À Jérusalem, la France encaisse l’argent du Qatar en contournant le contrôle israélien

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À Jérusalem, la France encaisse l’argent du Qatar en contournant le contrôle israélien

À Jérusalem-Est, un hôpital placé sous protection française reçoit des millions de dollars du Qatar grâce à un montage juridique qui permet d’échapper au contrôle israélien des financements étrangers. Derrière une façade humanitaire, un dispositif diplomatique et financier engage directement la responsabilité de la France.

Un hôpital français au statut extraterritorial

L’Hôpital Saint‑Joseph de Jérusalem est une institution médicale historique de Jérusalem-Est. Son statut est singulier : il relève de la protection diplomatique française, via le consulat de France, ce qui lui confère une position juridique à part dans la ville.

Pendant des années, l’établissement disposait d’une association enregistrée en Israël, soumise au régime de déclaration imposé aux ONG recevant des fonds publics étrangers. Cette structure a été dissoute en 2020. Depuis, l’hôpital n’est plus tenu de déclarer ces financements aux autorités israéliennes.

Des millions du Qatar, hors radar israélien

Le financement en cause provient du Qatar Fund for Development, l’organe officiel de l’émirat chargé de sa politique d’aide internationale.

Les montants sont massifs : plusieurs millions de dollars, dont environ 7 millions de dollars sur une seule année, intégrés dans un projet global de rénovation et d’extension estimé à près de 60 millions de dollars.

Le point clé n’est pas le don en lui-même, mais son cheminement. Les fonds qatariens ne transitent pas par une entité israélienne, mais par une banque palestinienne située à Abou Dis, avant d’être versés à l’hôpital. Résultat : aucune autorité israélienne ne contrôle l’origine, la destination ni les conditions de ces fonds.

La France comme interface financière et politique

La France n’est pas spectatrice. Elle est partie prenante du projet.

L’Agence française de développement figure comme co-financeur officiel du programme aux côtés du fonds qatari. Cette implication française sert de parapluie diplomatique à l’opération.

Concrètement, c’est le statut français de l’hôpital qui permet au Qatar d’investir à Jérusalem-Est sans se soumettre aux mécanismes de transparence israéliens. La France encaisse, valide, et protège juridiquement un financement qatari dans une zone ultra-sensible.

Une faille juridique assumée

La loi israélienne de 2016 impose aux organisations recevant des fonds publics étrangers de les déclarer explicitement. En sortant du cadre associatif israélien, l’hôpital s’est soustrait volontairement à cette obligation.

Ce contournement n’est ni accidentel ni marginal. Des analystes israéliens y voient un schéma récurrent, déjà observé avec d’autres puissances étrangères cherchant à renforcer leur influence à Jérusalem par le biais d’institutions civiles, médicales ou éducatives.

L’argument humanitaire ne tient pas seul

La direction de l’hôpital affirme que ces fonds étaient indispensables à sa survie financière et que les versements qatariens sont antérieurs au 7 octobre 2023. Elle rappelle également que l’aide israélienne reste limitée.

Mais l’argument humanitaire n’efface pas la réalité politique : un État étranger, le Qatar, injecte des fonds massifs à Jérusalem en dehors de tout contrôle israélien, avec la France comme intermédiaire. Dans n’importe quel autre contexte géopolitique, ce montage serait qualifié d’ingérence.

Une responsabilité française engagée

La question centrale n’est pas médicale. Elle est politique et juridique.

En acceptant ce rôle d’interface, la France ne se contente pas d’aider un hôpital : elle permet à un État tiers de financer Jérusalem hors du cadre légal israélien, tout en bénéficiant de la couverture diplomatique française.

Ce double discours – respect affiché de la souveraineté israélienne, pratiques financières qui la contournent – expose une hypocrisie d’État. À Jérusalem, la France ne se contente pas d’observer : elle encaisse, protège et valide.

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