Ehud Barak ,ex-ministre d'Israël, qui parle de sélection humaine au prédateur sexuel Jeffrey Epstein

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Ehud Barak ,ex-ministre d'Israël, qui parle de sélection humaine au prédateur sexuel Jeffrey Epstein

Ehud Barak, Jeffrey Epstein et l’audio qui met Israël devant un miroir moral

Un ancien Premier ministre israélien, un financier condamné pour crimes sexuels, une conversation enregistrée rendue publique des années plus tard.
Les documents issus des “Epstein files”, révélés ces derniers jours et exploités par plusieurs médias israéliens, contiennent un enregistrement audio dans lequel on entend clairement Ehud Barak dialoguer longuement avec Jeffrey Epstein. Le contenu ne relève ni de la rumeur ni du fantasme : il est sourcé, publié, analysé. Et ce qui s’y dit dépasse la simple gêne politique. Il interroge la vision même de l’alyah, de la démographie et de l’identité juive en Israël.

Ce que l’on sait du contexte et de la date

Le contexte exact reste trouble. The Times of Israel indique que les circonstances de la conversation ne sont pas claires, que l’enregistrement ressemble à une discussion pendant un repas, et que certaines parties sont difficiles à entendre. 

Sur la datation, deux sources convergent : Barak y dit avoir 71 ans, ce qui situe l’échange autour de 2013-2014 ; Ynetnews évoque une conversation d’environ 3,5 heures, “apparemment en 2014”, en présence aussi de Larry Summers. 

Le point qui fait froid dans le dos : “contrôler la qualité” des immigrants

Le cœur glaçant n’est pas une phrase isolée sortie de son contexte : c’est la logique, froide, technocratique, assumée. Dans l’audio, Ehud Barak explique qu’Israël pourrait “facilement absorber un million” d’immigrants russophones, et surtout que les autorités pourraient aujourd’hui être “sélectives” et “contrôler la qualité” bien mieux que les fondateurs de l’État. Cette idée est rapportée à la fois par The Jerusalem Post et Al Jazeera, et le vocabulaire de la “qualité” est également au centre du papier de Ynetnews. 

Quand l’alyah devient un outil démographique

The Times of Israel rapporte que Barak relie explicitement cette immigration russophone à une obsession démographique : compenser la croissance de la population arabe en Israël, en Cisjordanie et à Gaza, et éviter une bascule vers une majorité arabe dans l’ensemble entre Méditerranée et Jourdain. 

C’est là que le vertige commence : l’alyah, historiquement pensée comme refuge, est décrite comme un levier d’ingénierie nationale. Pas un complot. Une manière de parler, au calme, entre puissants, comme on parle d’un plan d’urbanisme.

Les phrases sur “l’Afrique du Nord” et le mépris implicite

Ynetnews rapporte que Barak oppose cette future immigration “de qualité” aux vagues passées, en affirmant que les fondateurs avaient été “forcés” de “gérer” des arrivées d’Afrique du Nord et de pays arabes, et qu’à l’époque “ils ont absorbé tout le monde”, alors qu’aujourd’hui “nous pouvons être sélectifs”. 

Al Jazeera, de son côté, relève que Barak “semble dénigrer” les Séfarades dans l’audio, en parlant d’une “vague de salut” venue “d’Afrique du Nord, des Arabes, ou peu importe”, avant de marteler : “ils ont pris tout ce qui venait ; maintenant, nous pouvons être sélectifs”. 

Même si l’on discute l’interprétation, la matière brute est là : l’oreille entend une hiérarchie humaine. Et cette hiérarchie, dans l’histoire juive, n’est jamais neutre.

“Briser le monopole du rabbinat” : l’autre bombe de l’audio

Toujours selon Al Jazeera, Barak évoque l’idée de briser le monopole du rabbinat orthodoxe sur le mariage, les enterrements et surtout “la définition de qui est juif”, en parlant d’ouvrir, d’une manière “sophistiquée”, la porte à des conversions massives. 

On peut défendre ou critiquer ce projet. Mais dit devant Epstein, dans la même respiration que “contrôler la qualité”, cela dessine un paysage mental : la nation comme organisme à remodeler, avec ses critères d’entrée, ses filtres, ses catégories.

Le point Facebook sur la “Biélorussie” et les “beaux jeunes” : 

Les articles parlent d’immigration “russophone”, de “million” d’immigrants, de “sélectivité” et de “qualité”, mais pas de “beauté” ni de “Biélorussie” formulée ainsi. 

Pourquoi cela glace, sans conspirer : la banalité du mal en langage de direction

Ce qui serre la gorge, c’est la normalité de la scène. Pas un discours de meeting. Pas une provocation sur un plateau. Une conversation longue, entre gens de pouvoir, avec le vocabulaire du management : absorber, sélectionner, contrôler la qualité, ouvrir les portes, corriger la démographie. 

Et l’interlocuteur n’est pas n’importe qui : Jeffrey Epstein, déjà condamné en 2008 pour des faits sexuels impliquant une mineure. Même sans imputer le moindre crime à Barak, le simple décor moral est suffocant : un ancien Premier ministre parlant “qualité humaine” à un prédateur sexuel notoire. 

Le fait politique brut : ce dossier ne prouve pas un complot, il montre une tentation

Ces révélations ne démontrent pas une “conspiration” visant à fabriquer un “nouveau juif”. Elles exposent quelque chose de plus plausible et plus accablant : la tentation permanente, chez certaines élites, de traiter l’identité et l’immigration comme une matière première, et la société comme une équation à résoudre. 

Dans un pays construit sur l’idée de refuge, ce glissement rhétorique n’est pas un détail : c’est une fracture morale.

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