Yohan Souffir

Je m’appelle Yohan Souffir. Passionné, depuis mes années de collège, par la politique internationale et intérieure, je me suis orienté vers le journalisme après une licence de sciences politiques et un master de journalisme.
Je suis actuellement pigiste et souhaite partager mon analyse et mon expertise au sein de la communauté juive.

Les articles de Yohan Souffir

Mali : l’assassinat du ministre de la Défense fait basculer le pays dans une nouvelle guerre

Mali : l’assassinat du ministre de la Défense fait basculer le pays dans une nouvelle guerre

Mali : mort du ministre de la Défense, ce que l’on sait de la situation

Ce samedi 25 avril 2026, les jihadistes du mouvement JNIM ont assassiné le ministre de la Défense du Mali, Sadio Camara, lors d’un attentat à Bamako. Considéré comme le numéro 2 du régime militaire, cet acte, loin d’être anodin, pourrait avoir des répercussions au-delà du continent africain.

Une attaque revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM ou GSIM), une organisation terroriste islamiste affiliée à Al-Qaïda, qui sévit au Mali depuis près de cinq ans. Cette opération, menée le 25 avril 2026, constitue l’une des plus importantes du groupe. En effet, les jihadistes ont tué dans un attentat le ministre de la Défense Sadio Camara, considéré comme le numéro 2 de la junte militaire soutenue par la Russie au pouvoir à Bamako.

C’est le général Assimi Goïta qui assure l’intérim. Néanmoins, le groupe a frappé fort et ne compte sûrement pas en rester là. L’armée régulière malienne mène actuellement une contre-offensive contre les infrastructures du groupe, mais ce dernier pourrait tenter de déstabiliser davantage, voire de renverser complètement le pouvoir en place.

Les origines du JNIM et son mode d’action

Le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), en arabe « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans », est majoritairement composé de Touaregs maliens et a été fondé en 2017. Le groupe profite du chaos en Afrique de l’Ouest pour recruter, notamment dans un pays majoritairement musulman.

Il coordonne des attaques contre les grandes villes du pays (Bamako, Gao, Kati) et résulte de la fusion de plusieurs groupes jihadistes. Aujourd’hui structuré et organisé, il met à mal le pouvoir militaire soutenu par Moscou. Son objectif pourrait être, à long terme, de renverser le gouvernement actuel, ce qui est extrêmement préoccupant pour l’Europe.

Le risque de la prise de contrôle d’un territoire

Bien que le régime tienne pour l’instant, les combats deviennent de plus en plus intenses et violents. La Russie appelle à une « stabilisation de la situation et à un retour au calme », mais reste limitée dans son engagement. Affaiblie et déjà mobilisée sur d’autres fronts, elle intervient peu pour soutenir ses alliés.

De plus, la milice Wagner, présente en Afrique, a été fragilisée par la perte de son chef, Evgueni Prigojine.

La prise de contrôle d’un territoire par une organisation islamiste constitue un risque majeur. Selon le politologue et journaliste Mohamed Sifaoui :

« Pour qu’un groupe terroriste perdure, il a besoin d’un territoire qu’il contrôle, où il peut exploiter des ressources et d’où il peut projeter des actions. »

Il ajoute :

« C’est ce qui est arrivé avec Daech, Al-Qaïda ou encore le Hamas. »

Si un tel scénario devait se produire, l’Europe pourrait être menacée par de nouveaux projets d’attentats, comme lors de la décennie précédente. Même si les forces de sécurité et les services de renseignement se sont adaptés, le retour d’une menace structurée représenterait un défi majeur.

Vers une opération Barkhane 2 ?

Pour l’heure, aucune intervention n’est officiellement évoquée. En fin de mandat, le président de la République Emmanuel Macron ne prendra probablement pas le risque d’envoyer des troupes sur place.

Cependant, la situation rappelle celle de 2014-2015 avec les opérations Serval puis Barkhane, lorsque le gouvernement malien avait sollicité l’aide de la France.

Les intérêts sécuritaires européens pourraient être menacés par une implantation durable du GSIM dans la région. Une intervention militaire préventive pour éviter ce scénario n’est donc pas à exclure.

Ce qui se passe actuellement au Mali constitue un test, à la fois pour les gouvernements africains — premières cibles — mais aussi pour les puissances occidentales, afin de savoir si les leçons des échecs passés ont été tirées.

Politique israélienne : Bennett-Lapid au coude à coude avec le Likoud

D’après un premier sondage paru lundi 27 avril 2026 sur la douzième chaîne israélienne, le nouveau parti Beyahd arrive en tête des intentions de vote avec 27 sièges contre 26 pour le Likoud, et serait en mesure de former une coalition. La bataille électorale ne fait que commencer.

Après la présentation devant la presse, dimanche 26 avril 2026, la nouvelle alliance entre Naftali Bennett et Yair Lapid passe au crible. D’après un premier sondage de Channel 12, leur nouvelle formation politique, Beyahd, tient la dragée haute au Likoud de Benjamin Netanyahu, arrivant même à le dépasser d’un siège (27 contre 26). S’il est évidemment trop tôt pour tirer des conclusions, il est bon de rappeler que les nouveaux partis qui font leur apparition sur l’échiquier politique israélien réalisent souvent une percée dans les intentions de vote grâce à la médiatisation qu’ils suscitent. Néanmoins, ces premières consultations démontrent qu’il existe bien un électorat centriste qui souhaite mettre fin à cette coalition.

Netanyahu n’est jamais aussi bon que dos au mur

On ne le rappellera jamais assez : le Premier ministre est non seulement un « phénix », mais aussi un « magicien ». Très peu d’experts auraient parié sur la survie du gouvernement pré-7 octobre. Ce dernier arrive en effet au bout de son mandat, après presque trois ans de guerre. Néanmoins, malgré les succès militaires accumulés durant cette période, bon nombre d’Israéliens ne souhaitent pas renouveler leur confiance à l’équipe en place durant la plus grande catastrophe sécuritaire du pays. On le rappellera : « Bibi » ne perd jamais lorsqu’il est face à l’adversité. Fort de son expérience au pouvoir, Benjamin Netanyahu a toujours un « tour dans sa manche » et n’exclut aucune alliance, que ce soit avec Mansour Abbas, leader du parti arabe israélien religieux Ra’am, ou vers le centre et la droite modérée, y compris avec Bennett, qui pourrait se « sacrifier » pour éviter d’entraîner le pays dans un nouveau cycle de scrutins à répétition, comme entre 2019 et 2022, et attendre patiemment son tour.

Le gros obstacle sur la route du leader du Likoud reste ses alliés partenaires actuels : d’un côté les haredim, et de l’autre la droite nationaliste sioniste religieuse, de plus en plus impopulaire, y compris auprès de l’électorat du Likoud, car jugée « incompétente et déconnectée des réalités concrètes ».

Vers un retour de la grande alliance type Bleu-Blanc ?

En 2019, quatre partis politiques s’étaient unis autour de la personnalité de Benny Gantz sous la bannière de la liste commune Bleu-Blanc (Kahol Lavan). Tantôt centre-droit sur les questions sécuritaires, tantôt centre-gauche sur les questions de société, cet attelage hétéroclite, qui réunissait Gabi Ashkenazi, Yair Lapid et Moshe Ya’alon, avait fait jeu égal avec le Likoud sans être capable de réunir les 61 mandats nécessaires pour former un gouvernement viable.

Avec les appels du pied insistants adressés à Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major et leader du parti Yesh Atid crédité de 12 sièges, Yair Lapid serait déjà prêt à « accepter de figurer en troisième place en cas d’alliance avec Eisenkot ». Quant à Benny Gantz, il est en dessous du seuil d’éligibilité fixé à 3,25 % dans de nombreux sondages et devrait être tenté de rejoindre l’alliance. Bien qu’il leur sera extrêmement compliqué de continuer leur boycott de la personne de Benjamin Netanyahu, deux scénarios se dessinent : soit une scission au sein du Likoud parvient à se frayer un chemin — un « Likoud B » dirigé par Yuli Edelstein — soit il faudra trouver des alliés chez les haredim ou parmi les partis arabes.

La course au poste de Premier ministre ne fait que commencer.

Menace russe : quels scénarios pour l’Europe ?

Alors que la guerre entre la Russie et l’Ukraine s’enlise, plusieurs scénarios se profilent à l’horizon pour le reste du Vieux Continent, avec une menace qui s’accroît pour les années à venir et des préparations déjà avancées.

La menace russe n’a jamais cessé de planer, que ce soit sur l’Europe occidentale ou orientale, qu’elle soit hybride ou militaire. Pour des millions d’Européens, elle est bien réelle et palpable. Le drone qui s’est écrasé en Roumanie ce week-end du 26 avril 2026 illustre cette tension croissante. Cet incident n’est pas sans rappeler les « tests » de septembre (essaims de drones en Pologne, en Roumanie, dans les pays baltes et un peu partout en Europe), qui occultent les sabotages quotidiens attribués à l’armée russe, notamment en mer (avec des câbles d’alimentation coupés, entre autres).

De surcroît, les services de renseignement allemands, danois et français estiment que le Kremlin prépare une guerre de haute intensité en Europe d’ici 2029 au maximum. L’échéance approche rapidement. Le chef d’état-major de l’armée française, Fabian Mandon, a déclaré en décembre 2025 qu’il fallait se préparer à un choc direct avec la Russie d’ici trois ou quatre ans, créant la polémique en affirmant qu’il fallait se préparer à « perdre nos enfants ». Preuve que, loin d’être affaiblie, l’armée russe se prépare déjà pour la suite des opérations. Trois scénarios principaux se dégagent.

La poursuite des combats en Ukraine avec une situation stabilisée

Avec les événements au Proche-Orient, les équipes de négociation sont focalisées sur le détroit d’Ormuz ainsi que sur des allers-retours à Islamabad, au Pakistan. Pendant ce temps, les sanctions sur le pétrole russe sont levées et l’économie russe se redresse.

Sur le terrain, l’armée ukrainienne reprend des positions, notamment grâce à l’usage de robots, parfois une première mondiale. Vladimir Poutine cherche probablement à gagner du temps afin de conserver l’oblast de Donetsk. Le renforcement des coopérations avec la Corée du Nord ainsi que certaines rencontres diplomatiques montrent que le Kremlin cherche à « geler » la situation et à profiter de chaque opportunité géopolitique pour se renforcer et consolider ses positions.

Un cessez-le-feu avec l’Ukraine suivi d’une nouvelle offensive sur les pays de l’ex-URSS

Mais un tout autre scénario se dessine en coulisses. Vladimir Poutine prépare les esprits à un éventuel cessez-le-feu et commence déjà à accuser ses généraux de l’avoir trompé.

D’après plusieurs experts, les Russes constitueraient des stocks d’armes inquiétants, comme pour préparer une nouvelle offensive similaire à celle de février 2022. Les cibles prioritaires pourraient être les pays baltes (Lettonie, Estonie, Lituanie), pourtant membres de l’OTAN mais militairement vulnérables.

Selon l’historien Nathan Hurciard, spécialiste de la région : « Si l’on écoute les débats à la Douma, le parlement russe, on parle beaucoup de la protection des minorités russophones au Kazakhstan, un argument déjà utilisé avant la guerre en Ukraine. »

La Russie sortira affaiblie de cette guerre et pourrait chercher à compenser, à l’image de l’Irak en 1991 après sa guerre contre l’Iran. Les ressources du Kazakhstan et du Kirghizistan pourraient devenir des objectifs stratégiques majeurs. Un embrasement régional en Europe de l’Est semble donc plausible. C’est probablement dans cette optique que s’inscrit l’exercice « Orion 2026 », actuellement en cours, qui prépare les armées européennes membres de l’Alliance atlantique.

Une intensification de la guerre hybride

Pour affaiblir l’Europe de l’Ouest, la Russie mise depuis plusieurs années sur une stratégie de guerre hybride. Les cyberattaques en sont une arme majeure : piratage d’hôpitaux, comme à Versailles, ou opérations de déstabilisation interne.

Les tentatives d’ingérence dans les élections, notamment en vue de la présidentielle française de 2027, font également partie de cette stratégie. Sans attaquer directement des pays difficiles d’accès militairement, Moscou peut appliquer le principe du « diviser pour mieux régner ».

En exploitant les divisions internes des sociétés occidentales, la Russie peut affaiblir ses adversaires sans tirer un seul missile. L’ombre de l’impérialisme russe agit ainsi dans la discrétion, mais avec efficacité.

Politique israéliennes : Bennet -Lapid « l’alliance des frères » l’énième résurgence

Politique israéliennes : Bennet -Lapid « l’alliance des frères » l’énième résurgence

Ce dimanche 26 avril marque le début de la campagne électorale pour les élections législatives israéliennes, avec l’annonce d’une nouvelle formation politique baptisée Beyahad.
À sa tête se trouvent les deux anciens Premiers ministres Naftali Bennett et Yaïr Lapid, deux hommes qui ont l’habitude de travailler ensemble bien qu’à première vue tout les oppose.

« L’ère de la division est finie », c’est par cette phrase que Naftali Bennett présente sa nouvelle alliance avec son « ami » Yaïr Lapid, chef de file de Yesh Atid et leader de l’opposition.

L'histoire politique d'Israël est souvent faite de cycles, de trahisons et de réconciliations inattendues. Mais l'annonce de la création de ce nouveau mouvement politique unifié par Naftali Bennett et Yaïr Lapid marque un tournant qui pourrait bien redessiner la carte électorale pour la décennie à venir. En ressuscitant leur fameuse « alliance des frères », les deux leaders ne cherchent pas seulement à gagner une élection, ils tentent de soigner les fractures d'une nation en quête de stabilité.

Une Genèse entre Pragmatisme et Fraternité

L'expression « l'alliance des frères » n'est pas nouvelle. Elle trouve ses racines en 2013, lorsque le novice Bennett, tout jeune député et leader du parti Bayit Hayehudi, et l'ex-journaliste Lapid avaient surpris tout le monde en conditionnant leur entrée au gouvernement à la présence de l'autre. Aujourd'hui, cette alliance renaît sous une forme plus institutionnalisée : un parti unique, ou du moins une liste commune indissociable.

Cette union est profondément paradoxale au premier abord. On y voit la fusion de deux trajectoires que tout semble opposer. D'un côté, la droite décomplexée, au moins sur les questions sécuritaires ; de l'autre, le centre libéral. Pourtant, leur complicité personnelle et leur expérience commune au sein du « gouvernement du changement » en 2021 ont prouvé que, malgré les divergences, un terrain d'entente pragmatique était possible.

Deux Électorats, Deux Mondes, Un Seul Bulletin

Le défi majeur de cette nouvelle formation est de faire cohabiter des bases sociologiques qui, historiquement, se regardent avec méfiance. L'électorat de Naftali Bennett est issu du sionisme religieux de droite et du nationalisme. Ce sont des électeurs attachés à la souveraineté d'Israël, souvent favorables aux implantations. Il faut noter qu'après son mandat de Premier ministre, une partie de ses électeurs s'était sentie trahie.

L'électorat de Yaïr Lapid est ancré dans le centre-gauche laïc et libéral. Il représente la classe moyenne urbaine, les acteurs de la High-Tech et les défenseurs des droits civils. Le pari audacieux des deux hommes est de convaincre que ces deux visions sont complémentaires pour assurer la survie du pays. Le nom Beyahad évoque l’unité retrouvée et prend l’exemple du peuple qui sert sous le même drapeau et avec un même uniforme, notamment pendant les longues périodes de réserves (Milouïms) effectuées par tous les composants de la société durant ces trois années de guerre depuis le 7 octobre.

L'Objectif Prioritaire : Sortir de l'Ère Netanyahou

Il serait naïf d'ignorer que le moteur le plus puissant de cette alliance est leur volonté commune de renverser Benyamin Netanyahou. Le fameux « Tous sauf Bibi » semble de retour. Après des années de domination du Likoud, Bennett et Lapid estiment que le système politique actuel est arrivé à bout de souffle, dévoré par les intérêts personnels du Premier ministre et les exigences des partis ultra-orthodoxes.

Ils accusent l'actuel gouvernement de nourrir une polarisation extrême pour régner, divisant les Israéliens entre « patriotes » et « traîtres ». En se présentant unis, ils espèrent offrir un refuge aux « orphelins politiques » : ces électeurs de droite modérée qui ne se reconnaissent plus dans la dérive populiste du Likoud mais qui craignent de donner leur voix à une gauche jugée trop idéaliste.

Un Programme de Reconstruction Nationale

Au-delà de l'opposition à un homme, le nouveau parti doit proposer une vision. Leur programme se concentre sur la sécurité sans compromis, prônant une ligne de fermeté absolue face aux menaces régionales tout en réformant l'armée. Ils promettent également une réforme de l'État visant à protéger l'indépendance de la justice, ce qui implique de suspendre la réforme judiciaire engagée par l'actuel ministre Yariv Levin.

Enfin, sur la question de l'équilibre entre religion et État, ils cherchent un statu quo moderne, notamment sur le dossier brûlant de la conscription des Haredims. Le succès de cette entreprise reste risqué puisque le gouvernement de 2021 fut perçu comme un échec par certains.

Les ministres Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir accusent déjà Bennett de trahison. Malgré l'épuisement de la société, la journaliste Myriam Shemer fait remarquer qu’au niveau des sondages « rien ne semble bouger » pour l'instant et qu'il faudra attendre les prochaines échéances pour voir si ce changement porte ses fruits.

 

Drones piégés du Hezbollah : un nouveau défi opérationnel pour Tsahal

Drones piégés du Hezbollah : un nouveau défi opérationnel pour Tsahal

Au sud du Liban, la confrontation entre Hezbollah et Tsahal connaît une mutation discrète mais significative.
L’usage croissant de drones piégés marque un tournant stratégique, révélateur d’une guerre qui devient plus technologique, plus ciblée et plus difficile à anticiper.

Une menace discrète mais redoutable

Depuis plusieurs mois, les drones kamikazes s’imposent comme un outil privilégié pour mener des attaques précises sans exposition directe des combattants. Contrairement aux roquettes, ces engins peuvent être pilotés avec précision, voler à basse altitude et frapper une cible au moment opportun.

Sur le terrain, la menace est permanente mais souvent invisible. Un poste avancé, un véhicule ou une patrouille peuvent être surveillés pendant plusieurs heures avant qu’une frappe ne soit déclenchée. Ce mode opératoire permet d’exploiter les failles de vigilance et de maximiser l’effet de surprise.

Pourquoi le Hezbollah privilégie les drones

Ce choix tactique ne doit rien au hasard. Les systèmes de défense israéliens, en particulier le Dôme de fer, ont considérablement réduit l’efficacité des tirs de roquettes. Une large proportion de ces projectiles est aujourd’hui interceptée, limitant leur impact militaire.

Dans ce contexte, les drones offrent plusieurs avantages décisifs :

  • un coût de production faible
  • une grande précision
  • une capacité à contourner les systèmes de défense classiques
  • un risque d’escalade plus limité

Le Hezbollah s’inscrit ainsi dans une stratégie d’usure, cherchant à maintenir une pression constante sans provoquer de conflit ouvert de grande ampleur.

Des défenses israéliennes en adaptation

Face à cette évolution, Israël doit repenser ses dispositifs. Les systèmes actuels ont été conçus pour intercepter des menaces balistiques, et non des drones légers et mobiles, capables de changer de trajectoire et de voler à très basse altitude.

Pour combler cette lacune, de nouvelles technologies sont en cours de déploiement, notamment le système laser Or Eitan (Iron Beam).

Ce dispositif représente une innovation majeure : il permet de neutraliser des drones à un coût extrêmement faible par interception, tout en offrant une grande réactivité. Toutefois, son efficacité reste conditionnée par des facteurs techniques, comme les conditions météorologiques ou son déploiement encore partiel sur le territoire.

Un impact psychologique déterminant

Au-delà de l’aspect militaire, l’usage des drones modifie profondément la perception du danger. Contrairement aux attaques de roquettes, souvent précédées d’alertes, les drones instaurent une incertitude permanente.

Pour les soldats, la menace peut surgir à tout moment, sans signal préalable, ce qui impose une vigilance constante. Cette pression continue influence les comportements, ralentit les opérations et pèse sur le moral des troupes.

Vers une nouvelle forme de guerre

L’essor des drones piégés s’inscrit dans une transformation plus large des conflits contemporains, où des acteurs non étatiques parviennent à rivaliser avec des armées régulières grâce à l’innovation technologique.

À terme, cette évolution pourrait redéfinir les équilibres militaires au Moyen-Orient, en rendant les affrontements plus diffus, plus imprévisibles et plus difficiles à contenir.

Les drones kamikazes représentent aujourd’hui un défi stratégique majeur pour Tsahal, contraignant Israël à accélérer l’adaptation de ses systèmes de défense. Plus largement, ils illustrent une mutation profonde de la guerre moderne, où la précision, la discrétion et la technologie prennent le pas sur la puissance de feu traditionnelle.

 

Washington anticipe un affrontement naval majeur dans le détroit d’Ormuz

Détroit d'ormuz

Depuis le cessez-le-feu dans le conflit opposant la coalition américano-israélienne à l’Iran et à ses proxys, la pression ne cesse de monter. Dans le détroit d’Ormuz, une confrontation navale larvée est déjà en cours, chaque camp testant les limites de l’autre.

L’annulation de dernière minute des négociations prévues à Islamabad ce samedi illustre l’impasse diplomatique actuelle. Aucune discussion sérieuse n’a été engagée entre Washington et Téhéran, les exigences des deux parties étant jugées irréconciliables.

Au fil des semaines, le détroit d’Ormuz s’est imposé comme le véritable nœud stratégique du conflit, par lequel transite près de 40 % du pétrole mondial. Pour Donald Trump, le dossier semble avoir pris une dimension personnelle, guidée par un mélange de calcul économique et de volonté politique.

Les derniers jours ont ravivé des images dignes de la guerre froide : saisies de navires, démonstrations de force, escalade contrôlée. La marine américaine a intercepté un pétrolier dans l’océan Indien, tandis que les Gardiens de la Révolution ont revendiqué la capture d’un navire commercial.

Un rapport de force asymétrique

Sur le papier, la supériorité militaire américaine est incontestable.
La marine des États-Unis dispose de la flotte de destroyers la plus puissante au monde, mais cela ne suffit pas à verrouiller totalement le détroit.

En face, l’Iran mise sur une stratégie asymétrique. Drones, missiles, vedettes rapides — les fameux « moustiques » — et actions de harcèlement maritime maintiennent une pression constante. Cette guerre de l’ombre s’apparente à un affrontement entre David et Goliath, où la mobilité et la saturation compensent l’infériorité technologique.

Les attaques ciblées contre les navires commerciaux alimentent l’inquiétude des armateurs et perturbent les marchés énergétiques. Le détroit est désormais une zone sous tension permanente.

Vers une opération militaire d’envergure ?

Officiellement, aucune décision n’a été annoncée. Mais en coulisses, Washington préparerait une intervention majeure pour sécuriser le détroit d’Ormuz.

Le renforcement de la présence de porte-avions dans la région pourrait en être le signe avant-coureur. Plusieurs scénarios sont évoqués : une campagne de frappes visant à neutraliser la flotte iranienne, l’instauration d’un blocus total, ou encore une opération terrestre ciblant les îles stratégiques de Larak, Ormuz, Qeshm et Hengam.

Des milliers de soldats auraient été mobilisés et pourraient être déployés dans les prochains jours. Un tel scénario, bien que risqué, gagne en crédibilité.

Mais l’option militaire comporte des dangers politiques majeurs pour l’administration américaine, notamment à l’approche des élections de mi-mandat, où toute perte humaine pourrait peser lourdement.

De leur côté, les Gardiens de la Révolution n’ont aucun intérêt à relâcher la pression. Le contrôle du détroit constitue leur principal levier stratégique.

L’issue semble désormais binaire : un accord improbable ou une confrontation navale de haute intensité dans les semaines à venir.

Cessez-le-feu Israël–Hezbollah : un fragile équilibre sur le point de céder ?

Depuis le début de ce week-end, et en parallèle des négociations directes entre Israël et le Liban qui se poursuivent, les tensions entre Tsahal et le Hezbollah s’accentuent, avec des violations du cessez-le-feu de la part de la milice chiite.

Le Hezbollah revendique même l’envoi de drones de combat vers le nord d’Israël, en prétendant « répondre aux violations du cessez-le-feu de l’occupation sioniste ».
Cela montre à quel point le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah n’est qu’une trêve ultra fragile, qui devait initialement prendre fin ce dimanche 26 avril 2026, mais a été prolongée de façon complètement arbitraire par le président Trump. D’ailleurs, Washington a demandé à ses ressortissants présents au Liban « d’évacuer au plus vite », et ce dès jeudi.

Une situation qui rappelle l’avant “Flèche du Nord”

Les experts estiment que le Hezbollah est revenu à un niveau comparable à celui du Hamas avant le 7 octobre 2023. À s’y méprendre, on revient à un scénario semblable à celui d’avant l’opération « Flèche du Nord », où le Hezbollah attaquait timidement le nord d’Israël et Tsahal répliquait.

Cependant, une différence majeure subsiste : l’armée israélienne conserve certaines positions au sud-Liban, notamment dans le secteur de Bint Jbeil, forteresse du groupe chiite dans la région. Néanmoins, cette situation ne pourra pas perdurer aussi longtemps que la précédente, qui avait duré plus d’un an.

En effet, il n’y a plus le contexte de la guerre dans la bande de Gaza pour contenir l’escalade, et l’équilibre des forces dans la région a profondément changé. Une étincelle peut désormais tout embraser à tout moment.

Les différents scénarios qui se profilent

La douzième chaîne israélienne a révélé que le Premier ministre Benyamin Netanyahou « a ordonné à l’armée d’attaquer le Hezbollah ». Dans la nuit, Tsahal a frappé des positions du groupe au sud-Liban.

Pour l’instant, aucune reprise d’une campagne militaire d’envergure ne semble imminente, ni aucune frappe en profondeur, encore moins sur Beyrouth. Le gouvernement israélien veut laisser une chance aux négociations, bien qu’elles soient en réalité au point mort : la date d’une rencontre entre le Premier ministre israélien et le président libanais n’a toujours pas été fixée.

Cependant, si un civil devait être touché, Israël pourrait être contraint de prendre une décision radicale. Sur le terrain, la situation lui est pour l’instant favorable : le commandant de la brigade de Bint Jbeil a été éliminé, et la ville serait sur le point de tomber.

Mais cela reste insuffisant pour vaincre le Hezbollah. Cette situation, extrêmement fragile et précaire, devra évoluer rapidement.

Une déclaration du Premier ministre jette d’ailleurs le doute sur la poursuite de cette pause dans les combats :
« Nous n’avons pas de désaccord avec le Liban, nous sommes proches d’un accord de paix, mais le Hezbollah tente de le saboter. »

Cela laisse peu de place au doute : les combats pourraient reprendre tôt ou tard. On voit mal les États-Unis envoyer des soldats au sud-Liban pour désarmer le groupe, tandis que l’armée libanaise a déjà montré ses limites à plusieurs reprises.

Le sort semble donc jeté : la reprise des affrontements paraît inévitable.

Reprise des hostilités à Gaza : le compte à rebours est lancé

Ce que beaucoup considèrent comme inévitable pourrait bel et bien se produire : une reprise de la guerre entre le Hamas et Tsahal dans la bande de Gaza. D’après le média saoudien Al Arabiya, cette éventualité serait désormais imminente. Alors que le Moyen-Orient ne semble pas se stabiliser, une question se pose : les illusions américaines sont-elles en train de s’effondrer ?

« Gaza doit devenir une ville juive » : c’est par ces propos que le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a relancé l’idée d’une reprise des hostilités contre le Hamas et les autres organisations terroristes dans l’enclave palestinienne.

Malgré les incertitudes entourant les trêves au Liban et les tensions avec l’Iran, plusieurs sources indiquent qu’Israël pourrait profiter de cette période pour achever définitivement le conflit ouvert depuis le 7 octobre 2023. En effet, la semaine dernière, le Hamas a refusé un désarmement lors d’une réunion au Caire, ce qui renforce les tensions.

La balle est dans le camp du Hamas et du Jihad islamique

Le lundi 20 avril, dans un communiqué, le Hamas a indiqué envisager un « désarmement partiel » : abandon des missiles à longue portée, mais conservation des armes légères comme les kalachnikovs et les fusils. Une capacité suffisante pour mener de futures incursions sur le territoire israélien, même si celles-ci ne seraient pas comparables à l’attaque du 7 octobre à court terme.

Par ailleurs, les différents groupes armés n’ont jamais renoncé explicitement à la « moqawama » (résistance). Si certaines organisations palestiniennes laïques comme le FPLP ou le FDLP ont perdu en influence, le Jihad islamique reste actif et relativement intact. Son bureau politique a été peu touché depuis le début du conflit.

Considéré comme le principal proxy de l’Iran dans la bande de Gaza, le groupe ne semble pas avoir participé aux négociations du Caire et gagne en autonomie vis-à-vis du Hamas, tout en restant lié à Téhéran. L’Iran pourrait chercher à préserver ce dernier levier d’influence, en poussant à un désarmement de façade pour éviter une confrontation directe avec Israël.

Cependant, le réarmement reste difficile, notamment en raison de la présence de Tsahal sur l’axe de Philadelphie, limitant les flux d’armes (hors usage de drones).

Une nécessité politique et sécuritaire

La situation régionale, notamment avec l’Iran et le Liban, demeure complexe et bloquée, ce qui pourrait temporairement retarder une reprise des combats. Les tensions persistent, mais ni les États-Unis ni l’Iran ne semblent vouloir une escalade immédiate, laissant le conflit se concentrer, pour l’instant, autour du détroit d’Ormuz.

Du côté du Liban, le gouvernement a demandé un prolongement de la trêve, dans un contexte politique sensible à l’approche des élections législatives.

En Israël, le Premier ministre Benyamin Netanyahou fait face à une pression politique croissante. À l’approche d’éventuelles élections anticipées, une victoire militaire pourrait devenir un enjeu central de campagne. De plus, en l’absence de nouveaux otages et face à l’intransigeance du Hamas, Tsahal pourrait difficilement rester en position défensive si les menaces aux frontières augmentent.

Plus que jamais, une reprise de la guerre dans la bande de Gaza apparaît comme une possibilité concrète et proche.

Iran : qui sont les derniers piliers du régime encore en place ?

Iran : qui sont les derniers piliers du régime encore en place ?

Qui sont les derniers dirigeants iraniens que la coalition américano-israélienne n’a pas encore éliminés ?

Si le travail accompli durant les opérations conjointes « Rugissement du Lion » et « Epic Fury » est très impressionnant, on peut se demander quels sont encore les derniers dirigeants qui tiennent le régime des mollahs à bout de bras
Portrait des derniers cadres politiques et militaires de cette dictature à bout de souffle

Ahmad Vahidi : un multiterrroriste recherché par Interpol

Pour beaucoup d’observateurs, il est le véritable homme fort du pays depuis l’affaiblissement des figures centrales du régime
Nouveau pilier de l’appareil sécuritaire, il s’impose comme un dirigeant clé des Gardiens de la révolution

Considéré comme un « dur », l’homme a la réputation d’être sanguinaire et particulièrement radical
Il est soupçonné d’avoir été l’un des principaux organisateurs de l’attentat de Buenos Aires en 1994

Ancien ministre de l’Intérieur, il est l’un des derniers dirigeants disposant d’une réelle expérience stratégique
Son parcours est marqué par

ancien commandant de la force Al-Qods, unité chargée des opérations extérieures
rôle central dans l’exportation de l’influence iranienne
recherché par Interpol dans le cadre de l’affaire AMIA

Sa disparition créerait un vide difficile à combler à court terme

Mojtaba Khamenei : sortie de son endormissement

Les doutes sur l’état de santé du Guide suprême Ali Khamenei sont devenus une affaire d’État

Selon certaines informations, il serait affaibli et incapable de gouverner pleinement

Dans ce contexte, Mojtaba Khamenei apparaît comme une figure clé
Décrit comme plus extrémiste que son père, il pourrait tirer les ficelles en coulisses

Une certitude
il ne sera pas pressé de conclure un accord sans obtenir une victoire symbolique majeure

Même en cas de disparition de cette figure, le régime ne s’effondrerait pas immédiatement

Massoud Pezeshkian : plus un symbole qu’un véritable décideur

On rappellera que le président de la République islamique n’a qu’un rôle limité dans les faits
Son pouvoir est largement inférieur à celui des structures religieuses et militaires

Massoud Pezeshkian n’a pourtant jamais caché

son mécontentement vis-à-vis des Gardiens de la révolution
sa volonté de parvenir à un accord pour éviter une guerre

Cependant, il ne dispose d’aucune véritable marge de manœuvre
Il reste une figure sans réel poids stratégique

Mohammad Bagher Ghalibaf : le négociateur qui joue la montre

Le président du Parlement iranien est un fin tacticien
Il maîtrise parfaitement l’art de gagner du temps

Sa stratégie est claire

soit ses adversaires acceptent des conditions favorables à Téhéran
soit ils s’exposent à un enlisement ou à une perte d’influence internationale

Considéré comme un « modéré », il reste néanmoins un cadre loyal du régime

Mohammad Bagher Zolghadr : décapiter encore une fois le conseil stratégique de défense

Après la disparition d’Ali Larijani, le régime a dû recomposer en urgence son appareil stratégique

Mohammad Bagher Zolghadr est un homme d’expérience

ancien haut responsable des Gardiens de la révolution
vice-ministre de l’Intérieur pendant plusieurs années
acteur important de l’appareil sécuritaire et judiciaire

Il incarne la logique du régime : remplacer rapidement chaque cadre par un autre issu du même système

C’est là tout le piège
le pouvoir iranien mise sur sa capacité de régénération permanente

Mais en réalité
les ressources humaines ne sont pas infinies
chaque perte fragilise progressivement la structure

Le régime iranien repose sur un noyau dur sécuritaire et idéologique, capable d’absorber les chocs

Mais une réalité demeure

la concentration du pouvoir entre quelques figures clés
la difficulté à renouveler des profils expérimentés
et une pression extérieure constante

Tout cela pose une question centrale
jusqu’à quand ce système pourra-t-il tenir sans transformation majeure

Israël–Liban : négocier sous les bombes face au Hezbollah, le pari à haut risque de Washington

Israël–Liban : négocier sous les bombes face au Hezbollah, le pari à haut risque de Washington

Des négociations historiques entre Israël et le Liban s’ouvrent ce soir sur fond de guerre avec le Hezbollah

Ce mardi 14 avril 2026, jour de Yom HaShoah, est à marquer d’une pierre blanche, car des négociations officielles entre Israël et le Liban s’ouvrent aujourd’hui à Washington, en parallèle des combats au sud du Liban. De nombreux attentats ont lieu, ainsi que des obstacles importants qui attendent les négociateurs.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les négociations qui s’ouvrent ce soir ne sont pas en odeur de sainteté au sein du Hezbollah. Son secrétaire général, Naïm Qassem, a demandé au gouvernement de Beyrouth d’annuler les négociations, les qualifiant de « trahison ». Le mouvement conserve pourtant une participation au sein du gouvernement.

Sous le parrainage américain, ces pourparlers directs entre Jérusalem et Beyrouth sont historiques : c’est la première fois depuis des décennies, depuis 1983, que de telles discussions ont lieu. Si la paix est encore loin, il est question d’un cessez-le-feu préalable.

Marco Rubio sera présent ce soir. Israël sera représenté par Yechiel Leiter, son ambassadeur aux États-Unis, et le Liban par son homologue Nadia Mouawad. Pour le moment, Tsahal a suspendu ses frappes sur Dahiyeh, la banlieue sud de Beyrouth, pour donner une chance à un accord, mais les obstacles semblent nombreux.

Les points de désaccord

Les gouvernements du Liban et d’Israël ont tous deux intérêt à se débarrasser du Hezbollah. Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Sa’ar, a d’ailleurs déclaré : « Nous n’avons aucun différend majeur avec le Liban, le problème, c’est le Hezbollah. »

Mais selon les observateurs, les points de blocage sont importants. Beyrouth souhaite un arrêt des hostilités, tandis que Jérusalem veut continuer à négocier sous le feu.

La question du Hezbollah est centrale. Un plan de désarmement était censé entrer en vigueur en novembre 2024, mais ce fut un échec complet, obligeant à revenir quasiment à zéro dans le sud du Liban.

Israël demandera sans doute des garanties plus solides, ainsi que le maintien d’une zone tampon au-delà du Litani, afin de s’assurer que la milice chiite ne représente plus une menace.

D’ailleurs, l’opération au Liban porte désormais un nom : « Sécurité éternelle ».

Les différents scénarios qui se profilent

Plusieurs scénarios sont possibles, mais aucune des deux parties n’a l’intention de quitter les discussions dès ce soir.

Le gouvernement libanais pourrait renvoyer les ministres du Hezbollah, déclarer son activité politique illégale et se débarrasser de l’ambassadeur iranien à Beyrouth. En contrepartie, les Libanais pourraient exiger un arrêt définitif des combats et un retrait des territoires conquis.

Cependant, il est possible que le pouvoir en place n’ait pas cette marge de manœuvre, le spectre d’une guerre civile étant trop préoccupant.

De son côté, Israël pourrait exiger des concessions territoriales douloureuses pour le Liban afin d’assurer sa sécurité et celle des habitants du nord de la Galilée.

Même affaibli, le Hezbollah conserve un pouvoir de nuisance important sur la société libanaise. En réalité, c’est aussi Tsahal qui contribue à transformer profondément le pays du Cèdre.

L’équation est donc extrêmement complexe pour parvenir à un accord viable, capable d’empêcher un retour des combats à court terme.

Début de réponse ce soir, heure de Washington.