Jérusalem menacée : un projet immobilier face aux murailles porté par un financier lié au Hamas

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Jérusalem menacée : un projet immobilier face aux murailles porté par un financier lié au Hamas

Ce n’est ni un simple dossier d’urbanisme ni une querelle technique entre commissions. C’est une faille stratégique béante. Derrière un projet hôtelier de luxe à Jérusalem-Est se joue une question centrale : jusqu’où l’État d’Israël est-il prêt à fermer les yeux quand des intérêts étrangers, soupçonnés de liens avec le Hamas, s’invitent au cœur même de sa capitale ?

À Jérusalem, chaque terrain est un acte politique. Et chaque renoncement administratif devient une atteinte directe à la souveraineté israélienne.

Une controverse explosive autour d’un projet immobilier à Jérusalem

Un débat politique houleux a éclaté à la Knesset ce mardi après-midi lorsqu’une commission parlementaire a examiné la possibilité d’allouer un terrain dans Jérusalem-Est pour un projet hôtelier porté par un milliardaire américano-palestinien, Bashar Al-Masri. La controverse met au centre de la scène des accusations graves et un profond malaise national autour des critères de planification urbaine dans la capitale. 

La Commission de l’intérieur et de l’environnement a tenu une session d’urgence, saisie par des familles endeuillées qui s’opposent à la décision de la commission régionale de planification et de construction de Jérusalem, qui envisageait d’attribuer un terrain stratégique face aux murailles de la Vieille Ville. Cette parcelle devait servir à un projet intégré combinant hôtel de luxe, résidences haut de gamme et infrastructures publiques. 

Un projet de luxe au cœur des critiques

Le projet en question, déposé par la Patriarcat orthodoxe grec de Jérusalem, concernait un vaste complexe dans le quartier d’al-Sawanah sur les pentes du mont des Oliviers.
Il comprenait un hôtel classé.
A avec environ 200 chambres, restaurants, un centre de conférences et un spa, ainsi qu’une quarantaine d’appartements haut de gamme, des espaces publics destinés à des classes d’école maternelle et des installations pour la communauté. 

Ce que dénoncent les opposants, ce n’est pas tant le programme architectural que l’identité de l’investisseur proposé : Bashar Al-Masri. Contre lui, des dizaines de familles qui ont perdu des proches lors des attaques du 7 octobre ont engagé aux États-Unis une action judiciaire affirmant qu’il aurait financé l’organisation terroriste Hamas et permis l’utilisation de certaines installations sous sa propriété dans la Bande de Gaza. 

Trois pères endeuillés – parmi eux le père du Sergent-Major Eytan Chen tué et kidnappé au combat, le père de Daniel Waldman assassiné à la fête de Nova, et l’ancien ministre Yizhar Shai, dont le fils est tombé au champ d’honneur – ont publié une déclaration commune dénonçant l’intention d’approuver la cession du terrain. 

Accusations directes et ton des familles endeuillées

Les plaignants ont fait valoir que la seule annonce de la procédure aux États-Unis avait conduit à la destitution immédiate d’Al-Masri de son poste au conseil d’administration de l’université de Harvard.
Ils ont exprimé leur incrédulité devant ce qu’ils estiment être un double standard, accusant les autorités israéliennes d’ouvrir la porte à un homme qui, selon eux, a permis des activités terroristes tout en étant libre de circuler en Israël, de fréquenter ses centres de loisirs et de diriger des affaires à Tel-Aviv. 

Dans des propos d’une virulence inhabituelle, certains ont résumé leur sentiment ainsi : « un terroriste en apparence civil, qui aurait accueilli des dirigeants du Hamas dans son hôtel à Gaza et autorisé l’utilisation des installations en dessous, se voit maintenant offrir la possibilité de construire un hôtel ici, en Israël. La mort de nos enfants n’est plus seulement abandonnée à elle-même, elle est devenue un projet immobilier lucratif. » 

Défaillance des mécanismes de planification pointée du doigt

Lors des débats, il est apparu qu’aucune procédure formelle n’oblige actuellement les comités de planification à intégrer systématiquement des considérations de sécurité nationale ou des renseignements dans leurs évaluations.
Le député Amit Halevi, qui a initié la discussion, a demandé pourquoi un projet associé à une figure controversée avait pu atteindre la commission régionale, sans examen préalable des services de sécurité comme le Shabak (Service de sécurité israélien). 

Les responsables de l’administration de la planification ont expliqué que le plan avait été soumis en 2022 par l’Église orthodoxe grecque et que le statut de la propriété avait été ambigu pendant une période prolongée, retardant l’examen des actes de propriété et de leurs implications. Ils ont précisé que les organes de planification ne sont pas mandatés pour attribuer des terrains, mais seulement pour examiner la conformité technique des projets. 

La représentante de la municipalité de Jérusalem a confirmé que des questions sur la propriété avaient récemment fait surface, ce qui avait conduit à retirer la question de l’ordre du jour de la commission régionale. Elle a affirmé qu’en l’état, aucune preuve ne lie directement Al-Masri à la planification du projet. 

Décision et perspectives

Finalement, la Commission de l’intérieur a décidé de solliciter l’avis du ministère de la Défense et des organes de sécurité compétents – dont le Shabak, le Conseil national de sécurité et le Centre de lutte contre le terrorisme – pour établir des critères clairs sur la façon dont ces informations doivent être prises en compte dans les décisions futures. 

Son président, le député Yitzhak Kroizer, a indiqué que ce plan ne serait pas poursuivi dans sa forme actuelle et que toute initiative impliquant la même personne ou entité serait examinée de manière rigoureuse, afin qu’une situation similaire ne se reproduise pas. Il a souligné :
« La planification à Jérusalem n’est pas une question purement technique mais une question nationale et de sécurité. On ne peut pas permettre à un soutien présumé du terrorisme, cet investisseur palestinien, de prendre le contrôle des terrains à Jérusalem. » 

 

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