« Un sang juif avec des peyot » : le dernier volet du film Taykhounat Homesh

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Homesh : quand le sang d’un étudiant ranime une fracture nationale

Vingt ans après l’arrachement de Goush Katif et l’évacuation des implantations du nord de la Samarie, Taykhounat Homesh ne se contente pas de raconter une yéchiva isolée sur une colline battue par les vents.

Le film rouvre une plaie nationale. Il inscrit dans la mémoire collective israélienne une décennie de confrontations internes, de deuil, de désobéissance civile et de foi obstinée, jusqu’au meurtre de Yehouda Dimentman et à la mobilisation de masse qui a conduit à l’abrogation partielle de la loi de désengagement.

Il rappelle que le retrait de Gaza ne fut pas seulement un tournant géopolitique, mais une fracture intérieure durable entre l’État et une partie de ses citoyens, entre calcul stratégique et attachement existentiel à la terre.

« Un sang juif avec des peyot » : le dernier volet du film Taykhounat Homesh

Le documentaire qui retrace une décennie de lutte inlassable et dramatique pour la survie d’une yéchiva dans le Nord de la Samarie  et qui a profondément marqué le débat israélien – est projeté en pleine commémoration du vingtième anniversaire de l’évacuation de Goush Katif et du Nord-Samarie.

Une caméra au cœur de la résistance

Produit avec le soutien de la Fondation cinéma Samarie (Keren Cinema Shomron), Taykhounat Homesh suit pendant plus de six ans les combattants d’une autre guerre : celle de jeunes étudiants d’une yéchiva déterminés à maintenir leur présence à Homesh, malgré des conditions extrêmes, des expulsions à répétition et des arrestations.
Il n’est pas ici question d’une simple chronique religieuse : le film met en évidence une réalité humaine intense des hommes étudiant la Torah dans la chaleur accablante ou le froid mordant, dormant parfois sous les étoiles ou dans des grottes, parcourant des sentiers escarpés vers le site de la colonie. 

L’événement tragique qui change tout

Le tournant narratif se cristallise autour du meurtre brutal de Yehouda Dimentman, étudiant de la yéchiva, dont la mort attribuée à un attentat ne fait pas que briser des vies : elle ébranle tout un pays.
Le film documente sans concession ce moment tragique et la vague de colère qu’il suscite.
En réponse, environ vingt mille personnes convergent vers Homesh dans une marche massive organisée sous l’impulsion de Yossi Dagan, président du conseil régional de Samarie.
Cette mobilisation rare par son ampleur dans le contexte des implantations devient une force politique déterminante.

Vers l’abrogation d’une loi et la restitution de Homesh

Le film ne se contente pas de décrire des faits : il relie ces événements à un changement concret de politique. Le combat collectif, accentué par l’émotion suscitée par le meurtre de Dimentman et amplifié par la couverture médiatique et l’activisme politique, mène finalement à l’abrogation de la loi d’évacuation dans le Nord-Samarie et au retour légal de la communauté dans des bâtiments permanents, vingt ans après l’évacuation controversée de Homesh et de Goush Katif. 

Voix du deuil et de la désillusion

Dans l’épisode final diffusé jeudi soir, le film laisse place à l’émotion et à l’expression brute de la douleur. Neriya Shlomo, camarade de Yehouda, s’adresse directement aux forces de sécurité :
« Pourquoi ces expulsions ? Pourquoi les soldats nous ont-ils pourchassés dans toutes les collines comme si nous étions des meurtriers ? Pourquoi, parce que nous sommes un peuple avec peyot ? Comme pour Ahovea [un autre incident très médiatisé], ils n’ont rien à faire du sang d’un juif avec des peyot. » Ces mots, lourds de ressentiment, témoignent de la fracture profonde entre certains implantés et l’establishment sécuritaire. 

Une lutte portée par la foi et la conviction

Le rabbin Elishama, responsable de la yéchiva, résume l’ampleur de ce qu’a représenté cette épreuve : « Tu n’es, après tout, que le responsable d’une yéchiva de quarante élèves. Qui es-tu vraiment ? Et soudain, quelque chose te tombe dessus, et tu comprends très vite que c’est un événement d’une dimension mondiale. » Cette phrase synthétise la transformation d’un combat local en un mouvement à portée nationale. 

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