Saluts nazis et diatribes anti-occidentales pour une fête nationale

Antisémitisme/Racisme - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

Saluts nazis, glorification de Vladimir Poutine et diatribes anti-occidentales: des Russes ultranationalistes et des jeunes pro-Kremlin ont célébré mardi dans le cadre de deux manifestations distinctes la Journée de l'Unité du peuple qui s'est soldée par nombre d'interpellations.

Une "Marche russe" interdite, aux relents néonazis, a été dispersée par la police, a constaté une journaliste de l'AFP. Selon la police moscovite, 500 personnes ont été interpellées, 400 selon la mairie, citées par les agences russes.

La police a précisé en fin de journée que la quasi-totalité des personnes appréhendées avait été relâchée après interrogatoire.

Les participants à cette manifestation organisée par les mouvements nationalistes radicaux comme le Dpni (Mouvement contre l'immigration illégale) ou l'Union slave se sont donné rendez-vous sur le quai de la station de métro Arbatskaïa.

A la sortie du métro, par petits groupes, ils ont crié "Gloire à la Russie!" en faisant des saluts nazis. Une échauffourée a éclaté immédiatement entre un groupe de manifestants et la police anti-émeutes et au moins six personnes ont été interpellées, a constaté une journaliste de l'AFP.

Quelque 500 personnes ont cependant réussi à défiler dans la rue piétonne Arbat, entourées de policiers. Lorqu'elles ont tenté de percer un cordon de police, plusieurs manifestants ont été passés à tabac et interpellés, a constaté un photographe de l'AFP.

La "Journée de l'Unité du peuple", qui remplace la fête de la Révolution d'octobre 1917, a été instaurée en 2005. Elle célèbre notamment la libération de Moscou de l'occupation polonaise au XVIIe siècle.

"C'est la seule fête où on peut clamer qu'on est Russe. Il faut le faire pour ne pas perdre notre identité nationale menacée par le flux de migrants illégaux", a dit à l'AFP Alexeï Oglobline, 18 ans, un oeillet rouge à la main.

A Saint-Pétersbourg, quelque 350 nationalistes ont manifesté dans des endroits différents aux cris de "Gloire de la Russie". Une trentaine ont été interpellés "pour contrôle des papiers", a constaté une journaliste de l'AFP.

La police de Saint-Pétersbourg a indiqué avoir interpellé une cinquante de personnes, selon l'agence Ria Novosti.

Le parti pro-Kremlin Russie unie a tenté cette année de récupérer l'événement en célébrant près du Kremlin la politique de Vladimir Poutine, ex-président devenu en mai Premier ministre.

"Gloire à la Russie!", "Poutine!", ont-ils scandé.

"Nous nous souvenons aujourd'hui de l'année 1612 lorsque le pays était divisé, trahi par ses dirigeants politiques qui ont demandé l'aide à l'Occident", a déclaré à la tribune le député Andreï Issaïev devant quelque 5.000 manifestants, ajoutant qu'après la chute de l'URSS en 1991, la Russie était dans la même situation.

"Mais nous avons fait renaître cette fête, ayant soutenu la politique de Vladimir Poutine (...) Le peuple russe a alors arrêté la dislocation du pays", a-t-il poursuivi.

Reprenant les critiques émises ces derniers temps par le président et le Premier ministre russes à l'égard des Etats-Unis, M. Issaïev a dénoncé "le monde unipolaire" qui est "vicieux" comme le montre l'actuelle crise financière.

Le président russe, Dmitri Medvedev, a déposé une gerbe au monument de Minine et Pojarski, qui ont dirigé les milices populaires contre les Polonais.

"C'étaient de vrais patriotes, leur courage et leur capacité d'unir le peuple ont déterminé le sort de notre pays en tant qu'un Etat fort et indépendant", a-t-il déclaré, cité par l'agence Interfax.

Lors d'une réception au Kremlin, le président russe a prôné "l'unité du peuple" au moment où le pays "traverse des épreuves militaires, politiques et économiques".

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi