Yves Benjamin ATTALI

Né le 8 juin 1957 à Paris
Études secondaires en internat à l'école Maïmonide de Boulogne sur seine.
Aliyah en 1976, terminale au lycée français de Jérusalem.
Service militaire dans le génie combattant.
Marié avec une Israélienne, Hanna, père de 4 enfants (2 filles et 2 garçons). Habitons à Kfar Tavor en basse Galilée.
Licence en sociologie et ressources humaines de l'université de Bar-Ilan.
Amoureux des langues, considéré comme le plus Israélien des francophones de ma promotion.
J'ai collaboré pour la première fois avec Alliance en 1997. Aujourd'hui j'ai renoué avec le magazine juif qui est incontestablement le meilleur sur Web.

Les articles de Yves Benjamin ATTALI

Le monde repose sur trois choses : la justice, la vérité et la paix.

         Le monde repose sur trois choses : la justice, la vérité et la paix.

                                                        « Michna Avoth »

Pour comprendre le présent drame israélo-palestinien, il faut se référer aux sources mêmes de l'origine du peuple Juif. Autrement c'est l'incompréhension, la dérive totale avec les conséquences qu'on connaît présentement au Proche-Orient. Remontons le temps ensemble, et essayons de comprendre.

L'origine du peuple Juif est inscrite dans la Bible, ce livre unique dont les sources remontent au Xe siècle avant J.C., et qui désigne les patriarches Abraham, Isaac et Jacob comme les ancêtres du peuple Juif. Ces derniers vécurent aux environs du 19e siècle avant J.C. et appartenaient à un clan de bergers nomades originaires de Mésopotamie, une région de l'Asie entre le Tigre et l'Euphrate.

Il est écrit dans la Bible qu'ils croyaient en un dieu unique, et que Dieu contracta une alliance avec les patriarches et promit la terre d'Israël en héritage à son peuple. Dieu dit à Jacob :                         « on ne t'appellera plus Jacob mais Israël car tu as été fort contre Dieu et contre les hommes tu l'emporteras ». Plus tard, le nom d'Israël fut donné au pays.

Les douze tribus d'Israël

 
        Selon la Bible, les douze fils de Jacob seraient les ancêtres des douze tribus ou enfants d'Israël. Poussés par la famine qui sévissait en Terre d'Israël, Jacob et ses enfants se rendirent en Égypte. Certains chercheurs soutiennent que les familles des fils de Jacob, surnommées Israël par Dieu dans la Bible, résidèrent dans le Pays de Goshen en Égypte pendant les 18e et 17e siècle avant notre ère.

         L'historiographie biblique a chargé le récit de la sortie d'Égypte et la traversée du désert par les Hébreux d'un aspect national : l'exode, l'errance sous la conduite d'un chef national et la conquête de Canaan sont décrits comme les actions d'un peuple homogène. Cette description est en contradiction avec de nombreux récits bibliques d'incidents isolés et avec la description de l'organisation tribale des Hébreux à cette époque.

        Cependant, on peut logiquement supposer que la longue période d'errance contribua à cristalliser l'ossature tribale et que les conditions qui régnaient durant le parcours des Hébreux déterminèrent la taille des unités tribales et leurs structures.

        Dans la conscience collective du peuple Juif, la constitution des tribus d'Israël en une nation il y a 3 200 ans fut le commencement de l'histoire nationale juive, liée à l'Exode d'Égypte, qui mettait fin à l'exil et au retour du peuple libéré de l'oppression étrangère dans la Terre Promise où il conquit l'indépendance nationale.

        C'est à cette époque que la première partie de la bible fut écrite, la Thorah (Loi) qui comporte cinq livres : la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome (le Pentateuque). Selon la croyance juive, la Torah fut donnée à Moïse sur le mont Sinaï. La Torah constitue la Loi écrite, par opposition à la Loi orale.

        Au 12e siècle avant notre ère, les tribus d'Israël s'installèrent sur les deux rives du Jourdain. Commença alors la période des juges qui dura deux siècles. La fonction du gouvernement était fondée sur le principe de l'autonomie tribale qui accordait aux chefs, au niveau tribal et même national, le rôle essentiel de l'exercice du pouvoir judiciaire. Déborah, Gédéon et Samson sont parmi les juges les plus célèbres.

        C'est ainsi qu'on serait en droit de considérer la prise en possession de Canaan par les tribus hébraïques, éveillées à la conscience spontanée de leur unité et de leur destinée commune, comme la première immigration du Peuple Juif en Terre d'Israël, menant à la création d'un État Juif.

        Au 11e siècle avant notre ère, le premier roi d'Israël fut Saul (1020-1004 avant J. C.), suivi de David, qui fonda la dynastie royale d'Israël qui devait régner quatre siècles, jusqu'à la conquête babylonienne. David consolida les bases du royaume d'Israël et fit de Jérusalem sa capitale, 1 000 ans avant J.C. La construction du premier Temple de Jérusalem est entreprise par Salomon en 960 avant J.C.

Conquête par Babylone

        En 597, Nabuchodonosor, roi de Babylone, fait la conquête du royaume de Juda. Il amène captif à Babylone le jeune roi Joachim (598-597 avant J.C.), le 19e roi de Judée. Il proclame l'oncle du jeune roi, Matanias, sous le nom de Sédécias, roi de Judée (597-586 avant J.C.).

        En 589 avant notre ère, Judée se rebelle encore une fois contre Babylone. Nabuchodonosor envahit le pays, l'aide égyptienne arrive trop tard et, en 586, Jérusalem est conquise ; ses fortifications et ses riches demeures détruites, le Temple est brûlé et la majorité du peuple juif déportée. Le royaume de Judée est mis à bas.

Conquête par les Perses

        Après la défaite de l'empire babylonien par les Perses en 539 avant J.C., la Terre d'Israël tomba sous domination perse. Cyrus II, roi de Perse (558-528 avant J.C.) accorde aux Juifs en 538 le droit de retourner en Terre d'Israël et d'y reconstruire le deuxième Temple de Jérusalem. Durant quatre siècles, le peuple Juif vécu de manière autonome sur la Terre d'Israël, sous tutelle perse d'abord et, à partir de 332 avant J.C., sous tutelle hellène, après la victoire d'Alexandre le Grand sur l'armée perse.

        En 168 avant J.C., le souverain hellène de Syrie, Antiochus Épiphane IV, fit quelques tentatives en vue de limiter l'autonomie juive et substituer l'idolâtrie à la foi monothéiste. Les Juifs levèrent l'étendard de la révolte, menée par la famille des Asmonéens, et recouvrèrent une indépendance totale pour Israël.

 
Conquête romaine

        En 168 avant J.C., le royaume d'Israël fut gouverné par les dynasties asmonéenne et hérodienne, jusqu'à la conquête romaine en 63 avant J.C., avec une brève période asmonéenne de 40 à 37 avant J.C. ; Hérode I le Grand fut roi des Juifs de 40 à 5 avant J.C, suivi d'Hérode Antipas de 4 avant J.C. à 39 après J.C., d'Hérode Agrippa I de 41 à 44 après J. C., et d'Hérode Agrippa II de 50 à 93 après J. C. Ce dernier assista les romains à la prise de Jérusalem par Titus en 70 après J. C.

Destruction du second temple de Jérusalem

        C'est en l'an 70 de notre ère que l'historien juif Flavius Josèphe, né à Jérusalem (37 à 100 après J. C.), auteur des « Antiquités judaïques et des guerres des Juifs », livre VI : 10 :1, situe la chute de Jérusalem et la destruction du second Temple par Titus, fils de l'empereur Vespasien. Le second Temple est brûlé, tous les objets du culte sont amenés à Rome, accompagnés du peuple Juif captif, portant la menorah et les objets du Temple, comme on peut encore le voir aujourd'hui à Rome sur l'Arc de Triomphe de Titus.

        Rome décida d'exiler en Hispanie (Espagne) les captifs Juifs amenés à Rome par Titus, le lieu le plus éloigné à l'ouest de l'empire romain. Ils agirent comme l'avaient fait avant eux les autres conquérants d'Israël, dans le but d'empêcher les Juifs de revenir dans leur pays se réorganiser militairement et politiquement, et pour briser leur courage et diminuer leur sentiment d'identité nationale.

        Lorsque les captifs juifs arrivèrent de Rome en Hispanie, ils furent accueillis par leurs frères déjà installés dans le pays depuis la destruction du premier Temple, qui s'empressèrent de les libérer du joug de l'esclavage romain auquel ils étaient soumis.

Tarshish (Hispanie) mille ans avant J.C.

        Les Juifs déjà installés dans la péninsule Ibérique depuis mille ans avant Jésus Christ étaient sans doute venus dans le pays avec les Phéniciens bien avant la destruction du premier Temple. D'ailleurs, encore aujourd'hui, les noms de quelques villes d'Espagne indiquent clairement une origine juive. Il s'agit de Toledo, Maqueda, Escalona, Joppes et Aceca. Tous ces noms sont à consonances hébraïques. Toledo vient de Toledoth, c'est-à-dire la ville des générations. Le guide officiel actuel de la ville de Tolède mentionne toujours cette origine hébraïque de la ville.

        On pense que les membres des tribus d'Israël s'étaient établis dans l'actuelle province de Tolède bien avant l'époque de la destruction du Premier Temple. Aceca dérive de Azeca (1) en Israël ; Escalona dérive d'Ascalon en Israël, la tribu de Siméon ; Maqueda provient de Maceda, la tribu de Juda ; Joppes de Joppe (Jaffa), la tribu de Dan. Une série d'autres noms de villes, tels que Layos et Noves, sont aussi probablement d'origine juive. Ils furent sans doute donnés en souvenir des anciennes cités d'Israël. Toutes ces villes de l'Espagne actuelle, ont été fondées par les membres des tribus d'Israël.

            (1) En 1935, on a trouvé dans les ruines de la ville biblique de Lakihs, en Palestine, une collection de lettres écrites sur des tablettes d'argile, dont l'écriture remonte autour de 588 avant J.C., rédigées par le commandant militaire de la ville forteresse de Lakihs en Judée. Ces lettres confirment des évènements qui se sont déroulés durant le court règne du roi Joachim I, 18e roi de Judée. Ces écritures nomment plusieurs personnages bibliques, entre autres le prophète Jérémie. Dans la quatrième lettre, on raconte que les villes de Lakihs et Azeca, deux villes fortifiées de Judée, étaient assiégées par les troupes de Nabuchodonosor, et que la ville de Azeca était déjà tombée dans ses mains. Ces faits historiques confirment le récit biblique du prophète Jérémie 34 : 6-7.

        Salomon, fils et successeur de David, roi d'Israël de 970 à 931 avant J.C., avait fait construire une flotte de navires avec lesquels il faisait le commerce avec tous les pays connus dans l'antiquité, y compris Tarshish (Hispanie) où des membres des tribus d'Israël étaient déjà installés, et où le roi Salomon envoyait ses représentants collecter les impôts.

        Ces faits sont confirmés au tout début du Judéo-chrisianisme par les juifs d'Hispanie qui se rendaient encore régulièrement à Jérusalem en pèlerinage.

        À l'époque de l'apôtre Paul, entre 5 et 15-67 de notre ère, lorsqu'il allait de synagogue en synagogue pour prêcher la nouvelle religion de Jésus, il souligna dans ses écrits la nécessité d'aller évangéliser les Juifs d'Hispanie, nommés Sefardim. Ce nom vient de Sefarad, mot par lequel la Bible désigne le pays à l'Ouest de la Méditerranée : aujourd'hui l'Espagne. Le prophète Obadia parle lui aussi de cette partie de l'Empire romain sous ce nom d'Hispanie.

        Pendant les persécutions au Moyen Âge, les Juifs espagnols firent valoir auprès des souverains espagnols, pour leur défense, qu'ils vivaient déjà en Espagne avant la destruction du premier Temple et qu'ils appartenaient à la tribu de Juda.

        Les Wisigoths, des vandales et beaucoup d'autres peuples arrivèrent en Espagne bien après les Juifs et les romains. Les Israélites survécurent à tous les envahisseurs de l'Espagne car ces derniers se mélangèrent bientôt à la population locale et se fondirent en elle.

        Les Juifs souffrirent, furent persécutés, composèrent avec les conquérants et, à l'époque des premiers documents officiels, ils sont là. Ils vivent parmi les Maures musulmans et les Espagnols catholiques, divisés en plusieurs royaumes. Des historiens arabes du 9e siècle appellent Grenade et Tarragone des « villes juives ». L'Espagne musulmane avait alors la plus forte population juive d'Europe.

        Ce furent les Juifs qui infirmèrent le principe selon lequel chaque immigrant devrait se fondre peu à peu dans son nouveau milieu et, de ce fait, perdre son identité. L'histoire des émigrations et des immigrations est plus ou moins celle de l'humanité. Lorsqu'on étudie l'histoire des peuples, on voit que normalement les immigrants s'assimilent à leur entourage, qu'ils abandonnent progressivement ce qu'ils avaient emporté avec eux. Ils font cela pour des raisons de sécurité, d'opportunité, et pour éviter de nouvelles difficultés. Ils se délestent de leur passé.

        Pas les Juifs. Eux, ils gardèrent une grande partie de leur héritage culturel. À ce point de vue, ils constituent donc une exception dans l'histoire de l'humanité. C'est d'ailleurs cela qui, avec le temps, leur valut d'être constamment tracassés, persécutés.

        Malgré la persécution des Juifs espagnols commencée en 612 sous le roi wisigoth Sisebut, l'Espagne abrita jusqu'en 1492 la plus importante population juive d'Europe. Même de nos jours, il demeure que l'Espagne est un pays pour lequel il est difficile de parler du caractère autochtone, de «l'aborigénéité » de groupes ethniques, car tout dépend de la date que l'on prend comme point de départ. Quelle que soit celle que l'on choisit, ce sont les Juifs qui sont autochtones en Espagne.

        Comme on vient de le voir, ce qualificatif d'autochtone, que les antisémites des temps modernes se décernent si volontiers afin de pouvoir étiqueter les juifs comme des étrangers, ne s'applique pas aux Espagnols.

Révolte de Bar Kokhba ; Israël rebaptisée Palaestina par les romains

        Mais les Juifs d'Israël n'avaient pas tous été exilés en 70 de notre ère. Ceux qui restaient tentèrent une ultime révolte contre l'agresseur romain afin de retrouver la liberté. C'est la révolte de Bar Kokhba (132-135), qui fut étouffée cruellement sous Hadrien. Les Juifs furent obligés de se soumettre de nouveau à Rome. Mais cette fois les romains voulurent mettre fin à jamais à toute velléité de renaissance juive en Terre d'Israël. Ils rebaptisèrent la Terre d'Israël d'un nom nouveau : Palaestina ou Falastina (Palestine), et détruisirent complètement les murailles de Jérusalem ainsi que toute la ville. En place et lieu, ils construisirent un petit bourg carré qu'ils appelèrent Aelia Capitolina. Puis Hadrien compléta son œuvre en faisant construire un temple à Jupiter sur l'emplacement du second Temple.

        À la suite de cette révolte, la Judée est cette fois-ci pratiquement vidée de ses habitants, et la province de Judée sera connue sous le nom de « Syrie-Palestine ». À la suite de ces changements, les Juifs se concentrent en Galilée, autour de rabbins et de savants établis à Safed, Tibériade et Zippori, où ils poursuivent la rédaction du Talmud et de la Mishna.

        Ce fut le creux de la vague pour Jérusalem durant les deux siècles qui allaient suivre. Le nom de Jérusalem demeura effacé jusqu'en l'an 326 de notre ère, lorsque l'empereur Constantin et sa mère Hélène se convertirent au Christianisme et vinrent en pèlerinage en Terre Sainte. Ils redonnèrent le nom biblique à la ville de Jérusalem et érigèrent des autels commémorant des événements de la vie de Jésus. On construisit de nombreuses églises à Jérusalem, et Jérusalem devint le centre de pèlerinage des chrétiens. La ville de David devient la ville de Jésus.

        En 351 de notre ère, les Juifs font une nouvelle tentative de révolte pour retrouver leur liberté.

Domination de Byzance sur la Terre d'Israël (395-636)

        Durant cette période d'occupation de la Terre d'Israël, les Juifs étaient présents à Jérusalem et sur tout l'ensemble du territoire de la Palestine. La population juive était redevenue particulièrement dense en Galilée, dans certaines partie de la plaine côtière et en Judée.

        Selon le Talmud, rédigé à cette époque, plus de quatre cents localités juives, des villages pour la plupart, sont dénombrés sut la Terre d'Israël. La communauté juive vivait surtout d'agriculture alors que ses chefs élaboraient et consolidaient le mode de vie juive par l'éducation, l'enseignements général et universitaire.

        Les œuvres majeures de cette époque furent la rédaction de la Michna (l'enseignement) achevée au 2e siècle, ainsi que le Talmud (ensemble de leçons incluant les commentaires et les discussions des amoraïms (1) sur la Michna) de Jérusalem, achevé entre le 4e et le 5e siècle de notre ère.

            (1) Amoraïm : du mot araméen omer, celui qui explique, qui parle en public. À l'origine, le terme désignait celui qui présentait ou traduisait pour le public les paroles d'un Sage.

        En 614 de notre ère, les Juifs tentèrent encore une fois de se révolter contre Byzance. Pour ce faire, les Juifs d'Israël s'allient aux Perses. Ils réussissent même à s'emparer de ce qui reste de Jérusalem. Mais la conquête arabe, qui commence en 634, met fin à tout espoir de renaissance nationale.

Domination arabe de 636-1071 (435 ans)

        En 638 après J.C., les troupes du calife Omar occupèrent la ville de Jérusalem, après un long siège. La victoire assurée, ils partagèrent la Terre d'Israël en deux districts militaires séparés par le Jourdain : Filastin (Palestine) et Urdun (Jordanie).

        Puis, les conquérants arabes musulmans autorisent les populations juive et chrétienne à rester. C'était là un acte de tolérance mais qui, en fait, reflétait le dogme fondamental de l'Islam, dogme toujours en vigueur, selon lequel Juifs et Chrétiens sont des individus de classe inférieure ayant un statut spécial de dhimmi (protégés). Cet acte apportait aux populations Juive et chrétienne la sécurité physique ainsi que les libertés économique et religieuse, mais aussi une source de dégradation avilissante.

        Ce statut de dhimmi obligeait les Chrétiens comme les Juifs à payer un impôt spécial par tête, à être bannis de l'administration publique, à se voir interdire de construire de nouvelles synagogues et églises, et d'employer des travailleurs musulmans.

        La domination arabe sur Jérusalem et sur tout le pays d'Israël se caractérisa par l'insécurité et l'agitation. Ce sont les califes Omayyades (660 à 750 de notre ère) qui, de Damas, gouvernèrent les premiers la Terre d'Israël, qui était devenue une province du vaste empire musulman. Jérusalem n'a jamais fait office pour eux ni de capitale ni de centre culturel.

        Les Arabes bâtirent une seule ville sur la Terre d'Israël, la ville de Ramla (Ramleth). Au 8e siècle, cette ville est désignée comme centre provincial du pays, et le transfert de la capitale impériale de Damas à Bagdad éloigna encore Jérusalem des centres du pouvoir et de l'activité culturelle.

        Abd al-Malik construisit le Dôme du Rocher à Jérusalem entre 691 et 692. C'était davantage un monument qu'une mosquée ; son fils Al Walid fit construire la mosquée d'El-Aksa entre 705 et 715 de notre ère.

        Sous le calife Al-Aziz (976 à 996), Chrétiens et Juifs jouirent à Jérusalem d'une liberté considérable. Mais sous son successeur, Al-Hakim (996 à 1021 de notre ère) dit le « Calife fou », les pèlerinages à Jérusalem furent interdits, tandis que synagogues et églises furent détruites, y compris le Saint-Sépulcre.

        En raison de la faiblesse du gouvernement fatimide aux 10e et 11e siècles, diverses tribus, dont des Bédouins et des Seldjousks (tribu turque) contrôlent une partie de la Palestine et attaquent ses habitants. La population juive de Jérusalem décline ; les pèlerinages sont suspendus et l'afflux des contributions cesse. À la fin de la domination arabe, il n'y a plus que quelque milliers de Juifs en Palestine.
       
Conquête de Jérusalem par les Turcs seldjouks en 1071

        Les Turcs seldjouks s'emparent de Jérusalem, pillent la ville et persécutent Chrétiens et Juifs.

Conquête et domination de Jérusalem par les Croisés de 1099 à 1291

        L'interdiction des pèlerinages et la destruction des synagogues et des églises à Jérusalem en l'an 1009, sous le règne du calife arabe Al-Hakim, dit le fou (996-1021), provoqua en Occident une telle indignation, qu'elle fut à l'origine des Croisades.

        Jérusalem est alors conquise en 1099 par 15 000 Croisés. Ils pillèrent Jérusalem et massacrèrent indistinctement Juifs et Musulmans. Les Croisés vendirent Juifs et Musulmans comme esclaves en Europe.

        Une ordonnance des Croisés interdit tout établissement juif ou musulman à Jérusalem. En vue de renforcer le peuplement chrétien de la ville de Jérusalem, l'ancien quartier juif fut remis à des tribus de Chrétiens de Transjordanie.

        En 1149, les Croisés reconstruisent l'église du Saint-Sépulcre suivant le plan de la Croix, et de nombreuses traditions chrétiennes liées à la vie de Jésus furent établies, notamment celle de la Via dolorosa. De nombreux temples musulmans furent aussi transformés en églises, comme le Dôme du Rocher, appelé par les Croisés le Temple du Seigneur.

        À partir de 1110, les Croisés changent de politique envers la population locale et, avec le temps, les Juifs sont autorisés à s'installer dans toutes les villes de ce royaume chrétien, à l'exception de Jérusalem, qu'ils peuvent visiter seulement.

        Plus tard, le roi chrétien de Jérusalem accorde aux Juifs le monopole de la teinture des tissus. Quelques Juifs peuvent même résider à Jérusalem. Mais la plupart des communautés juives qui se trouvent dans le royaume franc de Jérusalem sont concentrées dans les villes de la côte : Tyr, Acre, Césarée et Ascalon, centre commercial important. Les villes de l'intérieur ne comptent que peu de Juifs.

        Les Croisés, dont le nombre n'a jamais dépassé 30 000, n'ont pas contribué à changer le caractère de la population. Les deux siècles de lutte entre Chrétiens et Musulmans pour la conquête de la Palestine n'ont eu qu'une conséquence : l'appauvrirent de la population juive qui y habitait.

        À l'époque des Croisés, il n'existe pas de nom pour désigner la Terre d'Israël. Le pays était divisé en trois districts administratifs : Safed, Gaza et Damas.

        En 1260, une invasion mongole provoque la fuite des habitants de Jérusalem. Lorsque les Mamelouks, une dynastie qui régnait sur l'Égypte et la Syrie entre 1250 et 1517, parvinrent à battre les Mongols à Ein-Harod en 1291, Jérusalem et tout le pays passent sous leur contrôle jusqu'à la conquête ottomane en 1516.
        
La conquête ottomane de 1516 à 1917

        Les Ottomans, comme tous les conquérants étrangers, n'eurent pas non plus de nom pour désigner la Terre d'Israël. Ils divisèrent le territoire en cinq districts administratifs, qu'ils relièrent à la province de Damas. Soliman II le Magnifique, sultan ottoman entre 1537 et 1541, fait réparer et reconstruire les remparts et les portes de Jérusalem et restaure la citadelle de David. Puis, il fait construire des fontaines publiques pour assurer l'approvisionnement en eau de la ville.

        À ce moment là, l'empire ottoman comptait 24 provinces (Vilayets). Les Juifs et les Chrétiens étaient soumis à de lourde taxes (capitation) ; cependant ils étaient libres de gérer les affaires de leur communauté.

1492 : expulsion des Juifs d'Espagne

        En 1492, les Juifs exilés d'Espagne, et un peu plus tard les Juifs du Portugal, transitent par Livourne, en Italie, pour ensuite se disperser à travers l'Empire ottoman : à Tunis aussi bien qu'à Smyrne (Izmir), à Salonique et à Alep, où ils sont connus sous le nom de « Frankos », ou « Juifs Francs » (même signification pour le patronyme Franco en Espagne).

        Après un long et périlleux voyage, de nombreux Juifs exilés d'Espagne parviennent à atteindre la Palestine, renforçant ainsi les communautés déjà existantes de Jérusalem, Tibériade, Gaza, Hébron et particulièrement Safed. Au 16e siècle, Safed devient un centre économique et culturel Juif important en Palestine ; sa communauté juive est estimée à l'époque à 15 000 membres. La proximité de Damas et de Beyrouth permet aux habitants de Safed d'échanger avec les habitants de ces deux villes du grain, des vêtements et des ustensiles pour la maison, alors que la soie et la laine qu'ils exportent passent par le port de Salonique.

        Vers 1563, les Juifs fondent la première imprimerie du Proche-Orient et prennent l'hébreu pour langue nationale

        L'arrivée de ces Juifs d'Espagne en Palestine n'est pas sans provoquer des frictions intercommunautaires. C'est que leur arrivée influe sur les anciennes communautés juives romaniotes restées en Israël depuis l'occupation romaine et byzantine. Les Sépharades amènent avec eux leurs coutumes, leur langue (le judéo-espagnol ou ladino), un habillement différent, des prières et des règles communautaires (takkanot).

        À cette époque, la population juive de Palestine comprenait des Juifs connus sous le nom de romaniotes, qui étaient les descendants des Juifs resté en Terre d'Israël depuis l'époque de Byzance, des exilés juifs espagnols, et des immigrants Ashkénazes, Juifs venus d'Europe centrale. La population Juive en Israël a pu prospérer jusqu'à la fin du 16e siècle. Après la mort de Soliman le Magnifique en 1566, la Palestine est laissée à l'abandon durant plus des trois siècles.

        Les successeurs de Soliman le Magnifique font régner en Palestine la corruption à tous les niveaux de l'administration et de l'armée. Vers la fin du 16e siècle, Safed et la Galilée périclitent et les Juifs restés sur place se regroupent à Jérusalem, Hébron et Gaza.

        À cette situation, suit un profond déclin de la population en Palestine dû à l'absence de droits et d'une politique socio-économique, ainsi qu'à la décentralisation de la perception des impôts. Les collecteurs locaux d'impôts ont intérêt à extorquer les taux les plus élevés afin d'en tirer de larges profits ; dès lors, de nombreux villageois abandonnent la terre aux nomades, les besoins des villes en marchandises agricoles ne sont plus satisfaits, le commerce décline et la population des centres urbains finit par décroître rapidement. C'est l'époque où la plupart des Juifs en Israël doivent être aidés par la « halouka », argent envoyé par la Diaspora. Malgré ces difficultés, le retour des Juifs en Terre d'Israël (Palestine) ne s'arrête pas.

        En 1700, Rabbi Judah he-Hassid conduit un groupe de 1 500 juifs de Pologne à Jérusalem. En 1777, le Hassid Rabbi Menahen Mendel, de Vitebsk en Biélorussie, s'établit à Jérusalem avec 300 de ses disciples venant d'Ukraine, de Lithuanie et de Roumanie.

        Incapables de payer les lourds impôts exigés par les Turcs, les Ashkennazim se voient interdire de séjourner à Jérusalem. La plupart vont s'installer dans les trois autres villes saintes d'Israël : Safed, Tibériade et Hébron. Mais certains d'entre eux parviennent à demeurer à Jérusalem, déguisés en Sefardim, vêtus à l'orientale. Ce n'est qu'un siècle plus tard, dans les années 1820, que la communauté ashkenaze réussit à se réinstaller à Jérusalem.

        C'est à partir du 18e et du 19e siècle, sous le régime ottoman, que s'instaure dans toutes les régions de la Palestine un régime fondé sur l'insécurité et l'oppression. Cette époque est caractérisée par des infiltrations de tribus arabes qui se livrent au pillage, et par des luttes intestines au niveau des alliances locales.

        Par conséquent, le nombre de villages est réduit environ de moitié. La population de la Palestine connaît un certain déclin au début du 19e siècle ; elle ne compte probablement pas plus de 250 000 personnes. Elle est formée de communautés et nationalités différentes, dont moins de 200 000 Arabes, pour la plupart nomades et sans aucune idée de patrie.

        Les conditions générales de vie en Palestine allant en s'aggravant au début du 19e siècle, la population totale avait diminué à 54 000, dont 10 000 Juifs.

        Pour comprendre les causes de cette baisse de la population juive en Palestine au début du 19e siècle, on peut se rapporter à une série de constats qu'un jeune Juif roumain du nom de Israël Joseph Benjamin (Benjamin II) fit d'un voyage en Palestine à cette époque :

Source : Cinq années de voyage en Orient, Paris,1856.

        1 - L'autorité de l'État ottoman, autorité non juive, ne comporte pas de droit de décision pour les Juifs, mais uniquement des obligations d'exécution.

        2 - Les Juifs ne jouissent d'aucune garantie légale. La Loi est remplacée par les ordres des Pachas et des Cheiks. Seul avantage pour les Juifs de Jérusalem : la présence des Consuls européens, à partir de 1838 seulement.

        3 - Le taux des impôts n'est jamais fixé publiquement, mais établi arbitrairement par les Cheiks ; la perception des impôts se fait avec une rapacité inouïe.

        4 - Aucune protection de la propriété ; les Juifs ne peuvent pas se plaindre d'avoir été victimes d'un vol ou d'un pillage ni en indiquer l'auteur qui se vengerait cruellement.

        5 - Leur vie est aussi à la merci du caprice du premier venu.

        6 - Une misère extrême et générale ronge la population juive de Palestine, comme le faisait autrefois la lèpre. Privés des ressources qu'offrent l'agriculture et le commerce, ces infortunés ne vivent que des offrandes de leurs confrères de la Diaspora.

Amélioration du statut légal et politique des Juifs dans l'Empire ottoman

        C'est seulement en 1839 qu'a commencé à s'améliorer dans l'Empire ottoman le statut légal et politique des Juifs, avec la publication d'un firman (décret royal) annulant la capitation. Avec l'engagement grandissant des puissances occidentales dans l'Empire ottoman, les Juifs parviennent à obtenir, au milieu du 19e siècle, un statut d'égalité civile et légale avec le reste de la population. Il en résulte de meilleures conditions de vie qui font, en 1840, augmenter la population de la Palestine à 70 000, dont 10 000 juifs.

        Grâce aux activités politiques de personnalités telles que Sir Moïse Montefiore d'Angleterre qui, en 1840, alla plaider à Istanbul devant le Sultan pour mettre un terme à une accusation de meurtre rituel à Damas, et Adolphe Crémieux, en France ; grâce aussi à la contribution d'organismes comme l'Alliance israélite universelle française et l'Agoudat Ahim anglaise, les Juifs obtiennent un statut d'égalité dans l'Empire ottman.

        C'est seulement en 1838 que s'établi le consulat de Grande-Bretagne à Jérusalem, suivi cinq ans plus tard par les consulats de France et de Prusse, puis par ceux d'Autriche et d'Espagne.

        En 1845, la population de Jérusalem comptait 15 510 habitants, dont 7 120 Juifs, 5 000 Arabes musulmans et 3 390 Chrétiens.

        En 1865, le Consulat britannique à Jérusalem indiquait que la population de Jérusalem était de 18 000 habitants, dont 9 000 Juifs.

        De 1865 à 1914, la population de Jérusalem passe à 80 000 habitants, dont 50 000 Juifs, soit près des deux tiers de la population de la ville.

        Dès la fin du 19e siècle, Jérusalem comptait déjà 60 quartiers juifs dont les habitants arrivaient d'Irak, du Yémen, de Perse, de Bukhara, du Kurdistan, de Georgie, de Daghestan, d'Alep, de Damas, d'Égypte, d'Europe orientale, d'Angleterre et des États Unis.

 Témoignages de Palestine

        En 1867, l'écrivain Mark Twain visita la Palestine. Il décrit une région désolée dont le sol est suffisamment riche mais abandonné aux mauvaises herbes - une morne et silencieuse étendue. La désolation présente est telle que l'imagination la plus fertile ne pourrait gratifier ce paysage d'un semblant de vie ou de mouvement. Nous n'avons pas vu un seul être humain sur notre trajet. À peine ça et là un arbre ou un caroubier. Même l'olivier et le cactus, derniers amis des sols pauvres, semblent avoir déserté ce pays. Aucun peuple ne l'a considérée comme sa terre, son pays. Elle n'est plus qu'une province lointaine, pauvre et perdue, livrée à des nomades. Les forêts ont disparues, les villes tombent en ruine et pendant des siècles pas une ville nouvelle n'y sera construite. Par qui et pour qui le serait-elle ?

Source : Les innocents à l'étranger.

      En 1913, le rapport de la Commission Royale sur la Palestine du gouvernement britannique indique :

        « La route menant de Gaza aux régions du Nord n'est qu'une piste tout juste bonne pour les transports à dos de chameau ou d'âne. Aucun oranger n'y pousse et l'on n'y voit aucun vignoble ou verger avant le village de Yabna (Yavné). Les maisons ne sont que des cases sans fenêtre. Les charrues sont en bois. Les conditions sanitaires des villages sont affreuses. Il n'y a pas d'écoles. La côte Ouest est presque désertique. Il y a peu de villages dans cette région. »

        Des siècles d'occupations étrangères avait fait de la Terre d'Israël (Palestine) une terre faiblement peuplée, peu cultivée et négligée, parsemée de collines rongées par les sables de déserts hostiles et de marais où sévissait la malaria. Son système séculaire d'irrigation désagrégé, ses forêts disparues.

        En 1931, Lewis French, nommé directeur du développement de la Palestine par le gouvernement britannique écrit :

        « Le pays est peuplé de fellahin vivant dans des bâtisses de boue séchée et souffrant d'une malaria endémique. De grandes parties du pays ne sont pas du tout cultivées. Les fellahin sont sans cesse soumis au pillage de leurs voisins nomades, les bédouins. »

        Vers 1870, 70 000 immigrants Juifs viennent en Palestine pendant la première alyah, mais seulement la moitié supporte les conditions extrêmement difficiles qui les attend et y reste. La majorité de ces derniers se dirige vers les villes de Jaffa, Haïfa et les nouveaux faubourgs de Jérusalem. Seule une minorité, comprenant les membres du mouvement Bilou, symbole de la première alyah, associé à l'idée du retour en Palestine et du retour à l'activité agricole, fonde de nouvelles colonies.

        C'est le baron Edmond de Rotschild (1845-1934) qui va leur apporter secours. Il envoie des experts en agriculture qui introduisent de nouvelles cultures (thé, coton et tabac), qui les aide à améliorer leurs méthodes de travail et de gestion et à établir une base d'exploitation agricole sur les plantations d'agrumes dans les moshavot.
  
1891 : première opposition des Arabes de Palestine

        Cent dignitaires arabes représentant la minorité arabe de Jérusalem envoient une pétition aux autorités turques pour leur demander d'interdire l'immigration juive et la vente de terres aux Juifs.
       
1904-1914, deuxième alyah en Israël

        Cette nouvelle vague d'immigrants est composée de Juifs ayant quitté la Russie après les pogroms de 1903 et 1905. Tout comme leurs prédécesseurs, la plupart se dirigent vers les villes, mais une minorité cherche à créer en Palestine une société idéale qui intégrerait les idées de renaissance nationale et de révolution sociale selon les principes sionistes et socialistes.
       
Le nationalisme arabe au Proche-Orient

        L'impact des mouvements nationalistes européens au début du 20e siècle s'étend jusqu'aux intellectuels arabes du Moyen-Orient, de sorte qu'au moment où un nouveau nationalisme Juif se manifeste en Europe, en Orient se développe un nationalisme arabe.

        En prenant pieds en Palestine, le sionisme vise à restaurer la patrie que l'on avait retirée aux Juifs, alors que les nationalistes arabes voient dans l'établissement sioniste un corps étranger faisant obstacle à l'unité arabe.

        Avant la Première guerre mondiale, deux différents groupes prennaient place dans le mouvement nationaliste arabe. Un courant était favorable à l'autodétermination à l'intérieur de l'Empire ottoman, tandis que l'autre voyait une nation arabe indépendante. Règle générale, les Arabes demeurant en Palestine qui montraient un intérêt pour le nationalisme arabe étaient dans le courant pro-ottoman.

        
1897, appel lancé aux Juifs par Théodor Herzl

        Le premier Congrès Sioniste réuni à Bâle approuve la création de l'Organisation Sioniste Mondiale, Sion désigne selon la tradition, Jérusalem et la Terre d'Israël.

        
La propriété des terres en Palestine, 1914-1918

        Les terres de Palestine ruinées par des siècles de négligence étaient faiblement exploitées par des paysans misérables au service de grands propriétaires turcs. Ces derniers possédaient environ 30 % du territoire de la Palestine, 70 % du territoire restant appartenait au Sultan de Turquie (terres domaniales).

        
Conquête de la Palestine par les Anglais en septembre 1918

        Le général Allenby chasse les Turcs de Jérusalem et de la Galilée ; la Palestine se trouve dans les mains de l'Angleterre. La défunte Société des Nations confie le manda aux vainqueurs pour gouverner le pays.

        La Première guerre mondiale change les données. L'effondrement de l'Empire ottoman et la promesse britannique d'accorder la Syrie au hachémite Fayçal favorise les partisans de la Grande Syrie, principe d'une nation arabe indépendante. Les Arabes de Palestine tiennent, en 1919, un premier congrès où ils définissent la Palestine comme la Syrie du sud.

En 1920, l'alyah des juifs des pays musulmans

        À travers les générations, les Juifs des pays musulmans ont toujours exprimé leur attachement à la Terre d'Israël, dans leurs prières et coutumes, dans la poésie et la chanson, dans les pèlerinages (la Zi'ara), dans le paiement d'une taxe telle que la donation de Jérusalem, et même par l'alya d'environ 50 000 d'entre eux.

Pour les premiers pionniers du retour en Israël

        Les premiers pioniers juifs d'Israël n'avaient aucune intention de chasser les descendants des Musulmans arabes qui avaient envahi la Palestine en 638, sans autre droit que celui de leurs armes. Ils pensaient seulement y trouver, eux aussi, leur patrie. Car, s'il est une terre au monde où les Juifs peuvent se considérer chez eux, c'est bien la Judée, qui porte leur nom.

Création de l'État de Jordanie, 25 mai 1923

        En décembre 1920, le nouveau roi d'Irak, Abdallah, se dirige vers la frontière de Transjordanie : son intention affichée est de rassembler des forces pour combattre les Français qui viennent d'envahir la Syrie. Les Anglais le persuadent de renoncer à son projet et de céder le trône d'Irak à son frère Fayçal, chassé de Syrie : ils lui proposent l'émirat de Transjordanie.

        C'est ainsi, sans consulter ni les Juifs ni les Arabes de Palestine, que la Grande-Bretagne a amputé 95 000 kilomètre carrés - sur les 120 000 du territoire palestinien placé sous Mandat, soit toute la région à l'est du Jourdain. Ce territoire à été administré par la Grande-Bretagne comme territoire sous mandat jusqu'en 1946.

        En 1949, l'émirat de Transjordanie devient le royaume Hachémite de Jordanie, un État véritablement reconnu comme partie intégrante du Proche-Orient.

        Par la création de ce royaume de Jordanie, la Palestine historique est amputée d'environ 80 % de son territoire original à l'est du Jourdain. C'est ainsi que ce territoire se trouve exclu arbitrairement du Foyer national juif par l'Angleterre.

Distribution illégale des terres

        Contrairement aux termes du mandat, l'Angleterre distribua des terres fertiles à des nomades bédouins arabes qui ne les cultivèrent même pas et se bornèrent à les vendre à des immigrants juifs à des prix exorbitants. Devant cet état de chose, les Juifs allèrent de déception en déception, perdirent confiance, mais se réjouirent quand même d'avoir pris pieds sur la terre de leurs ancêtres.

La violence en Palestine, février 1920

        Après la chute du régime de Faycal à Damas sous les attaques des troupes françaises, l'idée de la Palestine comme région de la Syrie du sud est abandonnée. Les Arabes locaux commencent à se définir comme Palestiniens, tournant leurs efforts vers le rejet du Foyer national juif et vers l'instauration d'un gouvernement arabe palestinien représentatif.

        Les notables, les grands féodaux arabes de Jérusalem, réveillent et attisent dans la masse le ferment nationaliste. Apparaît alors le plus acharné, un démagogue arabe de Jérusalem, Hadj-Amin-el-Husseini. Il est le principal responsable de l'agitation qui, dès février 1920, saisi la foule arabe.

        Les colonies juives de Haute-Galilée, Tel-Haï, Kfar Guiladi, Metoulla, sont attaquées par des arabes armés de couteaux. Il a dix morts. À Jérusalem, à l'occasion de la Pâque, les Arabes attaquent les Juifs à coups de pierres, de matraques, de couteaux, pillent maisons et magasins.

        Cent quatre-vingt Juifs sont blessés, plusieurs à mort. Jabotinski est trouvé coupable d'avoir organisé la défense des Juifs sauvagement attaqués.

        Dans un but d'apaisement, le gouvernement britannique nomme Haut-commissaire, Sir Herbert Samuel, un israélite anglais. Arrivé le 1er juillet 1920, il proclame une amnistie générale, Jabotinski est libéré, mais aussi Had-Amin-el-Husseini qui devient, en 1921, Grand Mufti de Jérusalem, chef suprême des Arabes de Palestine.

        Les Britanniques proposent à plusieurs reprises de créer une Agence arabe ou encore un Conseil législatif où les Arabes auraient eu la majorité ; loin de saisir ces occasions, le Grand Mufti et son entourage les repoussent avec fureur. Ils n'acceptaient pas de composer avec les Juifs. Leur objectif est clairement exprimé dès ce moment là : la liquidation de la présence juive en Palestine à la fin du Mandat britannique, et la création immédiate d'un État palestinien purement arabe.

        Devant le refus britannique d'accéder aux demandes arabes, le défilé juif du 1er mai 1921 à Jaffa est attaqué par des contre-manifestants arabes, et à Tel-Aviv, on tue des Juifs sans défenses, tel le poète Haïm Brenner et sa famille.

        Tandis qu'on laisse armes et munitions aux Arabes, tout Juif porteur d'un revolver est arrêté. La police palestinienne, en majorité arabe et anglaise, ferme les yeux sur les méfaits organisés par des chefs religieux musulmans arabes.

        Les Britanniques finissent par se rendre aux demandes arabes, ils limitent l'immigration juive en Palestine. Les Arabes, qui croyaient pouvoir atteindre par la violence leur principal objectif : l'abolition du Foyer national juif, sont déçus. Leurs leaders, perplexes quant à l'utilité de la violence, se tournent pour une courte période vers la lutte politique.

Soulèvement sanglant contre les Juifs en 1929

        De Jérusalem, un soulèvement sanglant déferle sur tout le pays avec une ampleur et une violence sans précédent. Il met fin à la mixité dans les quartiers judéo-arabes et les Juifs de Naplouse (Sheshem), Jénine et Gaza abandonnent ces villes. À Hébron, le 23 août 1929, selon le témoignage de Sir John Chancellor, on déplore « des meurtres sauvages perpétrés sur des membres sans défense de la communauté juive, sans égard pour l'âge ou le sexe et accompagnés d'actes de férocité indicibles, incendies des fermes et des maisons, dans les villes et les campagnes, pillage et destruction des biens ».

Publication d'un Livre blanc, octobre 1930

        La réponse de l'administration britannique à tous ces crimes fut la publication d'un Livre blanc qui limitait l'immigration juive en Palestine et, d'autre part, décidait de mesure draconiennes qui devaient empêcher les Juifs de s'armer pour leur défense.

Création de mouvements clandestins de résistance juive

        Pour les juifs, il ne leur restait qu'à organiser clandestinement leur résistance. C'est à quoi répond la création de la Hagana de Jabotinsky, à quoi s'ajouteront les organisations parallèles de l'Irgoun et du groupe Stern.

Les Juifs d'Europe essaient de se réfugier en Palestine

        Jusqu'ici, malgré une situation explosive, les communautés juive et arabe collaboraient tant bien que mal. Sous le mandat britannique, elles avaient quand même un certain nombre de points et de problèmes communs. Cependant, à partir de 1935, les pays arabes voisins manifestèrent une violente opposition à l'immigration clandestine des Juifs, immigration qui était surtout provoquée par les persécutions nazies. Dès ce moment, un antagonisme commence à naître entre les deux communautés.

        En 1936, les Arabes se constituent en groupe de guérilla, avec le soutien des pays arabes voisins, et s'en prennent aussi bien aux colonies juives qu'aux Britanniques présents en Palestine.

L'Angleterre propose une solution de règlement

        La Grande-Bretagne tentait à présent de résoudre le conflit qui allait en s'aggravant. Elle chargea une commission d'étude du problème qui recommanda, de 1936 à 1938, de partager ce qui restait du territoire de la Palestine (c'est à dire à peine 30 % du territoire de la Palestine historique) en un État arabe et un État Juif avec une enclave britannique. Les dirigeant de la communauté juive en acceptèrent le principe comme base de discussion.

        Les Arabes accueillirent la proposition par un refus net et la repoussèrent. Les Arabes, ne trouvant pas d'issue pour faire annuler en entier les promesses de l'Angleterre aux Juifs, se tournèrent vers l'Allemagne et furent par la suite soutenus par le gouvernement nazi dans l'exécution de leurs crimes contre les Juifs.

        Le dirigeant incontesté de la communauté arabe palestinienne était le Mufti de Jérusalem, Haj Amin el-Husseini, qui s'empressa de se joindre aux nazis et vécut à Berlin auprès d'Hitler durant toute la deuxième Guerre mondiale.

        Tandis que David Shaltiel, parti chercher des armes en Europe, se fait coffrer par la Gestapo et envoyer à Dachau et Buchenwald jusqu'au 18 mars 1939, le Grand Mufti de Jérusalem se fait ravitailler en armes par Hitler. Exilé par les Anglais, en juillet 1937, il continue son action à Bagdad où l'accueille Nouri-Saïd.

        En 1941, le Grand Mufti de Jérusalem épouse la cause des nazis et se réfugie à Berlin auprès d'Hitler auquel il offre la collaboration d'une brigade de Waffen SS arabes. Accompagné d'Eichmann, il visite les chambres à gaz d'Auschwitz et encourage la solution finale à la question juive.

        Alors que la persécution des Juifs fait rage en Allemagne, en Autriche et en Tchécoslovaquie, les Arabes de Palestine continuent de se livrer à de sauvages agressions contre les Juifs. Le 4 octobre 1938, 19 Juifs sont brûlés ou poignardés à Tibériade. La synagogue est incendiée.

        À cela, l'Administration britannique répond par un nouveau Livre blanc, le 17 mai 1939, qui limite pour cinq ans l'immigration juive.

(Source : Michel Riquet, L'équivoque palestinienne)

Population palestinienne entre 1922 et 1945

        Elle avait plus que quintuplé. La majorité des terres marécageuses et sablonneuses qui appartenaient aux Arabes avaient été achetées par les immigrants juifs à des prix très élevés.
      
Après la défaite des nazis en Europe en 1945

        Le retour en Palestine de certains chef arabes qui avaient résidé durant la guerre en Allemagne fut néfaste aux Juifs. Ces nationaliste nazifiés continuèrent d'attiser la haine antisémite.

Influence de la communauté juive sur la population arabe de Palestine

        Si de 1919 à 1948 la population juive de Palestine s'est accrue de 483 000 personnes, la population arabe a elle aussi augmenté de 558 085 personnes. Mais la natalité n'est pas le seul facteur de cet accroissement, alors que la mortalité infantile est de 150 pour mille naissances.

Avant 1922, la population arabe était en baisse

        C'est seulement après 1922 que les Arabes commencèrent à affluer de Syrie, d'Irak, du Liban, de Transjordanie et d'Égypte. On trouve encore aujourd'hui, sur la rive Ouest, la preuve de ces immigrations. Ainsi deux des familles les plus importantes de la région sont les clans Djaabari et Masri. Or le nom de Djaabari est le nom d'un village d'Irak, et Masri est le nom arabe d'Égypte.
       
En 1943, la population non juive de Palestine avait augmenté de 75 %

        Comme le fait remarquer un rapport de l'UNRWA : après 1931, les emplois et, d'une façon générale, le développement de l'industrie plus rapide en Palestine que dans les pays arabes voisins, ont attiré de nombreux ressortissants de ces pays, bien souvent sans que les autorités britanniques aient enregistré leur entrée sur le territoire. C'est ainsi qu'en 1922, la population de la Palestine sous mandat britannique qui était de 752 048 personnes, passe au 31 décembre 1943 à : 502 912 Juifs, 131 281 Chrétiens et 394 522 Arabes, pour une population totale de 1 676 571 personnes.

        Pendant cette même période, les Arabes bénéficient d'un libre accès en Palestine mais l'immigration juive est limitée, puis interdite par les Arabes et les Britanniques Les Juifs auraient pu constituer une majorité en Palestine si on leur avait permis d'entrer, comme le prévoyait le mandat accordé aux Britanniques par la défunte Société des Nations. Il en fut autrement, et des millions de Juifs ne purent immigrer dans leur patrie, la Palestine, et furent exterminés par les nazis. L'Holocauste nazi empêcha qu'une majorité juive soit constituée en Palestine.

Les conséquences bénéfiques de l'augmentation de la population juive en Palestine

        L'augmentation de la population juive en Palestine est loin d'avoir d'entraîné un appauvrissement du pays. Elle y apporta une richesse et une augmentation de l'emploi telles que les Arabes des pays voisins y sont venus travailler et s'y fixer.

        C'est ce que tenait à souligner, dans une déclaration à la BBC le 23 mai 1939, Lloyd George : « l'immigration juive a élevé le niveau de vie des Arabes en Palestine. Leurs salaires ont triplés. Leur hygiène s'est améliorée grâce aux institutions médicales et aux aménagements sanitaires réalisés par les Juifs ».

        En de nombreuses régions, l'eau est abondamment fournie pour l'irrigation, l'énergie électrique et les besoins domestiques. La malaria disparaît grâce à l'assèchement des marais. Grâce à l'exemple juif également, les méthodes primitives de culture se transforment petit à petit. Aucun Arabe n'est exproprié de sa terre contre son gré. Les Juifs achètent des marais infestés par la malaria, ainsi que des collines pierreuses, en les payant à leurs propriétaires arabes à des prix exorbitants. Ensuite, ils drainent ces marécages, irriguent les déserts, les fertilisent et les ensemencent jusqu'à ce que la terre de Canaan, où coulait jadis le lait et le miel, apparaisse à nouveau.

Résolution 181 de l'ONU, 31 août 1947

        Le 31 août 1947, le Comité spécial de l'ONU pour la Palestine (UNSCOP) recommanda la fin du mandat britannique et « le partage de la Palestine en deux États indépendants, l'un arabe et l'autre juif, destinés à être liés par une union économique avec un statut international pour Jérusalem ». Les Juifs acceptent les recommandations de la résolution 181. Les Arabes de Palestine et les gouvernements de tous les États arabes, refusent d'accepter les recommandations de la résolution 181, et font savoir qu'ils s'opposeront par la force à l'application de ces recommandations.

Position de la Grande-Bretagne sur la résolution 181 de l'ONU

        La Grande-Bretagne déclare qu'elle n'appuierait pas l'application de la résolution 181 des Nations Unies et refuse l'entrée en Palestine à une autre commission de l'ONU. Elle borne sa responsabilité au maintien de la loi et de l'ordre jusqu'à la fin de son mandat. Les Britanniques sont neutres en principe, mais en fait Bevin et le Foreign Office soutiennent l'annexion par Amman de la partie arabe du plan de partage.

En septembre 1947, rien n'est joué lorsque se réunit l'Assemblée générale de l'ONU

        Les dix pays arabes et musulmans membres de l'ONU n'ont qu'à rallier neuf autres pays pour éviter qu'une majorité des deux tiers n'entérine le partage de la Palestine. Les délégués du Yshouv (terme qui désigne l'ensemble des Juifs installés en Palestine entre 1882 et 1948) font porter tous leurs efforts diplomatiques sur les pays d'Amérique du Sud. En cela, ils sont puissamment aidés par les personnalités marquantes suivantes :

        . Jorge Garcia Branados, guatémaltèque membre de l'UNSCOP,
        . Ossvaldo Aranha, brésilien, président de l'Assemblée générale de l'ONU,
        . Harry S.Truman, président des États-Unis, qui joua un rôle décisif.
      
Le 29 novembre 1947, l'ONU adopte le plan de partage de la Palestine (Résolution 181)

        Le plan de partage est adopté par 33 voix pour, 13 contres et 10 abstentions.

        On voté pour : Australie, Belgique, Bolivie, Brésil, Biélorussie, Canada, Costa Rica, Tchécoslovaquie, Danemark, République Dominicaine, Équateur, France, Guatemala, Haïti, Islande, Liberia, Luxembourg, Hollande, Nouvelle-Zélande, Nicaragua, Norvège, Panama, Paraguay, Pérou, Philippines, Pologne, Suède, Ukraine, Afrique du Sud, Uruguay, URSS, États Unis, Venezuela.

        On voté contre : Afghanistan, Cuba, Égypte, Grèce, Inde, Irak, Liban, Pakistan, Arabie Saoudite, Syrie, Turquie, Yemen.

        Se sont abstenus : Argentine, Chili, Chine, Colombie, El Salvador, Éthiopie, Honduras, Mexique, Angleterre, Yougoslavie.

        Immédiatement après l'adoption de la résolution 181, les États arabes, du haut de la tribune de l'ONU, proférèrent la menace de briser par la force le plan de partage de la Palestine.

Le 30 novembre 1947, le lendemain de l'adoption du vote de la Résolution 181 des Nations Unies

        L'Agence juive confirme son acceptation de la décision prise par les Nations Unies. Les gouvernements arabes et les dirigeants arabes palestiniens, furieux, refusent d'accepter la résolution. En riposte, le Haut comité arabe de Palestine proclame la grève générale et un autobus juif est attaqué sur la route de Jérusalem.

Deux mois avant la déclaration de l'indépendance du jeune État d'Israël

        L'Angleterre avait commencé à mettre tout en oeuvre pour faciliter l'invasion du futur État d'Israël par les armées de la Ligue arabe, dont celle de Kawoukji, qu'elle introduit clandestinement dans le pays deux mois avant son retrait officiel, alors que la flotte de guerre anglaise envoyée par Londres maintenait le blocage de la Palestine pour empêcher des armes de parvenir au futur État d'Israël.

        La réplique à ce blocus fut un pont aérien établi par le gouvernement soviétique, organisé à partir de la Tchécoslovaquie, qui achemina armes et matériels militaires au jeune futur État d'Israël, qui en avait un besoin urgent pour assumer sa défense.

        

        L'État d'Israël premd forme le 17 avril 1948

        Un Conseil national formé de 37 membres qui viennent des comités exécutifs de l'Assemblée du Yshouv et de l'Agence juive est crée. Il choisit 13 de ses membres pour former l'Exécutif national.

        Ces deux institutions mettent rapidement en place des services gouvernementaux de justice, de police, de poste, d'impôts, de santé et d'aide sociale. Elle ratifient le texte définitif de la Déclaration d'indépendance préparé par Ben Gourion et approuvent le nom du nouvel État : Israël.

Déclaration de l'indépendance d'Israël

        Le 14 mai 1948, le Conseil national proclame la naissance de l'État d'Israël en accord avec le plan de partage de la Palestine, Résolution 181 de l'ONU. La Proclamation de l'indépendance d'Israël se présente formellement sous la forme d'un document de près de 700 mots (en hébreu) contresigné par les 37 membres du « Conseil du Peuple » qui se transformait en organe législatif provisoire sous la dénomination du Conseil provisoire de l'État.

Reconnaissance de l'État d'Israël

        Le 15 mai 1948, les États-Unis reconnaissent l'État d'Israël de facto et, deux jours plus tard, l'URSS reconnaît de jure le nouvel État. L'adoption de la Résolution 181 par l'Assemblée générale de L'ONU, le 29 novembre 1947, avait ouvert la porte à cette étape.
        
Le 15 mai 1948, fin de la domination étrangère sur la Terre d'Israël

        Les troupes britanniques évacuent le pays le 15 mai 1948. Leur départ met fin à 1 800 ans de domination étrangère sur la Terre d'Israël.

        Mais avant de partir, les Britanniques font encore plus pour faciliter la tâche aux armée arabes qui s'apprêtaient à envahir et détruire le jeune État d'Israël : ils transfèrent leurs bases militaires avec tout leur équipement aux arabes, et placent le général anglais Glubb Pacha à la tête de la Légion arabe de Transjordanie pour la commander, et des officiers britanniques pour l'encadrer.

Le 15 mai 1948, invasion du territoire d'Israël

        Le 15 mai 1948, à l'aube, quelques heures à peine après la proclamation de l'indépendance d'Israël, les armées de l'Égypte, de la Syrie, du Liban et de l'Irak, ainsi que la Légion arabe de Transjordanie commandée par le général anglais Glubb Pacha et des officiers britanniques, appuyées par des contingents de l'Arabie Séoudite, envahissent le jeune État d'Israël. Le but de l'invasion fut défini par le Secrétaire général de la Ligue arabe du temps, Azzam Pacha, en ces termes :

        « Cette guerre sera une guerre d'extermination et de massacre. On en parlera comme des massacres mongols et des Croisades ». BBC, 15 mai 1948.

        

        Le 7 janvier 1949, accord d'Armistice de Rhodes, cessez-le-feu, et conséquences de l'agression arabe

        Le 11 septembre 1948, l'Assemblée générale de l'ONU adoptait une résolution appelant les parties à négocier la paix et créait une Commission de réconciliation en Palestine, qui comprenait les États-Unis, la France et la Turquie. Toutes les délégations arabes votèrent contre cette résolution.

        Les États arabes mirent comme préalable aux négociations l'acceptation par Israël du partage voté en 1947 par l'ONU, qu'ils avaient pourtant eux-mêmes rejeté à l'époque. Le but de cette manœuvre était évidemment de faire apparaître les Arabes comme les défenseurs du droit international.

        L'opinion internationale accepta mal ce tour de passe-passe, qualifié de « doctrine de la guerre à responsabilité limitée ». Selon cette théorie, un agresseur peut rejeter une décision de compromis votée par l'ONU, puis « jouer à la guerre » dans la certitude que s'il perd, il peut demander que le compromis initial soit rétabli.

        Le 7 janvier 1949, le cessez-le-feu est imposé sous la pression conjointe des Anglais et des Américains. L'Égypte accepte de négocier la fin des combats. Le 24 février 1949, Israéliens et Égyptiens signent à Rhodes, sous l'égide de l'ONU, un accord d'armistice.

        Cet accord règle dans l'immédiat les questions militaires et ouvre la voie à des négociations de paix. Israël tient tous les territoires qui lui avaient été attribués par l'ONU, ainsi que la Galilée occidentale, la partie juive de Jérusalem et le corridor de Jérusalem, soit une superficie d'un tiers supérieure au partage de l'ONU.

        L'Accord d'armistice garantit à chacune des parties le droit à la sécurité et prohibe le recours effectif ou intentionnel à la force. L'accord prévoit également que les signataires arabes empêcheraient des troupes irrégulières d'attaquer, à partir de leur territoire, les forces israéliennes, et que l'application de l'armistice serait sous contrôle des observateurs de l'ONU.

        Des accords semblables sont signés avec le Liban le 23 mars 1949, la Transjordanie le 3 avril 1949, et la Syrie le 20 juillet 1949.

La guerre du Sinaï en 1956

        De 1949 à 1956, les relations israélo-arabes sont été théoriquement régies par les accords d'Armistice de Rhodes.

        Mais ces accords furent interprété différemment à Jérusalem et dans les capitales arabes. Les Israéliens les considéraient comme un premier pas vers la paix, tandis que les Arabes y voyaient un intermède, et déclaraient qu'ils étaient toujours en état de guerre.

        Le 26 juillet 1956, du fait de « l'état de belligérance », l'Égypte se considéra autorisée à fermer le canal de Suez aux navires israéliens.

        Le 1er septembre 1956, le Conseil de Sécurité de l'ONU statua que l'Égypte ne pouvait pas demeurer en état de belligérance et lui donna l'ordre d'ouvrir le canal au trafic israélien.

        L'Égypte refusa. Elle ajouta l'installation de batteries à Charm-El-Cheikh et empêcha les navires israéliens de passer à travers le détroit de Tiran. De plus, l'Égypte organisa des opérations de feddayin (commandos terroristes) au coeur même du territoire israélien.

        L'article III de l'Armistice de Rhodes contenait au paragraphe 2 une clause selon laquelle « les forces paramilitaires de chacune des parties, y compris d'éventuelles forces non régulières, ne commettront pas d'acte militaire ou hostile contre les forces militaires ou paramilitaires de l'autre partie, où contre des civils du territoire sous contrôle de cette partie ».

        Le paragraphe 3 du même article établissait qu'aucun acte de guerre ou acte d'hostilité ne serait conduit à partir de territoires contrôlés par l'une des parties engagées dans cet accord, contre l'autre partie.

        Pendant les six années durant lesquelles cet état de belligérance régnait, Israël dénombrait 1 843 cas de vol à main armée et de brigandage, 1 339 cas d'accrochage avec des forces égyptiennes, 345 cas d'incursions à partir des territoires sous contrôle égyptien, 172 cas de sabotage perpétrés par des unités militaires égyptiennes ou des feddayin en territoire israélien. Au total : 172 cas de sabotage causant de lourdes pertes, soit 364 Israéliens blessés et101 tués. Pendant la seule année de 1956, ces agression égyptiennes ont entraîné la mort de 28 Israéliens et causé 127 blessés ».

        En 1955, l'Égypte commença à importer des armes du bloc soviétique. En 1956, le président égyptien Nasser nationalisa le canal de Suez. En octobre 1956, Nasser fit alliance avec la Jordanie et intensifia les attaques de feddayin contre Israël. C'est alors seulement qu'Israël organisa des opérations défensives contre l'Égypte et procéda à l'occupation de Gaza et du Sinaï.

        « Ignorer tout ces raids égyptiens et traiter Israël comme s'il était l'agresseur et l'Égypte comme si elle était l'innocente victime, est une faute grave en politique, indéfendable dans son principe et en fait entièrement irréaliste et impraticable. »

        Les États-Unis rejoignirent cependant l'Union soviétique dans une attitude hostile à Israël. Le président Eisenhower contraignit, par des pressions diverses, les Israéliens à évacuer Gaza et le Sinaï en 1957. En contrepartie, il promit à Jérusalem que le canal de Suez serait ouvert et que la libre circulation dans le golfe d'Akaba et en mer Rouge serait garantie par Washington et par l'ONU.

        Cette promesse devait être réduite à néant lors de la crise de mai 1967, qui mena à la Guerre de six jours.

La Guerre des six jours : 5 juin 1967

        C'est en février 1966 que les pays arabes ont commencé à déployer un dispositif militaire contre Israël en vue d'une agression.

        Le président égyptien Nasser, à la suite d'un échec militaire au Yémen, et devant une situation économique interne qui s'aggravait, fit un discours très amer dirigé contre les État-Unis, l'Arabie Saoudite et Israël. La même semaine, un groupe d'officiers affiliés à l'aile gauche du parti nationaliste Baas prit le pouvoir en Syrie. Damas lança aussitôt une nouvelle campagne de terrorisme contre Israël.

        Les Soviétiques exploitèrent ces faits nouveaux. Il accordèrent une aide militaire et économique accrue à la Syrie afin de menacer les intérêts pétroliers occidentaux en Irak, de mettre en danger le régime pro-occidental du roi Hussein de Jordanie, et de harceler les Israéliens.

        Le Kremlin continua à soutenir Nasser sur les plans militaire, diplomatique et économique, afin de consolider l'influence soviétique en mer Rouge et de renverser le régime pro-occidental du roi Fayçal d'Arabie Saoudite.

        Toute nouvelle crise au Proche-Orient provoquée par l'Égypte ou la Syrie, permettait aux Soviétiques d'introduire leur flotte en Méditerranée : mer jusqu'alors réservée à la VIe flotte américaine.

        Durant cette période, les attaques terroristes contre Israël s'intensifièrent. On passa de 35 attaques en 1965 à 41 en 1966, et à 37 dans les quatre premiers mois de 1967. En outre, l'armée syrienne bombardait, avec son artillerie, les villages israéliens de Galilée à partir des hauteurs du Golan.

        Israël déposa des plaintes au Conseil de Sécurité de l'ONU, mais les Soviétiques protégèrent systématiquement les Syriens en usant de leur droit de veto.

        En août 1966, des hauteurs du Golan, les Syriens ouvrirent le feu contre des tracteurs israéliens sur les bords du lac de Tibériade. Les avions israéliens abattirent 6 Migs syriens.

        Le 15 mai 1967, jour du 19e anniversaire de l'indépendance d'Israël, les forces égyptiennes pénétrèrent dans le Sinaï, contrairement aux accords de démilitarisation de 1957. Le 17 mai 1967, la radio du Caire, la «Voix des Arabes », proclamait : « Toute l'Égypte est dorénavant prête à une guerre totale qui mettra fin à l'État d'Israël ».

        Les troupes de l'Égypte occupent Cham-el-Cheikh, verrou du golfe d'Akaba. Nasser obtient du secrétaire général de l'ONU, U Thant, le retrait des «castes bleus ».

Le 18 mai 1967, la « Voix des Arabes » annonça :

        « Puisque désormais, il n'existe plus de force d'urgence internationale pour protéger Israël, nous ne patienterons plus. Nous n'allons plus porter plainte à l'ONU au sujet d'Israël. La seule méthode que nous emploierons contre Israël est une guerre totale qui aboutira à l'extermination de l'existence sioniste. »

        Écho enthousiaste en Syrie, où le ministre de la Défense, le général Assad (plus tard, il deviendra le président de la Syrie) déclarait le 20 mai 1967 :

        « Nos forces sont maintenant tout à fait prêtes non seulement à repousser l'agression, mais à commencer la libération en détruisant la présence sioniste dans la patrie arabe. L'armée syrienne, le doigt sur la gâchette, est unie... Moi, en tant que militaire, je crois qu'il est temps d'entrer dans la bataille de libération. »

        Les Israéliens protestèrent auprès de l'ONU. Lorsqu'ils avaient retiré leurs troupes du Sinaï en 1957, c'était avec l'assurance que les « caste bleus » seraient stationnés à Gaza et à Charm-el-Cheikh pour empêcher les attaques terroristes et pour permettre la navigation israélienne dans le golf d'Akaba.

        U Thant s'est alors envolé vers le Caire pour obtenir un délai. Nasser proclama officiellement que le détroit de Tiran et le golfe d'Akaba étaient fermés à la navigation israélienne. Cet acte de blocus constitue selon la loi internationale un « casus belli » : une agression à laquelle on peut légitimement répondre par une guerre défensive.

        Nasser était conscient des conséquences éventuelles de sa politique. Le 22 mai 1967, il déclarait, devant l'armée égyptienne, et en présence de la presse internationale :

        « Le pavillon israélien ne flottera pas dans le golfe d'Akaba. Notre souveraineté sur l'entrée du Golfe ne peut être contestée. Si des désirs d'Israël sont de nous faire la guerre, nous lui disons : soyez les bienvenus. »

        En mai 1967, les Syriens avaient envoyé à Nasser un rapport alarmant, selon lequel Israël avait concentré 19 brigades sur leur frontière. Ce rapport fut présenté plus tard comme le motif réel de l'entrée des troupes égyptiennes dans le Sinaï. En fait, dès le mois de mars 1967, Gromyco avait conseillé à Nasser de retirer certaines troupes du Yémen et de les déployer dans le Sinaï afin d'exercer une pression militaire sur Israël.

        Les États-Unis et L'ONU adressèrent pour leur part des rapports précis selon lesquels Israël n'était pas en train de mobiliser. Le secrétaire général de l'ONU, U Thant, le confirma officiellement le 19 mai 1967.

        L'ambassadeur soviétique en Israël, Dimitri Chouvakhine, téléphona au Premier ministre israélien, Levi Eshkol, pour lui transmettre l'accusation de Moscou selon laquelle l'État hébreux concentrait des troupes près de la Syrie. Eshkol lui proposa de l'emmener immédiatement en Galilée afin qu'il puisse voir de lui-même que l'accusation était sans fondement. Mais le diplomate soviétique répondit qu'il était sûr que Moscou n'accusait pas Israël à la légère. Il déclina l'invitation d'Eshkol.

        Dans un procès qui eu lieu après la guerre en Égypte, l'ancien ministre de la Guerre, Shamseddin Badran, indiqua que le général Mohammed Fawzi, le chef d'état-major égyptien, avait personnellement examiné les rapports russe et syrien selon lesquels les Israéliens massaient des forces pour attaquer la Syrie, et avait conclu que « les Russes avaient des hallucinations ».

        Le 28 janvier 1950, l'Égypte avait déjà reconnu le caractère international du détroit de Tiran lorsqu'elle envoya un message ainsi formulé à l'ambassade américaine au Caire : « Il va sans dire que le passage (à travers le détroit de Tiran) restera libre comme par le passé, conformément à la pratique internationale, et avec la reconnaissance du principe de la loi internationale. »

        En 1957, 17 puissances maritimes déclarèrent à l'ONU qu'Israël avait le droit de transiter par le détroit de Tiran. La Convention sur les eaux territoriales et les zones attenantes, adoptée le 27 avril 1958 et entrée en vigueur le 10 septembre 1964 lors de la conférence de l'ONU sur le droit maritime, stipule :

        « Il n'y aura aucune suspension du transit pacifique des bateaux étrangers à travers les détroits qui servent à la navigation internationale ; ni dans la haute mer, ni dans les eaux territoriales d'un État étrangers. »

        En 1967, il était clair que la fermeture du détroit de Tiran constituait un « casus belli ». Le 19 juin 1967, le président des États-Unis, Lyndon Johnson, déclarait :

        « Rien n'a contribué davantage à l'explosion que la décision arbitraire et dangereuse de fermer le détroit de Tiran. Le droit de passage à la marine civile doit être préservé pour toutes les nations. »

        Tant par leurs paroles que par leurs actes, les dirigeants arabes indiquaient qu'ils avaient l'intention d'attaquer Israël et de détruire l'État hébreux.

Citations de discours de Nasser en mai 1967 :

        « Notre objectif de base est la destruction d'Israël. Le peuple arabe veut se battre. » (27 mai 1967)

        « Le blocus de Charm-el-Cheikh signifie une confrontation avec Israël. Le fait d'avoir adopté cette mesure nous oblige à nous préparer à une guerre générale contre Israël. » (27 mai 1967)

        « Nous n'accepterons aucune coexistence avec Israël. Il n'est pas question de l'établissement d'une paix entre les pays arabes et Israël. La guerre avec Israël est une réalité depuis 1948. » (28 mai)

        « Les armées d'Égypte, de Jordanie, de Syrie et du Liban se trouvent le long des frontières d'Israël... pour faire face au défit. Derrière nous se trouvent les armées de l'Irak, de l'Algérie, du Koweit, du Soudan et toute la nation arabe. Cette action étonnera le monde. Aujourd'hui, le monde saura que les Arabes sont prêts à se battre, que l'heure suprême est arrivée. Nous avons atteint le stade des actions sérieuses et non plus des déclarations ». (30 mai)

        Le 31 mai 1967, le roi Hussein de Jordanie se rend au Caire pour y signer un pacte de défense mutuelle avec l'Égypte pour une période de cinq ans. C'était un coup dur à la diplomatie d'apaisement américaine : la Jordanie étant un allié des États-Unis. Cela signifiait qu'Israël se trouvait maintenant confronté à une alliance arabe hostile sur trois frontières.
        
Le 31 mai 1967, le quotidien officieux du Caire, « Al Akhbar » , écrivait :

        « Après les accords militaires signés avec la Jordanie, l'artillerie jordanienne, alliée aux forces d'Égypte et de Syrie, est en mesure de couper Israël en deux à Kalkilia, à l'endroit où le territoire israélien ne présente que 12 kilomètres de largeur, entre la ligne d'Armistice jordanienne et la mer Méditerranée. L'encerclement militaire d'Israël par les forces arabes... justifiera la crainte de Ben Gourion selon laquelle Israël se trouverait dans la gueule du loup. »

        Nasser resserra encore plus le noeud autour d'Israël le 4 juin 1967, en persuadant un autre pays arabe, l'Irak, de joindre son alliance.
        
Le 31 mai 1967, le président irakien Aref déclarait :

        « L'existence d'Israël est une erreur qui doit être rectifiée. Nous avons maintenant l'occasion d'effacer l'ignominie qui existe depuis 1948. Notre but est clair &endash; effacer Israël de la carte. »

        Israël se trouvait devant une double menace. Il était entouré d'armées capables d'utiliser des armes soviétiques sur toutes ses frontières, ainsi que des armes américaines et anglaises sur l'une d'entre elles, la frontière jordanienne.

        Eilat, la fenêtre d'Israël sur l'Orient, sur l'Océan indien et sur la côte orientale de l'Afrique, était dorénavant fermée. Ce blocus du golfe a'Akaba constituait bel et bien le premier acte d'une guerre totale.

        Après la Guerre des six jours, en juin 1967, Israël espérait que les États arabes reconnaîtraient enfin son existence et engageraient des négociations de paix. Au nom du gouvernement israélien d'union nationale (présidé par le travailliste Lévi Eshkol et dans lequel le dirigeant conservateur Menahem Begin était ministre d'État), le ministre israélien des Affaires étrangères, Abba Eban, précisa que tout était négociable.

Réunions de Khartoun, août 1967, les chefs d'État de la ligue arabe répliquèrent par un triple non :

        « Les rois et les présidents arabes ont décidé d'unifier leurs efforts sur le plan international et sur le plan diplomatique afin d'éliminer les conséquences de l'agression et d'assurer le retrait des forces agressives d'Israël hors des terres arabes ; cela dans les limites que les États arabes s'imposent : non à la paix avec Israël ; non à des négociations avec Israël ; non à la reconnaissance d'Israël ; préservation des droits des Palestiniens dans leur cadre national. »

Résolution 242 du Conseil de sécurité de l'ONU

        Le 22 novembre 1967, le Conseil de sécurité de l'ONU adoptait une résolution établissant les principes d'une négociation de paix entre Israël et les États arabes. Les Israéliens et les Arabes affirment depuis lors qu'ils « acceptent la résolution 242 ». Mais de profondes divergences existent au sens réel de ce texte.

        Les Arabes insistent sur les paragraphes 1 et 2 de la résolution, mais ont toujours refusé de prendre en considération le paragraphe 3, selon lequel un représentant spécial des Nations Unies doit « établir et maintenir des contacts en vue de favoriser un accord ».

Texte de la Résolution 242, tel qu'adopté le 22 novembre 1967 par le Conseil de sécurité de l'ONU

        « Le Conseil de sécurité,

        Exprimant sa préoccupation constante devant la grave situation qui prévaut au Proche-Orient,

        Soulignant l'inadmissibilité de l'acquisition de territoires par la guerre, et la nécessité d'oeuvrer pour une paix juste et durable permettant à chaque État de la région de vivre dans la sécurité,

        Soulignant d'autre part que tous les États membres de l'ONU, en acceptant la Charte des Nations Unies, se sont engagés à agir en conformité avec l'article 2 de cette Charte,

        1) Affirme que le respect des principes de la Charte exige l'établissement d'une paix juste et durable au Proche-Orient, qui reposerait notamment sur l'application des deux principes suivants :

            I- Retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit.

            II- Fin de toute revendication ou de tout état de belligérance, respect et reconnaissance de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de chaque État de la région et de leur droit de vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues, dégagées de toute menace ou de tout acte de violence.

        2) Affirme, d'autre part, la nécessité :

            a) de garantir la liberté de navigation à travers les voies d'eau internationales de la région ;

            b) d'apporter une juste solution au problème des réfugiés ;

            c) de garantir l'inviolabilité territoriale et l'indépendance politique de chaque État de la région, à travers divers mesures telles que, notamment, l'établissement de zones démilitarisées.

        Prie le Secrétaire général de l'ONU de désigner un Représentant spécial qui sera chargé d'établir et de maintenir des contacts avec les États concernés, et d'appuyer touts efforts en vue de parvenir à une solution pacifique et acceptée, conformément aux dispositions et aux principes de la présente résolution.

        Prie le Secrétaire général de transmettre le plus vite possible au Conseil de sécurité des rapports sur les efforts du Représentant spécial ».

        Adoptée à l'unanimité à la 1382° séance.

        14 mai 1948 »

Texte de la Résolution 338 du Conseil de sécurité de l'ONU, adopté le 22 octobre 1973

        « Le Conseil de sécurité,

        Appelle toutes les parties engagées dans les présents combats à cesser le feu et à mettre fin immédiatement à toute activité militaire, dans un délai maximum de douze heures après l'adoption de la présente décision, et ce, dans les positions qu'elles occupent actuellement ;

        Appelle toutes les parties concernées à commencer à mettre en application, dès le cessez-le-feu, la résolution 242 du Conseil de sécurité, dans toutes ses parties ;

        Décide que des négociations commenceront entre les parties, immédiatement et concurremment avec la mise en place du cessez-le-feu, sous les auspices appropriés, dans le but d'établir une paix juste et durable au Proche-Orient ».
Adoptée à la 1747° séance par 14 voix contre zéro.
       
Sens juridique de la Résolution 242

        Un désaccord existe quant à l'interprétation de l'alinéa 1 du premier paragraphe de la Résolution 242. Le texte anglais de la résolution dit précisément :

        « Withdrawal of Israel's armed forces from territories occupied in the recent conflict », ce qui se traduit par : « Retrait des forces armées israéliennes de territoires occupés au cours du récent conflit. »

        Le texte français de la résolution indique par contre :

        « Retrait des forces israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit. »

        Selon Lord Caradon, rédacteur de la Résolution 242 en 1967, c'est bien le texte anglais qui fait foi. Les gouvernements d'Israël et des États-Unis considèrent donc que la Résolution 242 fait obligation à l'État hébreu d'évacuer certains territoires acquis au cours de la guerre des Six Jours, mais pas tout le territoire. Les États arabes considèrent au contraire qu'Israël doit revenir aux lignes de cessez-le-feu en vigueur le 4 juin 1967, à la veille de la guerre.

        Il est à noter que le mot anglais « all » (tous) a été soigneusement évité : « Withdrawal from territories » et non pas : « Withdrawal from all the territories ». Ce qui confirme l'interprétation israélo-américaine.

Arthur Goldberg, représentant des États-Unis auprès des Nations Unies en 1967, a publié le 8 mai 1973 la mise au point suivante :

        « La Résolution 242 ne requiert pas explicitement d'Israël un repli sur les lignes tenues à la veille de la guerre. Les États arabes souhaitaient qu'une telle exigence fût formulée : l'Union soviétique... fit une proposition dans ce sens au Conseil de sécurité ; elle fut imitée par la Yougoslavie et quelques autres pays au cours de la session spéciale de l'Assemblée générale de l'ONU. Mais ni au Conseil de sécurité ni à l'Assemblée générale, l'exigence d'un tel retrait ne reçut un soutien suffisant.

        « La Résolution 242 se borne à poser le principe d'un « retrait des forces israéliennes de territoires occupés au cours du récent conflit », et le lie à un autre principe selon lequel chaque État de la région a le droit de vivre en paix dans des frontières sûre et reconnues ».

        En ce qui concerne l'éventuel retrait israélien, des omissions tout à fait notables, et nullement accidentelles, portent sur les mots anglais « the », « all » et sur l'expression « The June 5, 1967 lines ».

        Arthur Goldberg entend par-là que le Conseil a volontairement écarté une résolution rédigée de la manière suivante : « Withdrawal of Israeli armed forces from all the territories occupied after June 5, 1967 ». En français : « Retrait des forces armées israéliennes de tous les territoires occupés à partir du 5 juin 1967 ».

        Goldberg poursuit : « La Résolution 242 parle d'un retrait des territoires occupés sans spécifier l'étendue de ce retrait. Et la présence des mots « secure and recognized boundaries » (frontières sûres et reconnues) implique que les parties peuvent effectuer des rectifications de frontières dans le cadre de leur accord de paix, rectifications qui supposeraient un retrait partiel et non complet de la part d'Israël, dans la mesure où les frontières d'avant juin 1967 se sont révélées incompatibles avec sa sécurité ».

        Le 25 novembre 1973, Eugène Rostow, ancien secrétaire d'État adjoint des États-Unis, qui a joué un rôle primordial dans la formulation de la diplomatie américaine entre 1966 et 1969, écrivait dans une lettre au journal « New York Times » :

        « D'un point de vue légal, Israël occupe les territoires conquis en 1967 en vertu des résolutions du Conseil de sécurité, qui ont reconnu son rôle de puissance occupante et qui interdisent de porter atteinte à sa présence jusqu'à ce que les parties engagées dans le conflit fassent la paix. L'attaque armée du 6 octobre 1973 (la guerre du Kippour) constitue donc la violation la plus flagrante de la Charte des Nations Unies depuis l'invasion de la Corée du sud par les troupes nord-coréennes, le 25 juin 1950, invasion qui, elle aussi, avait pour but officiel de « reprendre possession du territoire national ».

        La Résolution 242 se réfère aussi à la liberté de navigation dans les voies d'eau internationales, ce qui signifie que les navires israéliens doivent circuler librement par le canal de Suez et par le golfe d'Akaba. Après l'adoption de la résolution, Nasser déclarait : « Quel que soit le prix à payer, nous ne permettrons pas à Israël d'emprunter le canal de Suez. »

Problème des réfugiés

        La Résolution 242 mentionne aussi « une juste solution au problème des réfugiés ». Les États arabes prétendent que cette phrase prescrit le rapatriement de tous les réfugiés arabes palestiniens. Mais l'emploi du mot « réfugiés » sans adjectif indique que les deux problèmes de réfugiés du Proche-Orient doivent être résolus simultanément : celui des réfugiés arabes et celui des réfugiés juifs.

        Au cours des discussions portant sur la Résolution 242, les États arabes ont souvent observé que, même s'ils acceptaient pour leur part ce document, les Palestiniens, quant à eux, ne pouvaient renoncer à leur droit naturel : la libération de la Palestine et le remplacement de l'État d'Israël par un État arabe palestinien. L'application de la Résolution 242 ne constitue donc, pour les États arabes, qu'une étape dans la lutte contre Israël, et non pas, comme le texte même de la Résolution 242 l'indique clairement, la fin du conflit israélo-arabe.

L'Égypte voulait attaquer Israël

        En 1971, dans un discours prononcé à l'occasion de l'anniversaire de la Résolution nassérienne, le président égyptien Sadate lança un ultimatum aux États-Unis et à Israël. Il se déclarait prêt « à sacrifier un million de soldats et à rejeter la Résolution 242 de L'ONU si l'année 1971 se terminait sans décision ». Sa menace ne se concrétisa pas cette année-là.

        Au cours de l'année 1972 et au début de 1973, Sadate continua de menacer de reprendre les hostilités à moins que les États-Unis n'acceptent son interprétation de la Résolution 242, tendant à un retrait total des Israéliens des territoires conquis en 1967.

        Simultanément, le leader égyptien menait une offensive diplomatique auprès des États européens et africains afin d'obtenir leur soutien. Il demanda aux Soviétiques de faire pression sur les États-Unis, mais aussi de lui fournir des armes offensives, adaptées à une traversée éventuelle du canal de Suez.

        Les Soviétiques étaient alors plus intéressés par le maintien d'un semblant de détente avec les États-Unis que par une confrontation au Moyen-Orient. Ils rejetèrent les demandes de Sadate. En réplique, Sadate fit expulser environ 20 000 conseillers soviétiques d'Égypte.

        Dans une interview donnée au magazine « Newsweek » le 9 avril 1973, Sadate menace de nouveau de reprendre la guerre.         


Guerre du Kippour

        Dans un discours prononcé le 26 septembre 1973, Sadate affirmait : « Si je veux rouvrir le canal de Suez, je n'ai pas à demander l'autorisation des États-Unis ou d'Israël. Mais le problème n'est pas seulement celui du canal... Il y a la question de la Palestine, la question de la libération des terres occupées. »

        Le 6 octobre 1973, jour de Kippour (la fête la plus solennelle du calendrier Juif), l'Égypte et la Syrie lancèrent par surprise une attaque coordonnée contre Israël.

        Sur les hauteurs du Golan, quelques 180 chars israéliens durent faire face à une force blindée syrienne évaluée à 1 400 chars. Le long du canal de Suez, 500 soldats israéliens, qui tenaient des fortins de la « ligne Bar-Lev », furent attaqués par 70 000 Égyptiens.

        Le 16 octobre 1973, dix jours après le début des hostilités, Sadate et le président syrien Assad dévoilèrent leurs véritables objectifs de guerre. Pensant encore à ce moment que les Arabes étaient vainqueurs, bien que les forces égyptiennes eussent subit divers revers militaires, Sadate déclara que : « L'Égypte poursuivra la lutte jusqu'à ce qu'elle ait reconquis les territoires perdus en 1967 et jusqu'à ce que les droits légitimes du peuple palestinien soient rétablis ». Formule qui suppose la destruction de l'État d'Israël.

        Se tenant sur la défensive pendant les deux premiers jours de l'attaque, Israël mobilisa ses réservistes, rejeta les envahisseurs et porta la guerre en territoire ennemi. L'U.R.S.S. livra par pont aérien un armement perfectionné aux États arabes, tandis que les États-Unis essayaient d'imposer un cessez-le-feu. Neuf autres États arabes entrèrent progressivement dans la bataille, notamment la Lybie, le Maroc et la Jordanie. C'est alors seulement que les États-Unis commencèrent à leur tour à approvisionner Israël par un pont aérien.

        L'Égypte fut sauvée d'une défaite désastreuse par le Conseil de sécurité de l'ONU qui imposa un cessez-le-feu lorsque les troupes du général Sharon eurent franchi le canal de Suez et marché vers Le Caire. Le même Conseil de sécurité n'avait pas réagi lors de l'attaque contre Israël, tant que le sort avait paru favorable aux Arabes.

        Neuf pays arabes, et quatre pays du Proche-Orient au moins, ont activement appuyé l'agression égyptienne et syrienne.

Conclusion

        L'histoire du Peuple Juif du Proche-Orient que nous venons d'étudier démontre qu'il s'agit bien ici d'un droit naturel, légitime et pacifique de retour dans sa patrie ancestrale, Israël.

        En 1923, en accord avec le droit international, la Turquie a renoncé, par le traité de Lausanne, à toute revendication sur ses anciens territoires de Palestine, de part et d'autre du Jourdain, et a transmit la souveraineté sur la Palestine à la Société des Nations (SDN), qui a remis au gouvernement de Grande-Bretagne, par mandat, le territoire de Palestine.

        En 1947, la Grande-Bretagne a renoncé à son mandat et a remis la Palestine à l'Organisation des Nations Unies (l'ONU), héritière de la Société des Nations (SDN).

        Le 29 novembre 1947, l'ONU était donc légitimée par le droit international lorsque son Assemblée générale a été appelée à voter démocratiquement l'adoption de la Résolution 181 sur le partage de la Palestine en deux états : un État Juif et un État Palestinien (33 pays pour, 13 pays contre et 10 abstentions).

        À partir de ce vote démocratique et historique de la communauté internationale, rien ne peut plus justifier le refus jusqu'à aujourd'hui des pays arabes et des Arabes palestiniens, de reconnaître l'État d'Israël, sinon, un profond mépris de la communauté internationale.

        Jusqu'à aujourd'hui, il est inacceptable qu'Israël n'ait pu signer un traité de paix avec ses voisins arabes, sauf avec l'Égypte, et dans ce dernier cas, on s'est empressé, peu de temps après, d'assassiner son président qui l'avait signé : Anouar el Sadate.

        Il est absurde de prétendre qu'Israël à tout fait pour faire échouer les accords d'Oslo et humilier l'Autorité palestinienne. Seul le refus de l'Autorité palestinienne de reconnaître Israël, et son désir de le détruire, ont été les véritables causes de l'échec des accords d'Oslo. Dans une négociation, lorsqu'un des partenaires ne reconnaît pas l'existence de l'autre, il est difficile d'arriver à un compromis. C'est du moins un sérieux handicap !

        Israël ne peut accepter de faire la paix qu'avec un partenaire prêt à reconnaître son existence et à lui reconnaître des frontières sûres. Chaque fois qu'il trouvera un tel interlocuteur, des négociations s'engageront en vue d'un accord comme celui avec l'Égypte.

        La légalité des implantations israélienne qui fait l'objet d'une large controverse, et qui sert de prétexte présentement à un harcèlement terroriste meurtrier de civils israéliens, a déjà fait l'objet d'un avis juridique du professeur de Droit International Stephen Schwebel dans le journal américain de Droit International, à l'effet qu'un État peut s'emparer d'un territoire étranger et l'occuper en toute légitimité dans l'exercice de son droit à l'autodéfense :

        a) Il peut exiger, comme condition de son retrait, que des mesures soient prises afin d'assurer sa sécurité et que le territoire ne soit pas utilisé contre lui en vue d'exercer une menace.

        b) Lorsque l'autorité qui occupait antérieurement ce territoire y pénètre illégalement, l'État qui s'en est emparé au titre de son droit à l'autodéfense dispose d'une légitimité supérieure à celle de l'occupant d'origine.

        Au sujet des territoires occupés et des accusations proférées par l'Autorité palestinienne de violations par Israël de la quatrième convention de Genève, l'avocate Rita Hauser, qui était la représentante des États-Unis à la Commission des droits de l'homme aux Nations Unies, déclarait lors de son témoignage devant la chambre des Relations internationales du Comité de la Convention de Genève, le 21 septembre 1977, ce qui suit :

        « Les restrictions contenues dans la convention relative à une puissance militaire occupante présupposent que le souverain légitime était signataire de la convention. Alors que la Judée, Samarie et Gaza étaient illégalement occupées respectivement par la Jordanie et l'Égypte ; ceci, étant le résultat du refus arabe d'accepter la résolution de partage de 1947 ». Le juriste en conclut que la convention n'est pas applicable en espèce.

        Yehuda Blum déclarait à ce propos dans le journal Le Monde du 12 janvier 1978 : « Du fait que la Jordanie n'ayant jamais été le souverain légitime en Judée et Samarie, les dispositions de la quatrième convention de Genève, y compris celles de l'article 49 qui doivent protéger les droits du « souverain légitime », ne s'appliquent pas à la Jordanie. C'est pourquoi Israël n'est pas visé par ces dispositions et ne doit pas se considérer comme limité par elles dans ses actes ».

        Enfin, la présence d'Israël dans les régions de Judée, Samarie et Gaza est légitime et ne peut représenter en aucun cas un obstacle à la paix au Proche-Orient comme laisse croire la propagande palestinienne.

        Une seule solution peut mettre fin à l'occupation des territoires et à la création d'un État palestinien, c'est la reconnaissance de l'État d'Israël et son droit de vivre en Paix dans des frontières sûres et reconnues. Les Palestiniens et les pays arabes doivent renoncer une fois pour toute à vouloir détruire Israël.

        Des frontières sûres pour Israël signifient pour l'Autorité palestinienne de négocier avec Israël pour redéfinir les frontières, qui ne peuvent plus être les mêmes qu'avant 1967, ces anciennes frontières ayant fait la preuve après de multiples guerres et agressions terroristes des pays arabes et des Arabes palestiniens, qu'elles n'étaient pas sécuritaires. Les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité de l'ONU, reconnaît ce droit à Israël.

        Il n'y aurait jamais eu un seul réfugié arabe palestinien, ni de redéfinition de frontières si les pays arabes et les Arabes palestiniens avaient accepté en 1947 la Résolution 181 des Nations Unies, qui créait deux États en Palestine. Que de morts et de souffrances inutiles !

Jean-Marie Gélinas
Président des Amitiés Québec-Israël
Le 5 avril 2002

Bibliographie

        

        Notre bibliographie ne prétend à aucune exhaustivité. Les ouvrages que nous vous indiquons ont été utilisés pour la recherche. Ils comportent des bibliographies auxquelles le lecteur peut se reporter.

        

        * Encyclopédie de l'histoire juive
          Le Peuple juif à travers les âges
          Édition Liana Levi, Éditions du Scribe

          
        * La voile de l'espoir
          Simon Wiesental
          Stock, 1973

          
        * Notes d'information
          Centre de l'information, Jérusalem
          Septembre 1975

          
        * Jérusalem, problèmes et perspectives
          Ministère des Affaires étrangères
          Division de l'Information, Jérusalem
          Seconde édition, avril 1975

          
        * Israël, faits et chiffres
          Département de l'information
          Ministère des Affaires étrangères, Jérusalem, 1966-1975

          
        * Terres trop promises
          Une Histoire du Proche-Orient
          Charles Zorgbibe, La manufacture, 1990, Paris, France

          
        * Réalités 1988 israéliennes
          Centre d'information et documentation Moyen-Orient

          
        * Israël, une réalité
          Témoignage d'un Arabe
          L.G. Halal, Éditions Élysée

          
        * Israël, facteur révolutionnaire dans l'existence juive
          Bureau pour la recherche économique et sociale
          L'Agence juive, Jérusalem, 1973

          
        * Histoire de l'État d'Israël
          1982, Éditions Privat,
          Toulouse, France

          
        * Jérusalem
          Presses universitaires de France
          Que sais-je ?
          Maurice Konopnicki

          
        * Mythes & réalités au Proche-Orient
          Jean-François Strouf et Christophe Wilhelm
          Centre d'information et de documentation Israël Proche-Orient (CIDIP), Paris, France

          
        * Revue française de science politique
          Numéro 2 - Volume 34
          Presse de la fondation nationale des sciences politiques
          Avril 1984

          
        * Chronique de l'Humanité
          Éditions Chronique
          Éditions Jacques Legrand S.A., Paris

          
        * Chronique du 20è siècle
          Éditions Chronique
          Éditions Jacques Legrand S.A., Paris

          
        * Le Sionisme
          Les dossiers de France-Israël
          Alexandre Reiter

          
        * Israël, Israël...
          Histoire du groupe Stern, 1940-1948
          Nathan Yalin-Mor
          Presse de la Renaissance, Paris, France

          
        * Les années de pierre
          Israéliens et Palestiniens, l'épreuve infinie
          Sarah S. Gabbaï - Victor S. Nahmias
          Éditions Balland, Paris, France

          
        * Israël cinquante ans d'État
          Pierre Elyakim Simsovic
          Éditions Ronald Hirle, Strasbourg, France

          
        * La vie juive en Terre sainte - 1517-1918
          Renée Neher-Bernheim
          Calmann-Lévy, 2001

Netanyahu remporte un vote décisif au sein du Likoud

                      Netanyahu remporte un vote décisif au sein du Likoud
Article paru dans "L'Orient", le 11/07/07
 
L’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu semble assuré d’être reconduit à la tête du Likoud, principal parti de droite, après avoir remporté hier un important vote de confiance au sein du parti. Le comité central du Likoud a choisi de tenir des primaires anticipées le 14 août, et M. Netanyahu est pratiquement assuré de les remporter, n’ayant plus en face de lui qu’un candidat d’extrême droite à l’influence limitée. Le principal adversaire de M. Netanyahu était Sylvan Shalom, ancien ministre des Affaires étrangères et candidat plus modéré que l’ex-Premier ministre, qui avait déjà perdu contre lui lors des dernières primaires du parti. Il a renoncé à se présenter au vote du 14 août.
 
À 57 ans, M. Netanyahu est préféré dans les sondages à l’actuel Premier ministre Ehud Olmert, dont la popularité s’est effondrée depuis la guerre controversée au Liban, l’été dernier. Dans son discours aux partisans du Likoud, M. Netanyahu s’est concentré sur ce sujet. « (Les Israéliens) se souviennent douloureusement de cette guerre. Un an s’est écoulé depuis l’échec, un an d’indécision », a-t-il déclaré. Les médias israéliens estiment que la décision du Likoud signifie qu’il n’y aura plus de changements à la tête du parti jusqu’aux prochaines élections législatives, prévues en 2010. De nombreux opposants d’Olmert ont demandé que soient organisées des élections anticipées dès l’année prochaine.

Un médecin américain volontaire à Sdérot

                               Un médecin américain volontaire à Sdérot

Le 06/09/07,Alors que des milliers d’enfants entamaient leur deuxième jour d’école à Sdérot lundi, l’alerte Couleur Rouge a encore retenti, immédiatement suivie par deux explosions, qui ont secoué toute la ville et traumatisé douze petits enfants. L’un des projectiles a effectivement atterri près d’un jardin d’enfants. Fort heureusement, les sept roquettes qui se sont abattues sur la ville pendant la journée n’ont pas fait de blessé. Mais les résidents de Sdérot ont été profondément secoués. Commencer ainsi l’année scolaire, en craignant pour la vie de leurs petites têtes blondes, n’a rien de réjouissant.

Alors qu’une roquette atterrissait à Sdérot à environ 9:30, le Dr Bradley Rauch et son fils de 17 ans, Benjamin, étaient en route pour Sdérot. Ils ont couru se mettre à l’abri, puis se sont rendus au centre communautaire de la ville, où plusieurs résidents sous le choc étaient arrivés pour recevoir un traitement.

Le Dr Bradley Rauch, un chiropraticien du Stowe Ski Resort dans le Vermont, est arrivé en Israël pour une semaine de volontariat, après avoir lu sur Sderot sur le site Internet du Sderot Media Center, qu’il a trouvé en surfant sur le Net.

Le Dr Rauch a affirmé avoir été choqué de découvrir qu’aucun des rapports qu’il avait lus sur ce site n’avaient jamais été couverts par les grandes agences de presse, comme CNN, Fox et AP.

Après avoir lu que les résidents de Sdérot se sentaient isolés et que le gouvernement et nombre de leurs concitoyens israéliens n’avaient que faire de leurs souffrances, le Dr Rauch s’est senti obligé d’œuvrer à faire prendre conscience au public américain de la gravité de la situation à Sdérot.

« Je me sens tellement en sécurité là où je vis. Le monde et les Etats-Unis ne comprennent pas dans quelle terreur vivent les Israéliens, » a affirmé le Dr Rauch.

Ce dernier a contacté Rouah Tova, une organisation israélienne donnant aux éventuels volontaires le programme de volontariat leur convenant. Il a ensuite rencontré Dror Marsha, le coordinateur du volontariat à Sdérot. Le Dr Rauch a reçu un rôle au sein du centre communautaire, où il est chargé de s’occuper des personnes traumatisées par les tirs de Kassam.

Lorsqu’il retournera aux Etats-Unis, le Dr Rauch donnera une conférence au centre de la communauté juive, le Rotary Club, et probablement à l’université du Vermont, pour faire prendre conscience au public de la gravité de la situation à Sdérot. Il a l’intention de recruter des gens pour apporter une aide psychologique et physique aux résidents de la ville.

Le Dr Rauch a affirmé que les résidents trouvaient que l’aide des volontaires leur réchauffait le cœur et que pour lui ce travail était une mitsva (un commandement de loi juive.) Le Dr Rauch et son fils, qui rate le lycée pour aider son père, se rendront mercredi à Safed comme volontaires de l’organisation Livnot.

Arrivée à Jérusalem de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice

   Arrivée à Jérusalem de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice

SHANNON,le 19/09/07- La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a entamé mercredi une nouvelle visite en Israël et dans les territoires palestiniens, sa sixième depuis le début de l'année.

Mme Rice est arrivée à l'aéroport de Tel-Aviv avant de se rendre à Jérusalem pour s'entretenir avec le numéro deux du gouvernement israélien Haïm Ramon et la chef de la diplomatie Tzipi Livni.

Elle doit avoir mercredi soir une première rencontre avec le Premier ministre israélien Ehud Olmert, qu'elle revoit jeudi après une visite à Ramallah, en Cisojordanie, pour des entretiens avec le président palestinien Mahmoud Abbas et son Premier ministre Salam Fayyad.

Les discussions devraient être axées sur l'ordre du jour d'une réunion internationale que Washington prévoit d'organiser à l'automne pour donner un nouvel élan aux négociations de paix israélo-palestiniennes, au point mort depuis plus de sept ans.

Dans l'avion la conduisant au Proche-Orient, Condoleezza Rice avait déclaré souhaiter organiser cet automne une conférence internationale "sérieuse et substantielle" pour "faire avancer la cause de la paix israélo-palestinienne".

"Cette réunion doit, de façon substantielle, soutenir les activités et les efforts des deux parties destinés à poser les fondations de la négociation d'un Etat palestinien le plus vite possible", a dit Mme Rice.

"Je pense que tout le monde souhaite qu'elle soit sérieuse et substantielle. Je pense que tout le monde souhaite qu'elle traite de questions fondamentales et nous n'espérons rien d'autre", a ajouté le chef de la diplomatie américaine avant une escale à Shannon (Irlande).

Les Etats-Unis n'ont pas annoncé de date pour cette conférence, mais ils ont évoqué le mois de novembre. Ils sont restés jusqu'ici très discrets sur les pays qu'ils comptaient inviter.

"Ce qui est important, c'est que tous ceux qui s'intéressent à ces questions - et j'inclurais les parties, les Etats de la région et un certain nombre d'acteurs internationaux comme le Quartette - nous souhaitions tous une réunion qui fasse avancer la cause de la paix israélo-palestinienne", a poursuivi Mme Rice, excluant implicitement une participation de la Syrie à cette réunion.

"Personne ne veut une réunion où les gens ne font que venir et parler, parler. Nous voulons faire avancer la cause", a dit la secrétaire d'Etat, dont c'est la sixième tournée dans la région depuis le début de l'année.

"Nous ne pouvons pas continuer à dire que nous voulons une solution à deux Etats", Israël et la Palestine, a-t-elle ajouté. "Nous devons commencer à bouger dans cette direction".

"Et je pense que c'est à cela que sont destinées la voie bilatérale que les Palestiniens et les Israéliens ont créée eux-mêmes et les équipes (de négociateurs) qu'ils s'apprêtent à mettre sur pied", a-t-elle noté. "Et c'est aussi à cela qu'est destinée la réunion internationale".

Mme Rice veut à l'occasion de cette nouvelle tournée consulter les Israéliens et les Palestiniens sur l'état d'avancement de leurs travaux et "bâtir sur l'élan qu'ils ont créé sur leur voie bilatérale".

A Jérusalem, outre le Premier ministre israélien Ehud Olmert, elle a prévu des entretiens avec le numéro deux du gouvernement, Haïm Ramon, la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, le ministre de la Défense Ehud Barak et le chef de l'opposition de droite Benjamin Netanyahu.

A Ramallah, elle devrait rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre Salam Fayyad.

Elle doit regagner les Etats-Unis vendredi pour participer dès le lendemain à une série de réunions multilatérales en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.

Une réunion du Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, Russie, ONU) est notamment prévue dimanche avec la participation du nouvel émissaire de ce groupe international, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Mme Rice a indiqué qu'elle rencontrerait séparément M. Blair avant la réunion du Quartette, au cours de laquelle les préparatifs de la réunion internationale sur le Proche-Orient seront discutés.

Netanyahou évoque l'incident aérien entre la Syrie et Israël

           Netanyahou évoque l'incident aérien entre la Syrie et Israël

JERUSALEM, le 20/09/07 - Benjamin Netanyahou, le dirigeant du principal parti d'opposition israélien, a rompu le silence entourant les accusations de la Syrie, selon laquelle l'aviation israélienne a mené un raid dans le nord-est de la Syrie.

C'est la première fois qu'un homme politique israélien évoque publiquement cette affaire.

Interrogé mercredi par une chaîne de télévision israélienne, Netanyahou a déclaré: "J'ai été mis au courant de cette opération et j'y ai accordé mon soutien. Mais il est trop tôt pour discuter de cela", a-t-il déclaré.

Cette déclaration du chef du Likoud va à contre-courant de l'attitude observée par le Premier ministre Ehud Olmert et par ses alliés qui refusaient d'évoquer le sujet, sans jamais infirmer ni confirmer l'existence de ce raid mené en Syrie.

Selon Damas, les défenses anti-aériennes syriennes ont contraint l'aviation israélienne à larguer ses bombes dans le désert sans qu'elles fassent de dégâts.

En affirmant qu'il avait été averti de l'imminence de l'opération, Netanyahou reconnaît implicitement l'importance de cette opération.

Par le passé, les dirigeants de l'opposition avaient en effet toujours été avertis de l'imminence d'une action militaire, quand celle-ci revêtait un caractère extraordinaire.

Ce fut le cas en 1981 lorsque Tsahal a attaqué le réacteur nucléaire irakien d'Osirak ou en 1976 lors du raid sur Entebbe, pour sauver des otages israéliens retenus par des pirates de l'air en Ouganda.

 

Israël aurait prélevé du matériel nucléaire d'origine nord-coréenne en Syrie

  Israël aurait prélevé du matériel nucléaire d'origine nord-coréenne en Syrie

Article paru dans "Le Monde", le 24/09/07    

Israël a détruit, le 6 septembre, lors d'un raid aérien entouré de mystère, une usine secrète d'armement dans la région de Deir-Ezzor, en Syrie. Pour obtenir l'accord de Washington avant cette mission, les Israéliens avaient auparavant envoyé des commandos s'emparer de "matériel" d'origine nord-coréenne "lié au nucléaire"., affirme le Sunday Times, dans son édition du 23 septembre.

Selon le journal britannique, le matériel, saisi dans un complexe syrien, a été examiné en Israël et proviendrait bien de Corée du Nord. Israël surveillait le site syrien depuis des mois, selon des sources israéliennes citées par le journal, qui ne donne toutefois pas d'indications sur la date de la mission effectuée par le commando Sayeret Matkal, ni le type de matériel saisi.

Un responsable américain, cité sous le couvert de l'anonymat par le Sunday Times, ajoute que le gouvernement américain a cherché des preuves d'activités liées au nucléaire avant d'autoriser l'attaque aérienne des avions F-15 de l'armée israélienne. Le raid du commando israélien a été dirigé directement par Ehoud Barak, ancien commandant de cette unité d'élite, qui avait le site syrien en ligne de mire depuis sa prise de fonction au poste de ministre de la défense le 18 juin, précise le journal.

Les premières informations sur les liens entre Damas et Pyongyang avaient été publiées par le New York Times et le Washington Post, qui citaient des sources des services de renseignement américains et israéliens. Cette thèse a été rejetée par la Corée du Nord, qui négocie actuellement avec la communauté internationale le démantèlement de ses installations atomiques.

FERMETÉ AMÉRICAINE VIS-À-VIS DE PYONGYANG

La seule - et timide - confirmation israélienne du raid aérien du 6 septembre est venue du chef de l'opposition Benjamin Netanyahu, qui a dit à la télévision qu'il avait été consulté avant l'opération et avait ensuite adressé ses félicitations au premier ministre Ehoud Olmert. De source autorisée à Washington, on a également confirmé que les Etats-Unis avaient été consultés avant l'attaque, ce qui démontre qu'il s'agissait d'une mission d'importance et non d'un simple vol de reconnaissance, comme cela a été parfois avancé. Il y a trois jours, le président George W. Bush a refusé de répondre à des questions répétées à propos de ce raid, mais la Maison Blanche a réaffirmé avoir une "vue réaliste" de la Corée du Nord.


La Corée du Nord doit être totalement transparente sur son programme d'armement nucléaire, a déclaré dimanche à New York la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, alors que des informations se multiplient sur une possible collaboration avec la Syrie dans ce domaine."Il y a beaucoup de questions auxquelles il faudra répondre et nous voulons pouvoir donner des réponses sur tous les aspects du programme nucléaire nord-coréen", a déclaré la chef de la diplomatie américaine au début d'un entretien à New York avec son homologue chinois Yang Jiechi.

Menus sans viande dans les cantines scolaires à Lyon

                    Menus sans viande dans les cantines scolaires à Lyon

LYON , le 02/10/07 - Pour la première fois en France, des repas sans viande seront proposés dans les restaurants scolaires de la ville de Lyon à partir de la rentrée 2008 afin de satisfaire les parents d'enfants des différentes confessions religieuses.

Chaque jour, les 16.400 enfants qui fréquentent les cantines scolaires de Lyon auront le choix entre un repas standard et un repas où la viande sera remplacée par des oeufs ou du poisson, qui apporteront des protéines et permettront un apport nutritionnel équilibré.

Cette décision a été mise en place à la suite d'une longue concertation entre les représentants des différentes religions ou courants philosophiques (protestants, catholiques, musulmans, juifs, bouddhistes et catholiques arméniens), ainsi que les associations citoyennes laïques.

Tous sont finalement tombés d'accord pour considérer que cette solution était celle qui respectait le mieux la diversité.

"Attention, ce ne sont pas des menus confessionnels, précise Yves Fournel, adjoint au maire de Lyon chargé de la petite enfance, "mais une offre de menus sans viandes respectant à la fois les confessions et les directives de l'Éducation nationale. C'est une recherche de consensus respectant au mieux la diversité".

Les cantines lyonnaises servent déjà des menus sans porc à 30% des enfants, mais cette formule ne satisfaisait pas les familles musulmanes ni juives. "Ceci peut être source de conflit et de plus en plus de parents nous demandent de ne pas servir de viandes dans les assiettes", explique Yves Fournel pour retracer l'origine de la démarche.

Patrick Kahn, chargé de mission à la Licra, a suivi de très près ces discussions. Il se montre très satisfait de la solution trouvée : "Face à ce problème, on ne pouvait pas laisser la question sans réponse et en même temps, on ne peut pas demander à la collectivité d'assumer la charge de la Kacherout".

Cette expérience, qui sera effective à la rentrée 2008, est une première en France. Elle se fera sans surcoût pour la mairie de Lyon, ni pour les familles.

A l’aise dans la civilisation

                                           A l’aise dans la civilisation

Article paru dans "Libération", le 20/10/07

Serge Hefez. Ultramédiatique, il est un des rares psys à offrir une vision déculpabilisante du couple et de la famille.

D’un psychanalyste, on n’en attendait pas moins de lucidité. «C’est vrai, je suis toujours fourré dans les médias.» Difficile de louper Serge Hefez, figure tutélaire de la sphère psy-médiatique. Début septembre, il pose dans son cabinet d’analyste pour un article dans Elle sur divan et déco. Le 26, il démonte les rouages de l’homophobie pour Les tabous de, nouveau rendez-vous sociétal de France 2. Le 29, il parle sexualité féminine chez Yves Calvi pour C’est dans l’air, plateau qu’il fréquente assidûment avec ceux de LCI ou I-télé. Le 1er octobre, il réagit sur son blog de Libération à la campagne d’Oliviero Toscani contre l’anorexie. Le 5, il lance, en tant qu’animateur, une émission hebdomadaire sur Parenthèse, nouvelle radio FM consacrée à la famille. Le 15, il évoque son enfance et ses filles dans le magazine Famili. Ce qui ressemble à une tournée promotionnelle est un régime de croisière pour Serge Hefez. Son attachée de presse s’en mord les doigts. «On ne l’arrête plus», dit-elle, alors qu’il n’a, à ce moment-là, aucun livre à vendre. Consacré au désarroi masculin, son nouvel ouvrage, Dans le cœur des hommes, vient de sortir en librairie. Pourquoi cette surexposition ?
    
Psychiatre, psychanalyste, spécialiste des thérapies familiales et de couples, Serge Hefez est un client idéal pour les journalistes. Expert des recompositions sexuelles, il ne colloque ni ne pérore tel un vieux professeur à nœud pap’. Affable, souriant, le teint hâlé, le costume porté décontracté, il exprime sa pensée en langage télévisuel: une idée par phrase, un exemple concret pour la comprendre, aucun lexique jargonnant. L’autre avantage d’Hefez est qu’il est toujours disponible, malgré une vie professionnelle surchargée -outre sa clientèle privée, il consulte à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, dirige une association d’aide psychologique aux malades du sida qu’il a créée voilà quinze ans. «Parler dans les médias n’est pas qu’une question de narcissisme, se défend-il. Ce que j’aime, c’est intervenir dans les débats qui interrogent la société. Le défi est de montrer la complexité du psychisme avec des mots simples. Il ne s’agit pas de donner des leçons ou de plaquer des diagnostics sauvages sur des cas concrets. J’ai refusé, à l’époque, de participer au Loft.» Malgré cette vigilance, son entourage trouve qu’il se fourvoie parfois, comme dans Affaires de famille, émission de M6 en prime time où il joue les psys de service durant un an, en 2003. D’autres estiment, dans son milieu professionnel, qu’il franchit la ligne jaune thérapeutique quand il évoque sa vie privée. Serge Hefez en ferait-il trop ?

C’est dans les années 90 qu’il éclôt quand la parole psy envahit la société. S’il est particulièrement sollicité – il dit refuser moultes propositions– , c’est qu’il est un des rares de sa profession à afficher un propos relativement déculpabilisant. Quand nombre de ses confrères versent dans des discours catastrophistes, et le plus souvent normatifs, sur la famille ou les rapports hommes-femmes, lui ne fustige ni la surpuissance des mères ni l’influence des homosexuels. Il ne pleure pas la fin des hommes virils et ne s’alarme pas d’une supposée confusion des sexes. «Hommes et femmes ont tout à gagner psychiquement à l’évolution de la société vers plus d’égalité», dit-il. Réfutant les discours déclinistes sur la disparition de l’autorité masculine, il estime, dans son dernier livre, que le désarroi actuel des hommes s’explique, au contraire, par une rémanence de la toute puissance paternelle. «Le papa avec un petit p, ce père réel et charnel d’aujourd’hui, se heurte au spectre du pater familias. Pour cette génération de transition entre les Pères et les papas, chacun cherche sa place autour de l’enfant.» Avec plus ou moins de bonheur, de troubles et de confusion.

Cette vision raisonnablement optimiste du couple et de la vie en famille, il la tire de sa propre expérience. «C’est bizarre de dire cela pour un psy, mais je suis très content de mes parents et de l’enfance que j’ai eue.» Les débuts sont pourtant chaotiques. Né à Alexandrie de parents juifs, il est expulsé en 1957 avec toute sa famille après la crise de Suez. Il a 2 ans, ne garde aucun souvenir de la vie en Egypte, se souvient juste du camp de la Croix-Rouge à l’arrivée en France. Puis de l’installation dans un minuscule trois-pièces à Colombes, en région parisienne, avec les matelas dépliés le soir et les grands-mères lisant des histoires. «Mes parents ne m’ont jamais transmis une vision tragique de l’exil. Mon père avait tout perdu mais sa phrase fétiche restait: “Cela pourrait être pire”. Il était profondément joyeux et optimiste.» Cet homme, aujourd’hui âgé de 86 ans, autodidacte qui récitait les tragédies de Racine du premier au dernier vers, est un modèle. «Il nous adorait, mon frère et moi, mais il nous aimait à la bonne distance, sans développer chez nous un sentiment de culpabilité, respectant notre individualité. J’ai tenté d’être le même père pour mes filles. J’espère ne pas avoir trop pesé sur elles.»

Dans la famille psychanalytique, aux côtés des patriarches crispés sur les tables de la loi symbolique (Jean-Pierre Winter ou Michel Schneider), Serge Hefez incarnerait plutôt la figure du fils prodigue. «Un des problèmes de la psychanalyse en France est d’avoir gravé Freud dans le marbre et de s’être transformée en religion . Or, la vie psychique n’est pas immuable, elle est traversée par la société.» Il se prononce en faveur du Pacs et soutient les familles homoparentales quand la plupart de ses pairs prédisent l’apocalypse. Il n’appartient à aucune école de psychanalyse. «Quand la pensée devient dogmatique, j’ai un sentiment d’enfermement.»

Ne jamais cesser d’interroger la norme, décloisonner les rôles et les identités, Serge Hefez est resté fidèle aux idéaux de 68. «J’avais 16 ans et j’ai vécu cette période comme une déflagration. La vie intime, qui jusque-là était forclose, a jailli d’un coup dans la société.» Ne boudant pas son plaisir, le jeune Serge en profite. «Je préférais passer mes soirées chez Félix Guattari avec des travelos, des toxicos, des extrémistes en tout genre, plutôt qu’avec les carabins de l’école de médecine.» Méprisant le couple et ses fidélités, il vit en communauté. Et fréquente les milieux féministes. «Je me sentais libéré par cette promesse d’égalité entre les hommes et les femmes.» Etudiant en médecine, il pratique des avortements clandestins et milite pour le droit à l’IVG.

L’esprit de mai envolé, Serge Hefez range sa vie mais ne vire pas père la pudeur. Marié depuis vingt-deux ans à une psychologue devenue céramiste, il continue de croire que le féminisme et l’affirmation homosexuelle sont des «mouvements libérateurs». Pionnier de la thérapie familiale dans les années 80, il envisage toujours la famille comme lieu de «ressources et de compétences», non comme source de violence ou de dérèglements. «Je considère le lien comme un enrichissement, non comme une aliénation.» Parisien aisé, entre un appartement dans le IIIe arrondissement et des voyages en Inde avec ses enfants, il devient assez logiquement un pur bobo. «Au test du Nouvel Observateur, j’ai toutes les réponses positives, de la marque de café au lieu de vacances, mes filles en rigolent.» L’une d’elles est partie étudier aux Etats-Unis – lui avait quitté le domicile familial à 17 ans. Malgré l’éloignement, elle veille sur son père et sa boulimie télévisuelle. Aux amis proches, elle glisse : «Mais dites-lui, vous, de ne pas aller dans n’importe quelle émission.»

I had a nightmare

                                               I had a nightmare


Article paru "Nina Ruben Primo-Europe", 30 octobre 2007

Paraphraser le grand Martin Luther King en ces temps de doutes, de violence et de compromissions n'est pas chose aisée.

J'ai grandi dans un milieu ouvrier de gauche et les idéaux de mon père me furent martelés autant que les traditions juives. Ce qui était drôle parfois... Il arrivait que son amour du socialisme, (libérateur des Juifs entre autre) se confonde avec sa lecture de la Haggadah lors du Seder de Pâques... Mon père se laissait aller alors et trouvait même dans la
sémantique de la Sortie d'Egypte une raison de nous rappeler à l'ordre :
"Moïse s'adressa au Peuple" !
Le Peuple... Le citoyen n'était donc pas très loin, n'est ce pas ?

Ma jeunesse fut donc ponctuée par ces sorties et ces fièvres électorales... Il fallait gagner à tout prix afin que tous nous partagions les richesses et donnions un coup fatal au Capital qui asservissait les peuples...

Je demandai alors à mon père pourquoi nous n'étions pas comme nos amis du second étage "Communistes" ?
"Non ma fille... Staline n'aime pas les juifs et la liberté est un vain mot dans cette URSS..."

Qu'à cela ne tienne, je ferai comme mon père : "je serai socialiste" !

Il fallait cependant me faire violence car nous "roulions" pour Mitterrand... Je n'aimais pas Mitterrand... Je le trouvais fourbe, sournois, huguenot et l’allure un tantinet royaliste"... Mais je ne pouvais pas faire de peine à mon père ; alors, par ici les tracts et par là les collages d'affiches !

Sans m'investir au-delà dans ce militantisme qui soudait la famille accompagné d'un judaïsme traditionnel, je votais à gauche car... non... jamais à droite, j'aurais tué mon père et Jaurès bien sûr !

Je n'aimais pas du tout Mitterrand mais je m'en fichais puisque j'habitais aux Etats Unis et qu'au fond, je pouvais invoquer la distance et les tracasseries administratives pour ne pas aller voter pour cet homme... Je ne participais donc pas aux liesses populaires qui firent les beaux jours des caméras toutes aussi populaires voire populistes de Serge Moati...

Quel ne fut pas alors mon soulagement... Ces mises en scènes avaient un parfum de "déjà vu"... Quelque chose de Riefenstahl, des films de propagande stalinienne... Si ce Président était capable de mettre en scène avec Moati, le moindre détail de son accession au trône français, alors il pourrait être capable de compromissions ignobles dont nous n'aurons sans doute jamais les détails avant une bonne cinquantaine d'années...

Les amis de Mitterrand, cette gauche si semblable à la droite mais en plus méprisante, pourrait toujours alléguer qu'ils ne savaient pas... qu'ils ne se doutaient pas... qu'ils étaient quant à eux, sincères dans leur démarche et heureux de voir leur champion accéder à la magistrature suprême.... Rahhhh... que c'est drôle... que c'est intelligent... que c'est prévisible...!

Cette gauche si silencieuse alors durant la vague antisémite des années 2000 jusqu'en 2006 me fit l'effet d'une bombe... Où sont-ils les costards impeccables pour s'unir et dire que la France ne pouvait devenir un autre terrain d'intifada ?

Les écoles étaient devenues des cimetières d'inculture où les communautés arabo-africano-musulmanes, fortes de leurs statuts d'opprimés du colonialisme, pouvaient enfin se lâcher et jouer dans la cour de récré à "Mohamed Al Dura"...

Si un juif comme Enderlin avait pu dénoncer les crimes sionistes alors c'est que c'était vrai... Que toute cette fichue horreur qui s'étalait à longueur de JT était bien la preuve que les Juifs étaient des saigneurs d'enfants... Le crime rituel n'avait jamais cessé d'encombrer les esprits.

La gauche continuait à se taire... Des enfants étaient tabassés, des foules se tenaient derrière des leaders de gauche et d'extrême gauche et scandaient des slogans d'un autre âge, d'un âge qu'on croyait à jamais révolu... J'en fus le témoin douloureux... Me tenant derrière Besancenot, j'entendais des "Mort aux juifs ! Les juifs au four ! Hitler n'a pas fini le travail !"... La gauche n'a pas protesté... Les leaders, heureux d'avoir une horde d'opprimés derrière eux se sentaient ivres de joie :
la révolution qu'ils appelaient de leurs vœux depuis si longtemps semblait à nouveau poindre son nez...

Le prix de ce mouvement ? Les Juifs bien sûr ! Peu importe si la haine antisémite était le fondement de leur lutte, ils tenaient ces chers hommes et femmes de gauche, un potentiel de révolutionnaires et seul cela importait.

Au collège, les profs "comprenaient" ces élèves si opprimés depuis toujours... Ils comprenaient leur haine contre les Juifs... même si c'étaient des collégiens juifs... Ils comprenaient tant et si bien qu'il leur semblait nécessaire de ne pas intervenir lors de "molestages musclés"... Après tout... ces pauvres enfants devaient exprimer leur colère et leur frustration... Les tanks contre des pierres, n'était-ce-pas une bonne raison de laisser Mohamed et Abdel frapper tous les jours Benjamin et Ruben ?
Les profs se dédouanaient... Les repentants du colonialisme pouvaient bien faire des petites faveurs aux indigènes de la République ; si en plus ils cognaient sur des sionistes... ça faisait l'affaire !

Où est ma gauche ? Où sont ces hommes et femmes épris de justice sociale dont mon père nous faisait l'éloge ?

Les croix gammées refaisaient surface, bien en place, près du drapeau israélien... C'était normal et personne n'osait piper mot... La presse laissait libre cours à son pro-palestinisme en tronquant délibérément les infos, en adoptant une sémantique victimaire à l'égard des Palestiniens au détriment de la vérité journalistique... On suppute désormais... Une presse libre est d'abord une presse militante...
On vit le déchainement des Juifs de gauche... Ceux à qui l'on tend les micros, ceux à qui on offre des plateaux télé, ceux à qui on offre des colonnes de presse écrite : ils furent nombreux à laisser exprimer leur haine d'Israël, leur haine de leur ascendance, leur haine du judaïsme...

C'est dans une solitude extrême que nous vivions, nous Juifs de France.
Où trouver les mots pour se battre contre la haine ? Où trouver les moyens de défendre notre honneur et celui du pays de notre âme ? Nous sommes français et fiers de l'être... Nous sommes juifs et fiers de notre histoire et des valeurs humanistes que le judaïsme nous a transmis au long des millénaires... Que faire ?
Nous avons pleuré... Nous avons hurlé de douleur et de rage à chaque attentat-suicide en Israël... Nous avons vociféré lors de quelques manifestations contre la désinformation, la manipulation, l'antisémitisme...

Rien n'y a fait ! Le crime rituel est encore dans les esprits de nos concitoyens mais pas seulement... Il s'est à nouveau imposé dans toute l'Europe, dans les campus universitaires américains, dans une grande partie d'Amérique Latine et dans tous les pays musulmans.

Aujourd'hui, un pays comme l'Iran peut annoncer son intention de rayer Israël de la carte... Les nations font comme jadis, durant la seconde guerre mondiale : elles répondent par un silence de mort... "On verra bien..." "On va prendre des sanctions"... Et pendant que les Nations réfléchissent, le programme nucléaire iranien va bon train...

La Shoah n'est plus un tabou... Alors si même demain un négationniste comme David Irving est invité dans la prestigieuse Université d'Oxford, je dois en conclure que les millions de juifs morts dans les camps de concentration ainsi que ceux que l'on oublie de mentionner comme si c'était trop : les morts par balle" en Ukraine, en Pologne, en Roumanie, en Hongrie, n'auront jamais de repos.

Le cauchemar ne s'arrêtera jamais... Hier ce furent les nazis, les communistes et aujourd'hui les islamistes... Ce ne sont pas les réseaux dormants seulement dont il faut craindre le réveil mais bel et bien cette arme nouvelle et visible par tous : LES PARABOLES !
Les imams salafistes n'ont plus à venir en France et prêcher le Jihad, il leur suffit comme Karadawi de donner le change sur Al Djezira... Al Manar pour le Hezbollah !

Je connais le goût pour les fictions des peuples arabo-musulmans... Ne sont-ils pas persuadés que les "mille et une nuits" sont des contes musulmans ? Ne sont-ils pas persuadés que l'islam a d'abord pour mission d'instaurer ce dogme sur toute la planète ? C'est écrit dans le Coran...

Si avant, les musulmans ignoraient, pour la très grande majorité d'entre eux, les commandements inhumains du Coran, aujourd'hui, les imams se chargent de leur inculquer même de loin ce que le prophète Mahomet leur martelait : "L'Heure [de la Résurrection] n'adviendra pas avant que les Musulmans ne combattent les Juifs et ne les tuent. Et les Juifs se cacheront derrière le rocher et l'arbre dira : Ô Musulman, Ô Serviteur d'Allah, il y a un Juif derrière moi, viens le tuer !"
(Hadith 64 al Bukhari)

Le Hamas ne cesse de le répéter ainsi que tous les pays musulmans... C'est maintenant au tour de toutes les communautés musulmanes de France et d'Europe d'apprendre consciencieusement...

La gauche ne s'est pas rendue compte de sa complicité : soucieuse de repentance, d'auto-flagellation, de poids électoral, elle a ouvert toutes grandes les portes de la haine, du retour au moyen-âge... Elle a été, sans conteste, bien plus méprisante à l'égard de ces populations immigrées en les laissant croire qu'elles pouvaient importer le pire dans nos frontières sous prétexte que nos ancêtres avaient colonisé leurs pays... Ces hommes de gauche sont fiers de parler d'intégration alors que le modèle républicain n'a servi les intérêts que de minorités malades de leurs propres cultures. Les femmes revoilées, les femmes forcées au mariage, les femmes excisées, les enfants modelés dans l'islam... Aujourd'hui, il n'est pas rare d'entendre ces enfants parler "d'impurs" concernant leurs camarades de classe non-musulmans...IMPURS dites-vous ? Cela me rappelle quelque chose...

 

Une chaîne de télévision libanaise diffuse une émission sur le Protocole des sages de Sion

Une chaîne de télévision libanaise diffuse une émission sur le Protocole des sages de Sion

Le 31/10/07, Une chaîne de télévision libanaise affiliée au président du parlement Nabih Beri dans une émission sur le Protocole des sages de Sion : Les Juifs contrôlent le monde par le trafic de drogue et asservissent les autres nations. Ci-dessous des extraits d’un rapport de la télévision libanaise sur le Protocole des sages de Sion. L’émission est passée sur NBN le 22 octobre 2007.

Voir les extraits vidéo sous-titrés en anglais : http://www.memritv.org/clip/en/1588.htm

Voir d’autres extraits vidéo relatifs au Protocole des sages de Sion : http://www.memritv.org/subject/en/363.htm

"Les Juifs prétendent avoir leur propre Dieu au ciel, qui leur a ordonné d’exterminer les peuples de la terre par la drogue"

Maria Maalouf : "Sur terre et au ciel, l’usage que réserve le sionisme américain et israélien à l’arme de la drogue - afin de contrecarrer les Intifadas et les révolutions - ne peut se justifier par l’intensification de la lutte sur terre, comme le prétendent les Américains, tant que les Juifs prétendent avoir leur propre Dieu au ciel, qui leur a ordonné d’exterminer les nations et les peuples du monde, au moyen de la drogue et en provoquant l’anxiété, en engourdissant les capacités mentales, psychologiques et physiques des non Juifs, comme il est écrit dans le Talmud et le Protocole des sages de Sion.

Ces complots juifs pour corrompre les peuples n’ont-ils pas été décrits par des ’casseurs de complots’ américains tels que Benjamin Franklin et Henry Ford, et même par certains Juifs, tels qu’Alfred Lilienthal ou même Karl Marx qui, il y a plus de 150 ans, dénonçait, dans son livre La question juive, l’instinct propre à l’individu juif qui le pousse à prendre le contrôle du monde, par des moyens financiers illégaux ˆ ce qui est connu aujourd’hui sous le nom de ’blanchissage d’argent’ ? ( ?)"

"Depuis l’occupation de la Palestine, la politique sioniste a soutenu et répandu l’utilisation abusive de drogue sur les terres saintes" Narrateur : "Le Coran dit d’eux : ’Ils s’efforcent de semer la corruption sur toute la terre.’ Répandre la corruption sur toute la terre est l’objectif déclaré des malfaisantes mains sionistes qui infiltrent le monde. Les sionistes ont résumé leurs principes destructeurs dans ce qui est aujourd’hui connu sous le nom de "Protocole des sages de Sion", lequel contient leur plan secret pour assujettir le monde entier en répandant le chaos et la confusion parmi les nations, en imposant à l’esprit humain des idéologies corrompues et dépravées et en détruisant les fondements de la religion, du nationalisme et de la moralité.

Depuis l’occupation de la Palestine, la politique sioniste a encouragé et propagé l’utilisation abusive de drogue sur les terres saintes et a fait ce qu’il fallait pour se débarrasser des mesures légales visant à l’empêcher, à empêcher la poursuite en justice des trafiquants de drogue. La direction des prisons en Israël ignore délibérément la contrebande et va jusqu’à faciliter l’utilisation abusive de drogues chez les détenus arabes et exercer des pressions sur les ONG palestiniennes qui essaient d’endiguer le phénomène."

"En plus de provoquer des dissensions internes et d’empoisonner les esprits, les Juifs ont recours à l’empoisonnement physique."

"En plus de provoquer des dissensions internes et d’empoisonner les esprits, les Juifs ont recours à l’empoisonnement physique. Ils sont connus pour avoir empoisonné des puits. Ils sont aussi connus pour ajouter des substances nocives dans les médicaments et les boissons alcoolisés, dans la farine et les produits à base de farine, et dans les autres produits exportés par les Juifs, directement ou indirectement, aux peuples qui leur sont hostiles, si ce n’est à tous les peuples."

"La drogue était le moyen utilisé par les Juifs pour affaiblir le peuple allemand, ce qui a conduit à l’extrémisme nazi."

"La drogue était le moyen utilisé par les Juifs pour affaiblir le peuple allemand, ce qui a conduit à l’extrémisme nazi, auquel les Juifs eux-mêmes ont participé. Ils ont aussi été coupables de trafic de drogue à grande échelle au temps de la Russie tsariste, à partir du 17ème siècle. Cela était conforme au Talmud juif, selon lequel les Juifs doivent consacrer tous leurs efforts à empêcher les autres nations de dominer le pays, afin que le pouvoir demeure entre les mains des seuls Juifs.

"Dans le Protocole des sages de Sion, la fin justifie les moyens, et quand les forces de la société sont dans le désarroi, les Juifs dominent."

"En outre, le neuvième protocole sioniste établit le plus naturellement du monde que tout soulèvement contre les Juifs doit être rendu [aussi vain qu’]un chien aboyant face à un éléphant. Le troisième protocole sioniste affirme que les autres nations doivent être rendues malades, pauvres, sans détermination ni force. Naturellement, la drogue est le moyen le plus efficace pour accomplir cet objectif. Le penseur américain Benjamin Franklin, dans son célèbre manifeste de 1789, l’industriel américain Henry Ford, auteur du Juif international, et d’autres comme eux, ont mis en garde contre le danger présenté par les Juifs, qui ruinent les bonnes m ?urs. Faisant allusion à la drogue, Franklin a dit [des Juifs] : ’Ils détruisent les bonnes m ?urs dans tous les pays où ils s’installent.’ Il les a qualifiés de chauves-souris et de sangsues, précisant que s’ils n’étaient pas tenus à l’écart des enfants aux Etats-Unis, ces enfants, selon Franklin, se retrouveraient à travailler dans les champs pour nourrir les Juifs." ( ?)

"Nous devons prendre nos responsabilités ˆ réfléchir aux moyens de surmonter ce fléau, qui tue notre société."

Maria Maalouf : "J’ai encore une question concernant ce qui est écrit dans le Protocole des sages de Sion : ’Les Juifs ont le droit de traiter les autres peuples comme des animaux, de les corrompre, de diviser leurs pays, de détruire les autres nationalités, de répandre la confusion et le chaos.’ Certains pensent que la drogue est l’un des moyens de contrôle des peuples non juifs."

Hussein Al-Kheishan : "Je pense que c’est vrai et que nous devons prendre nos responsabilités ˆ réfléchir aux moyens de surmonter ce fléau, qui tue notre société."