Murs hasmonéens à Jérusalem : quand l'archéologie révèle un cessez-le-feu antique

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Murs hasmonéens à Jérusalem : quand l'archéologie révèle un cessez-le-feu antique

Murs hasmonéens à Jérusalem : quand l'archéologie révèle un cessez-le-feu antique

Une découverte archéologique majeure sous la Tour de David pourrait avoir révélé la preuve d'un accord de paix vieux de 2 100 ans, offrant un éclairage inédit sur l'histoire mouvementée de Jérusalem.

Une excavation qui change la donne

En décembre 2025, à la veille de Hanoukka, les archéologues israéliens ont achevé les fouilles de la partie la plus complète jamais découverte des fondations des murs qui entouraient Jérusalem à l'époque du royaume hasmonéen – la période même où se déroule l'histoire de Hanoukka. Cette découverte, réalisée sous le musée de la Tour de David dans la Vieille Ville, pourrait réécrire certains chapitres de l'histoire juive antique.

Le Dr Amit Re'em, archéologue régional de Jérusalem pour l'Autorité israélienne des antiquités, souligne l'aspect le plus intrigant de cette trouvaille : le mur au-dessus de ces fondations semble avoir été démantelé intentionnellement et de manière uniforme, à une hauteur constante, et non chaotiquement détruit par les ravages du temps ou de la guerre.

Le mystère du démantèlement

Pourquoi un dirigeant aurait-il démonté méthodiquement un mur de sécurité parfaitement fonctionnel dans une zone constamment menacée par les invasions ? Cette question a poussé les experts à explorer les archives historiques, notamment les écrits de l'historien juif antique Flavius Josèphe.

Selon les recherches, en 132 ou 133 avant notre ère, le roi hellénistique Antiochus VII, héritier d'Antiochus IV (celui de l'histoire de Hanoukka), aurait assiégé Jérusalem et le royaume de Judée. L'hypothèse avancée par les archéologues est que le démantèlement systématique du mur pourrait être la preuve tangible d'un accord de cessez-le-feu négocié à l'issue de ce siège.

Des murs monumentaux

La section excavée mesure 50 mètres de longueur et soutenait des murs plus hauts que les murailles actuelles de la Vieille Ville de Jérusalem, construites des centaines d'années plus tard pendant la période ottomane. Les murs hasmonéens encerclaient une zone bien plus vaste que l'actuelle Vieille Ville et comportaient, selon les écrits anciens, 60 tours de garde, chacune haute de 33 pieds.

La construction du mur hasmonéen a commencé quelques décennies après les événements de Hanoukka, qui commémore la redédicace du Temple de Jérusalem au IIe siècle avant notre ère, après qu'un petit groupe de combattants juifs ait libéré le sanctuaire des forces d'occupation étrangères.

Une explication alternative

Une autre théorie avancée par la professeure Peleg-Barkat suggère que seule la portion excavée aurait été démolie pour servir de fondation au palais d'Hérode lors de son règne au Ier siècle avant notre ère, comme message clair de sa souveraineté sur la Jérusalem juive. Il semble en effet peu probable que Jérusalem soit restée sans protection et sans murailles pendant plus d'un siècle. D'autres sections du mur hasmonéen découvertes à Jérusalem n'ont d'ailleurs pas été démantelées.

Archéologie et histoire entrelacées

Cette découverte s'inscrit dans une longue série de trouvailles archéologiques qui éclairent d'un jour nouveau l'histoire biblique et post-biblique. Le Dr Re'em conclut avec enthousiasme : "Nous pensons simplement avoir trouvé la preuve archéologique de cela, c'est donc assez extraordinaire. L'archéologie et l'histoire ancienne combinées donnent à Jérusalem sa magie."

Dans les années à venir, le musée de la Tour de David installera un plancher de verre flottant au-dessus des ruines et utilisera cette salle comme l'une de ses nouvelles galeries dans l'aile Schulich d'archéologie, d'art et d'innovation. Les rénovations de cette section devraient prendre au moins deux ans, maintenant que les fouilles archéologiques sont terminées.

Un timing symbolique

Il est remarquable que cette découverte ait été achevée presque exactement un an après qu'une rare collection de pièces anciennes, datant de plus de 2 000 ans et appartenant au roi Alexandre Jannée, le deuxième dirigeant de la dynastie hasmonéenne, ait été découverte dans la vallée du Jourdain le troisième jour de Hanoukka 2024 – un moment que les chercheurs ont appelé un "miracle archéologique de Hanoukka".

Cette continuité dans les découvertes renforce l'idée que le sous-sol de Jérusalem recèle encore d'innombrables secrets sur l'histoire du peuple juif et de la ville trois fois sainte. Chaque coup de pioche révèle un nouveau chapitre d'une histoire millénaire qui continue de façonner le présent.

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