Peaux de peinture ? Un art plus que douteux . Artiste Pierre David

Antisémitisme/Racisme, Artistes - le - par .
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Pierre David artiste eugénique, peaux de peinture

Pierre David, “Commercialiser la couleur des gens”,
musée de Chambéry, novembre 2014 - janvier 2015. "Le nuancier", Galerie L'Antichambre, Chambéry.

S'inscrivant dans une problématique de crise de la représentation Pierre David refusait jusque là de dévoyer l'art en un pur "coup" à blanc.

Et voici qu’il dérape dans ses digressions sur le noir. Celui qui optait pour une approche critique et incisive des images par la qualité de ses travaux plombe son œuvre en perdant toute lucidité comme s’il oubliait la phrase de Valéry : « Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme c’est sa peau ».

 

Par les photographies et la stratégie de son projet « Commercialiser la couleur des gens » se manifeste un phénomène indiciaire qui annonce ou répète quelque chose d’inquiétant. La « révulsion » du simple effet de surface par celui de la peau joue afin de créer une stigmatisation de facto.
peaux de peinture ,classification de la couleur des peaux

L’œuvre devient productrice d’une fable hélas trop connue. Le dépôt de la substance imageante se trouve déplacé du côté de la classification et de la numérotation de peaux. Tout ce processus rappelle d’autres tatouages au nom d’une manipulation qui se s’affiche comme « innocente » et benoîte qui rappelle l’extrême vieillesse du présent et la suprême jeunesse du passé.

 

Au Brésil Pierre David a créé une approche anthropomorphique des plus ambigües. Partant d’un art conceptuel au prétexte « humaniste » (..) il a photographié les peaux d’un panel de Brésiliens afin de construire un nuancier de couleurs. Elles vont du plus clair au plus foncés. L’artiste ne s’arrête pas en si « bon » chemin. Chacune d’elle est commercialisée en des pots de peinture fabriqués dans une usine allemande. Sur chaque pot est collé le visage de l’autochtone (voir photo)  correspondant et sur chaque lame de nuancier sont apposés le nom du photographié et le numéro qui lui est attribué.

 

On croit rêver. Néanmoins avec une belle innocence et une arrogance d’imperator l’artiste traverse le monde tel un parfait négrier paré de sa prébendes tout en se faisant passer pour un sauveur de la diversité. Il a sans doute du souffle mais bien peu de mémoire…

 

Le « naïf », lors de son travail préparatoire, dit avoir traité ses modèles métisses avec attention et condescendance. C’était sans doute le moins qu’il pouvait faire afin de se livrer au plus ambigu des stratagèmes.
Pierre David met en acte un racisme sophistiqué qu’ignoraient peut-être les Européens. On sait que dans les pays dits « noirs », plus un homme est foncé plus il est considéré comme mal né et mis d’emblée au banc de l’échelle humaine.

Le nuancier offre donc l’outil parfait à une ségrégation qui non seulement distingue le blanc du noir mais pénètre les arcanes d’un fichage et d’une sélection ethnique plus avancés.

La couleur de la peau, de lait vire progressivement au noir pour exprimer le développement d’une pré-visibilité formulée par bien des théories ambiguës. L’art ne fait alors qu’entretenir des connexions avec des miasmes. Sous prétexte de faire de la peau un commerce l’artiste transforme ce qu’il considère comme victoire en défaite.

Le tout avec l’argent du contribuable français qui sous l’aval d’un gouvernement fier des droits de l’homme fait la part belle à ce stratagème. Porté à ce point l’art est pour le moins douteux. Et c’est un euphémisme.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

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