Israël–Liban : négocier sous les bombes face au Hezbollah, le pari à haut risque de Washington

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Israël–Liban : négocier sous les bombes face au Hezbollah, le pari à haut risque de Washington

Des négociations historiques entre Israël et le Liban s’ouvrent ce soir sur fond de guerre avec le Hezbollah

Ce mardi 14 avril 2026, jour de Yom HaShoah, est à marquer d’une pierre blanche, car des négociations officielles entre Israël et le Liban s’ouvrent aujourd’hui à Washington, en parallèle des combats au sud du Liban. De nombreux attentats ont lieu, ainsi que des obstacles importants qui attendent les négociateurs.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les négociations qui s’ouvrent ce soir ne sont pas en odeur de sainteté au sein du Hezbollah. Son secrétaire général, Naïm Qassem, a demandé au gouvernement de Beyrouth d’annuler les négociations, les qualifiant de « trahison ». Le mouvement conserve pourtant une participation au sein du gouvernement.

Sous le parrainage américain, ces pourparlers directs entre Jérusalem et Beyrouth sont historiques : c’est la première fois depuis des décennies, depuis 1983, que de telles discussions ont lieu. Si la paix est encore loin, il est question d’un cessez-le-feu préalable.

Marco Rubio sera présent ce soir. Israël sera représenté par Yechiel Leiter, son ambassadeur aux États-Unis, et le Liban par son homologue Nadia Mouawad. Pour le moment, Tsahal a suspendu ses frappes sur Dahiyeh, la banlieue sud de Beyrouth, pour donner une chance à un accord, mais les obstacles semblent nombreux.

Les points de désaccord

Les gouvernements du Liban et d’Israël ont tous deux intérêt à se débarrasser du Hezbollah. Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Sa’ar, a d’ailleurs déclaré : « Nous n’avons aucun différend majeur avec le Liban, le problème, c’est le Hezbollah. »

Mais selon les observateurs, les points de blocage sont importants. Beyrouth souhaite un arrêt des hostilités, tandis que Jérusalem veut continuer à négocier sous le feu.

La question du Hezbollah est centrale. Un plan de désarmement était censé entrer en vigueur en novembre 2024, mais ce fut un échec complet, obligeant à revenir quasiment à zéro dans le sud du Liban.

Israël demandera sans doute des garanties plus solides, ainsi que le maintien d’une zone tampon au-delà du Litani, afin de s’assurer que la milice chiite ne représente plus une menace.

D’ailleurs, l’opération au Liban porte désormais un nom : « Sécurité éternelle ».

Les différents scénarios qui se profilent

Plusieurs scénarios sont possibles, mais aucune des deux parties n’a l’intention de quitter les discussions dès ce soir.

Le gouvernement libanais pourrait renvoyer les ministres du Hezbollah, déclarer son activité politique illégale et se débarrasser de l’ambassadeur iranien à Beyrouth. En contrepartie, les Libanais pourraient exiger un arrêt définitif des combats et un retrait des territoires conquis.

Cependant, il est possible que le pouvoir en place n’ait pas cette marge de manœuvre, le spectre d’une guerre civile étant trop préoccupant.

De son côté, Israël pourrait exiger des concessions territoriales douloureuses pour le Liban afin d’assurer sa sécurité et celle des habitants du nord de la Galilée.

Même affaibli, le Hezbollah conserve un pouvoir de nuisance important sur la société libanaise. En réalité, c’est aussi Tsahal qui contribue à transformer profondément le pays du Cèdre.

L’équation est donc extrêmement complexe pour parvenir à un accord viable, capable d’empêcher un retour des combats à court terme.

Début de réponse ce soir, heure de Washington.

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