Gestionnaire le jour, danseuse le soir, livreuse en baskets : elle réinvente le travail à Tel-Aviv

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Gestionnaire le jour, danseuse le soir, livreuse en baskets : elle réinvente le travail à Tel-Aviv

Livraisons à pied à Tel-Aviv : elle transforme sa vie et celle de son fils en marchant

Gestionnaire de projets, professeure de danse et entrepreneuse, elle devient “walker” et bouleverse les codes du travail urbain

Le déclic inattendu d’une femme débordée mais déterminée

Au cœur de Tel-Aviv, une femme jongle entre plusieurs identités : gestionnaire de projets dans l’immobilier, professeure de danse,  mère célibataire… et désormais « walker », c’est-à-dire livreuse à pied.
Comme si cela ne suffisait pas, elle vient de lancer sa propre entreprise de services administratifs et sociaux à destination de personnes en quête d’accompagnement

Et pourtant, c’est cette nouvelle activité de livraison qui lui offre une respiration dans son emploi du temps surchargé.

« Un jour, j’étais au bureau. Je suis tombée sur un article qui parlait de livraison à pied. J’ai trouvé ça fascinant. J’ai cliqué sur le lien, je me suis inscrite dans la foulée. »

C’est ainsi qu’elle découvre l’univers des livraisons via Wolt, la célèbre plateforme.
Pas de scooter, pas de vélo électrique, pas d’abonnement à payer.
Juste ses baskets et une application.

Marcher comme une libération

« J’arrive dans le centre de Tel-Aviv, j’ouvre l’application, et les livraisons tombent immédiatement. Elles sont petites, légères, pensées pour les marcheurs. Je mets un podcast, et je pars marcher deux ou trois heures. Parfois moins, selon mon humeur. »

Elle insiste sur le fait que cette activité ne ressemble en rien à un “job” classique. « C’est une activité fluide. Il n’y a pas d’horaires. Je choisis quand je travaille, combien de temps, et où. »

Pour cette femme qui passe sa vie entre les réunions immobilières, les cours de danse et les consultations pour les personnes dépendantes, la marche devient une sorte de méditation active. « Je marche en ville, je respire, je bouge. Je ne suis pas devant un écran, je ne réponds pas à des mails. C’est mon moment à moi. »

Une activité à zéro dépense, pour un vrai revenu

Contrairement aux livreurs motorisés qui doivent assumer l’entretien de leur véhicule, le carburant, les assurances, voire l’achat d’un deux-roues électrique, elle n’a rien eu à débourser. « Le plus beau dans cette activité, c’est qu’elle ne demande aucun investissement. Pas de voiture, pas de scooter, même pas un vélo. Juste de bonnes chaussures. »

Pas besoin non plus de permis de conduire. Ce qui ouvre la porte à des personnes souvent exclues des plateformes de livraison traditionnelles. « Et surtout, je n’ai aucun stress. Je prends uniquement ce que je veux. Et quand j’ai fini, je rentre chez moi. »

Un duo mère-fils sur les trottoirs de la ville

Durant les vacances d’été, elle entraîne même son fils dans l’aventure. « Il m’accompagne. Cela le sort des écrans, et on fait de chaque livraison un jeu. On devine ensemble à quel étage on va monter. On rigole, on discute. »

Elle y voit plus qu’un moment de complicité : une transmission.
« Il apprend ce qu’est le travail. Il comprend que l’argent ne tombe pas du ciel. Il voit sa mère faire ce qu’il faut pour nous en sortir. C’est une leçon pour la vie. »

Des livraisons taillées pour la marche

Les trajets à effectuer sont courts – de 500 à 600 mètres – et concentrés dans le centre de Tel-Aviv, là où les voitures peinent à se faufiler. Les colis sont pensés pour les livreurs à pied : rien de lourd, rien de contraignant. L’objectif : permettre à ceux qui n’ont ni véhicule ni permis d’accéder à une source de revenus simple et flexible.

L’application permet de se connecter à tout moment, de choisir ses missions, de se déconnecter quand on veut. Un modèle radicalement différent de la logique oppressante du salariat.

La vision de Wolt : remettre la marche au cœur de la ville

Elia Yossefian, vice-président des opérations de Wolt Israël, confirme que cette option a vu le jour pour répondre à une vraie demande :

« La possibilité de devenir walker et d’effectuer des livraisons à pied est née des demandes des livreurs. Elle offre une opportunité à ceux qui n’ont pas de véhicule ni de permis, de gagner leur vie via la plateforme Wolt – et naturellement, de le faire quand, où et autant qu’ils le veulent. »

Mais l’enjeu ne se limite pas à l’aspect économique.
« Au-delà de créer des opportunités de revenu pour une population nouvelle, nous voyons une valeur immense dans la contribution des walkers à accroître la marche à Tel-Aviv, ce qui améliore la qualité de vie dans la ville et la santé des piétons. »

“C’est fun. Et ça me donne l’impression que tout est possible.”

Le bilan, pour elle, est limpide :

« Je fais du sport, je gagne un peu plus d’argent, je passe du temps avec mon fils, je respire. Après mes heures de bureau et mes engagements, c’est un moment pour moi. C’est fun. Et ça me donne l’impression que tout est possible. »

Et si marcher était, finalement, le plus court chemin vers l’équilibre ?

 

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