La paracha de la semaine par Claude Layani .AYICHLA'H La politique des petits pas de Jacob

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La paracha chantée par Benjamin Houzi 

AYICHLA'H La politique des petits pas de Jacob

 

La politique, voici l'affaire de notre sidra: ainsi parle Rabbi Yochanan dans le Midrach: "Celui qui doit avoir des rapports avec les grandes puissances et ignore le protocole, la manière d'agir, qu'il étudie notre Sidra.

 

Le problème de nos rapports avec les Grands de ce monde, problème éternel, que le peuple d'Israël a rencontré dans la Diaspora, lorsqu'il fallait obtenir protection pour la survie des communautés juives minoritaires, et auquel l'Etat d'Israël doit lui aussi faire face à ses ennemis dans les instances internationales. Il est vrai qu'aujourd'hui ils  ne sont pas aussi nombreux  que dans un passé récent.

 

Voilà le premier sujet qu'aborde notre lecture hebdomadaire. On y voit Jacob, de retour de son exil chez Laban devant affronter Esaü, ce frère qui l'a forcé à s'enfuir en le menaçant de mort, qui le hait pour lui avoir pris la bénédiction paternelle: Esaü entre-temps, est devenu un chef de tribu, capable en quelques heures de mettre sur pied une armée de quatre cents hommes.

 

Jacob, avant même d'avoir atteint la frontière du pays de Canaan, prend l'initiative d'envoyer une délégation auprès d'Esaü, chargée d'informer Esaü de ses intentions pacifiques et fraternelles. Voici le message dont la charge Jacob: "Ainsi parle ton serviteur Jacob, j'ai été étranger chez Laban et ai été retenu jusqu'à maintenant. Je n'ai acquis que quelques boeufs, ânes... ; je l'annonce à mon seigneur pour obtenir faveur à ses yeux (Gen.32,4 et 5).

 

 Le sens de ce message est clair. Jacob veut dire à Esaü que sa colère n'a plus de fondement, la bénédiction donnée par Isaac ne s'est pas réalisée. Jacob  n'est pas devenu puissant, respecté, il a été traité comme un étranger ; la propriété foncière annoncée par Isaac à Jacob ne s'est pas concrétisée: Jacob  est resté un petit berger selon le commentaire de Rachi. Jacob veut donc établir la paix avec Esaü.

 

Cette initiative de Jacob est vivement critiquée par le Midrach et par Na'hmanide qui n'apprécie pas que Jacob se rabaisse ainsi devant Esaü. C'est faire preuve de faiblesse et cette faiblesse ne peut qu'inciter l'autre à abuser de sa force. Esaü poursuivait son chemin, dit le Midrach, et ne se serait pas intéressé à Jacob si celui-ci ne l'avait sollicité par l'envoi de ses émissaires. Et Na'hmanide ajoute que cette erreur politique de Jacob s'est répétée dans l'histoire du peuple juif ; à l'époque où la Judée était redevenue indépendante à la suite de la révolte des Asmonéens, mais où régnaient des luttes fratricides. 

 

Mais là où le Midrach et Na'hmanide ne constataient que faiblesse de la part de Jacob, d'autres Maîtres ont vu le sens politique de notre ancêtre: Rabbi Yehouda Hanassi, vivant au moment où la suprématie romaine était déjà solidement établie et qui en tant que Nassi, chef religieux et politique du peuple juif, devait avoir des contacts suivis avec l'autorité romaine, s'inspirait des formules mêmes de Jacob pour rédiger ses lettres au gouverneur romain.

 

Si l'opportunité de l'initiative de Jacob est donc discutable a priori, il est clair que la réaction d'Esaü fut hostile: il se met en marche à la tête de ses troupes dans le but de faire la guerre à Jacob. Et Jacob prit peur.

 

L'anxiété de Jacob, compréhensible d'un point de vue humain, l'est moins de la part du Patriarche qui a reçu de D.ieu - et à plusieurs reprises - des assurances formelles: à son départ de Canaan pour aller chez Laban, D.ieu, dans le songe, lui promet "de le garder partout où il irait" et à nouveau, lorsque D.ieu lui dit de quitter Laban pour retourner chez son père, Il lui répète: "Je serai avec toi". 

 

Fort de telles promesses, Jacob avait-il besoin de craindre quoi que ce soit ? Oui, nous dit le Midrach, Jacob avait raison d'avoir peur, car une promesse divine n'est pas un contrat d'assurance automatique : elle est subordonnée à une condition primordiale: il faut être tzadik, juste. Si Jacob cessait d'être  le Juste alors la promesse de D.ieu serait caduque. Jacob ne peut se prévaloir d'aucune certitude et il doit se préparer au mieux à affronter Esaü. 

 

Voilà les conseils précieux que pourrait donner Jacob à ceux qui ont la charge d'assumer, comme lui, les responsabilités de défense du peuple juif et de l'Etat d'Israël. Jacob réussit à éviter la guerre. Grâce au savoir-faire de Jacob, Esaü, le guerrier, accepte la paix que propose son frère. Etait-ce son destin ? 

La guématria, la valeur numérique de Esav est 376, qui est aussi la valeur du mot Chalom, paix.

CLAUDE LAYANI 

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