“Ils m’ont traînée, violée, brûlée, affamée” : à l’ONU, une ex-otage israélienne fait exploser les mensonges sur Gaza

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“Ils m’ont traînée, violée, brûlée, affamée” : à l’ONU, une ex-otage israélienne fait exploser les mensonges sur Gaza

Témoignage poignant à l’ONU : « Le terroriste a dit que nous nous marierions et aurions des enfants »

Une voix pour les captifs, un cri pour ceux qui ne parlent plus

Ilanah Gritchovski, compagne de Matan Tsangocker, détenu depuis 691 jours dans la bande de Gaza, a pris la parole devant le Conseil de sécurité des Nations unies à New York. Elle s’est présentée avec détermination : « Je suis ici non pas seulement pour moi, mais au nom de ceux qui sont encore en captivité et de ceux qui ont été tués et réduits au silence ». Elle a raconté son enfance au Mexique, son installation en Israël à 16 ans, la création d’un foyer et d’une vie stable — jusqu’à ce que le 7 octobre bouleverse tout  .

Une plongée inhumaine dans l’horreur

Elle a décrit ces instants dévastateurs avec une précision glaçante : « Ils m’ont attrapée par les cheveux, m’ont frappée, ont tenté de me filmer. Je les suppliais de ne pas me violer ni me tuer. Ils m’ont jetée sur une moto », a-t-elle relaté.
La route a été le théâtre d’une humiliation extrême : « Ils ont abusé de moi jusqu’à ce que je m’évanouisse. À mon réveil, j’étais à moitié nue, entourée de terroristes ».
Elle a mentionné ses fractures au visage et au bassin, une blessure à l’oreille et une brûlure à la jambe, avant de rapporter l’affreuse déclaration d’un de ses ravisseurs : «Tu es belle, nous nous marierons, nous aurons des enfants »  .

Entre chaos et déshumanisation, l’effondrement du monde connu

Ilanah a décrit aussi l’effondrement total de l’ordre et de la logique humaine dès les premières minutes de l’attaque. « Ils m’ont traînée par les cheveux hors du kibboutz Nir Oz. Ils riaient, excités, se filmaient en train de m’humilier. J’ai vu des enfants, des femmes, des bébés dans les bras de terroristes en armes. On était traités comme des trophées. »
Elle précise avoir été jetée dans un tunnel sombre, où la lumière était absente pendant des semaines. « Je n’avais aucune idée du temps qui passait. Aucun contact avec l’extérieur. Je pensais que personne ne savait où j’étais, ni si j’étais encore en vie. »

Elle raconte aussi avoir subi un traitement brutal dans les hôpitaux de Gaza. « Ils me soignaient à peine, souvent sans anesthésie. Mes blessures suppuraient, je criais. Ils se moquaient. » Elle ajoute avoir vu plusieurs autres femmes israéliennes dans des états graves : « Certaines saignaient, d’autres étaient prostrées. On n’osait plus parler entre nous, même par chuchotement. Chaque regard pouvait coûter cher. »

Elle évoque encore une scène d’horreur : « J’ai entendu les cris d’un homme frappé avec des barres de fer. Il suppliait en hébreu. Puis plus rien. » Ce silence pesant, elle le décrit comme pire que la douleur physique : « Ce silence, c’est celui de la mort, et de la peur que le monde l’entende… et détourne les yeux. »

De la fuite à la survie insuffisante

Gritchovski a évoqué leurs tentatives pour se cacher, notamment chez des voisins — Gadi et Yudit Haggai — finalement tués et emmenés à Gaza. Transférée sans cesse entre maisons, hôpitaux, tunnels délabrés, elle a subi un épuisement physique et psychique extrême : « Nous avons passé quarante jours presque sans nourriture ni eau, sans médicaments, soumis à un terrorisme psychologique permanent »  .

Ses ravisseurs régulaient chaque aspect de son existence : « Ils décidaient quand je parlais, quand je dormais, quand j’allais aux toilettes. Chaque grain de pois chiche devait venir après qu’ils eurent pris la viande et le riz ».
À quatre jours de sa libération, elle fut conduite à l’hôpital Nasser puis déplacée dans une zone souterraine où elle aperçut d’autres otages, parmi lesquels Eitan Horn et David Konyo — et reconnut également Matan détenu à Gaza : « Je les suppliais de me laisser le voir ; ils répondaient “plus tard”. Mais ce “plus tard” n’est jamais venu. J’ai fini par partir avec un trou dans le cœur »  .

Ressusciter l’humanité après la libération

Elle a été libérée au terme de 55 jours — mais sa libération physique n’efface pas la détresse émotionnelle : « Je suis sortie, mais mon souffle est resté là. Jusqu’à ce qu’ils reviennent, aucun de nous n’est vraiment libre »  .

Sur scène, face aux diplomates, elle a lancé un appel vibrant à la compassion : « Vous voyez mon visage et pensez que je suis libre. Mais le trauma ne disparaît pas avec la libération. À chaque sirène, je retourne là-bas, en enfer. Moi, j’ai une pièce sécurisée ; Matan, non ».
Elle a dénoncé le deux poids, deux mesures : pourquoi les cartels au Mexique sont-ils qualifiés de terroristes, alors que le Hamas — qui a violé des femmes, brûlé des enfants, enlevé des aînés — n’est pas condamné avec la même force ? « Pourquoi notre souffrance est-elle mise en doute ? », a-t-elle questionné, pressant pour un retour immédiat des otages : « Pas demain, pas à l’avenir — maintenant. Ramenez-les chez eux »  .

Depuis sa libération, elle lutte sur tous les fronts : médiatique, symbolique, émotionnel. Lors d’un émouvant hommage, elle a symboliquement « épousé » Matan sur la place des otages — elle portant un voile blanc, et les piliers de la houppa brandis par des pères d’otages ou de victimes  .

Une plaidoirie pour la justice et la mémoire

Son récit est un cri d’alerte et un acte de résistance, contraignant la communauté internationale à briser le silence. À travers son témoignage, c’est le hurlement de tous les disparus qu’elle porte. Dès lors qu’un seul otage demeure privé de liberté, aucun survivant n’est vraiment libre et aucune paix n’est véritable. Son exigence est urgente : « Je suis ce témoignage vivant que la guérison est possible — mais elle ne commencera que lorsque tous les otages seront rentrés. » 

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