343 millions de shekels d’amendes : le scandale des bus israéliens éclate au grand jour

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343 millions de shekels d’amendes : le scandale des bus israéliens éclate au grand jour

Hausse marquée des amendes contre les sociétés d’autobus en Israël

L’article de Ynet et « Yedioth Aharonoth » révèle une augmentation nette des sanctions financières infligées aux opérateurs d’autobus en Israël à la suite de l’accumulation de plaintes de voyageurs contre la qualité du service. Sur deux années consécutives, le total des amendes dépasse 343 millions de shekels imposés pour des infractions contractuelles, des manquements de service et des problèmes de sécurité.

Selon les données officielles, 159 millions de shekels ont été infligés en 2024, et en 2025 ce chiffre a grimpé à environ 184,9 millions de shekels, transmis à l’Autorité nationale des transports publics pour servir à l’amélioration globale du système de transport collectif. 

Un fossé persistant entre service annoncé et service réel

Dans le rapport publié par le média, ces montants considérables d’amendes soulignent l’écart profond entre le service garanti contractuellement et l’expérience réelle des usagers.
La hausse des sanctions ne reflète pas seulement des dépassements administratifs, mais une réalité quotidienne d’insatisfaction. 

Les délits sanctionnés incluent notamment des autobus non partis à l’heure prévue, des départs précoces ou tardifs ayant pour effet de faire rater des correspondances, des omissions de stations desservies, ainsi que des infractions de sécurité, des lacunes dans la conduite, des autobus laissés en marche illégalement, des émissions polluantes excessives et même des cas d’exclusion de passagers sur des bases discriminatoires.

Egalement les accidents pour les passagers plus de 1500 plaintes annuelles 

Classement des opérateurs les plus sanctionnés

Les données montrent une répartition nette des amendes selon les compagnies :

  • Au sommet, Metropoline occupe la première place avec environ 83,9 millions de shekels au total sur deux ans, malgré une baisse significative des amendes qui lui ont été attribuées en 2025, ce qui pourrait indiquer une réponse partielle aux sanctions. 

  • Suivent Tnuva avec environ 59,2 millions de shekels et Dan avec 56,5 millions de shekels. Celle-ci opère des centaines de lignes urbaines dans la région du Grand Tel Aviv, un secteur caractérisé par une forte densité de trafic et d’attentes d’efficacité. 

  • Parmi d’autres opérateurs, Kavim totalise environ 21 millions, Extra Jerusalem près de 18,4 millions, et Superbus environ 18,3 millions. 

  • À l’opposé, l’opérateur historique Egged, qui gère un réseau national étendu incluant des lignes interurbaines, a reçu relativement peu d’amendes, environ 14,9 millions de shekels, tandis que Electra Afikim comptabilise environ 8,8 millions de shekels. 

Ce contraste,s’explique autant par la taille de l’activité et la densité du réseau exploité que par les différences de performance opérationnelle et la fréquence des anomalies signalées. 

Réactions officielles : entre contrôle et persistance des problèmes

Dans son intervention, Idan Moalem, directeur de l’Autorité nationale des transports publics, a souligné que l’organisme dispose d’un système de contrôle destiné à mesurer objectivement la conformité du service par rapport aux engagements contractuels. Les sanctions constituent, selon lui, un outil pour pousser les opérateurs vers une amélioration continue. 

Moalem a notamment précisé que, sans mécanismes de signalement efficaces ni sanctions substantielles, il est difficile d’identifier et de corriger les déficiences notées par les usagers au quotidien. 

Les associations de voyageurs jugent les amendes insuffisantes

Du côté des défenseurs des usagers, Sivan Shmulovitz, directrice de l’organisation 15 Minutes qui représente les consommateurs de transport collectif en Israël, a jugé que même des dizaines de millions de shekels en amendes ne suffisent pas à dissuader les compagnies d’offrir un service insatisfaisant. 

Dans son analyse, ces sanctions, bien que considérables sur le plan nominal, restent insuffisantes pour provoquer un changement réel dans la fréquence, la ponctualité ou la communication d’informations aux passagers. Sans un suivi strict des corrections apportées et une évaluation continue de la qualité du service, le manque de confiance du public envers les transports publics risque de perdurer. 

Shmulovitz a insisté sur l’importance pour les voyageurs de continuer à signaler les problèmes auprès du ministère des Transports et au sein de leur organisation pour déclencher davantage de pénalités et pousser les opérateurs vers des améliorations tangibles.

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