Tsahal lance le plan "Hoshen" : repenser l'armée israélienne pour 2030

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Tsahal lance le plan "Hoshen" : repenser l'armée israélienne pour 2030

Tsahal lance le plan "Hoshen" : repenser l'armée israélienne pour 2030

Un plan quinquennal ambitieux après deux ans de guerre

Le 12 janvier 2026, le chef d'état-major de Tsahal, le général Eyal Zamir, a dévoilé un nouveau plan pluriannuel baptisé "Hoshen" (le pectoral du Grand Prêtre), destiné à guider l'armée israélienne de 2026 à 2030.
Cette initiative majeure vise à revitaliser les capacités de combat de Tsahal après plus de deux années de conflit intense, tout en intégrant les leçons douloureuses du 7 octobre 2023.

Le nom "Hoshen" n'a pas été choisi au hasard. Ce pectoral orné de 12 pierres représentant les 12 tribus d'Israël symbolise l'unité, tandis que sa position près du cœur reflète la centralité de l'élément humain dans l'armée israélienne.

Des changements stratégiques majeurs

Lors de la conférence "Les leaders du front intérieur" le 6 janvier, le général Zamir a annoncé un changement de doctrine fondamental : "Nous avons apporté des modifications à l'état de préparation, aux ordres" et "comblé des lacunes opérationnelles". Plus significatif encore, il a déclaré : "Il n'y aura plus de politique d'endiguement", promettant qu'Israël ne permettra plus "aux organisations terroristes ou aux mandataires de s'implanter le long de nos frontières."

Cette déclaration marque une rupture nette avec la stratégie précédente, surnommée "tondre le gazon", qui consistait à gérer et contenir les menaces, notamment celle du Hamas, plutôt que de chercher à les éliminer complètement.

Les six piliers du plan Hoshen

Le plan s'appuie sur six axes principaux : un diagnostic approfondi de Tsahal après la guerre, les leçons tirées du 7 octobre, les enquêtes en cours sur le conflit, les directives du leadership politique, un cadre budgétaire pour le développement des forces, et les décisions stratégiques du général Zamir sur les projections et la stratégie futures de Tsahal.

Le leadership politique a demandé à Tsahal de planifier sur la base d'un budget de 350 milliards de shekels (111 milliards de dollars) pour la prochaine décennie, avec la possibilité de financements supplémentaires selon les futurs arrangements avec les États-Unis. Environ la moitié de cette enveloppe sera consacrée aux avancées technologiques et à l'augmentation de l'indépendance d'Israël en matière d'armement.

L'IA, la robotique et l'espace : les trois révolutions technologiques

Le plan Hoshen mise massivement sur trois domaines d'innovation cruciaux.
Premièrement, l'intelligence artificielle sera intégrée de manière plus large dans tous les aspects des opérations militaires, y compris la gestion. Pour suivre le rythme de la guerre par IA, l'armée a développé des centres de données plus grands et plus puissants et continuera d'investir massivement dans ce secteur.

Deuxièmement, le déploiement de robots et de systèmes autonomes sera considérablement accru. L'idée est d'utiliser ces nouveaux systèmes aux côtés des forces aériennes, maritimes et terrestres, parfois de manière indépendante, parfois en coordination avec des soldats humains.

Troisièmement, Tsahal intensifie ses efforts dans le domaine spatial, notamment avec le lancement du satellite Ofek 14. L'Iran ayant récemment lancé des satellites supplémentaires dans l'espace avec l'aide russe, Israël craint que ces pays ne réduisent les avantages préalables de Jérusalem et Washington dans ces domaines.

Une stratégie défensive innovante : les "bippers"

Dans un aspect particulièrement intrigant du plan, Tsahal envisage de développer une stratégie de défense révolutionnaire inspirée des "bippers", en référence aux dispositifs utilisés pour blesser environ 3 500 opérateurs du Hezbollah simultanément en septembre 2024.
Bien que les détails restent flous, c'est la première fois que Tsahal évoque une opération défensive de type "bipper", par opposition à l'opération offensive utilisée contre le Hezbollah.

Se préparer à une "guerre surprise"

Le général Zamir a souligné que l'armée développait une nouvelle stratégie centrée sur l'éventualité d'une "guerre surprise", comme celle déclenchée par l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Cette approche marque une profonde introspection sur les échecs qui ont permis cette attaque dévastatrice.

Le commandant du Commandement central, le général Avi Bluth, a également averti que Tsahal doit être prête pour "une guerre surprise", déclarant que l'armée doit "maintenir un haut niveau de préparation et de vigilance".

Reconstruction des ressources humaines

Au-delà de la technologie, le plan Hoshen accorde une attention particulière à la reconstruction et à la restauration de la préparation et de la résilience de l'armée pour les réservistes, les soldats en service obligatoire et les officiers de carrière après une longue guerre de deux ans. L'armée entend investir dans ses ressources humaines, reconnaissant le fardeau intense imposé aux soldats pendant la guerre.

Au plus fort du conflit, Tsahal a activé quelque 300 000 réservistes. Le budget 2026 récemment approuvé prévoit désormais une moyenne de seulement 40 000 réservistes appelés au service en 2026, "conformément à la directive du ministre de la Défense visant à alléger le fardeau pesant sur les soldats de réserve".

Les défis de mise en œuvre

Le plan devrait être finalisé d'ici le 1er avril, avec un début de mise en œuvre après la Pâque, qui se termine le 8 avril, sous réserve de la situation sécuritaire. Cependant, l'initiative de Zamir pourrait faire face à des défis majeurs, notamment une aide réduite des États-Unis, des élections israéliennes anticipées sans adoption d'un nouveau budget, ou une guerre soudaine.

Le dernier plan pluriannuel de Tsahal, au moins partiellement mis en œuvre, était "Tenufah", développé par l'ancien chef d'état-major Aviv Kohavi. Son plan a été perturbé par le massacre du 7 octobre et la guerre subséquente de deux ans. Cette guerre a également empêché le chef le plus récent de Tsahal, Herzi Halevi, de mettre en œuvre son propre plan pluriannuel.

Vers un nouveau consensus de sécurité

Au-delà du plan Hoshen, Israël semble émerger de cette guerre avec un nouveau consensus de sécurité à travers la société. L'ancienne approche de "gestion des conflits" cède la place à une posture plus proactive de prévention des menaces.

En novembre 2025, le chef du parti d'opposition centriste, Benny Gantz, a publié sa proposition pour un retour à "une mentalité de 1948" et une nouvelle doctrine de sécurité, dans laquelle il appelle à un passage d'une approche de gestion des conflits à une approche proactive de prévention des menaces, incluant le lancement d'une "campagne large pour éliminer toutes les menaces significatives posées par le régime iranien" et "l'établissement de zones tampons en dehors de la frontière".

Le plan Hoshen représente une tentative ambitieuse de transformer Tsahal en une force militaire du 21e siècle, combinant innovation technologique de pointe et leçons opérationnelles durement acquises.
Alors qu'Israël entre dans une année électorale en 2026, ce plan définit la vision stratégique de l'armée pour les années à venir, dans un environnement régional qui reste volatil et imprévisible.

Le succès de cette transformation dépendra autant de la volonté politique et des ressources budgétaires que de la capacité de Tsahal à évoluer rapidement dans un paysage de menaces en constante mutation.

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