Menace russe : quels scénarios pour l’Europe ?

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Alors que la guerre entre la Russie et l’Ukraine s’enlise, plusieurs scénarios se profilent à l’horizon pour le reste du Vieux Continent, avec une menace qui s’accroît pour les années à venir et des préparations déjà avancées.

La menace russe n’a jamais cessé de planer, que ce soit sur l’Europe occidentale ou orientale, qu’elle soit hybride ou militaire. Pour des millions d’Européens, elle est bien réelle et palpable. Le drone qui s’est écrasé en Roumanie ce week-end du 26 avril 2026 illustre cette tension croissante. Cet incident n’est pas sans rappeler les « tests » de septembre (essaims de drones en Pologne, en Roumanie, dans les pays baltes et un peu partout en Europe), qui occultent les sabotages quotidiens attribués à l’armée russe, notamment en mer (avec des câbles d’alimentation coupés, entre autres).

De surcroît, les services de renseignement allemands, danois et français estiment que le Kremlin prépare une guerre de haute intensité en Europe d’ici 2029 au maximum. L’échéance approche rapidement. Le chef d’état-major de l’armée française, Fabian Mandon, a déclaré en décembre 2025 qu’il fallait se préparer à un choc direct avec la Russie d’ici trois ou quatre ans, créant la polémique en affirmant qu’il fallait se préparer à « perdre nos enfants ». Preuve que, loin d’être affaiblie, l’armée russe se prépare déjà pour la suite des opérations. Trois scénarios principaux se dégagent.

La poursuite des combats en Ukraine avec une situation stabilisée

Avec les événements au Proche-Orient, les équipes de négociation sont focalisées sur le détroit d’Ormuz ainsi que sur des allers-retours à Islamabad, au Pakistan. Pendant ce temps, les sanctions sur le pétrole russe sont levées et l’économie russe se redresse.

Sur le terrain, l’armée ukrainienne reprend des positions, notamment grâce à l’usage de robots, parfois une première mondiale. Vladimir Poutine cherche probablement à gagner du temps afin de conserver l’oblast de Donetsk. Le renforcement des coopérations avec la Corée du Nord ainsi que certaines rencontres diplomatiques montrent que le Kremlin cherche à « geler » la situation et à profiter de chaque opportunité géopolitique pour se renforcer et consolider ses positions.

Un cessez-le-feu avec l’Ukraine suivi d’une nouvelle offensive sur les pays de l’ex-URSS

Mais un tout autre scénario se dessine en coulisses. Vladimir Poutine prépare les esprits à un éventuel cessez-le-feu et commence déjà à accuser ses généraux de l’avoir trompé.

D’après plusieurs experts, les Russes constitueraient des stocks d’armes inquiétants, comme pour préparer une nouvelle offensive similaire à celle de février 2022. Les cibles prioritaires pourraient être les pays baltes (Lettonie, Estonie, Lituanie), pourtant membres de l’OTAN mais militairement vulnérables.

Selon l’historien Nathan Hurciard, spécialiste de la région : « Si l’on écoute les débats à la Douma, le parlement russe, on parle beaucoup de la protection des minorités russophones au Kazakhstan, un argument déjà utilisé avant la guerre en Ukraine. »

La Russie sortira affaiblie de cette guerre et pourrait chercher à compenser, à l’image de l’Irak en 1991 après sa guerre contre l’Iran. Les ressources du Kazakhstan et du Kirghizistan pourraient devenir des objectifs stratégiques majeurs. Un embrasement régional en Europe de l’Est semble donc plausible. C’est probablement dans cette optique que s’inscrit l’exercice « Orion 2026 », actuellement en cours, qui prépare les armées européennes membres de l’Alliance atlantique.

Une intensification de la guerre hybride

Pour affaiblir l’Europe de l’Ouest, la Russie mise depuis plusieurs années sur une stratégie de guerre hybride. Les cyberattaques en sont une arme majeure : piratage d’hôpitaux, comme à Versailles, ou opérations de déstabilisation interne.

Les tentatives d’ingérence dans les élections, notamment en vue de la présidentielle française de 2027, font également partie de cette stratégie. Sans attaquer directement des pays difficiles d’accès militairement, Moscou peut appliquer le principe du « diviser pour mieux régner ».

En exploitant les divisions internes des sociétés occidentales, la Russie peut affaiblir ses adversaires sans tirer un seul missile. L’ombre de l’impérialisme russe agit ainsi dans la discrétion, mais avec efficacité.

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