Projet Nexus : Israël se dote d'un ordinateur quantique souverain face à la course mondiale à l'IA

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, High-Tech, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Projet Nexus : Israël se dote d'un ordinateur quantique souverain face à la course mondiale à l'IA

Israël dévoile son plan technologique national : ordinateur quantique, IA physique et souveraineté numérique

Le gouvernement israélien a franchi une étape décisive dans sa course technologique mondiale. La Direction nationale de l'intelligence artificielle vient de lancer deux projets phares destinés à positionner Israël à l'avant-garde de l'informatique quantique et de l'intelligence artificielle physique, avec l'ambition affichée de bâtir une souveraineté technologique complète, du processeur jusqu'au modèle d'IA.

Le projet Nexus, fer de lance de l'ambition quantique israélienne

Le premier des deux projets, baptisé "Projet Nexus", consiste en un appel d'offres pour l'établissement d'une plateforme nationale de calcul quantique "bleu-blanc", c'est-à-dire fondée autant que possible sur des technologies et un savoir-faire développés en Israël. L'objectif est clair : garantir au pays un ordinateur quantique de conception locale, capable de répondre aux besoins de l'industrie comme de la recherche académique, tout en consolidant une infrastructure de calcul avancée qui soutiendra l'ensemble de l'écosystème technologique existant.

Contrairement à un ordinateur classique, qui traite l'information sous forme de bits valant 0 ou 1, l'ordinateur quantique repose sur des qubits capables de se trouver dans un état de 0, de 1, ou des deux simultanément.
Cette propriété, issue des principes de la mécanique quantique, permet théoriquement d'explorer des millions de possibilités en parallèle, ouvrant la voie à des capacités de calcul sans équivalent dans le monde classique.

Le marché mondial de l'informatique quantique de niveau industriel et gouvernemental reste toutefois un investissement colossal : la mise en place d'un seul ordinateur quantique coûte entre 20 et 100 millions de dollars, en raison des systèmes de refroidissement extrême proches du zéro absolu et de l'isolation totale requise contre les perturbations environnementales. Le processus d'acquisition israélien devrait ainsi s'étaler sur plusieurs phases, impliquant des entreprises internationales, et prendre un temps considérable avant d'aboutir.

Un champ d'expérimentation national pour l'IA physique

Le second projet vise à établir un terrain d'essai national dédié à la "Physical AI", cette discipline qui associe l'intelligence artificielle à des systèmes évoluant dans le monde physique : robots, capteurs, véhicules autonomes et dispositifs de calcul embarqué.
La Direction nationale a publié à ce stade une demande d'information préalable (RFI) pour évaluer la faisabilité de cette infrastructure, qui a vocation à devenir un centre international de simulations grandeur nature pour des scénarios critiques.

Concrètement, ce champ d'expérimentation permettra à des entreprises, chercheurs et développeurs de tester des systèmes d'IA dans des environnements simulant des conditions réelles : routes, complexes médicaux, sites de production avancée ou encore exploitations agricoles. L'ambition est de créer un espace unique où l'intelligence artificielle rencontre concrètement le terrain, avant tout déploiement à grande échelle.

Une décision gouvernementale aux ambitions élargies

Ces deux initiatives s'inscrivent dans une décision plus vaste adoptée par le gouvernement, qui prévoit également la création d'un institut national dédié à l'intelligence artificielle, l'installation de "fermes d'accélération" de calcul, ainsi qu'un effort de concentration nationale sur les domaines du Cyber AI et du Physical AI, en particulier pour contrer les menaces liées aux deepfakes. Le texte officiel du bureau du Premier ministre précise que l'État entend renforcer les avantages comparatifs d'Israël dans les secteurs de la cybersécurité, de la défense et de la technologie de pointe.

L'appel d'offres pour le projet Nexus ainsi que les appels à propositions pour l'IA physique ont été publiés par la division du contrôleur général des finances, et les candidatures devront être déposées selon le calendrier fixé dans les documents de procédure.

Une relance après des années de stagnation

Ce plan n'est pas entièrement inédit. Il relance en réalité un projet plus large initié sous le gouvernement de Naftali Bennett, qui n'avait pas connu de progression significative sous l'administration Netanyahou depuis. L'approbation actuelle marque donc un redémarrage stratégique, dans un contexte où Israël cherche à rattraper le rythme effréné de la compétition mondiale en matière d'IA et de calcul quantique.

Un professeur cité dans la presse spécialisée tempère néanmoins l'enthousiasme ambiant en soulignant que la contribution du calcul quantique à l'intelligence artificielle demeure un horizon lointain, contrairement à l'IA elle-même, dont les applications sont déjà pleinement opérationnelles. Selon lui, la force d'un plan national de cette nature réside avant tout dans sa capacité à cibler ses efforts : chercher l'indépendance totale sur tous les fronts, des modèles aux processeurs, risquerait d'épuiser l'énergie nationale sans résultat suffisant. Le choix stratégique doit donc consister à assumer les domaines où Israël ne sera pas autonome, pour mieux concentrer ses ressources là où il peut réellement mener la course.

Une infrastructure déjà en construction

Ce virage quantique et cette ambition en IA physique ne surgissent pas de nulle part.
Depuis un mois et demi environ, l'Autorité de l'innovation avait déjà annoncé un appel à propositions pour établir une infrastructure nationale de recherche et développement rendant accessibles aux industries et à l'académie des capacités de calcul quantique avancées, combinant au moins trois technologies de traitement quantique différentes.

Une infrastructure quantique de l'Autorité de l'innovation est d'ailleurs déjà opérationnelle à l'université de Tel-Aviv, en partenariat avec la société israélienne de quantique Quantum Machines.

Par ailleurs, le supercalculateur national est lui aussi entré en phase opérationnelle concrète, avec l'allocation par l'Autorité de l'innovation d'accélérateurs Nvidia à prix réduit pour les entreprises technologiques et les chercheurs académiques, après que la société Nebius, lauréate de l'appel d'offres correspondant, a achevé le déploiement de son infrastructure sur le sol israélien.

Les entreprises pourront demander un minimum de 16 accélérateurs Nvidia, tandis que les chercheurs académiques pourront en solliciter à partir de 8, pour des périodes allant d'un mois à six mois.

Un pari à plusieurs dizaines de milliards de dollars

L'ampleur financière de cette ambition nationale reste considérable, avec une facture potentielle chiffrée en dizaines de milliards de dollars sur le long terme. Le gouvernement mise sur cette stratégie combinée, associant informatique quantique souveraine, infrastructures d'IA physique et développement de modèles de fondation, pour hisser Israël au rang de puissance technologique mondiale et réduire sa dépendance aux technologies étrangères, tout en consolidant les fondations d'une industrie locale déjà reconnue dans le domaine du numérique et de la cybersécurité.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi