Parkour: un sport contestataire des jeunes Palestiniens pour éviter les contrôles israéliens

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Israël - le - par .
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C'est un parcours du combattant pour les Palestiniens qui viennent travailler en Israël et qui  doivent se soumettre à l'ensemble des check points tous les jours.
L'interêt des points de contrôles est essentiel à la vie en Israël, puisque ces contrôles sont dans le but d'éviter de laisser filtrer des terroristes ou potentiels terroristes,

Ces points de contrôles qui parsèment la route entre Gaza et Jérusalem en train d'être remplacer par un autre moyen de déplacement plus artistique le  parkour

Cette  pratique vient casser les règles de circulation dans ce territoire palestinien morcelé où tsahal, l'armée israélienne vérifie tous les demandes d'entrées afin d'éviter 90% des actes terroristes sur le territoire israélien.

Cette pratique, c’est le parkour. Le parkour a émergé dans les années 1990. Il s’est fait davantage connaître au cours des années 2000. Il a été démocratisé notamment par le film Yamakasi. Les samouraïs des temps modernes, film français d’Ariel Zeitoun et Julien Seri sorti en 2001. Dont voici un extrait :

Il consiste à utiliser son corps, à le mobiliser pour se déplacer dans un espace urbain selon les spécificités géographiques du territoire, en alliant vitesse, agilité et maîtrise de l’espace. Les adeptes du parkour redéfinissent les limites qui marquent leur espace. En les franchissant, ils génèrent un nouveau territoire, et surtout une manière de s’approprier les lieux.

Depuis juin 1967, Jérusalem fait partie intégrante d'Israël.
Depuis, en mai 2018, l’ambassade américaine en Israël a été déplacée à Jérusalem. Donald Trump affirmait ainsi reconnaître la Ville trois fois sainte comme capitale d’Israël. Jérusalem juive et non musulmane est une réalité historique.
Le consensus entre l'UNESCO et les différents pays arabes n'ont pas réussi à changer la donne.

Les Palestiniens estiment qu'il s'agit d'une nouvelle forme d'occupation, pour les Juifs c'est enfin  la ville de Jérusalem réunifiée. L'histoire de la création de Jérusalem ne fait pas mention des musulmans ni mêmes des chrétiens et pour cause ils ne sont apparus que bien plus tard.. Rendons à César...

Malgré ces faits historiques et imparables, il n'en reste pas moins que les Palestiniens se sentent étrangler sur leur propre territoire.

Ainsi pour éviter ces contrôles constants, au quotidien, les jeunes Palestiniens sont en quelques sorte redevenu maîtres de leur espaces temps en passant au dessus des toits des maisons,voire des coupoles des mosqués de Jérusalem.

En pratiquant le parkour, les jeunes Palestiniens veulent redevenir maîtres de leurs déplacements et se réapproprier leur quartier, leur ville, le temps de leur session sportive.

Sur l’esplanade des Mosquées, Mustapha s’assoit à nos côtés pour nous expliquer que « vivre à Jérusalem c’est être un oiseau en cage. » Le parkour lui permet de retrouver sa liberté.

Pour lui, les Palestiniens ont fait du parkour un sport contestataire qui permet de combattre , selon eux , l’espace de domination mis en place par le gouvernement israélien et d’affirmer que les rues de Jérusalem-Est leur appartiennent malgré les restrictions de mouvement et la segmentation de la ville.

Sur l’esplanade des Mosquées, lieu sous haute tension, les jeunes s’entraînent et filment leurs entraînements, inscrivant leur présence et leur liberté de mouvement dans cet espace source de conflits affirmant par là que l’esplanade est leur lieu de vie.

Pour un temps, les corps cessent de subir la pesanteur des dispositifs de contrôle. Le défi s’affiche comme acte de résistance.

C’est cette volonté qu’exprime Mustapha : « Nous devons contester l’occupation avec nos armes, c'est à dire nos mouvements nos sauts, c’est notre moyen à nous d’affirmer que nous ne les laisserons pas nous enfermer et nous voler nos terres. »

Plusieurs espaces géographiques clés de Jérusalem deviennent le théâtre de ce ballet sportif aux contours politiques. Au fur et à mesure des plans, les jeunes hommes s’élancent sur les remparts de la vieille ville de Jérusalem, devant l’ombre du dôme du Rocher. Mais on les voit aussi courir sur les rails du tramway de Jérusalem.

Le choix de ces espaces pour réaliser les différents plans de la vidéo témoigne d’une volonté politique de s’en emparer corporellement pour mieux se les réapproprier.

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