Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

Un CEO israélien de 47 ans meurt à Eilat : 16 heures sans médecin d’urgence à l’hôpital Yoseftal

Un CEO israélien de 47 ans meurt à Eilat : 16 heures sans médecin d’urgence à l’hôpital Yoseftal

Le décès d’un ingénieur israélien révèle les lacunes critiques du système de santé à Eilat

Un homme de 47 ans, en apparence en bonne santé et cadre dans une entreprise de haute technologie, est mort après ce que sa famille décrit comme une série de décisions médicales catastrophiques. L’histoire de Ron Gosh z”l, tel que rapportée par ynet et Yedioth Ahronoth, met en lumière des défaillances structurelles profondes dans le système de soins à Eilat et alimente une controverse politique sur l’accès aux soins d’urgence dans le sud d’Israël.

Des soins d’urgence absents durant des heures

Lors d’une audition au Parlement israélien, Vered Gosh, veuve de Ron, a livré un témoignage poignant. Elle a décrit les dernières heures de son mari, souffrant d’une déshydratation grave après avoir ressenti un malaise à la suite d’un événement professionnel, et hospitalisé à l’hôpital Yoseftal à Eilat.
Elle a dénoncé l’absence prolongée de médecins spécialisés en médecine d’urgence et l’inaction du personnel. Selon elle, cet homme robuste aurait pu être sauvé si une prise en charge adéquate avait eu lieu.

Le président de la commission parlementaire chargée de superviser la réforme des services publics, le député Michael Biton, a affirmé que pendant 16 heures par jour, il n’y avait pas de services d’urgence disponibles à Eilat, qualifiant l’hôpital Yoseftal de « Yosef z”l » en référence au défunt, symbole de ces manquements.
La direction de l’hôpital a confirmé qu’il n’y a que deux urgentistes employés à plein temps, et que pendant de longues périodes, aucun spécialiste n’est présent au service.

Une séquence de négligences alléguées

Ron avait été admis après s’être senti mal lors d’un séjour d’affaires. Les médecins ont d’abord suspecté – sans preuve apparente – une intoxication à l’alcool ou aux drogues, au lieu de diagnostiquer immédiatement une déshydratation sévère. Son état s’est rapidement aggravé. Malgré l’installation d’une perfusion, son état n’a pas été surveillé correctement. Il a ensuite été transporté en ambulance vers l’hôpital Soroka à Be’er Sheva, mais est décédé en chemin. La décision tardive d’organiser un transfert aérien a été inefficace, selon la famille, qui juge qu’elle aurait pu changer le cours du traitement si elle avait été prise plus tôt.

Le rapport de la veuve et des documents juridiques déposés devant le tribunal régional de Lod détaillent ce qu’elle considère comme une suite d’erreurs médicales et organisationnelles qui ont conduit à la mort de son mari.

Une crise systémique, pas un incident isolé

Au Parlement, Vered Gosh a élargi son témoignage au-delà de sa tragédie personnelle : pour elle, il s’agit d’une illustration de problèmes bien connus dans la gestion des soins dans le sud du pays, où les ressources médicales sont nettement inférieures à celles du centre du pays. Elle a appelé à une responsabilité centralisée et à des réformes structurelles, pas à des « pansements », afin de garantir un système de santé fonctionnel pour les habitants d’Eilat et des environs.

Le débat a rapidement pris une tournure politique. Certains membres du Parlement ont pointé du doigt la responsabilité de Clalit, la plus grande organisation de soins de santé du pays, qui gère Yoseftal. Ils ont critiqué le fait que des fonds importants circulent sans amélioration perceptible de la qualité des services.
D’autres cas évoqués lors de l’audience montrent des retards dans l’accès à des traitements vitaux, accentuant la perception d’un traitement inégal entre les citoyens résidant dans le centre et ceux vivant dans le sud.

Vers une réforme ou un statu quo ?

Les acteurs du secteur de la santé entendus à la commission ont plaidé soit pour un renforcement des capacités locales – notamment par des investissements ciblés et des incitations pour attirer du personnel spécialisé – soit pour une ouverture à une concurrence entre les caisses de santé pour améliorer les services. Tous reconnaissent que le statu quo est intenable si l’on veut garantir un accès aux soins équivalent à travers tout le pays.

Ce drame personnel met en lumière un débat national plus large : comment assurer des soins de qualité en périphérie quand des millions de shekels sont dépensés sans résultats visibles ? Les réponses données à la commission dans les prochains mois pourraient changer l’architecture des services d’urgence en Israël.

Écoles primaires en Israël : la fin des cours du vendredi et des vacances d’été raccourcies

Écoles primaires en Israël : la fin des cours du vendredi et des vacances d’été raccourcies

Réforme scolaire en Israël : le ministère des Finances veut bouleverser le rythme des écoles primaires

Fin des cours le vendredi et passage à une semaine de cinq jours

Le ministère israélien des Finances prépare une réforme structurelle du système scolaire primaire et des jardins d’enfants. Selon les informations publiées par Ynet, le plan prévoit la suppression totale des cours le vendredi et le passage à une semaine scolaire de cinq jours. Cette mesure concernerait l’ensemble des écoles primaires et des structures préscolaires publiques.

L’objectif affiché est double : rendre la profession enseignante plus attractive et faire face à la pénurie croissante d’enseignants, tout en réorganisant plus efficacement le temps scolaire.

Une rentrée avancée au 15 août et des vacances d’été raccourcies

La réforme ne se limite pas au découpage hebdomadaire. Le ministère souhaite également avancer la rentrée scolaire du 1er septembre au 15 août. Cette modification entraînerait mécaniquement une réduction des grandes vacances d’été, aujourd’hui parmi les plus longues des pays de l’OCDE.

Selon les promoteurs du projet, ce changement permettrait d’éviter une rentrée morcelée par les fêtes de Tichri, qui interrompent actuellement l’année scolaire dès ses premiers jours, nuisant à la continuité pédagogique.

Un enjeu budgétaire majeur : près de deux milliards de shekels en jeu

D’après les estimations du ministère des Finances, la suppression des cours du vendredi — journée souvent marquée par une fréquentation partielle — permettrait une économie annuelle proche de deux milliards de shekels. Ces fonds seraient redirigés vers l’amélioration des conditions salariales, le recrutement de nouveaux enseignants et le renforcement de certaines matières, notamment technologiques.

Le ministère considère cette réforme comme un levier financier essentiel pour stabiliser un système éducatif sous tension.

Le refus du syndicat des enseignants et les critiques des parents

La secrétaire générale du syndicat des enseignants, Yaffa Ben David, a immédiatement exprimé son opposition à la réduction des vacances d’été. Si elle ne rejette pas le principe d’une semaine de cinq jours, elle dénonce une réforme élaborée sans concertation préalable avec les représentants du corps enseignant.

Du côté des parents d’élèves, les critiques portent sur l’impact de la réforme sur l’équilibre familial. Le comité national des parents avertit qu’un allongement de l’année scolaire, sans réduction du nombre d’élèves par classe ni amélioration concrète des infrastructures, risque de se faire au détriment des enfants.

Un projet pilote avant une éventuelle généralisation nationale

Le plan doit d’abord être testé dans une trentaine d’écoles primaires et de jardins d’enfants du centre du pays. Ce projet pilote doit permettre d’évaluer les effets réels de la réforme sur la qualité de l’enseignement, la charge de travail des enseignants et l’organisation des familles.

En cas de résultats jugés satisfaisants, une généralisation progressive est envisagée à partir de l’année scolaire 2027-2028, dans le cadre de futurs accords salariaux avec les enseignants.

Un tournant pour le modèle éducatif israélien

Au-delà des ajustements calendaires, cette réforme marque une remise en question profonde du modèle éducatif israélien. Entre contraintes budgétaires, exigences de performance internationale et crise des vocations enseignantes, le gouvernement cherche une solution structurelle. Reste à savoir si cette refonte du temps scolaire répondra réellement aux failles du système ou si elle déplacera simplement le problème.

 

Jérusalem menacée : un projet immobilier face aux murailles porté par un financier lié au Hamas

Jérusalem menacée : un projet immobilier face aux murailles porté par un financier lié au Hamas

Ce n’est ni un simple dossier d’urbanisme ni une querelle technique entre commissions. C’est une faille stratégique béante. Derrière un projet hôtelier de luxe à Jérusalem-Est se joue une question centrale : jusqu’où l’État d’Israël est-il prêt à fermer les yeux quand des intérêts étrangers, soupçonnés de liens avec le Hamas, s’invitent au cœur même de sa capitale ?

À Jérusalem, chaque terrain est un acte politique. Et chaque renoncement administratif devient une atteinte directe à la souveraineté israélienne.

Une controverse explosive autour d’un projet immobilier à Jérusalem

Un débat politique houleux a éclaté à la Knesset ce mardi après-midi lorsqu’une commission parlementaire a examiné la possibilité d’allouer un terrain dans Jérusalem-Est pour un projet hôtelier porté par un milliardaire américano-palestinien, Bashar Al-Masri. La controverse met au centre de la scène des accusations graves et un profond malaise national autour des critères de planification urbaine dans la capitale. 

La Commission de l’intérieur et de l’environnement a tenu une session d’urgence, saisie par des familles endeuillées qui s’opposent à la décision de la commission régionale de planification et de construction de Jérusalem, qui envisageait d’attribuer un terrain stratégique face aux murailles de la Vieille Ville. Cette parcelle devait servir à un projet intégré combinant hôtel de luxe, résidences haut de gamme et infrastructures publiques. 

Un projet de luxe au cœur des critiques

Le projet en question, déposé par la Patriarcat orthodoxe grec de Jérusalem, concernait un vaste complexe dans le quartier d’al-Sawanah sur les pentes du mont des Oliviers.
Il comprenait un hôtel classé.
A avec environ 200 chambres, restaurants, un centre de conférences et un spa, ainsi qu’une quarantaine d’appartements haut de gamme, des espaces publics destinés à des classes d’école maternelle et des installations pour la communauté. 

Ce que dénoncent les opposants, ce n’est pas tant le programme architectural que l’identité de l’investisseur proposé : Bashar Al-Masri. Contre lui, des dizaines de familles qui ont perdu des proches lors des attaques du 7 octobre ont engagé aux États-Unis une action judiciaire affirmant qu’il aurait financé l’organisation terroriste Hamas et permis l’utilisation de certaines installations sous sa propriété dans la Bande de Gaza. 

Trois pères endeuillés – parmi eux le père du Sergent-Major Eytan Chen tué et kidnappé au combat, le père de Daniel Waldman assassiné à la fête de Nova, et l’ancien ministre Yizhar Shai, dont le fils est tombé au champ d’honneur – ont publié une déclaration commune dénonçant l’intention d’approuver la cession du terrain. 

Accusations directes et ton des familles endeuillées

Les plaignants ont fait valoir que la seule annonce de la procédure aux États-Unis avait conduit à la destitution immédiate d’Al-Masri de son poste au conseil d’administration de l’université de Harvard.
Ils ont exprimé leur incrédulité devant ce qu’ils estiment être un double standard, accusant les autorités israéliennes d’ouvrir la porte à un homme qui, selon eux, a permis des activités terroristes tout en étant libre de circuler en Israël, de fréquenter ses centres de loisirs et de diriger des affaires à Tel-Aviv. 

Dans des propos d’une virulence inhabituelle, certains ont résumé leur sentiment ainsi : « un terroriste en apparence civil, qui aurait accueilli des dirigeants du Hamas dans son hôtel à Gaza et autorisé l’utilisation des installations en dessous, se voit maintenant offrir la possibilité de construire un hôtel ici, en Israël. La mort de nos enfants n’est plus seulement abandonnée à elle-même, elle est devenue un projet immobilier lucratif. » 

Défaillance des mécanismes de planification pointée du doigt

Lors des débats, il est apparu qu’aucune procédure formelle n’oblige actuellement les comités de planification à intégrer systématiquement des considérations de sécurité nationale ou des renseignements dans leurs évaluations.
Le député Amit Halevi, qui a initié la discussion, a demandé pourquoi un projet associé à une figure controversée avait pu atteindre la commission régionale, sans examen préalable des services de sécurité comme le Shabak (Service de sécurité israélien). 

Les responsables de l’administration de la planification ont expliqué que le plan avait été soumis en 2022 par l’Église orthodoxe grecque et que le statut de la propriété avait été ambigu pendant une période prolongée, retardant l’examen des actes de propriété et de leurs implications. Ils ont précisé que les organes de planification ne sont pas mandatés pour attribuer des terrains, mais seulement pour examiner la conformité technique des projets. 

La représentante de la municipalité de Jérusalem a confirmé que des questions sur la propriété avaient récemment fait surface, ce qui avait conduit à retirer la question de l’ordre du jour de la commission régionale. Elle a affirmé qu’en l’état, aucune preuve ne lie directement Al-Masri à la planification du projet. 

Décision et perspectives

Finalement, la Commission de l’intérieur a décidé de solliciter l’avis du ministère de la Défense et des organes de sécurité compétents – dont le Shabak, le Conseil national de sécurité et le Centre de lutte contre le terrorisme – pour établir des critères clairs sur la façon dont ces informations doivent être prises en compte dans les décisions futures. 

Son président, le député Yitzhak Kroizer, a indiqué que ce plan ne serait pas poursuivi dans sa forme actuelle et que toute initiative impliquant la même personne ou entité serait examinée de manière rigoureuse, afin qu’une situation similaire ne se reproduise pas. Il a souligné :
« La planification à Jérusalem n’est pas une question purement technique mais une question nationale et de sécurité. On ne peut pas permettre à un soutien présumé du terrorisme, cet investisseur palestinien, de prendre le contrôle des terrains à Jérusalem. » 

 

Jérusalem : Comment 60 Palestiniens illégaux ont franchi la barrière sans être inquiétés -vidéo-

Jérusalem : Comment 60 Palestiniens illégaux ont franchi la barrière sans être inquiétés -vidéo-

Jérusalem exposée : 11 kilomètres sans obstacle, une barrière inachevée et une inquiétude sécuritaire majeure

Une vidéo virale, une inquiétude réelle

Début février 2026, une vidéo relayée par le compte d’alertes israélien Push affirme que 60 personnes auraient franchi la barrière de sécurité jusqu’aux abords de Jérusalem sans être inquiétées. Le chiffre exact n’a, à ce stade, pas été confirmé par un communiqué officiel de la police ou de Tsahal.

Mais réduire cette alerte à une simple rumeur serait une erreur. Le fond du problème, lui, est solidement documenté.

Le constat officiel : une barrière incomplète

Selon une enquête publiée par N12 et fondée sur les données du Contrôleur de l’État d’Israël, la barrière de séparation autour de Jérusalem n’est achevée qu’à 61 % de son tracé.

Plus grave encore : 11 kilomètres continus sont totalement dépourvus de tout obstacle physique – ni mur, ni clôture, ni système de détection.

Ces segments non protégés ne sont pas théoriques. Ils se situent dans des zones connues, à proximité d’axes stratégiques, permettant un passage rapide vers la capitale.

Des passages quotidiens documentés

Le quotidien Ynet a confirmé à plusieurs reprises, fin 2025 et début 2026, que des milliers de personnes entrent chaque jour en Israël sans permis, notamment via ces brèches.

Les chiffres évoqués dans la presse israélienne parlent de dizaines de milliers de personnes en situation illégale présentes sur le territoire, un phénomène devenu structurel et non plus marginal.

Les zones les plus sensibles évoquées par les médias incluent les secteurs des routes 443 et 60, véritables couloirs d’accès vers Jérusalem.

Une faille aggravée par des dérives internes

L’inquiétude ne repose pas uniquement sur l’infrastructure. En janvier 2026, la chaîne publique KAN a révélé une affaire particulièrement troublante :

quatre policiers de la police des frontières (Magav) sont soupçonnés d’avoir facilité le passage illégal via des checkpoints autour de Jérusalem, en échange de pots-de-vin.

Même si cette affaire ne couvre pas l’ensemble du phénomène, elle confirme une vulnérabilité à plusieurs niveaux : physique, organisationnelle et humaine.

Une inquiétude stratégique désormais assumée

Dans le contexte sécuritaire post-7 octobre, ces données ne peuvent plus être relativisées. La question n’est plus de savoir si une vidéo virale exagère un chiffre, mais de comprendre comment la capitale d’Israël peut rester pleinement protégée alors que son périmètre comporte des zones ouvertes, connues, identifiées et exploitées. L’inquiétude n’est plus spéculative. Elle est institutionnelle, chiffrée et documentée.

Deepak Chopra, Jeffrey Epstein et la boussole de l’excellence

Deepak Chopra, Jeffrey Epstein et la boussole de l’excellence

En 2019, alors que Jeffrey Epstein est déjà publiquement accusé de crimes sexuels graves, un email lui propose calmement de remplir un questionnaire destiné à mesurer sa “boussole de l’excellence”. Ni mise à distance, ni interrogation morale, ni rupture.
Cet échange révèle moins Epstein que l’aveuglement d’un certain univers du bien-être et du leadership, capable d’évaluer l’excellence d’un individu tout en faisant totalement abstraction de ses actes.

Quand la quête d’élévation personnelle devient sourde à la faute, ce ne sont plus seulement des outils qui dysfonctionnent, ce sont les valeurs morales elles-mêmes qui s’effondrent.

La boussole de l’excellence et Jeffrey Epstein : quand l’élévation personnelle ignore le criminel

Un email de 2019 qui pose une question dérangeante

Parmi les milliers d’emails rendus publics dans le dossier de Jeffrey Epstein, l’un d’eux surprend par son apparente banalité. Il ne parle ni d’argent, ni de voyages, ni de pouvoir, ni même de relations troubles. Il évoque un questionnaire, un accompagnement personnel, et ce qui est présenté comme une « boussole de l’excellence ».

Surtout, cet email est daté de 2019.

Ce détail est fondamental. En 2019, Epstein n’est plus un homme simplement entouré de rumeurs. Il a déjà été publiquement accusé en 2018 de crimes sexuels graves. Son passé judiciaire est connu. Son nom est associé à des abus sur mineures. La presse américaine en parle abondamment. Autrement dit, on ne peut plus dire “on ne savait pas”.

Et pourtant, voici le message :

« Cher Deepak,

J’ai parlé à Jeremy et je vous recontacterai très prochainement. Jeff, ravi de reprendre contact. Jeremy vous enverra un court questionnaire à remplir en moins de 10 minutes. Grâce à ces réponses, il pourra établir votre “boussole de l’excellence”, qui met en évidence vos archétypes d’excellence et répond à toutes vos questions.

Il vous contactera dès que possible et fixera également un rendez-vous individuel.

Avec gratitude,

Poonacha »

Ce mail ne contient rien d’illégal. Mais il soulève une question vertigineuse : pourquoi, après des accusations aussi lourdes, continue-t-on à proposer à Epstein de mesurer son “excellence” ?

Qu’est-ce que la “boussole de l’excellence” ?

Pour comprendre, il faut d’abord expliquer de quoi il s’agit. La « boussole de l’excellence » n’est ni un test psychologique clinique, ni un outil judiciaire, ni une évaluation morale. C’est un instrument de coaching, utilisé dans les milieux du développement personnel et du leadership, notamment auprès de dirigeants, de cadres supérieurs et de figures publiques.

Son objectif est simple : à partir d’un questionnaire rapide, elle prétend identifier les traits dominants d’un individu, appelés « archétypes d’excellence ». Elle cherche à répondre à des questions comme : quel est votre type de leadership, votre manière d’influencer, votre rapport à la vision, à l’intuition, à la prise de décision hors normes.

Ce type d’outil ne cherche pas à savoir si une personne est morale, empathique ou respectueuse des limites. Il ne s’intéresse ni à la loi ni à la responsabilité. Il ne détecte pas la violence, encore moins la prédation. Il sert à valoriser un profil, pas à juger un comportement.

Qui est Deepak Chopra, et pourquoi son nom compte

Le « Deepak » mentionné dans le mail n’est pas un inconnu. Deepak Chopra est l’une des figures les plus célèbres du bien-être contemporain. Auteur de nombreux best-sellers, conférencier international, il a bâti sa notoriété sur un discours mêlant spiritualité orientale, développement personnel et leadership conscient.

Chopra est régulièrement sollicité par des chefs d’entreprise, des responsables politiques, des célébrités. Son message central repose sur l’idée d’élévation de la conscience, d’alignement intérieur, de transformation personnelle. Dans cet univers, on parle volontiers de potentiel, de trajectoire, d’énergie, beaucoup moins de faute ou de sanction.

Comprendre cela est essentiel. Car ce cadre intellectuel permet de séparer radicalement la valeur personnelle d’un individu de ses actes concrets.

Pourquoi la date de 2019 change tout

Si cet échange avait eu lieu avant 2018, on pourrait invoquer l’ignorance, la naïveté ou l’absence d’informations. Mais en 2019, Epstein est déjà un homme publiquement mis en cause. Les accusations sont connues. Les victimes existent. Les faits sont graves.

Et pourtant, le mail ne marque aucune rupture. Il ne prend aucune distance. Il ne pose aucune question morale. Il propose, au contraire, un accompagnement personnalisé pour aider Epstein à mieux comprendre… sa propre excellence.

Ce n’est pas un oubli. C’est un choix de cadre. Celui qui consiste à considérer que la question morale est secondaire, voire hors sujet, dès lors que l’on parle de développement personnel.

Ce que cherche Epstein dans cette “boussole”

Epstein ne cherche pas à se faire soigner, ni à se repentir. Il cherche à se penser. À se raconter. À se situer parmi les individus d’exception. La boussole de l’excellence lui offre exactement cela : une manière de se définir par des archétypes valorisants, sans jamais aborder la question de ses actes.

Dans ce type de dispositif, un individu peut obtenir un profil “brillant”, “visionnaire” ou “hors norme”, même s’il est par ailleurs un criminel. Il n’y a là aucune contradiction, puisque l’outil n’est pas conçu pour voir le mal, mais pour cartographier une singularité.

Ce que révèle vraiment cet email

Cet échange ne prouve pas un crime supplémentaire. Il révèle quelque chose de plus profond et de plus inquiétant. Il montre comment, dans certains milieux du bien-être et de l’élévation personnelle, la morale peut être reléguée au second plan, voire totalement évacuée.

Il montre comment un homme accusé de crimes sexuels graves peut encore être traité comme un sujet d’excellence, digne d’un questionnaire, d’un rendez-vous individuel, d’un accompagnement valorisant.

La question n’est donc pas de savoir pourquoi Epstein s’intéressait à la boussole de l’excellence.

La question est bien plus dérangeante :

Comment des outils censés identifier l’excellence peuvent-ils continuer à fonctionner comme si le crime n’existait pas ?

Et que dit cela d’une culture qui préfère mesurer le potentiel plutôt que regarder la faute ?

 

Tunnel clandestin sous le 770 à New York : ce que l’enquête établit, ce que les rumeurs interrogent encore

Tunnel clandestin sous le 770 à New York : ce que l’enquête établit, ce que les rumeurs interrogent encore

Tunnel clandestin sous le 770 à New York : faits établis, arrestations, profils des suspects et rumeurs persistantes

La découverte d’un tunnel illégal sous le cœur du mouvement Loubavitch

La découverte d’un tunnel clandestin sous le 770 Eastern Parkway, siège mondial du mouvement Chabad-Loubavitch à Crown Heights, ne relève ni d’une rumeur ni d’une extrapolation. Les autorités municipales de New York ont confirmé l’existence d’une excavation illégale reliant par le sous-sol plusieurs bâtiments du complexe, réalisée sans permis de construire, sans déclaration préalable et sans autorisation communautaire.

Dès les premières inspections, le Department of Buildings évoque un risque structurel sérieux. La ville ordonne la fermeture et le rebouchage du tunnel. C’est à ce moment précis que l’affaire bascule du dossier urbanistique à l’affaire pénale, lorsqu’un groupe de jeunes hommes s’oppose physiquement à l’intervention des ouvriers et de la police.

Les arrestations et le profil des jeunes interpellés

Les personnes arrêtées lors des incidents de janvier 2024 ne sont ni des visiteurs extérieurs ni des inconnus. Il s’agit de jeunes hommes majeurs issus de la mouvance hassidique Loubavitch, fréquentant régulièrement le site, mais ne disposant d’aucune fonction officielle, d’aucun mandat institutionnel et d’aucun droit reconnu de décision ou de circulation interne au sein du 770.

Aucun n’est rabbin officiel du site, administrateur du complexe ou représentant légal de l’institution. Les chefs d’accusation retenus par la justice portent sur l’entrave à l’action municipale, les troubles à l’ordre public et les dégradations. Aucun crime contre des personnes n’est poursuivi. En janvier 2025, plusieurs accords de peine sont conclus, confirmant la qualification d’une initiative illégale interne, non celle d’une organisation criminelle structurée.

À quoi devait servir ce tunnel selon les autorités… et pourquoi cette explication interroge

La version retenue par les autorités est claire sur le plan matériel : le tunnel devait relier plusieurs bâtiments du complexe afin d’en étendre l’usage fonctionnel, en contournant les règles urbanistiques et la gouvernance interne du site. Aucune demande officielle de permis d’agrandissement n’a été déposée puis refusée. Il n’existe pas de dossier administratif bloqué qui expliquerait un passage à la clandestinité.

C’est précisément ce point qui alimente les interrogations légitimes. Le 770 n’est pas un espace à circulation libre. En pratique, seuls les cercles hassidiques officiels du Rabbi disposent d’un accès interne aux différents bâtiments.
Les fidèles extérieurs viennent y prier, notamment le shabbat, mais ne circulent pas à travers le complexe. Dès lors, pourquoi des jeunes sans statut officiel auraient-ils cherché à relier des espaces auxquels ils n’avaient, par définition, pas droit d’accès ?
Le tunnel apparaît moins comme un simple outil de circulation que comme une tentative de créer un fait accompli territorial, matériel, irréversible, dans un lieu où l’espace est indissociable du pouvoir symbolique.

Les archives du 770 : pouvoir symbolique et fantasmes persistants

Le 770 abrite des archives historiques majeures du mouvement Loubavitch, incluant des documents liés au Rabbi Schneerson, des correspondances, des manuscrits et des objets à très forte valeur symbolique. Aucun élément judiciaire ne démontre que le tunnel donnait accès à des archives secrètes ou qu’une tentative de vol ou d’intrusion ait été constatée.

Pour autant, le caractère sensible de ces archives, leur rôle central dans l’histoire et l’autorité morale du mouvement, alimentent des spéculations récurrentes. Dans un univers où le pouvoir spirituel, historique et idéologique se confond, l’idée d’un accès non autorisé aux archives devient, pour certains, un mobile plausible, bien qu’aucune preuve ne vienne à ce jour l’étayer.

La chaise haute : objet banal ou indice troublant ?

Parmi les images devenues virales figure celle d’une chaise haute pour enfant. Sur les réseaux sociaux, cet objet a immédiatement été interprété comme la preuve qu’un enfant aurait séjourné dans le tunnel. À ce stade, aucun rapport de police ne documente la présence d’un enfant dans l’excavation, aucun signalement de disparition n’a été enregistré et aucune enquête pour mise en danger de mineur n’a été ouverte.

Aux États-Unis, la moindre suspicion crédible impliquant un enfant déclenche automatiquement une procédure pénale lourde. Rien de tel n’est intervenu dans ce dossier. La provenance exacte de la chaise, son emplacement précis et son lien avec le tunnel n’ont pas été établis publiquement.

Le matelas : quelqu’un dormait-il sous terre ?

Un matelas aperçu sur certaines vidéos a nourri une autre rumeur persistante, celle d’une occupation humaine prolongée du tunnel. Les inspections municipales n’ont pourtant relevé ni ventilation conforme, ni installation sanitaire, ni aménagement permettant une habitation durable. Le tunnel est brut, dangereux, impropre à la vie humaine.

Le matelas, comme d’autres objets filmés, apparaît hors contexte, sans inventaire judiciaire public ni chaîne de preuve permettant d’affirmer qu’une personne dormait effectivement sous terre. Là encore, l’objet existe, l’interprétation demeure spéculative.

Le sang : rumeur grave et zone d’ombre

La rumeur la plus lourde concerne la présence de sang. Elle circule sous de multiples formes, souvent au conditionnel, parfois associée à des récits de rituels ou d’enfants. À ce jour, aucune analyse médico-légale rendue publique ne confirme la nature, l’origine ou même l’existence de traces de sang liées au tunnel. Aucun rapport de police ne mentionne une victime identifiée, aucun chef d’accusation correspondant n’a été retenu, aucune disparition n’a été signalée.

Cela ne permet pas d’affirmer que tout est définitivement exclu, mais impose une rigueur absolue : aucun élément vérifié ne vient étayer ces accusations à ce stade.

C’est dans ce contexte que les rumeurs se sont engouffrées, massivement et durablement, sur les réseaux sociaux. Elles ne sont pas marginales. Elles sont structurées, répétitives, et s’articulent autour de quelques éléments visuels devenus viraux.

Entre faits établis et soupçons non démontrés

L’affaire du tunnel du 770 repose aujourd’hui sur une tension irréductible. D’un côté, des faits établis : un tunnel illégal, une initiative interne dissidente, des arrestations pour entrave et dégradations.
De l’autre, des rumeurs massives, récurrentes, alimentées par des objets filmés hors contexte, un silence institutionnel relatif et une logique de soupçon renforcée par des précédents historiques où des crimes réels ont longtemps été invisibles.

Refuser de rejeter ces rumeurs en bloc ne signifie pas les ériger en vérités. Cela impose de reconnaître une zone grise, celle qui subsiste lorsque les faits matériels sont avérés, mais que leurs motivations profondes demeurent partiellement opaques. C’est précisément dans cet espace que l’enquête journalistique doit continuer, sans fantasme, sans déni, et sans concessions.

Extraits de rumeurs telles qu’elles circulent sur les réseaux sociaux

Depuis la révélation de l’existence du tunnel sous le 770, un même registre lexical et narratif revient de façon obsessionnelle sur les réseaux sociaux, en anglais, en hébreu, en arabe et en français.

Plusieurs publications affirment ainsi que « ce tunnel n’a aucun sens d’un point de vue logistique » et que « personne ne creuse sous une synagogue simplement pour gagner du temps de passage ».
D’autres vont plus loin en affirmant que «
relier des bâtiments auxquels ces jeunes n’avaient pas accès officiellement n’explique rien » et que « le vrai but était ailleurs », sans jamais préciser de quoi il s’agirait.

La présence d’objets filmés alimente une autre série de messages. À propos de la chaise haute visible sur certaines vidéos, on peut lire que « ce genre de chaise ne se trouve pas par hasard dans un sous-sol » ou encore que « si un objet pour enfant est là, c’est qu’un enfant y est passé ».
Dans certaines versions plus accusatoires, il est écrit que « ce n’est pas une synagogue ordinaire mais un lieu où des choses sont cachées », la chaise devenant un symbole plus qu’un élément matériel.

Le matelas filmé dans l’un des espaces a donné lieu à des affirmations répétées selon lesquelles « quelqu’un vivait là-dessous », que « ce n’est pas un chantier mais un espace utilisé », ou encore que « on ne laisse pas un matelas dans un tunnel si personne n’y dort ». Ces messages suggèrent une occupation humaine prolongée, parfois décrite comme nocturne ou clandestine, sans jamais apporter de preuve directe.

La rumeur la plus lourde concerne le sang. De nombreux messages évoquent « des traces de sang retrouvées dans le tunnel » ou « du sang nettoyé avant l’arrivée des autorités ». Certains affirment que « les analyses n’ont jamais été rendues publiques » et que « le silence des autorités est en soi suspect ».
Dans les versions les plus radicales, il est écrit que « le sang n’est jamais accidentel dans ce genre de lieu », formulation volontairement ambiguë qui laisse entendre une origine criminelle sans la nommer explicitement.

Une autre rumeur récurrente affirme que « ce tunnel donnait accès à des zones interdites », parfois qualifiées de « pièces cachées » ou d’« archives auxquelles seuls certains initiés auraient droit ».
Ces messages suggèrent que «
l’accès à ces archives conférerait un pouvoir interne considérable » et que « ce sont toujours les mêmes qui cherchent à contrôler ce qui ne doit pas être vu ».

Enfin, un leitmotiv revient dans de très nombreux messages : « les autorités savent mais ne disent pas tout ». On y lit que « la police aurait volontairement limité l’enquête », que « les chefs d’accusation sont mineurs par rapport à ce qui a été découvert » ou encore que « si cela concernait un autre groupe religieux, la réaction aurait été différente ». Dans cette logique, l’absence de preuves publiées devient elle-même un élément accusatoire.

Peine de mort pour les terroristes : le service pénitentiaire israélien lance les préparatifs concrets

Peine de mort pour les terroristes : le service pénitentiaire israélien lance les préparatifs concrets

Israël : l’administration pénitentiaire amorce les préparatifs pour l’application potentielle de la peine de mort.

Enfin une justice.

Après des décennies de contorsions juridiques, de terroristes condamnés à vie traités comme des détenus ordinaires, et d’un État sommé d’être exemplaire face à ceux qui ont méthodiquement massacré ses civils,
Israël se prépare à un basculement historique.
Le service pénitentiaire anticipe désormais l’application concrète de la peine de mort pour les terroristes les plus meurtriers. Non par vengeance. Par lucidité. Parce qu’une société qui renonce à punir l’irréparable finit par banaliser l’horreur.

Jérusalem, 9 février 2026. Des médias israéliens rapportent que le Service pénitentiaire israélien (Israel Prison Service) a déjà entamé des préparatifs concrets pour l’exécution de condamnations à mort dans le cadre d’un projet de loi controversé visant à instituer la peine capitale pour « terroristes ».
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement d’un processus législatif en cours à la Knesset qui, après avoir franchi une première lecture, se prépare à être voté définitivement. 

Des installations spécifiques et une procédure définie

Selon plusieurs comptes rendus diffusés par des médias israéliens, l’administration pénitentiaire travaillerait à la mise en place d’une infrastructure isolée – surnommée en interne la « Green Mile israélienne » – dédiée aux exécutions.

La planification prévoit que les exécutions se dérouleraient par pendaison, dans une zone spécialement aménagée à cet effet au sein des établissements pénitentiaires.
Trois agents pénitentiaires volontaires seraient chargés d’actionner simultanément le mécanisme d’exécution, après avoir reçu une formation adaptée à cette tâche. 

Au-delà de la logistique, ces préparatifs incluent une dimension internationale : une délégation pénitentiaire israélienne se rendrait prochainement dans un pays d’Asie de l’Est pour étudier les cadres juridiques, organisationnels et éthiques entourant l’application de la peine capitale dans les nations où elle demeure en vigueur. 

Le calendrier visé dans les propositions législatives stipule que, si la loi est adoptée, toute exécution devrait intervenir dans les 90 jours suivant une décision judiciaire définitive (c’est-à-dire après épuisement de tous les recours), un délai qui figure dans les textes préparatoires discutés au sein des comités parlementaires. 

Un texte encore en débat au Parlement

Le projet de loi, officiellement intitulé Penal Law (Amendment No. 159 — Death Penalty for Terrorists) 2025, a été approuvé en première lecture à la Knesset en novembre 2025 et est en cours de préparation pour ses deuxième et troisième lectures à la Commission de sécurité nationale.

L’objectif déclaré par les promoteurs est de permettre aux tribunaux, notamment militaires, d’infliger la peine de mort aux personnes reconnues coupables d’avoir commis des actes terroristes meurtriers, en particulier dans les attaques du 7 octobre 2023. 

Ce texte modifierait le droit pénal en introduisant la peine capitale pour des cas spécifiques de terrorisme, en supprimant certaines garanties procédurales traditionnelles : par exemple, la peine serait imposée par une majorité simple de juges sans possibilité effective de commutation, de grâce ou d’appel effectif. 

Contexte juridique et politique

Historiquement, Israël a très rarement appliqué la peine de mort, limitée à des cas extrêmes comme l’exécution d’Adolf Eichmann en 1962. Le projet actuel marque une rupture potentielle avec cette rareté, car il chercherait à inscrire la peine capitale comme sanction systématique pour certains délits de terrorisme. 

L’avancement de cette législation met en lumière des tensions internes profondes autour de la sécurité, de la justice et du rôle de l’État face au terrorisme. Il s’agit d’une mesure soutenue par des figures politiques influentes, mais qui reste loin d’être adoptée définitivement et soulève des débats juridiques et éthiques intenses à l’intérieur comme à l’extérieur d’Israël. 

 

Camouflet judiciaire pour Ben-Gvir : le tribunal l’oblige à promouvoir l’officière qu’il voulait écarter

Camouflet judiciaire pour Ben-Gvir : le tribunal l’oblige à promouvoir l’officière qu’il voulait écarter

Le tribunal de Jérusalem a tranché net. Face à un blocage jugé illégal et politiquement suspect, la justice a contraint le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir à valider la promotion d’une officière supérieure de la police, pourtant approuvée par toute la hiérarchie professionnelle. Une décision qui expose frontalement les limites du pouvoir politique sur l’appareil policier israélien.

Le tribunal contraint Ben-Gvir à valider une promotion policière bloquée

Une promotion gelée malgré l’aval professionnel de la police

Le tribunal de district de Jérusalem a ordonné au ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben‑Gvir de valider la promotion d’une officière supérieure de la police israélienne, dont l’avancement avait été bloqué pendant plusieurs mois malgré l’accord explicite de la hiérarchie policière.

L’officière concernée, Rinat Saban, devait être promue au rang de sous-commissaire. Cette promotion avait été recommandée par le commandement de la police et validée par tous les échelons professionnels compétents, conformément aux procédures internes en vigueur.

Le soupçon de considérations politiques au cœur du jugement

Dans sa décision, le tribunal souligne que le refus du ministre de signer la promotion ne reposait pas sur des critères professionnels. Les juges estiment que la chronologie des faits fait naître un soupçon sérieux de considérations étrangères, expression juridique utilisée lorsque des motifs politiques ou personnels semblent avoir influencé une décision administrative.

Les magistrats relèvent que l’officière a été impliquée, dans le cadre de ses fonctions, dans des procédures sensibles liées à des dossiers judiciaires de premier plan, ce qui aurait pu motiver le blocage de sa carrière.

Une décision jugée « extrêmement déraisonnable »

Le tribunal va plus loin en qualifiant l’attitude du ministre d’« extrêmement déraisonnable », un terme lourd de sens en droit administratif israélien. Selon la cour, un ministre ne peut s’opposer à une promotion lorsqu’aucun élément professionnel ne la remet en cause et que toutes les instances compétentes l’ont approuvée.

Les juges rappellent que la police israélienne doit fonctionner selon des critères de compétence et d’indépendance, et non être soumise à des sanctions déguisées liées à des positions ou témoignages antérieurs.

L’obligation immédiate de valider la promotion

La décision judiciaire contraint désormais le ministre de la Sécurité nationale à approuver la promotion de Rinat Saban sans délai. Le tribunal précise que l’exécutif ne dispose d’aucune marge discrétionnaire lorsque l’exercice de cette prérogative est entaché d’illégalité ou d’abus de pouvoir.

Cette affaire s’inscrit dans une série de tensions entre le ministère de la Sécurité nationale et les instances judiciaires, sur fond d’accusations d’ingérence politique dans la gestion et les nominations au sein de la police israélienne.

Rinat Saban est une officière supérieure de la police israélienne, issue du commandement opérationnel, dont la promotion au rang de sous-commissaire avait été validée par toute la chaîne professionnelle – du chef de la police aux instances internes compétentes.

Itamar Ben-Gvir s’est opposé à cette promotion non pour des raisons disciplinaires ou professionnelles, inexistantes dans le dossier, mais en raison de son implication passée dans des enquêtes et procédures judiciaires sensibles, notamment liées à des affaires à forte charge politique.

Le tribunal a estimé que ce refus faisait naître un soupçon sérieux de considérations étrangères et ne reposait sur aucun critère objectif, justifiant ainsi une intervention judiciaire pour contraindre le ministre à signer

Rinat Saban, sur le plan factuel et juridique, elle s’est défendue de manière solide et efficace.
Rinat Saban n’a jamais attaqué sur le terrain politique ou personnel : elle a strictement contesté le blocage de sa promotion par les voies administratives, en démontrant que tous les échelons professionnels de la police avaient validé son avancement et qu’aucun grief disciplinaire ne figurait à son dossier.

C’est précisément cette ligne, sobre et rigoureuse, qui a convaincu le tribunal : les juges ont estimé que l’opposition du ministre Itamar Ben-Gvir ne reposait sur aucun critère objectif, mais sur des considérations étrangères au droit, ce qui a conduit la cour à lui imposer de signer.

Australie : manifestations explosives contre la visite d’Itzhak Herzog

Australie : manifestations explosives contre la visite d’Itzhak Herzog

“Arrêter Herzog”: de vastes manifestations en Australie protestent contre la visite du président israélien

La visite officielle du président israélien יצחק הרצוג (Itzhak Herzog) en Australie a déclenché ce lundi une vague de protestations sans précédent dans plusieurs grandes villes du pays.
Malgré un contexte diplomatique sensible et les appels au calme des autorités, des milliers de manifestants ont défié les restrictions et ont envahi les rues de Sydney, Melbourne et Canberra, exigeant l’annulation de la visite et scandant des slogans hostiles. 

La mobilisation a surpris par son ampleur : dans le centre de Sydney, des foules portant principalement des drapeaux palestiniens se sont rassemblées devant l’hôtel de ville, criant des messages tels que “Expulsons Herzog” ou “Nous sommes le peuple et nous ne nous tairons pas”. Ces manifestations ont eu lieu malgré des restrictions judiciaires et policières strictes, mises en place pour éviter toute perturbation majeure dans un climat déjà fragile après un récent attentat antisémite à Bondi Beach. 

Les autorités de l’État de Nouvelle-Galles du Sud avaient donné à l’événement un statut spécial, justifiant la présence renforcée de forces de l’ordre. Plus de 3 000 policiers ont été déployés à travers Sydney pour gérer les protestations, utiliser des moyens anti-émeute dans certains cas, et prévenir les débordements. Malgré ces mesures, des affrontements de faible intensité ont été signalés, avec utilisation de gaz lacrymogènes visant à disperser des groupes de manifestants tentant d’approcher des zones fermées. 

À Melbourne, un rassemblement parallèle a également pris forme devant la bibliothèque nationale, où des protestataires ont dénoncé ce qu’ils qualifient de “réception privilégiée” du président israélien par le gouvernement australien. La même tension s’est retrouvée à Canberra, la capitale fédérale, où des slogans hostiles au chef de l’État ont résonné jusqu’à tard dans la soirée. 

Une visite sous haute tension, entre commémoration et rejet politique

Le président Herzog se trouvait en Australie pour une visite officielle de quatre jours, notamment pour honorer la mémoire des victimes du tragique attentat survenu à Bondi Beach en décembre dernier. Sur place, il a déposé des fleurs et deux pierres en signe de mémoire au pied du mémorial érigé pour les 15 victimes de l’attaque, marquant symboliquement le lien entre le peuple juif et le souvenir vivant des vies perdues. 

Dans ses déclarations à la communauté juive locale, Herzog a dénoncé la montée de l’antisémitisme et l’a qualifiée de phénomène global, insistant sur le fait que les attaques contre des civils ne sont pas seulement un problème pour les juifs, mais une menace pour les valeurs fondamentales des démocraties. 

Pour autant, cette partie de son intervention n’a pas suffi à calmer les critiques. Des voix au sein de la communauté juive en Australie ont également exprimé leurs inquiétudes sur la tenue même de la visite, estimant que celle-ci pourrait attiser des tensions plutôt que promouvoir le dialogue. Une lettre ouverte signée par plus de mille universitaires, artistes et dirigeants communautaires a appelé à repenser l’invitation présidentielle, la qualifiant d’escalade politique inappropriée dans un contexte déjà volatile. 

 

Samarie : des nourrissons victimes de maltraitances dans un jardin d’enfants, sept arrestations

Samarie : des nourrissons victimes de maltraitances dans un jardin d’enfants, sept arrestations

Soupçons d’abus dans un jardin d’enfants en Samarie : des nourrissons au cœur de l’enquête

Dans la localité de Beit Aryeh-Ofarim, en Samarie, une enquête pénale vise un jardin d’enfants accueillant des nourrissons après des soupçons d’atteintes à des enfants sans défense. L’affaire, jugée particulièrement grave par les enquêteurs, a conduit à l’arrestation de six employées de l’établissement ainsi que de la directrice, toutes entendues par la police du district Shomron-Yehuda.

Des soupçons précis formulés par des parents

L’enquête a été ouverte à la suite de soupçons précis exprimés par des parents, inquiets pour leurs bébés, incapables de s’exprimer ou de témoigner. Les autorités ont agi rapidement en raison de l’âge des victimes présumées et de la nature du cadre concerné, un lieu censé garantir une protection absolue.

Des éléments matériels examinés, sous strict encadrement judiciaire

La police a confirmé examiner des éléments matériels liés aux soupçons, sans en divulguer la nature. Aucune description des actes ni des preuves n’a été rendue publique, l’enquête étant en cours et les victimes étant des nourrissons, ce qui impose un verrou juridique strict afin de préserver la procédure et l’anonymat des enfants.

Profil des personnes arrêtées et suite de la procédure

Les personnes interpellées sont des employées du jardin d’enfants, âgées de 20 à 40 ans, résidentes de Beit Aryeh-Ofarim. La directrice a également été arrêtée et interrogée.

La police a annoncé qu’elle demanderait la prolongation de la détention afin de poursuivre les investigations. Aucune inculpation n’a encore été annoncée à ce stade.