Poétesse juive à redécouvrir : Monique Rosenberg

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Monique Rosenberg poétesse juive , le sucre de mes pas

Poétesse juive à redécouvrir : Monique Rosenberg

Ce n’est pas en frappant le monde à coup de pieds que Monique Rosenberg cherche l’élan. L’état vibratoire de sa poésie ne tient jamais à une séparation ou à l’idée de trancher mais à une communion qui permet face au monde de faire régner « contemplation et intuition à l’aide de soies ou de fibres de mûrier » .

La poésie cherche à mettre une harmonie au milieu de l’être pour le ramener à l'univers en son état naissant.

Les paysages les plus anodins - ceux qu’on oublie de regarder - annoncent une immatérialité dans la mesure où l’abstraction des mots devient la figure de l’intercession qui nous appelle à pénétrer dans l’invisible ici-même, ici-bas.

Par sa métamorphose poétique le monde en ce qu’il donne à voir devient un « jardin des possibilités ».

Encore faut-il, qu’à l’instar de la poétesse, nous soyons capables de le regarder, de le prendre afin d’entrer en fiançailles avec lui.

Toutefois cela n’est possible que parce que, le monde vu, nous le portons en puissance : ce n’est pas nous qui le regardons, c’est lui qui nous contemple et à nous de comprendre ce que Camus nommait « sa tendre indifférence », à nous d’accepter d’entrer en cet accord pour transformer ces fiançailles en un mariage plus long que le temps humain trop humain..

Monique Rosenberg tisse un lien entre un ésotérisme mystique issue de la tradition talmudique et une proximité de la sensation.

Toutefois - et c’est là l'originalité de son oeuvre - l’une et l’autre ne surgissent que sous la forme de la sobriété. Ce n’est donc pas, à l’inverse d’Artaud, Monique Rosenberg qui s’écrierait « ma sobriété est cause de ma perte ».

C’est à travers elle au contraire que la création dans sa réduction prend une dimension exponentielle. Sa poésie devient alors comme elle l'affirme à propos de la vie
« une pore d’éternité ». L’être et le monde peuvent ainsi y respirer à l’épreuve du temps et pour le dépasser.

Monique Rosenberg, Le sucre de mes pas, Jacques André Editeur, Lyon, 50 pages, 9,50 euros


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