Emmanuel Bercault

Emmanuel est étudiant à la Sorbonne aux Relations Internationales et Action à l'Etranger. Il est acteur de la communauté juive en tant que journaliste, notamment chez Judaiques Fm, Alliance et également auprès de l'ambassade d'Israël à Paris

Les articles de Emmanuel Bercault

Manifestation devant l'AFP : Stop à la désinformation volontaire de l'AFP

Impact l'association en faveur d'Israël contre tous les clichés contre le BDS

Désinformation: rassemblement devant l'Agence France Presse ce jeudi à 18 heures

Suite au traitement de l'actualité en Israel par la presse française, l'équipe d'IMPACT a décidé d'organiser un rassemblement devant l'Agence France Presse ce jeudi à 18 heures.

Nous étudiants français de toute origine et de toute la France, nous sommes réunis au sein de l'organisation IMPACT, afin de promouvoir les relations entre Israel et la France et d'informer sur Israel afin de lutter contre la désinformation, source de passages à l'acte antisioniste et antisémite.
Nous ne pouvons pas continuer à assister à un traitement médiatique partisan où les titres inversent victimes et terroristes.

Nous avons alors écrit un article "Les faits et seulement les faits" où nous interpellons la presse française mais surtout l'agence France Presse en tant que symbole de la presse française mais aussi dont les dépêches qui sont sans cesse reprises par la presse française de droite comme de gauche.

Dans la même perspective, nous avons alors pris l'initiative de joindre les responsables de l'AFP afin d'organiser une cellule de débat entre membres de notre organisation et eux-mêmes. Sans réponse, un rassemblement s'est imposé. Il est temps de montrer que certains français sont choqués et exaspérés.

Nous vous invitons à vous joindre à ce rassemblement, seul ou avec votre organisation. Nous sommes convaincus que nous partageons le même combat et que l'Union fait la force.

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IMPACT : On en a marre de voir Israël être délégitimé sur des bases fausses et mensongères

Impact l'association en faveur d'Israël contre tous les clichés contre le BDS

« On en a marre de voir Israël être délégitimé sur des bases fausses et mensongères ». C’est le constat de départ qu’ont fait plusieurs étudiants parisiens (juifs et non-juifs).

Pour lutter contre ce prisme de vue qui ne reflète pas la diversité israélienne, ces jeunes ont souhaité agir et se mobiliser.

Pour cela, ils ont créé l’association IMPACT (Impact, Mobilisation, Promotion, Action) qui vient de voir le jour. Sa vocation, faire découvrir au plus grand nombre un visage d’Israël différent de celui présenté par la plupart des médias.

Si elle s’adresse d’abord aux étudiants présents sur différents campus universitaires, cette association n’exclue toutefois pas un public plus large, en dehors des frontières de l’enseignement supérieur.
A l’origine du projet, on l’a évoqué, des jeunes indignés de la désinformation continuelle dès lors qu’il s’agit d’Israël.

Il est en effet frappant de constater qu’un petit pays, pas plus grand que la Sardaigne fasse autant l’objet de critiques obsessionnelles au sein de la presse française.
Régulièrement, les mêmes rengaines reviennent : « Israël est un Etat d’apartheid », « Israël oppresse les Palestiniens », « Israël ne veut pas la paix » … On ne compte plus les stéréotypes manichéens concernant l’Etat hébreu.

A lire les journaux, Israël se résume uniquement au conflit avec ses voisins.

Quid de sa richesse culturelle, quid de ses innovations révolutionnaires, quid de son art de vivre si particulier, quid de sa délicieuse gastronomie ?
A cela, les fondateurs de l’association IMPACT ont voulu apporter une réponse. Comme l’affirme la présidente du groupe, Alexandra Glanz, étudiante en droit à l’Université Paris II Assas, « l’idée est de casser les clichés sur Israël en faisant découvrir aux gens ses richesses méconnues ».

Concrètement, cela passera par des conférences, mais aussi des rencontres, des expositions ou encore des voyages organisés. Le but, faire connaitre la vraie nature d’Israël, celle d’une démocratie libérale pleine de diversité culturelle, forte d’une tradition historique exceptionnelle, mélange subtil d’Orient et d’Occident.

Selon Alexandra Glanz, IMPACT demeurera « apartisane » tout en clamant son attachement à l’Etat d’Israël. L’association a déjà reçu le soutien de l’Union des Patrons Juifs de France mais aussi de nombreux parlementaires qui assisteront à la soirée de lancement prévue le jeudi 24 Septembre au Parc de la Villette 211 avenue Jean-Jaurès 

Au programme de cet événement plein de promesses, musique, gastronomie israélienne à l’honneur et ambiance tel-avivienne en vue histoire de prolonger les vacances. L’idée, venir « cool », être soi-même, en un mot, être comme en Israël.

La soirée aura lieu à partir de 21h00, jusqu’à 02h00 du matin. Pour plus d’informations sur la soirée, rendez-vous sur la page Facebook de l’association. Alors n’attendez plus, si vous voulez défendre Israël sur votre terrain, rejoignez IMPACT.

Dans une ambiance conviviale, solidaire et ouverte à tous, vous contribuerez à faire découvrir les charmes ce pays si particulier au plus grand nombre !

Tel-Aviv débarque sur les quais de la Seine de Paris le 13 août

Tel-Aviv à Paris , les plages de tel aviv à Paris

Coincé à Paris ? T’inquiète, la plage de Tel Aviv débarque chez toi !

Vous êtes désespérément retenu par votre employeur en plein mois d’août? Vous êtes en vacances mais vous ne pouvez pas partir cette année profiter de la plage et de la douceur de
Tel-Aviv ?
Pas d’inquiétude puisque la Ville Blanche prend ses quartiers d’été à Paris !

Le Jeudi 13 août de 10 heures à 22 heures, l’ambiance festive telavivienne se retrouvera en plein coeur de la capitale, sur le site de Paris Plage, entre le Pont d’Arcole et le Pont Notre Dame.

De 10 heures à 19 heures, seront proposés foodtrucks aux saveurs méditerranéennes (tels que les célébrissimes falafels) et autres jeux de plages (gymnastique, fitness).

Des jeux concours seront aussi organisés. Ils vous permettront peut être de gagner des produits de la mer Morte de la marque Sabon. A noter également, la distribution de nombreux goodies (chapeaux, chemises, mat...

Après 19 heures, place à l’atmosphère endiablé des soirées telaviviennes avec DJ Wal 10, fin connaisseur des nuits locales…
Des chansons israéliennes et des tubes internationaux seront mis à l’honneur pour retrouver un peu de la nightlife israélienne.

Les Quais de Seine vont donc se transformer en une véritable tayelet (célèbre promenade du bord de mer) l’espace de quelques heures.
Pour Lionel Choukroun, directeur de la société de production l’Agence Culturelle, productrice de l’événement, l’idée est de “faire vivre aux Parisiens et aux touristes l’expérience de Tel Aviv sans s’y déplacer”. Donner à Paris Plage une connotation méditerranéenne apparaît par conséquent comme l’objectif majeur de ce projet.

La réputation de l’une des villes les plus dynamiques, les plus créatives du Moyen-Orient n’est plus à faire. Pourtant, beaucoup méconnaissent le charme de la “Colline de printemps”. Ainsi, quoi de plus légitime que de faire partager aux Parisiens la ferveur de ces plages reconn...

Source : coolisrael.fr/25041/coince-a-paris-tinquiete-la-plage-de-tel-aviv-debarque-chez-toi

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L'identité juive passe aussi par le regard de l'autre. Ilan Scialom

Interfaith tours, Ilan Scialom, Coexister, identité juive

« Nous sommes d’accords pour ne pas être d’accord »

C’est l’histoire d’un projet un peu fou. Interfaith Tour, c’est son nom, est un voyage initiatique d’un an dans le monde entier autour du dialogue interreligieux.

Tous de religions différentes, les jeunes participants, se sont rassemblés autour d’un seul mot d’ordre : Coexistence.

Alliance magazine a recueilli les impressions d’Ilan Scialom, 28 ans, géo-politologue de formation, membre de l’aventure. Il nous explique les intérêts d’une telle initiative et s’interroge sur l’identité juive avec toujours en toile de fond la volonté de comprendre l’autre.

- Tout d’abord présentez-nous un peu le projet d’Interfaith Tour.

- Interfaith Tour est un projet qui réunit cinq jeunes ,un musulman, un athée, un agnostique, un juif et un chrétien, qui partent à la rencontre des projets interreligieux et interculturels dans le monde. Après dix mois de tour du monde, Interfaith Tour c’est quarante pays visités et quatre cent trente-cinq initiatives rencontrées, c’est-à-dire interviewées et filmées.

L’objectif de ce tour du monde est simple. Avec l’association Coexister nous faisons déjà de l’interreligieux en France mais nous voulions voyager dans le monde entier pour écouter les bonnes pratiques liées à l’interreligieux mais pas pour convaincre, ni présenter notre modèle aux autres.

En somme, nous avions trois objectifs : d’une part ramener ces bonnes pratiques en France. Ensuite, créer un réseau d’initiative interculturel et religieux puisque la plupart des gens dans les différents pays ne se connaissent pas.

Et enfin contribuer à la recherche académique sur l’interculturel et la résolution de conflit.

Nous avons eu la chance de rencontrer des personnes qui agissent concrètement sur le terrain, qui n’amènent pas une vision de conflictualité ou de combat.

Elles contribuent chaque jour à leur échelle, notamment au niveau local, à construire la paix au quotidien sur leur territoire.

- Sur un plan personnel, qu’est-ce que vous retenez de l’aventure ?

- D’abord je retiens qu’on a pu faire cette aventure en groupe. Quelques soient nos différences, on a été capable de ne pas les nier mais au contraire de les transcender. On a chacun notre croyance, notre foi et notre pratique qui se sont renforcées pendant le voyage.

En étant dans un projet qui nous dépasse, qui nous semble important aujourd’hui pour la société française, on a réussi à ne pas rentrer en conflit. On voulait surtout montrer que l’interculturel ça marche, à travers un tour du monde dans lequel nous avons pu rencontrer différents témoins de ce dialogue.

- Cela dit, l’Interfaith Tour est-il un projet idéaliste voire un peu naïf ou est-ce vraiment le signe qu’une entente entre les différentes religions est possible dans le respect de l’autre ?

- Je ne pense pas qu’on soit naïfs. Le crédo de l’association Coexister, porteuse du projet, et des cinq participants est qu’on est d’accord pour ne pas être d’accord.

On n’est pas dans une optique de dire que tout le monde il est beau, tout le monde il est joli.

On est tous étudiant en science politique, histoire ou relations internationales donc on travaille constamment sur les questions de religion.

Donc Interfaith Tour ne nie pas les différences. Aujourd’hui, on donne en permanence la parole à des acteurs de conflits, on montre à chaque fois dans les journaux télévisés que ça ne va pas … Mais les autres dans tout ça ? Ceux qui sont dans l’ombre, ceux qui travaillent concrètement au quotidien qui montre que ça fonctionne, est-ce qu’on leur donne la parole ?
Je ne crois pas que ça soit des idéalistes. Je pense qu’ils travaillent véritablement au quotidien pour améliorer le sort de leur communauté et c’est de cela dont on voulait témoigner. Il faut arrêter d’avoir une vision constamment en crise et dire qu’on peut à travers certaines initiatives comme la nôtre, aboutir à une mutation vraiment positive pour la société.

- Vous disiez que ce tour du monde avait renforcé votre identité juive. Comment définirais-tu cette identité ?

- En une phrase, je rappelerais l’un des dix commandements : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

J’insiste vraiment sur le fait qu’on oublie trop souvent le « comme toi-même ». Avant d’aller vers l’autre, il faut être capable d’avoir une identité réfléchie et posée.

On est fréquemment en train de redévelopper cette identité à travers des textes ou des rencontres.

Pour ma part, j’ai eu la chance de développer mon identité juive avec les Eclaireurs Israélites, un mouvement pluraliste.

A travers cela je me suis rendu compte que cette identité passait aussi par le regard de l’autre. Mais c’est un échange. C’est-à-dire que je grandis à travers le regard de l’autre et l’autre grandit à travers mon regard.

Il n’est pas question de lui ressembler mais d’être moi-même, tout en me nourrissant de ses différentes expériences et du quotidien. Je crois que c’est quelque chose qui est assez ancré dans la tradition juive. Par exemple, le fait d’être shomer chabat ne m’a pas posé de problème durant l’Interfaith Tour. Les autres se sont mis à mon service quand il le fallait, tout comme je me suis mis à leur service quand il le fallait.

- Mais est-ce possible de concilier ton identité juive avec ton identité française ?

- La société française est guidée par trois valeurs cardinales ,liberté, égalité, fraternité, auxquelles j’en ajouterais une quatrième qui est la laïcité.
A chaque époque, les juifs ont apporté une contribution à cette société.
Il y a eu certes des moments noirs dans cette histoire comme les années 1940. Mais constamment, en vivant dans un pays qui a été le premier à en faire des citoyens à part entière, les juifs ont contribué à son histoire.
L’identité juive reste connectée à la société française, connectée à la Cité.
Il est donc important de continuer à agir avec un regard juif à la construction et au développement de cette société.

- D’accord, mais cela tout en conservant un lien particulier avec Israël ?

- Evidemment. On ne peut pas laisser ça de côté. Je pense que nous, juifs, avons un lien consubstantiel avec Israël comme nous le rappelons chaque jour dans nos prières ou dans la lecture des parachiot. C’est quelque chose qui fait pour moi partie intégrante de mon identité juive.

- A partir de ton expérience, pensez-vous qu’en Israël et plus globalement au Moyen-Orient, la coexistence entre juifs et arabes est possible ?

- Je pense qu’elle est très abimée … Je veux dire qu’on n’en est pas du tout au stade de coexistence aujourd’hui. L’idée c’est peut-être d’y arriver mais là encore il y a des choses qui bloquent. Concrètement, en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien, le projet arabe, la Ligue Arabe, se construit face à Israël, donc face à ce rapport que j’évoquais entre les juifs et la terre d’Israël. Il y a pourtant des points positifs à travers l’histoire qu’on a tendance à l’oublier. Je pense notamment à la longévité des communautés juives dans les pays arabes, même si elles ont aujourd’hui complètement disparues. Il faut donc insister sur ce passé là que ce soit du côté arabe où c’est compliqué à mettre en place, ou du côté juif. Alors, je pense qu’on pourrait voir apparaitre les prémices, même si je suis très prudent là-dessus, d’une éventuelle coexistence.

La stratégie iranienne : entre pragmatisme et messianisme

Iran entre pragmatisme et messianisme

La stratégie iranienne : entre pragmatisme et messianisme

« Un loup déguisé en mouton ». Voilà comment le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou dénonçait le président iranien Hassan Rohani, fraichement élu, lors de l’Assemblée Générale de l’ONU en Octobre 2013.

A la différence de nombreux diplomates européens ou américains, l’Iran semblait pour Bibi davantage une puissance dangereuse qu’un pays incompris. Il est vrai que la question des véritables intentions iraniennes fait l’objet de virulents débats.

Néanmoins, il convient de démythifier le « régime des Mollahs » et d’éviter de tomber dans la caricature fréquemment entendue d’un pays gouverné par des fanatiques ne souhaitant rien de moins que de mettre la main sur le Moyen-Orient.

Si on veut cerner la stratégie iranienne, il faut avant tout comprendre que l’importance de l’identité dans ses fondements.

Il faut dire que les iraniens ont conscience d’appartenir à une civilisation millénaire et de descendre de l’un des plus grands empires jamais bâti, l’empire Achéménide. En dépit des influences arabes, turques ou parfois occidentales, l’Iran a toujours conservé cette idée de posséder une culture riche et très présente au Moyen-Orient.

Ainsi, l’histoire demeure un moyen de cohésion d’une population qui se pense, davantage que la Chine par exemple, comme l’Empire du Milieu, le centre du monde. Dans cette histoire, le chiisme demeure un vecteur identitaire particulièrement majeur depuis la conversion de la majorité de la population au chiisme duodécimain au début du XVIe siècle. Avec la Révolution Islamique de 1979, un nouvel élan a été donné à la place de la religion dans la société.

En témoigne les institutions politiques qui érigent le Guide en puissance supérieure, notamment en ce qui concerne la défense et la politique étrangère.

Comme l’explique Matthieu Anquez, auteur récemment d’une Géopolitique de l’Iran, il existe deux sources de légitimité au pouvoir : d’une part la légitimité religieuse, théocratique, qui repose sur le principe du velayat-e faqih (« tutelle du docteur en loi »). D’autre part, la légitimité populaire s’exprime par le biais des élections, où s’observe l’influence de la Ve République, qui n’ont jamais été remises en cause même au plus fort de la guerre Iran / Irak. Ces deux aspects apparaissent prépondérants pour comprendre la logique du pouvoir et de la stratégie iranienne.

Concernant cette stratégie, il convient de rappeler que la République islamique ne fut pas, durant ses premiers mois, farouchement anti-occidentale.

Mais rapidement, le nouveau régime initia une rupture radicale motivée par l’idée selon laquelle la révolution devait s’étendre à toutes les terres d’islam, renversant au passage les régimes considérés comme impies.

On retiendra l’épisode de la prise de l’ambassade américaine (1979-1981) par des étudiants islamistes qui marqua le début de l’anti-américanisme désormais traditionnel de l’Iran. La guerre Iran / Irak (1980-1988) accentua l’opposition à l’Occident, en raison de son soutien assez marqué à Saddam Hussein. Cette idée se conjugue à la volonté iranienne de prendre en main son destin pour ne plus être soumise aux influences étrangères.

Cela passe par une référence au chiisme qui demeure depuis 1979 l’un des invariants de la politique extérieure de l’Iran.

On se souvient de Mahmoud Ahmadinejad qui, en 2006, devant l’Assemblée générale de l’ONU, avait annoncé l’imminence du retour du douzième imam, Al Mahdi. Il s’agit ainsi d’instrumentaliser la religion à des fins politiques.
Le retour du douzième imam constitue un prétexte suffisant pour justifier la volonté de puissance de Téhéran.

Enfin, le dernier aspect de la politique extérieure iranienne se caractérise par un antisionisme et un antiaméricanisme d’Etat. En un mot, la lutte contre « Satan », s’explique par une volonté de lutter contre l’impérialisme et le colonialisme dont seraient victimes les palestiniens mais aussi la plupart des nations arabes.

N’oublions pas le facteur religieux lié à la reconquête du Dar-al-Islam dont ferait partie la Palestine qui influe, certes de manière minoritaire, sur la politique étrangère de Téhéran.

Rohani, un véritable changement ?

Il reste en tous les cas clair que les excès d’Ahmadinejad ne seront plus reproduits comme en témoigne le message de Rohani souhaitant une bonne nouvelle année aux Juifs du monde entier.

La plupart des diplomates européens considèrent que si l’Iran poursuit probablement un « agenda militaire secret », il n’a pas d’intérêt, ni même de capacités (lié à la capacité de riposte israélo-américaine) pour attaquer Israël.

La présence de la Mosquée Al-Aqsa, "troisième lieu saint de l’Islam à Jérusalem", empêcherait également toute action nucléaire iranienne du fait de la contiguïté du territoire israélien.

En outre, les conséquences indirectes (course à l’armement, humiliation de l’ONU et des Occidentaux, mort du TNP) qu’entrainerait l’acquisition de l’arme atomique, renforce les doutes autour de la volonté réelle du régime d’obtenir la bombe.

Mais ça serait oublier que l’Iran est chiite et pense que le Mahdi émergera du chaos pour paraphraser Mahmoud Ahmadindejad. Dès lors, rien ne s’oppose à risquer de détruire un lieu saint si cela doit aboutir à l’émergence de l’Imam caché.

Par conséquent, avec l’élection d’Hassan Rohani, si la forme change, le fond reste le même puisque c’est bien le Guide suprême, Ali Khamenei qui a la main mise sur la politique étrangère et les questions de défense.
En témoigne sa déclaration du 9 novembre 2014, appelant avec virulence à la destruction pure et simple de l’Etat d’Israël, « régime barbare, de loups et d’infanticide ».

Comme l’a écrit, il y a peu, le professeur Emmanuel Navon, c’est le Yémen qui apparait comme la prochaine cible de « l’hégémonie iranienne » au Moyen-Orient, Téhéran soutenant activement les rebelles chiites (Houtis) avec l’idée d’en faire une force majeure sur les plans politiques et militaires.

 

Le président de l'EUJF Sacha Reingewirtz contre-attaque. Par Emmanuel Bercault

UEJF-Sacha-Reingewirtz
Sacha Reingewirkt président de l'EUJF

Suite à la polémique soulevée et relayée par plusieurs médias ainsi qu'à la demande de démission de Sacha Reingewirtz président de l'UEJF, Alliance a souhaité entendre la version des faits par l'intéressé. Une interview sans complaisance réalisée par Emmanuel Bercault

Alliance  - Tout d'abord, que ressentez vous face à la polémique actuelle sur votre refus d’organiser une conférence aux côtés de Naftali Bennett ?

Sacha Reingewirtz- Je suis très choqué de voir qu’on peut attaquer de façon aussi virulente les Etudiants Juifs de France. A travers ma personne, c’est tout le travail au quotidien des étudiants qui est attaqué, mais aussi le travail aux côtés d’Israël.

Je trouve ça absolument irresponsable et grave de s’en prendre ainsi à des défenseurs de la communauté, à des soutiens d’Israël, sans même prendre la peine de vérifier la nature de ces faits.

Alliance - Quelle est votre version des faits précisément ? 

Sacha Reingewirtz- Je ne sais pas de quels faits on parle puisqu’il y a deux articles complètement diffamatoires à m’en encontre qui ont été sortis. On m’explique que le président de l’UEJF aurait été coopté, alors que j’ai été élu au cours d’une campagne publique, avec deux candidats et un congrès avec près de 250 participants. Je n’ai jamais lu des propos de ce type-là à mon égard. En tout cas, j’ai du en lire chez Dieudonné, Soral et compagnies, mais certainement pas sur un site juif.

Alliance - Mais revenons à l’affaire autour de Naftali Bennett …

Sacha Reingewirtz-- C’est faux, comme tout le reste. Ce sont des informations rapportées, des rumeurs. Je n’ai pas refusé de rencontrer un ministre israélien. J’ai l’habitude de rencontrer tous les politiques israéliens de droite ou de gauche. C’est important pour moi comme pour les Etudiants Juifs de France de comprendre la société israélienne et de rencontrer tous les politiques israéliens. Il y’a quelques mois encore, en Israël, nous avons rencontré Dani Dayan, le chef du Conseil de Judée-Samarie.

Il est juste absurde de dire que le président de l’UEJF refuse de rencontrer un ministre israélien. Et d’ailleurs, je n’ai même pas été invité à l’ambassade d’Israël à l’occasion de la rencontre avec certains dirigeants de la Communauté. Ce qui m’est reproché, c’est de ne pas avoir organisé de conférence. Si on devait se justifier de toutes les conférences qu’on n’organise pas, on passerait notre temps à s’excuser auprès des gens qu’on n’a pas le temps de recevoir. L’UEJF n’est pas un prestataire de conférence.

Alliance - Vous niez donc avoir été invité à une conférence avec monsieur Bennett ?

Sacha Reingewirtz-- Oui, je n’ai pas été invité à l’ambassade !

Alliance - Si ça avait été le cas, y seriez vous  allé ?

Sacha Reingewirtz- Bien sûr que j’y serais allé, mais je répète que je n’ai pas été invité.

Alliance - Vous n’avez donc rien contre les idées de Naftali Bennett ? 

Sacha Reingewirtz- Ca n’est pas la question. Il ne s’agit pas de dire si je suis pour ou contre. La question est de savoir si je rencontre les ministres israéliens. Et bien sûr, je les rencontre.

Alliance- JSS News vous reproche également d’avoir participé à une manifestation aux côtés de l’Extrême Gauche après le massacre de Toulouse …

Sacha Reingewirtz-- Après le massacre, nous avons organisé une grande manifestation à Paris qui a réuni 20 000 personnes. Cette manifestation s’est déroulée à notre appel. On a également co-organisé la marche à Toulouse et une autre marche avec toutes les associations de la société civile. Beaucoup d’associations sont donc venues. Mais on n’a pas organisé une marche avec l’extrême-gauche.

Alliance- Il y avait tout de même Jean-Luc Mélenchon …

ha Reingewirtz- Mélenchon était la lors de la première manif. Mais lors de cette manif, il y avait aussi la LDJ qui a défilé à ses côtés. C’est un politique qui a manifesté mais il n’a pas été invité par l’UEJF.

Alliance - Europe-Israël et d’autres sites vous reprochent également de rencontrer chaque année des dirigeants palestiniens plus ou moins partisans d’une véritable paix avec Israël. Vous regrettez ? 

Sacha Reingewirtz- C’est délirant. Je n’ai jamais rencontré aucun extrémiste palestinien. J’ai rencontré des hommes de paix. Je n’ai pas rencontré Mahmoud Abbas, mais il y a bien eu une rencontre avec lui où étaient présents tous les dirigeants des institutions juives dont le président du CRIF. Si on considère que le CRIF fait également partie des ennemis d’Israël, ça commence à faire beaucoup. Je pense que là, il y a quelque chose de grave sur une police de la pensée qui serait en train de s’instaurer et qui empêcherait tout dialogue.

Alliance- Comment réagissez-vous aux demandes de démission formulées par Europe-Israël, JSS News et apparemment certains étudiants juifs ?

Sacha Reingewirtz- Comment ça certains ? Est-ce que des cadres de l’UEJF l’ont demandé ? Si je dois répondre à toutes les rumeurs diffusées par ces sites … JSS n’a même pas pris la peine de m’appeler avant de sortir deux articles extrêmement virulents à mon égard. Il n’y a aucune éthique et aucune exigence journalistique dans ces articles.

Je ne comprends pas à qui profite cette affaire et je ne comprends pas comment on peut dénigrer le travail fait par l’UEJF depuis 70 ans pour défendre Israël en France. Je ne comprends pas comment on peut insulter des gens qui prennent des risques physiques. J’ai moi-même été agressé plusieurs fois dans les campus français pour avoir amené des étudiants israéliens donc je ne vais pas commencer à me justifier de mon sionisme. J’ai été élu pour représenter les Etudiants Juifs de France. Je représente des étudiants de toutes les composantes politiques et je n’ai pas à répondre aux attaques diffamatoires d’un journal qui ne prend même pas la peine de m’appeler.

Propos recueillis pour Alliance  par Emmanuel Bercault