaine spatial, notamment avec le lancement du satellite Ofek 14. L'Iran ayant récemment lancé des satellites supplémentaires dans l'espace avec l'aide russe, Israël craint que ces pays ne réduisent les avantages préalables de Jérusalem et Washington dans ces domaines.

Une stratégie défensive innovante : les "bippers"

Dans un aspect particulièrement intrigant du plan, Tsahal envisage de développer une stratégie de défense révolutionnaire inspirée des "bippers", en référence aux dispositifs utilisés pour blesser environ 3 500 opérateurs du Hezbollah simultanément en septembre 2024.
Bien que les détails restent flous, c'est la première fois que Tsahal évoque une opération défensive de type "bipper", par opposition à l'opération offensive utilisée contre le Hezbollah.

Se préparer à une "guerre surprise"

Le général Zamir a souligné que l'armée développait une nouvelle stratégie centrée sur l'éventualité d'une "guerre surprise", comme celle déclenchée par l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Cette approche marque une profonde introspection sur les échecs qui ont permis cette attaque dévastatrice.

Le commandant du Commandement central, le général Avi Bluth, a également averti que Tsahal doit être prête pour "une guerre surprise", déclarant que l'armée doit "maintenir un haut niveau de préparation et de vigilance".

Reconstruction des ressources humaines

Au-delà de la technologie, le plan Hoshen accorde une attention particulière à la reconstruction et à la restauration de la préparation et de la résilience de l'armée pour les réservistes, les soldats en service obligatoire et les officiers de carrière après une longue guerre de deux ans. L'armée entend investir dans ses ressources humaines, reconnaissant le fardeau intense imposé aux soldats pendant la guerre.

Au plus fort du conflit, Tsahal a activé quelque 300 000 réservistes. Le budget 2026 récemment approuvé prévoit désormais une moyenne de seulement 40 000 réservistes appelés au service en 2026, "conformément à la directive du ministre de la Défense visant à alléger le fardeau pesant sur les soldats de réserve".

Les défis de mise en œuvre

Le plan devrait être finalisé d'ici le 1er avril, avec un début de mise en œuvre après la Pâque, qui se termine le 8 avril, sous réserve de la situation sécuritaire. Cependant, l'initiative de Zamir pourrait faire face à des défis majeurs, notamment une aide réduite des États-Unis, des élections israéliennes anticipées sans adoption d'un nouveau budget, ou une guerre soudaine.

Le dernier plan pluriannuel de Tsahal, au moins partiellement mis en œuvre, était "Tenufah", développé par l'ancien chef d'état-major Aviv Kohavi. Son plan a été perturbé par le massacre du 7 octobre et la guerre subséquente de deux ans. Cette guerre a également empêché le chef le plus récent de Tsahal, Herzi Halevi, de mettre en œuvre son propre plan pluriannuel.

Vers un nouveau consensus de sécurité

Au-delà du plan Hoshen, Israël semble émerger de cette guerre avec un nouveau consensus de sécurité à travers la société. L'ancienne approche de "gestion des conflits" cède la place à une posture plus proactive de prévention des menaces.

En novembre 2025, le chef du parti d'opposition centriste, Benny Gantz, a publié sa proposition pour un retour à "une mentalité de 1948" et une nouvelle doctrine de sécurité, dans laquelle il appelle à un passage d'une approche de gestion des conflits à une approche proactive de prévention des menaces, incluant le lancement d'une "campagne large pour éliminer toutes les menaces significatives posées par le régime iranien" et "l'établissement de zones tampons en dehors de la frontière".

Le plan Hoshen représente une tentative ambitieuse de transformer Tsahal en une force militaire du 21e siècle, combinant innovation technologique de pointe et leçons opérationnelles durement acquises.
Alors qu'Israël entre dans une année électorale en 2026, ce plan définit la vision stratégique de l'armée pour les années à venir, dans un environnement régional qui reste volatil et imprévisible.

Le succès de cette transformation dépendra autant de la volonté politique et des ressources budgétaires que de la capacité de Tsahal à évoluer rapidement dans un paysage de menaces en constante mutation.

Une pyramide mystérieuse vieille de 2 200 ans découverte dans le désert de Judée

Une pyramide mystérieuse vieille de 2 200 ans découverte dans le désert de Judée

Une pyramide mystérieuse vieille de 2 200 ans découverte dans le désert de Judée

Une fouille archéologique d'envergure dévoile ses secrets

En janvier 2026, l'Autorité israélienne des antiquités a révélé l'une des découvertes archéologiques les plus intrigantes de ces dernières années : une gigantesque structure pyramidale vieille de 2 200 ans, située au nord de Nahal Zohar dans le désert de Judée. Cette découverte extraordinaire, fruit d'une campagne archéologique de huit ans menée pour protéger les sites du désert de Judée contre les pillages, soulève autant de questions qu'elle n'apporte de réponses.

Le monument pyramidal, construit avec des pierres taillées à la main pesant chacune plusieurs centaines de kilogrammes, a été mis au jour lors d'une fouille dirigée par Matan Toledano, le Dr Eitan Klein et Amir Ganor de l'Autorité israélienne des antiquités, en collaboration avec le ministère du Patrimoine. Des centaines de bénévoles venus de tout le pays participent activement à cette excavation qui révèle quotidiennement de nouveaux trésors.

Un mystère historique redaté

L'une des révélations les plus surprenantes concerne la datation de la structure. Les chercheurs pensaient auparavant que le monument avait été construit durant la période du Premier Temple, mais les récentes découvertes montrent qu'il remonte en réalité à l'époque hellénistique, lorsqu'Israël était sous domination ptolémaïque, il y a environ 2 200 ans.

Cette révision chronologique bouleverse les hypothèses initiales et soulève de nouvelles interrogations sur la fonction réelle de cette imposante construction.

"S'agit-il d'une tour de guet protégeant une importante route commerciale par laquelle les ressources de la mer Morte sel et bitume étaient transportées vers les ports côtiers ?

Ou bien, à un moment donné, cette énorme structure au sommet d'une montagne marquait-elle une tombe ou servait-elle de monument dans l'histoire ancienne ?" s'interrogent les directeurs de fouilles. "C'est un mystère historique et pour notre plus grand plaisir, le public venant participer aux fouilles devient notre partenaire dans la découverte des réponses."

Des artefacts exceptionnels préservés par le désert

La première semaine de fouilles a déjà livré une moisson extraordinaire d'objets. Les bénévoles ont découvert des documents historiques écrits, notamment des rouleaux de papyrus rédigés en grec, des récipients en bronze exceptionnels, et des vestiges de meubles anciens qui, grâce au climat désertique, ont été conservés dans un état remarquable.

Parmi les trouvailles figurent également des pièces de monnaie en bronze frappées par les dirigeants ptolémaïques et par Antiochus IV, des armes, des cuillères en bois et des textiles.
"À chaque instant, de nouvelles découvertes sont faites, et nous sommes remplis d'anticipation pour ce que les trois prochaines semaines pourraient révéler", déclarent avec enthousiasme les responsables des fouilles.

Une campagne archéologique sans précédent

Cette découverte s'inscrit dans le cadre d'une campagne étendue lancée il y a huit ans par l'Unité de prévention du vol de l'Autorité israélienne des antiquités. Ce projet, l'un des plus ambitieux de l'histoire archéologique d'Israël, a permis d'inspecter quelque 180 kilomètres de falaises désertiques et d'identifier environ 900 grottes.

Au cours de ces années, des milliers d'artefacts précieux ont été récupérés par les archéologues utilisant des technologies de pointe et des équipements d'escalade. Parmi ces découvertes figurent des manuscrits cachés, du papyrus, des outils de travail du bois, des armes, des articles en cuir et des trésors de pièces de monnaie. Le projet est financé par le ministère du Patrimoine, le Département d'archéologie de l'Administration civile de Judée et Samarie, et l'Autorité israélienne des antiquités.

Les théories sur la fonction du monument

Plusieurs hypothèses sont actuellement explorées concernant la fonction originelle de cette structure pyramidale. La première suggère qu'il s'agissait d'une tour de surveillance stratégique placée sur une route commerciale cruciale. Le désert de Judée était en effet une zone de transit majeure pour le commerce du sel et du bitume extraits de la mer Morte, ressources très prisées dans l'Antiquité.

Une seconde théorie propose que le monument ait pu servir de sépulture royale ou aristocratique, la forme pyramidale étant souvent associée aux tombeaux monumentaux dans le monde antique. D'autres experts envisagent qu'il puisse s'agir d'un mémorial commémoratif érigé pour marquer un événement historique significatif ou honorer une personnalité importante de l'époque hellénistique.

Un patrimoine en danger

La découverte de ce site souligne l'urgence de protéger le patrimoine archéologique israélien. Le désert de Judée, malgré son apparente désolation, regorge de trésors historiques qui sont menacés par les pillages et les fouilles non autorisées. L'initiative de l'Autorité israélienne des antiquités vise précisément à préserver ces sites avant qu'ils ne soient irrémédiablement endommagés.

Dans les grottes environnantes, les équipes ont déjà découvert en 2024 de nouveaux fragments de manuscrits de la mer Morte dans la "grotte de l'horreur" (Me'arat Ha'Eima), incluant des traductions grecques des livres prophétiques de Zacharie et Nahum.
Ces découvertes prolongent l'histoire des célèbres manuscrits de la mer Morte jusqu'à l'époque romaine, enrichissant notre compréhension des communautés qui vivaient et périssaient dans ces paysages impitoyables.

Un appel à la participation publique

L'un des aspects remarquables de ce projet est l'implication du public. Les directeurs de fouilles invitent les citoyens israéliens et les visiteurs à participer activement aux excavations, transformant ainsi l'archéologie en une expérience collective. Cette approche permet non seulement d'accélérer le travail de terrain, mais aussi de sensibiliser le grand public à l'importance de la préservation du patrimoine.

Les chercheurs restent optimistes quant aux révélations futures. Alors que les efforts d'excavation se poursuivent, ils anticipent que davantage de découvertes attendent sous les sables du désert. Chaque pelletée de terre peut révéler un nouveau fragment de l'histoire ancienne d'Israël.

La découverte de cette pyramide mystérieuse dans le désert de Judée illustre la richesse archéologique exceptionnelle d'Israël et l'importance cruciale de protéger ce patrimoine. Au-delà de sa valeur historique intrinsèque, ce monument témoigne de la complexité des civilisations qui se sont succédé en Terre sainte et des interactions culturelles qui ont façonné cette région.

Alors que les fouilles se poursuivent, chaque nouvelle découverte rapproche les chercheurs d'une compréhension plus complète de l'histoire hellénistique en Israël.

Ce monument pyramidal, qu'il ait servi de tour de guet, de tombe monumentale ou de mémorial, demeure un témoignage fascinant d'une époque où les cultures grecque et judéenne s'entremêlaient dans le désert de Judée. Le mystère de sa véritable fonction continuera d'alimenter les débats scientifiques et de captiver l'imagination du public pour les années à venir.

Le secret royal enfin éclairci : pourquoi Mohammed VI restaure les synagogues du Maroc

Le secret royal enfin éclairci : pourquoi Mohammed VI restaure les synagogues du Maroc

Le secret royal enfin éclairci : pourquoi Mohammed VI restaure les synagogues du Maroc

Ce n’est ni un geste de communication, ni une concession diplomatique. C’est une décision de souveraineté historique.

À l’heure où, en Europe, des symboles juifs disparaissent des façades par crainte ou par lâcheté, un phénomène inverse s’impose au Maroc. Discret, constant, méthodique. Depuis plus de quinze ans, le royaume restaure synagogues, cimetières et quartiers juifs, parfois dans des villes où aucun Juif ne vit plus depuis des décennies. L’architecte de cette politique n’est autre que Mohammed VI.

Contrairement à une idée répandue, cette démarche ne découle ni des Accords d’Abraham ni d’une stratégie touristique. Elle commence bien avant, au tournant des années 2010, par une décision politique claire : l’histoire juive n’est pas une histoire périphérique du Maroc, elle en est une composante centrale.

Une décision souveraine, sans mise en scène

En 2010, Mohammed VI tranche. Le patrimoine juif marocain est menacé : synagogues à l’abandon, cimetières envahis par la végétation, pierres tombales brisées, mémoire fragmentée. Plutôt que de créer une commission symbolique, le roi donne des instructions directes : restaurer, protéger, transmettre.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

À ce jour, 167 cimetières juifs ont été restaurés et sécurisés à travers l’ensemble du royaume. Murs reconstruits, portails réinstallés, lieux nettoyés et protégés.
Ce chantier, piloté sous impulsion royale avec le ministère des Habous et des partenaires institutionnels, constitue la plus vaste opération de sauvegarde du patrimoine juif jamais menée dans le monde arabe.

Dans certaines localités, ces restaurations ont précédé le retour des familles, permettant à des descendants installés en France, en Israël ou au Canada de retrouver les tombes de leurs ancêtres.

Essaouira, moment de vérité

Le 15 janvier 2020 marque un tournant symbolique. À Essaouira, ancienne Mogador cosmopolite, Mohammed VI inaugure Bayt Dakira, la Maison de la Mémoire.

Le lieu est unique : une synagogue restaurée – Slat Attia –, un centre de recherche, un musée consacré à la coexistence judéo-musulmane. Le roi s’y rend personnellement. Il s’assoit face à l’Arche sainte. Autour de lui, des rabbins, des responsables religieux musulmans, des intellectuels.

Le message est limpide : le judaïsme n’est pas toléré au Maroc, il est reconnu comme racine nationale. Bayt Dakira n’est pas un musée figé : c’est un espace vivant, chiffré à environ 1,5 million de dollars, conçu pour inscrire cette mémoire dans le présent et l’avenir.

Une reconnaissance inscrite dans la Constitution

Ce choix n’est pas seulement patrimonial. Il est juridique.

La Constitution marocaine de 2011 est la seule du monde arabe à inscrire noir sur blanc que l’identité nationale est nourrie par plusieurs affluents, dont l’affluent hébraïque.
Cette mention n’est ni décorative ni symbolique : elle consacre le judaïsme comme élément constitutif de l’ADN marocain, au même titre que les héritages amazigh, andalou ou africain.

Ce point est essentiel. Là où d’autres pays parlent de minorités, le Maroc parle d’héritage commun.

Restituer les noms, refuser l’effacement

À Marrakech, une autre décision frappe par sa force discrète. Sur instruction royale, les rues et places de l’ancien mellah retrouvent leurs noms juifs d’origine. Pas de renommage opportuniste. Pas d’effacement. Les panneaux bleus affichent à nouveau les noms de rabbins, de familles, de communautés.

Dans une région du monde où la toponymie est souvent réécrite pour gommer le passé, ce choix est radical : le Maroc assume toute son histoire, sans sélection idéologique.

Synagogues restaurées, mémoire assumée

De Fès à Marrakech, de Rabat à Essaouira, des dizaines de synagogues ont été restaurées dans le respect de leur architecture d’origine. La synagogue Slat al-Fassiyine à Fès, datant du XVIIᵉ siècle, a été rouverte après restauration avec le soutien de partenaires internationaux, sous l’égide des autorités marocaines.

Ici encore, le message est clair : ces lieux ne sont pas des vestiges étrangers, mais des composantes du patrimoine national.

Un leadership à contre-courant

Il faut mesurer ce que cette politique représente. Dans un contexte régional marqué par les crispations identitaires, Mohammed VI a fait un choix rare : construire l’unité nationale par la reconnaissance, et non par l’effacement.

Il ne s’agit pas de nostalgie. Il s’agit de souveraineté culturelle. Le Maroc affirme que son histoire ne commence ni en 1956 ni en 2011, mais dans une continuité millénaire où Juifs et musulmans ont bâti ensemble villes, commerce, culture et spiritualité.

Entrer aujourd’hui dans une synagogue à Marrakech, voir un gardien marocain veiller avec respect sur un cimetière juif restauré, lire sur une plaque officielle un nom hébraïque assumé, n’a rien d’anodin.

C’est le résultat d’une vision politique cohérente, patiente, assumée.

Le Maroc a fait un choix que peu de nations osent : dire que son histoire est plus forte quand elle est complète.

Murs hasmonéens à Jérusalem : quand l'archéologie révèle un cessez-le-feu antique

Murs hasmonéens à Jérusalem : quand l'archéologie révèle un cessez-le-feu antique

Murs hasmonéens à Jérusalem : quand l'archéologie révèle un cessez-le-feu antique

Une découverte archéologique majeure sous la Tour de David pourrait avoir révélé la preuve d'un accord de paix vieux de 2 100 ans, offrant un éclairage inédit sur l'histoire mouvementée de Jérusalem.

Une excavation qui change la donne

En décembre 2025, à la veille de Hanoukka, les archéologues israéliens ont achevé les fouilles de la partie la plus complète jamais découverte des fondations des murs qui entouraient Jérusalem à l'époque du royaume hasmonéen – la période même où se déroule l'histoire de Hanoukka. Cette découverte, réalisée sous le musée de la Tour de David dans la Vieille Ville, pourrait réécrire certains chapitres de l'histoire juive antique.

Le Dr Amit Re'em, archéologue régional de Jérusalem pour l'Autorité israélienne des antiquités, souligne l'aspect le plus intrigant de cette trouvaille : le mur au-dessus de ces fondations semble avoir été démantelé intentionnellement et de manière uniforme, à une hauteur constante, et non chaotiquement détruit par les ravages du temps ou de la guerre.

Le mystère du démantèlement

Pourquoi un dirigeant aurait-il démonté méthodiquement un mur de sécurité parfaitement fonctionnel dans une zone constamment menacée par les invasions ? Cette question a poussé les experts à explorer les archives historiques, notamment les écrits de l'historien juif antique Flavius Josèphe.

Selon les recherches, en 132 ou 133 avant notre ère, le roi hellénistique Antiochus VII, héritier d'Antiochus IV (celui de l'histoire de Hanoukka), aurait assiégé Jérusalem et le royaume de Judée. L'hypothèse avancée par les archéologues est que le démantèlement systématique du mur pourrait être la preuve tangible d'un accord de cessez-le-feu négocié à l'issue de ce siège.

Des murs monumentaux

La section excavée mesure 50 mètres de longueur et soutenait des murs plus hauts que les murailles actuelles de la Vieille Ville de Jérusalem, construites des centaines d'années plus tard pendant la période ottomane. Les murs hasmonéens encerclaient une zone bien plus vaste que l'actuelle Vieille Ville et comportaient, selon les écrits anciens, 60 tours de garde, chacune haute de 33 pieds.

La construction du mur hasmonéen a commencé quelques décennies après les événements de Hanoukka, qui commémore la redédicace du Temple de Jérusalem au IIe siècle avant notre ère, après qu'un petit groupe de combattants juifs ait libéré le sanctuaire des forces d'occupation étrangères.

Une explication alternative

Une autre théorie avancée par la professeure Peleg-Barkat suggère que seule la portion excavée aurait été démolie pour servir de fondation au palais d'Hérode lors de son règne au Ier siècle avant notre ère, comme message clair de sa souveraineté sur la Jérusalem juive. Il semble en effet peu probable que Jérusalem soit restée sans protection et sans murailles pendant plus d'un siècle. D'autres sections du mur hasmonéen découvertes à Jérusalem n'ont d'ailleurs pas été démantelées.

Archéologie et histoire entrelacées

Cette découverte s'inscrit dans une longue série de trouvailles archéologiques qui éclairent d'un jour nouveau l'histoire biblique et post-biblique. Le Dr Re'em conclut avec enthousiasme : "Nous pensons simplement avoir trouvé la preuve archéologique de cela, c'est donc assez extraordinaire. L'archéologie et l'histoire ancienne combinées donnent à Jérusalem sa magie."

Dans les années à venir, le musée de la Tour de David installera un plancher de verre flottant au-dessus des ruines et utilisera cette salle comme l'une de ses nouvelles galeries dans l'aile Schulich d'archéologie, d'art et d'innovation. Les rénovations de cette section devraient prendre au moins deux ans, maintenant que les fouilles archéologiques sont terminées.

Un timing symbolique

Il est remarquable que cette découverte ait été achevée presque exactement un an après qu'une rare collection de pièces anciennes, datant de plus de 2 000 ans et appartenant au roi Alexandre Jannée, le deuxième dirigeant de la dynastie hasmonéenne, ait été découverte dans la vallée du Jourdain le troisième jour de Hanoukka 2024 – un moment que les chercheurs ont appelé un "miracle archéologique de Hanoukka".

Cette continuité dans les découvertes renforce l'idée que le sous-sol de Jérusalem recèle encore d'innombrables secrets sur l'histoire du peuple juif et de la ville trois fois sainte. Chaque coup de pioche révèle un nouveau chapitre d'une histoire millénaire qui continue de façonner le présent.

Tournant démographique historique : la croissance de la population israélienne tombe sous la barre des 1%

Tournant démographique historique : la croissance de la population israélienne tombe sous la barre des 1%

Tournant démographique historique : la croissance de la population israélienne tombe sous la barre des 1%

Depuis 1948, Israël défie les lois démographiques des pays développés. Mais 2025 marque une rupture : pour la première fois en 77 ans, la croissance de la population plonge sous 1% à 0,9%.
Triple choc : la natalité chute dans tous les groupes de population, la mortalité augmente avec le vieillissement rapide de la société, et surtout, l'émigration atteint des sommets historiques avec 26 000 départs nets en 2025, 37 000 prévus en 2026.

Cette hémorragie de cerveaux touche les travailleurs qualifiés, attirés par un coût de la vie moins élevé ailleurs et lassés des divisions sociales. Les projections du Centre Taub sont sans appel : d'ici 2040, les femmes laïques auront 1,7 enfant, les religieuses 2,3, les ultra-orthodoxes 4,3. L'exception démographique israélienne touche à sa fin. Reste à savoir si le pays saura retrouver son attractivité.

Pour la première fois depuis 1948, Israël voit sa croissance démographique descendre en dessous du seuil symbolique de 1%, marquant la fin d'une ère et l'entrée dans une nouvelle phase pour l'État hébreu.

La fin d'une exception démographique

L'année 2025 restera gravée dans l'histoire démographique d'Israël. Pour la première fois depuis la création de l'État en 1948, le taux de croissance annuel de la population est tombé à 0,9%, franchissant la barre symbolique des 1%. Ce n'est pas une simple fluctuation : historiquement, le taux de croissance israélien s'est maintenu bien au-dessus de 1,5%, ne descendant brièvement sous ce niveau qu'au début des années 1980.

Cette évolution marque la fin d'une exceptionnalité démographique qui distinguait Israël des autres pays développés. Alors que la population totale atteint désormais 9,5 millions d'habitants, trois forces structurelles convergent pour ralentir cette croissance : le déclin de la fertilité, l'augmentation de la mortalité et, plus inquiétant encore, une migration nette négative.

La chute des taux de natalité

Israël a longtemps été une anomalie parmi les pays développés avec des taux de fertilité remarquablement élevés dans presque tous les groupes de population. Cette exception s'estompe rapidement. Entre 2016 et 2025, le taux de croissance naturelle annuel est passé de 1,6% à 1,3%.

Le déclin le plus marqué a été enregistré dans la population arabe, où le taux est tombé de 2,1% à 1,6%, principalement en raison d'une stabilité du nombre de naissances couplée à une augmentation de 43% des décès, due à la croissance rapide de la population âgée dans la société arabe.

Les projections du Centre Taub sont éloquentes : d'ici la fin des années 2030, les femmes laïques et traditionnelles non-religieuses devraient avoir un taux de fertilité de 1,7 enfant par femme, légèrement supérieur aux niveaux actuels en Europe du Nord et en Amérique du Nord. Les femmes religieuses devraient descendre à 2,3 enfants, tandis que les femmes ultra-orthodoxes tomberaient à 4,3 enfants par femme.

L'émigration, nouvelle hémorragie

Le phénomène le plus inquiétant reste l'émigration. En 2025, le nombre de départs a dépassé celui des arrivées de 26 000 personnes. Les projections pour 2026 anticipent un écart encore plus important, atteignant 37 000 personnes. Cette hémorragie touche particulièrement les travailleurs qualifiés et les professionnels nés en Israël, créant une fuite des cerveaux aux conséquences socio-économiques majeures.

Le professeur Alex Weinreb, directeur de la recherche au Centre Taub, souligne : "Au fil des années, Israël a bénéficié d'une migration positive presque chaque année. Les gens continueront à venir en Israël tant que le pays promet un mode de vie attractif, socialement et économiquement." Mais les tensions issues des divisions sociales, une guerre portée en grande partie par une minorité éduquée et productive, et un coût de la vie bien supérieur à la moyenne menacent cet équilibre.

Des défis systémiques

Cette transition démographique pose des défis majeurs pour l'avenir d'Israël. La baisse combinée du taux de fertilité et de l'immigration ajoute une pression supplémentaire sur les finances publiques et les services sociaux. Les décideurs s'inquiètent du ratio de dépendance, aggravé par le vieillissement de la société.

Avec une espérance de vie de 83,7 ans en 2023 (l'une des plus élevées de l'OCDE après la Suisse, le Japon et l'Espagne), le nombre absolu de décès augmente, passant d'environ 46 000 en 2018 à quelque 51 000 en 2024. Cette dynamique, couplée à la stabilité du nombre de naissances, dessine un avenir démographique radicalement différent pour Israël.

Un tournant existentiel

Face à ce tournant, Israël se trouve à un carrefour existentiel. Les moteurs traditionnels de croissance – fertilité élevée et immigration forte – refroidissent simultanément.
Pour maintenir son dynamisme démographique, le pays devra repenser ses politiques d'attractivité, améliorer la qualité de vie et reconstruire le consensus social qui a permis l'essor de la nation. Sans quoi, l'exceptionnalité démographique israélienne appartiendra définitivement au passé.