Un million de Russes pour Israël : ce que Jeffrey Epstein murmurait à Ehud Barak

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Epstein, Barak, Israël : ce que révèle réellement l’audio et ce qu’il dit d’un pouvoir sans filtre

Epstein, Barak, Israël : ce que révèle réellement l’audio et ce qu’il dit d’un pouvoir sans filtre

Un enregistrement qui pose une question centrale :
pourquoi Epstein est-il là ?

L’audio dans lequel Ehud Barak échange avec Jeffrey Epstein sur la capacité d’Israël à absorber un million d’immigrants russophones ne peut pas être traité comme une simple archive embarrassante. Il ne s’agit pas d’un propos tenu en public, ni d’un débat académique. C’est une conversation privée, libérée, où un ancien Premier ministre israélien parle de démographie, de sélection migratoire et de pression sociale avec un homme déjà condamné pour crimes sexuels. Cette seule configuration suffit à poser un problème politique majeur.

Ce document ne choque pas par son contenu brut, mais par son cadre. Epstein n’a aucune fonction institutionnelle, aucune légitimité démocratique, aucune compétence reconnue sur l’alyah. Pourtant, il est là. Il écoute. Il est inclus. Il est traité comme un interlocuteur valable.

Ce que dit précisément l’audio : sélection, pression sociale et rupture avec l’alyah de sauvetage

Dans l’enregistrement, Barak compare explicitement deux périodes de l’histoire israélienne. Il évoque les grandes vagues d’aliyah passées comme des migrations de sauvetage, où l’État acceptait tous ceux qui arrivaient pour fuir un danger. Il oppose cette logique à une période plus récente, dans laquelle Israël pourrait, selon lui, se permettre une approche différente, plus sélective.

Il parle de la capacité structurelle du pays à intégrer un million de nouveaux immigrants Russes évoque la pression sociale comme mécanisme d’intégration et assume une logique de filtrage rendue possible par la situation actuelle de l’État. Ces propos ne sont ni hypothétiques ni prudents. Ils sont formulés comme un raisonnement déjà mûri, tenu sans retenue devant Epstein.

L’interlocuteur comme scandale : Epstein intégré au cercle

Le cœur du scandale ne réside pas dans la réflexion migratoire. Il réside dans le choix de l’interlocuteur. Jeffrey Epstein, à ce stade, n’est plus un homme ordinaire. Il a déjà été condamné en 2008 pour infractions sexuelles. Il a bénéficié d’un accord de non-poursuite exceptionnel. Il est déjà identifié comme un personnage central d’un système d’impunité.

Et pourtant, rien dans l’échange ne marque de distance. Aucun rappel. Aucune réserve. Epstein n’est pas tenu à l’écart. Il est inclus dans une discussion touchant à la souveraineté israélienne. Cela révèle une rupture profonde : la frontière entre le fréquentable et l’infréquentable ne repose plus sur la morale ou la justice, mais sur l’utilité et l’accès.

Une relation documentée, postérieure à la condamnation de 2008

Cet audio s’inscrit dans une relation ancienne et répétée entre Barak et Epstein. Les enquêtes de la presse israélienne et américaine ont établi qu’Ehud Barak a rencontré Epstein à de nombreuses reprises entre 2013 et 2017,  une trentaine de fois, notamment à New York et en Floride, et qu’il a voyagé à bord de son avion privé. Ces faits sont documentés, contextualisés, et n’ont jamais été sérieusement contestés.

Des photographies issues des archives de la succession Epstein, rendues publiques par le Congrès américain, montrent Barak présent dans des contextes mondains où Epstein apparaît également. Ces images n’établissent aucun crime. Elles établissent une continuité de fréquentation, malgré la condamnation, malgré les alertes, malgré ce que tout le monde savait déjà.

Pourquoi Israël apparaît dans l’orbite Epstein

Israël apparaît dans cette séquence comme un terrain de projection du pouvoir informel, où des décisions sensibles se discutent en dehors des institutions.

Epstein ne traite pas avec des institutions israéliennes. Il traite avec des hommes. Des hommes qui ont gouverné, qui ont conservé des réseaux, et qui ont intégré l’idée que certaines figures restent fréquentables tant qu’elles offrent de l’accès, de l’argent ou des connexions internationales.

L’intérêt d’Epstein pour Israël ne relève ni d’un attachement idéologique ni d’une appartenance communautaire. Il s’inscrit dans une logique froide et stratégique. Israël est un nœud central dans les domaines de la cybersécurité, du renseignement privé, des technologies de surveillance et des réseaux géopolitiques. Epstein gravite précisément dans ces zones grises où le pouvoir circule hors du contrôle démocratique.

Ce que l’audio ne prouve pas et ce qu’il établit définitivement

L’enregistrement ne prouve pas l’existence d’un plan migratoire piloté par Epstein. Il ne prouve pas une décision d’État. Il ne prouve pas une influence directe. Mais il établit quelque chose de plus dérangeant : Jeffrey Epstein prenait part à des discussions touchant à la souveraineté et à la démographie israéliennes, alors qu’il n’exerçait aucune fonction publique et qu’il avait déjà été condamné pour crimes sexuels.

Ce qui prouve qu’il n’a jamais été réellement exclu. Qu’il a continué à être consulté, écouté, intégré, même après sa condamnation. Qu’aucune barrière morale n’a été dressée.

L'audio comme symptôme d’une impunité globale

L’affaire Barak–Epstein ne met pas Israël en accusation. Elle met en lumière une pathologie du pouvoir contemporain. Un système dans lequel certains individus, quels que soient leurs crimes, continuent à circuler au sommet dès lors qu’ils disposent d’argent, de réseaux et de silence.

L’audio sur « le million de Russes » est un révélateur. Le révélateur d’un monde où Jeffrey Epstein n’a jamais cessé d’être un homme avec qui l’on parle.

 

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