La paracha de la semainepar Claude Layani . MICHPATIMLa paix et la justice

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MICHPATIM La paix et la justice

Après la description grandiose de la théophanie sur le Mont Sinaï, après la proclamation des Dix Paroles, l'homme est littéralement pris au dépourvu lorsqu'il aborde la sidra Michpatim.

En effet, avec la promulgation du Décalogue, nous atteignons un sommet de l'histoire du peuple juif et de l'humanité toute entière et il aurait été tout indiqué de parler des desseins de D.ieu sur la conduite de tous les hommes. Au lieu de cela nous avons, avec la sidra Michpatim l'énoncé de lois, de préceptes concernant l'esclave, la servante, le meurtrier, celui qui frappe son père ou sa mère, le vol, le kidnapping, les rixes, les accidents corporels, le statut de la veuve, l'orphelin, l'étranger etc...

Nous sommes tellement loin et parfois en dessous des grandioses vérités proclamées sur le Mont Sinaï. Nos Sages ont profondément ressenti ce déséquilibre et leurs commentaires à cet égard gardent toutes leurs valeurs aujourd'hui.

Le Midrach rappelle que l'un des noms de D.ieu est "Chalom" Ma Torah est toute entière Chalom dit le Saint Béni-Soit-Il.  Aussi, la donnerai-je à la nation qui aime le Chalom".

La vie des Patriarches, l'esclavage en Egypte, l'histoire du peuple juif sur sa terre, en exil et aujourd'hui de nouveau sur sa terre ancêstrale, ce long et douloureux cheminement hustorique témoigne amplement de l'amour d'Israël pour le Chalom. Mais l'amour de la paix ne suffit pas, car la paix est l'aboutissement d'un processus.

L'actualité nous invite à trouver dans notre Sidra l'amour de la paix que proclame l'Etat d'Israël malgrè les craintes et les appréhensions de céder les territoires en échange de la paix. Ce  pari sur la paix est un long parcourt difficile et truffé d'obstacles maist la détermination du gouvernement d'Israël  engagé pleinement dans le processus de paix peut déboucher en définitif à des relations normales avec les pays arabes .

Rabbi Schimeon  Bar Yo'hai dans le Yalkout (309), justifiant à leur place les lois contenues dans notre Sidra, enseigne: "Lorsque les relations humaines seront basées sur le droit et la justice, alors les conflits cesseront et ces même lois créeront la paix entre les hommes" En d'autres termes, le fondement du Chalom, c'est le Tsédék, la justice.

Mais la justice qui est à réaliser, selon la conception biblique et juive, n'est pas une justice  seulement humaine, une justice qui correspond simplement aux décisions d'une autorité légale quelle qu'elle soit. Car au-dessus des décisions de l'autorité légale, il y a ce qui est juste en soi.

Or le terme hébreu "tsédék" désigne précisément ce qui est juste en soi, c'est-à-dire l'expression de ce qui est vraiment juste au point de vue humain, c'est-à-dire de ce qui forme la synthèse de l'équité et de l'amour, de la justice et de la charité.

C'est cette conception de la justice qui est à la base du judaïsme et c'est pourquoi nos Anciens en font le premier attribut de la Divinité. Elle est sainte, disent-ils, comme D.ieu est Saint.

C'est dans la justice que D.ieu a créé le monde disent Nos Sages. Par elle Il le maintient. C'est grâce à la justice qu'Il consolide Son Alliance avec Israël et c'est par elle enfin que Sion sera sauvé, comme l'annonce le prophète: Sion sera sauvé par la justice et ses pénitents par la vertu (Is.1,27)

Il ne s'agit pas de parler de Chalom, de la paix, imaginant que ce mot a une valeur magique et miraculeuse ; le Chalom, la paix ne sera possible que lorsque les hommes ou les nations reconnaïtront humblement qu'elle a pour seul et unique point de départ la justice.

 

CLAUDE LAYANI

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