La paracha de la semaine par Claude Layani .A'haré-MothLe bouc émissaire

Paracha de la semaine - le - par .
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A'haré-Moth Le bouc émissaire

 

Notre Sidra commence par rappeler la mort des deux fils d'Aaron, pour avertir le grand prêtre lui-même de ne pas entrer en tout temps dans la partie du sanctuaire qui est le Saint des Saints, mais d'y pénétrer seulement le jour de Kippour, le 10 tichri, après avoir offert à D.ieu un sacrifice de péché et un holocauste.

 

Ce jour est nommé par l'Ecriture "chabbat chabatone, le chabbat par excellence. Il se distingue des autres fêtes par son caractère austère. Les autres jours de repos sont consacrés en partie à la joie ; celui-ci, au jeûne absolu.

 

Le grand prêtre fonctionnait seul en ce jour et était chargé des cérémonies particulières, comme aussi du service ordinaire du temple. Il était revêtu de son costume simple de lin blanc, symbole de pureté. D'ordinaire il portait des vêtements brodés d'or qu'il portait normalement au cours de son service. A Yom Kippour, quand on est appelé à s'humilier devant D.ieu et à se repentir de ses fautes, il n'est pas indiqué de se présenter avec des habits luxueux. Une autre raison encore pour expliquer l'absence de vêtements dorés: Un accusateur ne peut devenir un défenseur. L'or rappellera toujours à D.ieu que les enfants d'Israël ont confectionné le veau d'or. Et le prêtre doit être, auprès de l'Eternel, le défenseur et l'avocat de son peuple. Comment dans ces conditions, pourrait-il se présenter devant D.ieu avec des vêtements brodés d'or ?

 

Parmi les cérémonies sacerdotales de ce jour, il s'en trouvait une d'un grand intérêt. Deux boucs, fournis par la communauté, furent amenés devant le grand prêtre ; il les tira au sort, qui désigna l'un à être sacrifié à l'Eternel, l'autre à être envoyé à Azazel chargé des péchés d'Israël.

 

La destinée de ces deux victimes était différente et offrait un frappant contraste.

Le bouc dédié à l'Eternel fut immolé ; son sang, devenant un instrument d'expiation, fut reçu dans un vase sacré, porté dans le Saint des Saints, y fut consacré par son aspersion sur l'arche, le rideau et l'autel, et atteignit son but au fond de l'autel des sacrifices.

 

Dans le Séder haavodah récité dans l'office de Moussaf de Yom Kippour nous en avons une description très détaillée:"Le Grand Prêtre saisissait un couteau tranchant, égorgeait le taureau d'après la prescription, recueillait le sang dans un bassin et le remettait à un prêtre chargé de le remuer sans cesse, afin de le conserver liquide jusqu'au moment de l'aspersion, car s'il se figeait l'absolution était manquée. Il mettait alors des charbons ardents dans un encensoir d'or, léger, aux minces parois et au long manche, et y verrait trois mesures de charbons. On lui présentait ensuite une cuiller avec un vase rempli d'encens, de ce dernier il prenait deux poignées et les posait dans la cuiller. Prenant alors l'encensoir de la main droit et la cuiller de la main gauche, il dirigeait ses pas vers le rideau du sanctuaire et s'approchait des barres de l'arche sainte, entre lesquelles il posait l'encens, et s'en éloignait après avoir fait monter la fumée. Il recevait alors le sang de la main de celui qui n'avait cessé de le remuer, se plaçait vite avec ce sang entre les barres, y trempait le doigt et en aspergeait en comptant, une fois vers le haut et sept fois vers le bas".

 

Le bouc voué à Azazel n'est pas sacrifié ; il reste debout, vivant intact, tandis que son compagnon subit la mort et passe à travers toutes les transformations de l'oeuvre expiatoire. Mais déjà l'homme de sa destinée est prêt. C'est à lui qu'il est remis dans la plénitude de sa vie ; il l'emmène dehors, bien loin, dans les champs, le fait monter des montagnes, sur le sommet d'un rocher lorsque soudain l'homme le précipite dans l'abîme qu'il n'a pas aperçu.

 

Pour nos rabbins nous voyons dans cette cérémonie du yom kippour les deux routes qui s'ouvrent devant nous, celle qui mène vers D.ieu et celle qui mène vers Azazel.

 

La route à l'Eternel commence par le sacrifice de soi-même. La route d'Azazel commence par la conservation de l'indépendance, du maintien de l'existence animale, par le refus opiniâtre de tout sacrifice.

Si le destin de l'homme est différent de celui de ces deux animaux c'est parce que, lui , dispose du libre arbitre. Il déterminera lui-même, en ce jour de Kippour, s'il veut être "pour D.ieu", s'il désire se soumettre à la volonté 

de son Créateur. D'un autre côté il peut bien décider la route du désert où il trouvera un fin déplorable

 

Claude Layani

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