La paracha de la semaine par Claude Layani .CHEMOTHLe nom, c'est notre carte d'identité

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CHEMOTH Le nom, c'est notre carte d'identité

 

Le second livre de la Torah s'ouvre sur la description de l'esclavage et de la souffrance des enfants d'Israël en Egypte. L'événement proprement dit de l'exode, marquant la fin de l'esclavage d'Egypte, surviendra plus tard. C'est avec notre sidra que commence la servitude des Enfants d'Israël en Egypte. Durant plus de deux cents ils connaîtront la difficulté d'être juif en exil dans la souffrance de l'oppression. Pourtant nos Maîtres verront dans cette condition l'étape préparatoire et nécessaire à la naissance du peuple juif. C'est le nom de la sidra qui sera le thème de notre réflexion.

Dans une ancienne traduction en grec de la Bible, le livre dans son ensemble, reçut le nom de "l'Exode", repris par la suite dans toutes les langues européennes. Dans la tradition juive, le livre est appelé "Chemot", les "noms", en référence au premier verset du livre: "Voici les noms...".

Cependant, il est évident que les juifs d'antan ont fait également référence, dans les noms hébraïques qu'ils ont donnés à ce livre, au thème de l'exode, l'intitulant: Séfer yetsiat mitsraïm (en araméen mafkane), ou encore: Séfer hagueoula, le livre de la délivrance.

Ces différents noms donnés au second livre de la Torah sont plus que de simples désignations techniques.

Le fait que le Livre du salut débute par une liste de noms  ceux des chefs des tribus d'Israël, montre bien que les noms ont joué un rôle important dans le processus de libération de l'esclavage égyptien.

Que recèle un nom ? Un monde entier de culture et de tradition. L'un des principaux facteurs de la survivance de la conscience nationale des enfants d'Israël, grâce à laquelle ils ont mérité leur libération, fut, d'après  le Midrach, de n'avoir pas cédé à la tentation de changer leurs noms hébraïques d'origine pour s'intégrer plus facilement à la société égyptienne. "Ils arrivèrent en Egypte en tant que Reouven, Chimon, Lévi - et ils le restèrent."Ils ont gardé jalousement leur identité et lorsque l'on préserve son identité on sauvegarde aussi tous les éléments qui la constituent. Car cela ne repose pas seulement, mais sur l'héritage spirituel que ce nom a recueilli et qu'il doit conserver.

Dans la conception juive, un nom définit la personnalité de celui qui le porte, ainsi que les aspirations et les orientations de ceux qui l'ont donné. Lorsque Jacob bénit ses petits-enfants nés en Egypte en disant: "Puissent-ils perpétuer mon nom et le nom de mes pères Abraham et Isaac"(Gen. 48,16), il formula expressément le souhait qu'ils soient appelés Jacob ou Israël et non Jules ou Isidore ; Abraham ou Isaac, et non André ou Ignace, ou des noms similaires, typiquement non juifs, aux relents parfois antisémites.

Il est intéressant de noter que le lien qu'un homme possède avec son nom  est purement fonctionnel. Il n'est qu'un moyen permettant aux autres de le désigner. Bien plus, celui qui le porte n'en a nul besoin. Son caractère superficiel est encore plus évident quand on sait qu'un même nom peut être porté par plusieurs individus aux personnalités différentes.

Mais d'un autre côté, un nom désigne l'essence de celui ou celle qui le porte. A tel point que l'usage veut qu'en présence d'une personne évanouie on lui murmure son nom à l'oreille afin de le ranimer. Parce que le nom reflète l'essence de l'individu.

Le nom, c'est notre carte d'identité, le garant de notre attachement à notre peuple.

Les enfants de Jacob ont gardé leur nom. Chacun d'eux était un fils d'Israël, chacun d'eux était un autre Jacob et méritait à l'égard du père, une mention spéciale. Ils demeuraient fidèles aux enseignements de leur père et cultivaient les pratiques, les croyances et les vertus paternelles. Mais de son côté, Jacob n'avait rien négligé pour élever ses enfants dans les traditions de ses pères. Il a voulu que ses descendants gardent leur identité même, et surtout, en terre étrangère. Et d'avoir gardé cette identité, leur a valu d'être libéré d'Egypte. Car être soit même, c'est être libre.

 

 

Claude Layani

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