PARIS
,le 24/12/07- Parmi les plus beaux films à voir en salles cette semaine
figurent "Les Trois brigands", un superbe dessin animé tiré d'un
classique de la littérature enfantine et "La visite de la fanfare", une
perle venue d'Israël, remarquée au dernier Festival de Cannes.
-
"Les Trois brigands", film d'animation de Hayo Freitag (Allemagne,
1H19) avec la voix de Tomi Ungerer. Pour la première fois, la fantaisie
échevelée, le ton caustique et le graphisme épuré du célèbre
illustrateur alsacien Tomi Ungerer sont transposés dans un superbe film
d'animation. "Les Trois Brigands" sont des bandits de grand chemin à
l'ancienne qui attaquent les diligences la nuit dans les bois, et
détroussent leurs voyageurs. L'un est armé d'un soufflet à poivre qui
fait éternuer les chevaux, l'autre d'un tromblon, le dernier d'une
grande hache qui lui sert à casser les roues. Un jour, ils tombent sur
une diligence qui ne transporte que Tiffany, une petite orpheline qui
part habiter chez une vieille tante grognon. Ravie d'échapper à ce
destin peu ragoûtant, la fillette convainc les bandits de l'enlever et
s'installe dans leur caverne: enjôleuse et maligne, elle aura tôt fait
de les convaincre de donner leur or à tous les orphelins. Des images
semées de clins d'oeil irrésistiblement comiques, une entraînante
chanson de brigands aux voix rauques, enregistrée par le groupe
allemand Bananafishbones, font le sel du film.
Chez
Tomi Ungerer, auteur caustique et politiquement incorrect, rien n'est
jamais mièvre, les enfants ne sont pas des anges et tout est à double
lecture: "Les Trois brigands" n'échappent pas à la règle en plaidant,
l'air de rien, pour une éducation paternelle hors des sentiers battus.
Heureux de la qualité des "Trois brigands", l'illustrateur, qui jusque
là avait refusé toute adaptation de ses livres, a accepté d'en être le
narrateur: sa voix accompagne le spectateur au long de ce film bourré
de charme.
- "La visite de la fanfare" d'Eran Kolrin (France,
Israël, 1H30) avec Ronit Elkabetz, Sasson Gabai, Saleh Bakri, Khalifa
Natour. Empreint de poésie burlesque, "La visite de la fanfare"
embarque le spectateur dans une douce utopie, un coin de désert où
Arabes et Israéliens apprendraient à se connaître, loin du fracas de la
guerre. Dignes dans leurs uniformes bleu ciel, fiers sous leurs
casquettes à visière dorée, huit musiciens égyptiens attendent à
l'aéroport, le guide qui doit mener la Fanfare de la police
d'Alexandrie à l'inauguration d'un centre culturel arabe, dans une
lointaine ville israélienne. Mais le guide ne viendra pas et la
fanfare, dont aucun membre ne maîtrise l'hébreu, tente de trouver son
chemin par elle-même... elle échoue bientôt dans la mauvaise ville, au
beau milieu du désert. Emue par le désarroi de Tewfiq (Sasson Gabai),
le chef d'orchestre, Dina (Ronit Elkabetz), jeune Israélienne aux
moeurs libres qui tient une épicerie-café, loge la fanfare pour une
nuit, jusqu'au retour de l'unique bus quotidien... et entame le
dialogue avec Tewfiq. Si le scénario est basé sur des évènements
infimes, "La visite de la fanfare" embarque le spectateur dans un
voyage semé de surprises et chargé d'émotions. Véritable joyau du film,
la comédienne israélienne Ronit Elkabetz (aussi réalisatrice, auteur de
"Prendre femme" en 2005), par sa présence magnétique, sa sensualité,
son humour et sa bouleversante humanité, électrise chaque scène. Le
film était en sélection officielle au 60e Festival de Cannes dans la
section Un Certain Regard.
- "Vous êtes de la police ?" de
Romuald Beugnon (France, 1H34) avec Jean-Pierre Cassel, Jean-Claude
Brialy, Micheline Presle, Philippe Nahon. Ce premier film du jeune
Romuald Beugnon, 32 ans, est une réjouissante comédie policière au
cadre singulier, celui d'une maison de retraite, servie par
l'interprétation toute en finesse de Jean-Pierre Cassel et Jean-Claude
Brialy, dans leur dernier rôle. Simon Sablonnet, un inspecteur de
police retraité joué par Jean-Pierre Cassel, est "déposé" en fauteuil
roulant, à son corps défendant et par sa fille, dans une résidence pour
personnes âgées. Il fait alors la connaissance de toute une galerie
d'originaux, à commencer par Alfred Lamproie (Jean-Claude Brialy),
truculent ex-propriétaire des lieux - bien que contraint de vendre, il
continue à accueillir "ses" résidents. Lorsque Lamproie meurt
subitement, Sablonnet refuse de croire à un accident et se met à
enquêter sur ce qu'il estime être un meurtre. Si l'intrigue policière
ne manque pas de suspense, en dépit de la modestie du danger encouru
par le héros - du vernis à ongles projeté sur une porte en guise
d'avertissement, des meurtriers potentiels quasi grabataires.. -
l'intérêt du film est ailleurs. Il réside dans le jeu des acteurs, tous
excellents et joyeusement investis dans cette intrigue digne d'Agatha
Christie... au ralenti. Mais le tour de force du film est de faire rire
tout en laissant entrevoir la cruauté d'une interminable fin de vie
dans une institution spécialisée.
- "La clef" de Guillaume
Nicloux (France, 1H55, Avertissement au public) avec Guillaume Canet,
Jean Rochefort, Vanessa Paradis, Marie Gillain, Josiane Balasko,
Thierry Lhermitte. Eric Vincent (Guillaume Canet) est un garçon sans
histoires, un peu renfermé, qui partage la vie d'Audrey (Marie
Gillain), mais pas son désir d'avoir un enfant. Un jour un inconnu lui
propose, au téléphone, de lui remettre les cendres d'un père qu'il n'a
pas connu. Il est alors happé par la violence d'un monde interlope de
truands et de camés, tissé de règlements de compte, de chantages et
d'obscurs trafics. Après "Une Affaire privée" (2002) et "Cette
femme-là" (2003) Guillaume Nicloux signe un 3e polar avec ses
personnages fétiches: le détective François Maneri (Thierry Lhermitte)
et la commissaire Michèle Varin (Josiane Balasko). Obnubilé par le
climat du film - poisseux à souhait, tous les personnages oscillant
entre dépression plus ou moins larvée et agonie physique et morale,
dans des décors jaunâtres, au sordide appuyé - Nicloux en oublie de
tisser une intrigue crédible. Les dialogues ostensiblement opaques,
allusifs, entretiennent maladroitement le suspense.
- "Ma vie
n'est pas une comédie romantique" de Marc Gibaja (France, 1H32) avec
Gilles Lellouche, Marie Gillain, Laurent Ournac, Stéphanie Sokolinski.
Eternel ado, Thomas, 35 ans, vient d'être quitté par la femme de sa vie
lorsqu'il tombe par hasard sur Florence, son béguin d'enfance, mariée à
un agent immobilier qui la trompe. En devenant amis, vont-ils tomber
peu à peu amoureux l'un de l'autre, comme dans la comédie romantique
américaine "Quand Harry rencontre Sally", auquel les clins d'oeil se
multiplient ? Un film inégal à l'humour potache et au mauvais goût
affiché, où les traits d'originalité alternent avec les gags idiots. La
satire du milieu des jeux vidéos - Thomas est testeur de jeux pour un
magazine - et l'intrigue secondaire, une histoire d'amour politiquement
incorrecte entre un Roméo obèse et sa Juliette mineure, donnent lieu
aux meilleures scènes.
- "Alvin et les Chipmunks", film de Tim
Hill (Etats-Unis, 1H30, titre original: "Alvin and the Chipmunks") avec
Jason Lee. A l'approche de Noël, le sapin où vivent trois frères
écureuils nommés Alvin, Simon et Théodore, est abattu et installé avec
ses petits occupants dans le hall d'une maison de disques. Dave,
chanteur-compositeur venu proposer une chanson, repart sans le savoir
avec dans son sac les joyeux rongeurs. Alvin et les Chipmunks
deviendront des stars...
- "Les animaux amoureux", documentaire
de Laurent Charbonnier (France, 1H25). A chaque saison, la terre
entière résonne des chants, des râles et des cris amoureux des animaux.
Dauphins, lions, poissons clowns, oiseaux, kangourous, singes, crabes
ou insectes, s'évertuent à séduire pour s'accoupler et donner la vie.
Un voyage aux quatre coins du monde au coeur de ces épopées amoureuses.
-
"Je suis une légende" de Francis Lawrence (Etats-Unis, 1H40, titre
original : "I am legend", Avertissement au public) avec Will Smith,
Alice Braga. Robert Neville, un savant de réputation mondiale, est
mystérieusement immunisé contre le virus incurable qui frappe la
planète. Il est peut-être le dernier homme sur Terre, et erre dans New
York. Mais des mutants, victimes de cette peste moderne, rôdent dans
les ténèbres. L'adaptation du roman d'anticipation homonyme signé par
l'Américain Richard Matheson en 1954.