Artiste juif :Dove Allouche ou la béance oculaire du paysage

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artiste juif Dove Allouche et les paysages

Dove Allouche : béance oculaire du paysage

Un paysage n’existe que s’il retourne la vue, interroge le regard qui est sensé la voir. De l'œil au regard s'instruit un glissement : il fissure énigmatiquement les certitudes acquises de la contemplation fétichiste ou de la possession carnassière des images.

Dove Allouche le sait : sa « morale » reste la sélection d'un mode de regard.

Arpentant le lieu du tournage de Stalker ou une forêt carbonisée, l’artiste invente des processus photographiques, graphiques comme autant d’expériences du temps. Par exemple et pendant un an l’artiste a parcouru les égouts parisiens suivant le sens d’évacuation des eaux. Muni d’une unique lampe torche il a photographié des déversoirs d’orage servant à dévier des effluents. À partir de ces photographies, il a réalisé une série d’héliogravures, qui associe par analogie le circuit souterrain de la ville et l’entaille de la gravure, Dove Allouche révèle l’envers de la ville.

A contempler ces images l’œil se perd parfois le cycle biologique, parfois de celui de l’urbain ; Le paysage dans sa noirceur devient une figure de l’Achéron. Il semble guetter un improbable passeur d'âmes, renvoie à la Vanité inscrite dans le paysage.

On croit entendre la voix de la nature mais de fait on devient le confident des opérations les plus secrètes du cycle de la mort et de la vie.

Existe donc chez Allouche à la fois une fermeture et une ouverture du champ.
Inscrivant entre ici et ailleurs une sorte d’extraterritorialité le créateur subvertit les notions de dehors et de dedans. Le paysage mute de la simple représentation vers la « re-présentation ».

Entre les deux le pas est immense. Elle différencie le travail du faiseur et celui du créateur, comme celui de deuil et de la mélancolie. Il oriente vers on ne sait quel abîme et vers quelle faille sinon le désir de la vie malgré tout. Elle est là sous les paupières.
Bref véritable créateur « du » paysage Dove Allouche n’est pas artistes « de » paysage puisqu’il ne cesse de le métamorphoser.
Dove Allouche actuellement : Galerie Mezzanin, Genève


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