La Paracha de la semaine par Claude Layani .VAYE’HI Jacob veut être réuni à ses pères

Paracha de la semaine - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

« Jacob vécut, dans le pays d’Egypte, dix-sept ans ».C’est par ces mots que commence la dernière section sabbatique du livre de Béréshit, de la Genèse. Elle nous raconte la mort de Jacob et comme dans la sidra ‘Hayé Sarah qui raconte la mort de Sarah, le nom de cette sidra évoque la vie.

Pour quelle raison la Torah nous précise-t-elle que Jacob avait vécu en Egypte 17 ans, car, sachant que Jacob vécut 147 ans et vint en Egypte à l’âge de 130 ans, une simple soustraction aurait suffi pour déduire qu’il était resté 17 ans en Egypte ?

En vérité, l’accent est porté sur les 17 ans que Jacob passe en Egypte entouré de tous ses enfants , et surtout, de Joseph qui subvenait à tous ses besoins. Jacob avait élevé et nourri Joseph pendant 17 années. Ce qui fera dire au Baal ha-Tourim que la vie de Jacob, une vie heureuse et illuminée par l’amour qu’il portait à Joseph était de 34 ans. Ce sont les 17  premières  de la jeunesse de Joseph et les 17 dernières années de Jacob. La valeur numérique de « Vaye’hi », est de 34. Jacob vécut donc dans le bonheur 34 ans.

« Les jours d’Israël s’approchant de leur terme, il manda son fils Joseph..... pour le faire jurer de ne pas l’enterrer en Egypte »

Le souci du patriarche d’être enterré avec ses pères dans le caveau de la Ma’hpélah  peut être réalisé par son fils Joseph et lui seul.

Sur son lit de mort, au moment d’expirer, il supplie à nouveau tous ses enfants « de le mettre au tombeau près de ses pères. On nous relate avec force détails, comment cette prière fut exécutée, comment Joseph et ses frères, constitués en un imposant cortège, transfèreront le corps de Jacob dans le caveau familial.

Dans les derniers versets du livre de la Genèse, cette préoccupation est comme reprise en écho, une fois encore: Joseph lui-même prêt de mourir, fait jurer aux enfants d’Israël « de faire remonter ses ossements d’Egypte », plus tard lorsqu’ils quitteront cette terre.

Au-delà du désir bien compréhensible de Jacob d’être réuni à ses pères dans le caveau familial, nous nous devons de rendre compte du caractère insistant, presque lancinant, de sa demande. Car il nous faut bien saisir que son souci est double: être enseveli dans le caveau de ses pères, être enterré en Egypte, être transporté hors d’Egypte à sa mort. Et cela, parce que Jacob était hanté par une double crainte: que le Pharaon et les Egyptiens ne fassent usage de son nom après sa mort, ne le fassent entrer au « Panthéon de l’Egypte » ; il craignait que les Egyptiens ne lui rendent un culte idolâtre après sa mort selon le commentaire de Rachi.

Ce n’était certes qu’une éventualité mais pour Jacob, la réalisation d’une telle chose entacherait définitivement la vocation des Patriarches et représenterait un détournement insupportable de leur mission. Le projet et la loi morale qu’ils incarnent, l’utopie qu’ils véhiculent pourraient alors se figer en une idéologie qui viendrait temporairement cautionner un régime particulier. C’est ce danger dont prend conscience Jacob.

Sans doute est-il permis de dire que le fait même, que Jacob ait demandé à être enterré en Canaan est important en soi pour imprimer dans le coeur de tous ses descendants l’amour de leur pays et l’espoir d’un retour. Cette recommandation de Jacob coïncide d’ailleurs avec la promesse de D.ieu faite à Jacob: « Moi-même, je descendrai avec toi en Egypte ; Moi-même aussi je t’en ferai remonter... 

 

 Claude Layani

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi