Finkielkraut dans la gueule du loup

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Alain Finkielkraut place de la République

 

Alain Finkielkraut piégé par sa naïveté, par Norbert Cohen

Remis de ses émotions, après avoir été chassé le 16 avril de la place de la République à coups de crachats et d'insultes (« facho », « casse-toi »), Alain Finkielkraut a dénoncé cette semaine « le totalitarisme » du mouvement Nuit debout, tandis que les Jeunes communistes, qui se vantent de l'avoir malmené ce soir-là, se justifient au nom de « la haine », du « mépris » et des « pulsions les plus basses » véhiculés, selon eux, par le philosophe et académicien juif.

Réponse de l'intéressé dans Le Figaro : « On est entre soi à Nuit debout. Sur cette prétendue agora, on célèbre l'autre, mais on proscrit l'altérité ». Et d'ajouter : « J'ai pris conscience (...) que c'était une kermesse gauchiste sous cloche, une bulle révolutionnaire lovée au milieu d'une ville complètement indifférente ». L'intellectuel, inlassable pourfendeur de l'islamo-gauchisme, aurait été lynché si un embryon de service d'ordre n'était pas intervenu pour l'aider à s'enfuir.

Alain Finkielkraut piégé par sa naïveté,

Alain Finkielkraut piégé par sa naïveté,

Les Jeunes communistes ne sont pas à l'origine de ces rassemblements quotidiens. Sa secrétaire générale, Camille Lainé, a beau assurer que ses amis construisent sur la célèbre place parisienne « une alternative à une société où règne la violence étatique » - ni plus, ni moins ! -,

ce happening répétitif a été organisé par d'autres, qui sont notamment responsables de l'intense propagande en faveur des positions antisémites du BDS et du Hamas dont se délectent les manifestants.

Il est évident qu'en venant à cet endroit « pour écouter » les desiderata d'une jeunesse bien particulière, Alain Finkielkraut, dont le soutien à Israël n'est un mystère pour personne, s'est jeté dans la gueule du loup. Avec le recul, on comprend mal le sens de sa démarche et de sa présence place de la République le 16 avril. Mais sans doute ignorait-il à qui il avait affaire.

Ce sont les habitués d'un café situé à 5 minutes de là, rue du Château d'Eau, et nommé Le Côte d'Azur, qui ont déclenché les hostilités et décidé, via les réseaux sociaux, d'inciter les militants de la gauche radicale à investir nuitamment la place pour protester, dans un premier temps, contre le projet de loi visant à réformer le code du travail.

On sait que le texte a été peu à peu vidé de sa substance libérale, mais qu'importe : les rassemblements se poursuivent, suivis de dégradations et violences diverses, et l'on ignore désormais ce que veulent précisément les révolutionnaires de Nuit debout, sinon lutter contre « le saccage de la planète » et « l'oppression israélienne ».

Les amis du café en question, eux, savent exactement ce qu'ils souhaitent : faire naître un mouvement tiers-mondiste et marxisant suffisamment puissant pour peser lors des prochaines échéances électorales.

Parmi eux : François Ruffin, réalisateur du film engagé « Merci patron ! », sorti début avril, et responsable d'un journal trotskiste d'Amiens, sa ville natale, Fakir.

Leila Chaibi, ex-candidate du Parti de gauche dans le 14ème arrondissement et ancienne activiste du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), fait partie de la bande.

Dans un second bar, Le Lieu-Dit, on discute et on donne des directives chaque soir avant la tombée de la nuit. Ce café de la rue Sorbier, dans le quartier de Ménilmontant, est tenu par un extrémiste de l'altermondialisme, Hossein Sadeghi. Il est devenu le QG de Nuit debout.

C'est un espace dédié au militantisme d'extrême gauche depuis 2011. L'un de ses animateurs est le journaliste Daniel Mermet. Exclu de France-Inter, il y a animé pendant des années, en toute impunité, une émission de reportages cauchemardesque intitulée « Là-bas si j'y suis ».

La haine absolue de l'économie de marché, des Etats-Unis et, par-dessus tout, du sionisme s'y étalait ouvertement. Comme ses camarades du Lieu-Dit, Daniel Mermet est aligné sur les thèses du Hamas et de l'Iran concernant Israël, à l'instar d'un autre habitué, Frédéric Lordon, sociologue marxiste et chroniqueur dans le mensuel violemment anti-israélien Le Monde Diplomatique.

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