Los Angeles : La synagogue HamaKom expulse une famille pour ses opinions pro-israéliennes

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Los Angeles : La synagogue HamaKom expulse une famille pro-israélienne

Une synagogue de Los Angeles de nouveau sous les feux de la justice

Elle avait déjà fait scandale en dissimulant des photos d'otages israéliens pour ménager des invités musulmans.
La synagogue HaMakom, conservatrice, implantée dans la banlieue aisée de Woodland Hills dans la vallée de San Fernando à Los Angeles, se retrouve aujourd'hui au cœur d'une nouvelle tempête judiciaire.
Une famille israélo-américaine vient de la poursuivre en justice, l'accusant de l'avoir humiliée puis expulsée en raison de ses convictions pro-israéliennes.

Un dossier explosif, qui dit beaucoup sur les fractures qui traversent aujourd'hui la communauté juive américaine.

Une synagogue née de la fusion, déjà fragilisée

HaMakom  dont le nom signifie simplement « Le Lieu » en hébreu  est une congrégation conservatrice née en 2023 de la fusion de deux synagogues établies de longue date dans le West Valley, Shomrei Torah Synagogue et Temple Aliyah. Jewish Foundation of Los Angeles

Son siège est établi sur Valley Circle Boulevard à Woodland Hills. Thousand Oaks Acorn -
La synagogue gère également un centre communautaire, une école et une maternelle, et compte environ 900 familles membres. Ynetnews

Cette institution, encore jeune, avait à peine eu le temps d'asseoir son identité qu'elle était déjà rattrapée par les turbulences du contexte géopolitique.
En mars 2024, sa direction avait loué ses locaux à l'Islamic Society of West Valley pour accueillir les fidèles musulmans en débordement lors du Ramadan et avait, en amont de cet événement, recouvert les affiches des otages israéliens détenus par le Hamas dans le hall d'entrée, comme une courtoisie envers leurs hôtes.

Les photos avaient circulé, l'indignation avait été immédiate et massive.
Des centaines de fidèles avaient alors menacé de quitter la congrégation, et la direction de la synagogue avait résilié son contrat avec le groupe musulman avant de convoquer une assemblée générale en urgence, à l'issue de laquelle ses deux co-présidentes avaient présenté leur démission.

Un an après ce premier scandale, HaMakom refait parler d'elle. Mais cette fois, c'est à titre de défendeur dans une procédure judiciaire déposée à Los Angeles.

Tout commence par un message WhatsApp

La plainte relate une séquence d'événements qui, à première vue, pourrait sembler anodine avant de virer au cauchemar pour la famille concernée.
Une femme prénommée Tali, dont le nom de famille n'est pas précisé dans les documents disponibles, envoie un message dans un groupe WhatsApp de parents de l'école de la synagogue pour signaler une défaillance dans l'application de sécurité utilisée par l'établissement. Le ton est vif, la frustration palpable.

Ce simple geste va déclencher une mécanique d'exclusion que la plainte décrit comme méthodique et humiliante.
Quelques jours plus tard, le mari de Tali se présente à l'entrée de la synagogue : il est arrêté net par les agents de sécurité, empêché d'entrer, et sa voiture est fouillée sous la pluie battante, devant d'autres parents qui assistent à la scène.
Leur jeune fils, à l'arrière du véhicule, pleure. L'humiliation est publique, délibérée selon la plainte, et sans précédent pour une famille qui se considérait membre à part entière de la communauté.

Tali, elle, encaisse le choc différemment : quelques jours après l'incident, elle fait une crise de panique sévère et est transportée d'urgence à l'hôpital. La mécanique d'exclusion, pourtant, ne s'arrête pas là.

« Ce n'est plus votre place ici »

Le dénouement est brutal. La direction de la synagogue signifie au couple, selon la plainte, que leur présence n'est plus la bienvenue : « Ce n'est plus votre place ici. »
Leur fils, élève en maternelle, est renvoyé de l'école sans ménagement, sans même avoir eu le droit de faire ses adieux à ses camarades de classe. Une rupture soudaine, sans procédure, sans préavis, qui constitue selon les plaignants une violation manifeste du contrat qui les liait à l'établissement.

Le couple a décidé de porter l'affaire devant les tribunaux. La plainte vise la synagogue HaMakom, son directeur exécutif Michael Cantor un professionnel du monde communautaire juif fort de plus de vingt ans d'expérience, passé notamment par Temple Isaiah à West Los Angeles, Temple Emanuel à Newton dans le Massachusetts et la synagogue Nessah à Beverly Hills Hamakomla  ainsi que la société de sécurité impliquée dans la fouille du véhicule. Les chefs d'accusation retenus sont le préjudice moral, la négligence et la rupture de contrat.
La famille réclame des dommages et intérêts dont le montant n'a pas été rendu public.

Une fracture au sein même du judaïsme américain

Ce qui rend cette affaire particulièrement singulière, c'est son contexte : la famille poursuit non pas un adversaire extérieur à la communauté juive, mais la synagogue elle-même, le lieu censé être le leur.

La plainte touche à une réalité douloureuse que le 7 octobre 2023 a profondément exacerbée : la division au sein des communautés juives américaines sur la manière de se positionner vis-à-vis d'Israël, des otages, du conflit à Gaza, et des relations interconfessionnelles.

HaMakom n'est pas une institution marginale. C'est une grande synagogue conservatrice, représentative d'un courant central du judaïsme américain  ni orthodoxe, ni réformé  qui a toujours cultivé une identité ouverte et pluraliste. Que ce type d'établissement se retrouve accusé d'avoir expulsé une famille en raison de ses positions pro-israéliennes constitue, pour de nombreux observateurs, un signal d'alarme inquiétant.

Un établissement qui accumule les crises

Pour HaMakom, cette nouvelle procédure judiciaire s'inscrit dans une trajectoire déjà très marquée. Après l'affaire des affiches recouvertes en mars 2024, le rabbin Stewart Vogel avait déclaré au Jewish Journal of Greater Los Angeles :
« Le fait de recouvrir ces affiches ne reflète ni les valeurs de Richard ni les miennes, ni celles de notre synagogue. Nous regrettons la douleur que nous avons causée à la communauté juive, et en particulier à la communauté israélienne. »

Ces regrets publics n'avaient pas suffi à éteindre l'incendie. Selon les informations rendues publiques à l'époque, la synagogue avait également dû faire face à la révélation que l'un des intervenants invités par le groupe musulman, Hussam Ayloush, directeur général du chapitre californien du Conseil des Relations Américano-Islamiques (CAIR-CA), avait tenu des propos hostiles à Israël lors de la soirée.

La résiliation du contrat de location et les démissions en cascade avaient suivi dans les heures qui suivaient

Aujourd'hui, la synagogue est confrontée à une plainte qui la place dans une position encore plus délicate : celle d'une institution accusée non plus d'imprudence dans ses choix de partenariats, mais de discrimination active envers ses propres membres. L'issue de cette procédure pourrait avoir des répercussions bien au-delà de Woodland Hills, dans un moment où la question de la place du soutien à Israël au sein des synagogues libérales américaines est plus tendue que jamais.

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