Les articles de Jean-Paul Gavard-Perret

Illustrateur juif finlandais : Antti Kalevi et la distance ironique

Antti Kalevi illustrateur juif et finlandais

Antti Kalevi et la distance ironique

Antti Kalevi propose par ses "illustrations" apparemment inoffensives un traité de l’art.
Face au sacré accordé aux images il propose une déviance en une série d’images dans l’image. Souvent le voyeur (sorte de Pinocchio) est présenté parallèlement au grandes oeuvres de l’art réinterprétées par le geste de l’artiste : la Joconde par exemple – dotée du même nez rouge que son voyeur.

En feinte d’osmose avec le grand art, Antti Kalevi lui accord de bons coups de pieds de l’âne. Néanmoins la volupté demeure au côté d’une ironie coruscante. Le Finlandais effrange les écoles en faisant tout entrer dans sa propre grille d’interprétation et son langage. Piétinant celui des grands maîtres celui qui devient l’âne de ses Buridan s’amuse tout en donnant de subtiles leçons d’interprétation. Dans la forge de ses dessins il s’élève face aux divers temps par son langage plastique qui secoue les léthargies pour nous proposer ses images d’ivresse où le léché reflue au profit d’autres ardeurs : celles d’exigences iconoclastes.

Le dessinateur est aussi féroce que vivifiant. L’histoire de l’art est en lambeaux mais de ceux-ci et sous formes de quasi graffitis se fondent en dérives propres faire chavirer les idées préconçues.
Les cordages sont dénoués dans ces face-à-face qui ouvrent le nacre de coquillages d’où jaillissent des flots inattendus. Ils dévorent ce que les "cavernes" artistiques ont parfois englouti. Vivifiant pour le moins.

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juive : Esther Fayant - hantise des lieux et des corps

Esther Fayant artiste juive

Esther Fayant - hantise des lieux et des corps

A travers ses photographies intimes agencées autour de portraits, de carnets de voyage et d’intérieurs la Genevoise Esther Fayant pose la question de ce qu’on voit et dans quel véritable « spectacle » cette vision s’inclut. De telles prises fascinent par leur mélancolie impalpable, leur humour discret et leur solitude extensive et lumineuse.

Entre - par exemple le des arpents de lumière où une nimbe de couleur pâle - la photographe construit un espace cage. Les barreaux en restent élastiques toutefois afin que celle qui est saisie puisse passer à travers.

Chaque cliché reste donc béant et fermé. L'inclinaison du temps y demeure imperceptible.

La simple courbe d’un visage féminin et l’ombre qui la souligne dit combien la créatrice ne se permet pas la moindre digression, le moindre geste fantôme. Créer revient à identifier par la prise plastique quelque chose de subtil qu’il ne convient pas de détruire mais d’isoler, de retenir en une sorte d’état pur entre du désir face à la capacité de destruction du quotidien.

L’ombre se distingue du référent par ce qu’elle le fait apparent « perdre ».

Néanmoins par cet effet surgit une ostentation subtile, elle participe à la présence du corps érotisé. Elle s’y dépose sans le recouvrir par ce que le corps a perdu : sa couleur, son épaisseur, sa tactilité. Pour autant elle inclut paradoxalement un plus d’éros. Le corps devient double : dans les effets d’ombre surgit ce que l’image en sa lumière ne pourrait montrer.

Esther Fayant résout de la sorte la relation au corps dans l’altérité plutôt que dans l’identité. L’ombre devenant l’autre du corps elle permet de le pénétrer. Le principe retenu par l’artiste s’y donne comme principe de changement et de mouvement.

Dès lors l’altérité n’est plus associée à la ressemblance ou la similitude mais à la différence et la disparité. L’ombre devient l’aspect tangible de l’éros. Il montre la distance qui s’insère forcément entre le réel et sa représentation. La photographe remplace cette dernière par sa « re-présentation ».

Ce déplacement est essentiel. Il ne retranche rien. Au contraire. Il ajoute au corps sa dimension invisible.

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juif : Arnaud Cohen "sombre éros"

arnaud-cohen artiste juif sculpteur

Sombre éros : Arnaud Cohen

Arnaud Cohen, « Remission + Retrospection, Musées de Sens et Palais Synodal, Sens,14 juin 2015 – 20 septembre 2015, « A l’ombre d’Eros - une histoire d’amour et de mort», Monastère Royal de Brou, Bourg-En-Bresse, 19 juin 2015 - 4 janvier 2016

Apparemment moulées dans les lutrins paisibles du langage admis, les sculptures d’Arnaud Cohen créent un psautier du silence où l’Eros prend des accents différents selon les expositions du créateur. Celui-là est parfois rose et enjoué. Mais parfois il se fait plus grave et impressionnant. A Sens les femmes de l’artiste regarde le spectateur : il est soumis à leur majesté érotique .

Toutefois, séductrices mais belles indifférentes, les femmes toisent de haut le regardeur. Leurs pauses n’appellent pas la caresse. De leurs « mains runiques » elles semblent les éloigner. En groupe mais dans leur splendide isolement elles sont une suite d’odalisques, de Lilith.

Elles provoquent des interrogations. Fantomales, plus rien ne les agitent même si elles jouent de leurs charmes. Mais les éventuels fornicateurs sont révolus et les Janus somnolents.
Face à elles ils ne sont qu’amas de brindilles même si des ténèbres de l’être surgissent frissons et rafales glacés dont il faut subir l’impact.

Une forme d’éternité s’impose mais aucune clé ne peut en forcer le passage. Chaque sculpture porte la femme au zénith : mais pas celui espéré : seule la médiation s’impose.
Arnaud Cohen fait remonter à une connaissance diffuse et oubliée.

Elle est récoltée à l’aube de nos peurs et de nos attentes. A la pesanteur de viscères s’oppose une froideur majestueuse qui rappelle l’homme l’ordre là où, pourtant, louvoie une forme de volupté. Toutefois seule la caresse du regard est permis.

Elle passe sur la peau du temps afin de remonter l’histoire - du moins ce qu’on en sait. Il convient de se laisser emporter en une sensation de vertige pour la pure émergence. Elle est proposée non pour supporter l’existence mais pour la soulever.

Jean-Paul Gavard-Perrret

Artiste juive : Germaine Krull photographe

jeu de paume Krull Germaine photographe juive exposition Paris jusqu'en septembre 15

Germaine Krull le miroir reformant de la photographie

Germain Krull photographe juive expose jeu de paume à paris

Germain Krull photographe juive expose jeu de paume à paris

Germaine Krull, « Un destin de photographe », du 2 juin au 27 septembre 2015, Paris 8e, Jeu de paume

Germaine Krull fut une des premières à photographier des usines, des ponts et des machines sous des angles de vues vertigineux. Elle a également innové par ses études de nus féminins, ses images à connotation sexuelle et en jouant sur le montré-caché où elle se distingue par sa liberté de ton et de sujet.

C’est aux Pays-Bas, en 1925, qu’elle découvre architectures et engins mécaniques des ports, qui la conduisent, suite à son installation à Paris en 1926, à éditer le portfolio Métal. D’emblée cette édition l'intègre à l'avant-garde de la Nouvelle Vision photographique. Elle participe à la création du magazine photographique « VU » avec André Kertész et Eli Lotar où se crée une forme de reportage poétique. Avec une telle créatrice la photo devient un miroir reformant par le biais qu’elle propose.

Ne reste qu’un fantôme d'une histoire ou d’une identité à travers des jeux d’ombre. Le sujet semble repousser la prise et invite au renoncement non sans caresser une certaine dérision au sein même de la dramatisation des photos. Le corps comme les édifices restent au bord du langage plastique, au bord da son ravin. Par ombre portée l’artiste semble jouer entre la douleur de la nuit à la splendeur du jour.
Jean-Paul Gavard-Perret

artiste juive : Laurie Simons, " How we see "Jewisch Museum, New-York, 2015.

Laurie Simons artiste juive photographe exposition à New-York

Laurie Simmons : une affaire de regard

Laurie Simons, " How we see "Jewisch Museum, New-York, 2015.

Par ses photographies Laurie Simmons s’aventure dans des lieux obscurs de sa personnalité comme de celle du regardeur. Tout dans ses portraits jouent d’un effet de surface. Mais les yeux de chaque modèle sont surprenants et fascinants. Ils laissent ouvert la question du regard : car ce qui habituellement permet un face à face se décentre tant le regard devient un gouffre ouvert non sur le fantasme mais sur la mémoire et la perception.

L’artiste provoque une descente en apnée, vers les grandes profondeurs par cette présence irrévocable du regard dont l’élan devient aussi obscur que clair : s’y perçoit non l’abîme de la femme mais de l’oeil qui se porte sur elle.

Nous voici presque malgré nous ramenés à un espace de la déposition s’agissant du corps en tant qu’objet de perte et de fascination.

La femme à la fois Méduse et Mélusine vient une fois de plus affirmer son autorité par ce regard étrange. Il introduit vers le “ moi pur ”dont parlait Mallarmé mais sans que « sous » ce moi puisse se détecter une identité. Il n’est ni la réminiscence du vide sépulcral ou du désir. Il va bien au-delà.

Le regard du spectateur devant ces yeux bijoux demeure interdit et ravi - à savoir capturé. C’est ce qui donne à l’œuvre sa puissance particulière. Il est question d’ensevelissement du voyeur par les saisies de Laurie Simmons. Celui-là est porté à une interrogation dont la réponse reste problématique mais où il demeure quelque chose à apprendre.

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juive : Sarah Bahbah et l'anorexie

artiste juive Bahbah Sarah entre anorexie et trop plein

Sarah Bahbah et l'anorexie

A priori les égéries de Sarah Bahbah semble avoir un bel appétit. Pizza et produits fast-foods semblent les satisfaire. Toutefois un doute est permis : les modèles apparemment gourmandes ont des silhouettes filiformes qui rappellent les anorexiques si présentes dans l'icongraphie du temps.

Bahbah Sarah entre anorexie et trop plein artiste juive

Bahbah Sarah entre anorexie et trop plein artiste juive

Là où le monde semble régi par "messer gaster" (le ventre selon Rabelais) ce qui peut le remplir reste un objet plus ludique qu'une véritable nourriture terrestre?

Sarah Bahbah joue donc de l'ambiguïté entre le vide et le plein, le plaisir et sa frustration. Nous sommes projetés dans le quotidien de jeunes adultes traité entre amusement, envie et leurs opposés.

Tout reste ouvert : à chaque regardeur de se faire son idée là où la photographe semble bienveillante et amusée.

Elle demande juste à ses modèles un jeu dénué de profondeur humaine. L’artiste les exhibe afin qu’elles soient des "clowns" non dupes du jeu programmé. Cela ne fait pas de mal dans un monde surchargé de messages. Halte aux éléments affectifs, aux émotions violentes. Les images ouvrent à des spectacles où le plaisir reste présent. Il demeure néanmoins plus joué que véritablement accepté.

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juive : Amy Winehouse, vers un autre visage

Amy Winehouse artiste juive

Amy Winehouse, vers un autre visage

Amy Winehouse “A Family Portrait”, 23 Juillet - 1er. novembre, 2015, Contemporary Jewish Museum en cooperation avec le Jewish Museum de Londres.

“Amy Winehouse: A Family Portrait” évite tous les poncifs inhérents aux es expositions du genre. Créé par le Jewish Museum de Londres avec l’aide du frère et de la belle-soeur de l’artiste l’exposition permet de décoder les poncifs en offrant une vision intime de l’artiste aussi sulfureuse que suicidaire.

L’exposition “sue” la passion pour la musique et la mode mais propose aussi le portrait des immigrés juifs au Royaume-Uni. La famille de l’interprète et compositrice inoubliable a quitté le Belarus pour Londres à la fin du XIXème siècle pour fuir les pogromds. Elle s’est insérée dans le monde des juifs assimilés à leur nouvelle nation tout en respectant leurs racines.

De nombreux documents inédits montrent à la fois cet attachement ainsi que les liens qui unissaient les membres de la famille. Celle qui reste la voix majeure de la pop-anglaise du tournant des millénaire et une song-writer exceptionnelle créatrice d’un mélange inédit de jazz, pop, soul, and R&B récompensée de cinq Grammy Awards, de tubes mondiaux (“Rehab,” “Back to Black,” “Valerie.”) et qui morut tragiquement à 27 ans est soudain métamorphosée par cette exposition.

Dégagée de ses « images d’Epinal » médiatiques elle surgit soudain telle qu’en elle-même loin des images communes de sa story-telling frelatée. Il s’agit là d’un travail de mémoire d’une rare qualité où l’héritage juif de l’artiste comme le portrait intime sont évoqués avec pudeur et intelligence.


Artiste juive : Oda Jaune, affaires de femmes

Oda Jaune de retour de Tel-Aviv artiste juive

Artiste juive : Oda Jaune, affaires de femmes

Oda Jaune, « Masks », 6 juin – 24 juillet 2015, Galerie Daniel Templon, Paris

Grâce à Oda Jaune la femme n’est jamais la belle captive propre à entretenir les fantasmes.
Elle est insaisissable.

Ode Jaune masques équivoques artiste juive de retour de Tel-Aviv

Ode Jaune masques équivoques artiste juive de retour de Tel-Aviv

Parfois en effacement ou en morceaux (ici des masques équivoques) elle ouvre pourtant à un certain vertige d’un désir passé ou à venir, toujours en cours de libération-fixation au sein de dévoilements métaphoriques et ironiques.

Ils sont là pour faire découvrir une substance cachée de la représentation féminines.
Chaque œuvre devient une scène précise non par ce qu’elle raconte mais pour sa stratégie.
Oda Jaune tranche ainsi dans le vieux problème de la peinture qui se veut romantico-érotique lorsqu’il s’agit de montrer « du » féminin.
Chez l’artiste les phénomènes les plus « chauds » sont habillement travestis : d’où le titre de son exposition.

Après un passage par Tel-Aviv l’artiste revenue à Paris ouvre sur le réel des issues dérobées, des souterrains qui font communiquer l’extérieur avec l’intime.

Les situations présentées deviennent autant de méditations sur la femme. Son univers et son statut sont remis en question non sans cause mais sans explications : au regardeur de faire son chemin face à l’œuvre où les personnages en leurs fragments fascinent par l’envers de leur propre monde qu’ils laissent voir ou cache.

Preuve que pour Oda Jaune la défaite féminine n’est que métaphorique.

Par l’humour le féminin change en effet de « tournure » : il se passe de commentaires tant les images « parlent » par elles-mêmes. Tous les artifices sont en place mais pour une circulation particulière du sens. Jaune met aux prises avec un visible particulier : on le voit et on ne voit plus. Chaque toile devient stance et instance qui désignent une « violence » implicite. La chair y est livrée à d’étranges métamorphoses. L’espace montré/caché devient énigme, lacune, secret. Il est à double voire à triple fond. La peinture y devient « polytope » dans l’objectif d’une rencontre provisoire et intime, aussi absurde que radicale : elle se transforme en piège à signes.

Jean-Paul Gavard-Perret


Artiste juif :Dove Allouche ou la béance oculaire du paysage

artiste juif Dove Allouche et les paysages

Dove Allouche : béance oculaire du paysage

Un paysage n’existe que s’il retourne la vue, interroge le regard qui est sensé la voir. De l'œil au regard s'instruit un glissement : il fissure énigmatiquement les certitudes acquises de la contemplation fétichiste ou de la possession carnassière des images.

Dove Allouche le sait : sa « morale » reste la sélection d'un mode de regard.

Arpentant le lieu du tournage de Stalker ou une forêt carbonisée, l’artiste invente des processus photographiques, graphiques comme autant d’expériences du temps. Par exemple et pendant un an l’artiste a parcouru les égouts parisiens suivant le sens d’évacuation des eaux. Muni d’une unique lampe torche il a photographié des déversoirs d’orage servant à dévier des effluents. À partir de ces photographies, il a réalisé une série d’héliogravures, qui associe par analogie le circuit souterrain de la ville et l’entaille de la gravure, Dove Allouche révèle l’envers de la ville.

A contempler ces images l’œil se perd parfois le cycle biologique, parfois de celui de l’urbain ; Le paysage dans sa noirceur devient une figure de l’Achéron. Il semble guetter un improbable passeur d'âmes, renvoie à la Vanité inscrite dans le paysage.

On croit entendre la voix de la nature mais de fait on devient le confident des opérations les plus secrètes du cycle de la mort et de la vie.

Existe donc chez Allouche à la fois une fermeture et une ouverture du champ.
Inscrivant entre ici et ailleurs une sorte d’extraterritorialité le créateur subvertit les notions de dehors et de dedans. Le paysage mute de la simple représentation vers la « re-présentation ».

Entre les deux le pas est immense. Elle différencie le travail du faiseur et celui du créateur, comme celui de deuil et de la mélancolie. Il oriente vers on ne sait quel abîme et vers quelle faille sinon le désir de la vie malgré tout. Elle est là sous les paupières.
Bref véritable créateur « du » paysage Dove Allouche n’est pas artistes « de » paysage puisqu’il ne cesse de le métamorphoser.
Dove Allouche actuellement : Galerie Mezzanin, Genève


Dafy Hagai photographe israèlienne

Dafy Hagai photographe israélienne ne met pas en scène ses mannequins, le naturel domine

Dafy Hagai : une autre vision d’Israël

Entre plusieurs voyages entre les USA et Israël et au milieu de divers shootings pour des campagnes publicitaires (Levi’s, Sam Snider…)

Dafy Hagai donne de la présence à ses sujets, une présence spontanée, naturelle

Dafy Hagai donne de la présence à ses sujets, une présence spontanée, naturelle

Dafy Hagai a donné des jeunes femmes israéliennes une présence qu’il est rare de retrouver dans la photographie du temps.

Plutôt que de coder ses clichés de paramètres géographiques et de les contextualiser de manière trop prégnante la créatrice propose des femmes aussi simples que saines.
Elles n’avancent en rien masqué. C’est à peine si ça et là il existe un jeu de mise en scène et parfois de hors-champs à la « Bigger Splash » de David Kockney.

Dafy Hagai  quand le naturel prédomine, les sujets deviennent vecteur de lumière

Dafy Hagai quand le naturel prédomine, les sujets deviennent vecteur de lumière

Les jeunes femmes deviennent - mannequins ou simple passantes - le vecteur d’un érotisme très doux et en rien surjoué.

La peau du visage ou du corps suggère plus qu’elle dévoile. Certaines poses sont suggestives. Mais la plupart ne cherche pas à proposer un voyeurisme ou un exhibitionnisme.

D’où l’originalité d’une œuvre photographique où tout repose sur le registre de la beauté dans des approches parfois sophistiquées, parfois « de rue ».

Dafy Hagai invente un nouveau rapport du lointain et de la proximité, de la sophistication et de la simplicité. L’ « ordo erotis » n’est plus la matière de rêve douteux mais une réflexion sur une réalité souvent montrée comme douloureuse. Elle trouve ici une forme d’allégresse bienveillance et insouciante. Le monde à parfois besoin de telles images pour réviser les clichés acquis sur Israël.