la paracha de la semaine par Claude Layani.NITZAVIM-VAYELE'H LE RENOUVELLEMENT DE L’ALLIANCE

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NITZAVIM-VAYELE'H LE RENOUVELLEMENT DE L’ALLIANCE 


Invariablement la sidra qui précède Roch-Hachana est celle de Nitzavim. Que l'année soit simple ou embolismique, Nitzavim est en quelque sorte le prélude de l'inauguration des Yamim Noraïm, les jours redoutables de Roch-Hachana et de Yom Kippour. Nulle sidra ne semble plus appropriée à nous préparer pour ces grands jours. "Vous vous tenez aujourd'hui devant l'Eternel..." Tous devant l'Eternel votre D.ieu , vos chefs, vos vieillards, vos enfants, jusqu'au puiseur d'eau..."

Avant de quitter le monde des vivants et de confier à Josué la responsabilité de conduire les enfants d'Israël en Canaan, Moïse dans son troisième discours du Deutéronome, procède à un acte fondamental, déterminant pour l'avenir de l'existence juive: le renouvellement  de l'alliance entre D.ieu et son peuple. Le caractère contraignant et permanent de cette relation est surtout souligné ici par le prophète: "Ce n'est point avec vous seuls que je contracte cette alliance, mais... et avec ceux qui ne sont pas ici ce jour" (Deut.19,13.14). Comment les descendants de la génération qui allait entrer en Terre promise peuvent-ils être concernés et liés par cette alliance. C'est une question que se posent tous les commentateurs. 



Sa réponse éclairera la définition et le caractère d'une alliance qui apparaît désormais comme une élection pour le meilleur et pour le pire. La plupart des maîtres de la Synagogue, trouvant dans le contexte même du renouvellement de l'alliance le caractère de ses causes, lui donnent un fondement historique. La sortie d'Egypte marquait en effet l'entrée de D.ieu dans l'histoire des hommes par la relation particulière qu'il scellait avec une communauté humaine, cette genèse donne son caractère à tout le déroulement futur des événements. 


Cette explication que l'on retrouve en particulier chez Abravanel répond imparfaitement à l'objection de la possibilité du rejet de l'alliance par les descendants des contractants comme à celle de leur incapacité, à se montrer dans le futur dignes de cette élection. Dans la remarquable étude sur "l'éternité d'Israël" Netza'h Israël, du Maharal de Prague, le professeur B.Gross répond à ces difficultés. Citant le maître pragois, M.Gross définit l'élection d'Israël comme inconditionnelle, elle n'est pas liée aux oeuvres de l'élu. Ce dernier, Israël, est passif dans un ordre créé institué par D.ieu ; la charte de cet ordre est la loi, la Torah ; une communauté humaine devait l'appliquer, être les instruments du créateur dans son univers, les enfants d'Israël auront ce redoutable privilège. Ne le voudraient-ils pas, s'en rendraient-ils indignes ? 


Cela ne changerait rien aux faits, mais ils seraient alors rappelés à l'ordre, ramenés dans le droit chemin "avec un courroux débordant" (Ez.20,33). Cela parce que le caractère de l'élection n'est pas éthique mais métaphysique. Israël "porte en lui-même sa raison d'être sans référence à ce qui lui est extérieur" et cela contrairement aux Nations qui sont jugés sur leurs actes. Beaucoup de prophéties bibliques sur Nations peuvent en effet être parfaitement expliquées sous cet éclairage. Le rapport des enfants d'Israël avec le Seigneur ne peut alors subir aucune altération, aucune évolution, il est aussi immuable que D.ieu lui-même. 


Pour mieux appuyer cette opinion, le Maharal insiste sur la notion "d'élection collective" d'une communauté dans laquelle se trouvent des individus bons et méchants. Les actes individuels de ses membres sont transcendés par l'alliance"réalité supra-individuelle" qui englobe et concerne malgré eux ceux qui sont engagés dans le destin collectif du peuple d'Israël. Sans doute, l'héritage des patriarches, la lente maturation dans le creuset égyptien, la naissance d'Israël en tant que peuple sacré à partir de la sortie d'Egypte, nouvelle genèse, ont préparé les enfants d'Israël à la fonction qui leur est dévolue dans l'ordre du monde. 

 

Les accidents de parcours, les déviations qui pourraient intervenir ne changeront rien au caractère de cette alliance qu'on a quelque peine à qualifier d'élection. Déjà Amos l'avait parfaitement définie: "C'est vous seuls... que j'ai choisis parmi les familles de la terre, c'est pourquoi je vous châtierai"(Amos 3,2) non pour vous punir, ajouterions-nous en guise de conclusion, mais pour vous ramener dans l'alliance.

Cette Sidra Nitzavim est un appel à la Techouva sincère. Tout le chapitre 30 est un appel de Moïse à la pénitence. Le texte de l'Ecriture souligne bien que l'effort n'est pas hors de notre portée. Il est dans notre bouche et notre coeur par la confession des fautes et un coeur brisé.


CLAUDE LAYANI

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