Le carnet de Charles Orde Wingate réapparaît en Israël, l'officier britannique devenu sioniste

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Le carnet de Charles Orde Wingate réapparaît en Israël, l'officier britannique devenu sioniste

Archive-choc : le carnet d’hébreu de Charles Orde Wingate réapparaît en Israël, révélant l’intimité d’un officier britannique devenu sioniste

Un carnet personnel, pas un document militaire

Ce qui vient de réapparaître en Israël n’est ni un rapport, ni un journal officiel, ni un document stratégique destiné à Londres. Il s’agit du carnet personnel d’hébreu de Charles Orde Wingate, un objet intime, griffonné à la main, où l’on voit un officier britannique apprendre une langue étrangère comme on s’approprie une cause.

Le carnet contient des listes de mots hébreux, des phrases répétées, des versets bibliques copiés à la main, parfois maladroitement, parfois avec une étonnante maîtrise. À côté, Wingate note ses pensées, ses doutes, ses intuitions. Rien n’était destiné à être lu.

Ce que révèle le carnet : foi, obsession, engagement

Les chercheurs qui ont pu consulter le document décrivent un texte troublant par sa sincérité. Wingate y exprime une fascination profonde pour la Bible hébraïque, qu’il lit comme une carte stratégique autant que comme un texte sacré. Certains passages associent explicitement la promesse biblique à la nécessité de défendre la terre par les armes.

On y trouve aussi des notations personnelles sur les combattants juifs qu’il entraîne : leurs noms, leurs qualités, leurs faiblesses. Wingate écrit sur leur discipline, leur courage, parfois leur manque d’expérience — toujours avec une proximité inhabituelle pour un officier britannique.

Qui était vraiment Charles Orde Wingate

Né en 1903 dans une famille chrétienne rigoriste, Wingate est élevé dans une lecture littérale de la Bible. Cette éducation façonne toute sa vie. Affecté en Palestine mandataire à la fin des années 1930, il ne se contente pas d’observer le conflit entre Juifs et Arabes : il prend parti.

Il apprend l’hébreu, fréquente les kibboutzim, étudie les textes bibliques et développe une conviction intime : le retour juif en Eretz Israël est, selon lui, un fait historique et moral irréversible.

Son engagement est tel qu’il sera finalement écarté par l’administration britannique, jugé trop radicalement pro-juif, trop indépendant, trop incontrôlable.

Un homme à part, instable et visionnaire

Le carnet confirme aussi un trait bien connu de Wingate : une personnalité intense, parfois instable. Il alterne notes exaltées, phrases presque mystiques, et considérations tactiques extrêmement froides.

Ce mélange de ferveur religieuse et de pragmatisme militaire explique à la fois son efficacité redoutable  notamment dans la création des Special Night Squadset son rejet par la hiérarchie britannique.

Pourquoi ces pages n’avaient jamais été publiées

Ce carnet dérange. Il prouve noir sur blanc qu’un officier britannique a non seulement aidé militairement le Yichouv, mais qu’il a intériorisé la cause juive, dans sa langue, ses textes fondateurs et sa vision du monde.

À l’époque du Mandat, un tel document était politiquement explosif. Après coup, il compliquait aussi une narration israélienne parfois soucieuse de présenter sa genèse comme strictement endogène.

Une archive qui humanise l’histoire

Ce carnet n’est pas seulement une pièce historique. Il révèle un homme seul, obsédé, convaincu, parfois excessif, mais profondément engagé.

Il rappelle que la naissance d’Israël ne s’est pas faite uniquement par des décisions politiques ou des batailles, mais aussi par des alliances improbables, des convictions personnelles et des trajectoires humaines hors norme.

De la tactique à l’éducation : l’héritage Wingate en Israël

Charles Orde Wingate était stratège militaire et il a introduit en Palestine mandataire une conception nouvelle du combattant juif : un homme formé physiquement, mentalement et moralement à la défense de sa terre.

Son approche reposait sur l’entraînement intensif, l’endurance, la discipline, l’initiative individuelle et la maîtrise du terrain. Ces principes ont structuré les Special Night Squads, unités d’élite judéo-britanniques qu’il a créées, et ont profondément influencé la Haganah, puis la culture opérationnelle de Tsahal.

Cette vision globale du combat, où le corps, l’esprit et la conviction avancent ensemble, a laissé une empreinte durable dans la société israélienne. Elle explique pourquoi le Institut Wingate, centre national d’éducation physique, de sport et de formation des cadres, porte son nom.

Ce choix rend hommage à une méthode fondatrice : former des individus solides, responsables et prêts à défendre collectivement un projet national.

Le nom Wingate, associé aujourd’hui à l’excellence éducative et physique en Israël, s’inscrit ainsi dans une continuité historique. Il relie la période du Yichouv à l’État moderne, la tactique militaire à la transmission, et l’engagement individuel à la mémoire collective.

 

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