Israël : 27 morts seuls en un mois, dans l'indifférence totale le cri d'alarme de ZAKA

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Israël : 27 morts seuls en un mois, dans l'indifférence totale le cri d'alarme de ZAKA

Israël : 27 morts seuls en un mois, le cri d'alarme de ZAKA

Vingt-sept. C'est le nombre de personnes retrouvées mortes à leur domicile en Israël au cours du seul mois de mai, des jours — parfois des semaines — après leur décès.
Un chiffre que l'organisation de secours ZAKA a rendu public cette semaine, déclenchant une onde de choc dans la société israélienne. Par rapport à mai 2024, la hausse est de 170 %. En un an, le phénomène a presque triplé.

Derrière les statistiques, des visages. Un survivant de la Shoah de 86 ans retrouvé sans vie à Beersheva. Une femme de 54 ans à Dimona, que sa famille croyait hospitalisée. Un homme de 69 ans découvert à Netanya, aux côtés de sa mère démente incapable de donner l'alerte. Une femme de 50 ans, seule dans un refuge d'Eilat sans électricité ni lumière. Vingt-sept destins. Vingt-sept personnes mortes dans l'indifférence générale.

La solitude, maladie mortelle

« Un simple coup à la porte ou un coup de téléphone peut tout changer », martèle Haim Weingarten, directeur adjoint des opérations de ZAKA. Pour lui, ce bilan n'est pas seulement une tragédie humaine — c'est une défaillance collective. Derrière chaque cas, la même réalité : une personne dont l'absence n'a pas été remarquée à temps.

Moti Bookchin, porte-parole de l'organisation, ne prend pas de gants : « La solitude est devenue un véritable danger pour la vie. » Il parle de « signal d'alarme social » et rappelle que ces 27 personnes vivaient parmi nous — dans nos immeubles, nos quartiers, nos villes — avant de mourir dans un silence total.

« Voisin, soyez vigilant si je suis absent »

Face à l'ampleur du phénomène, ZAKA a lancé une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux. Le message est simple, direct, universel : regardez autour de vous. Un voisin qu'on n'a pas vu depuis quelques jours, une boîte aux lettres qui déborde, une lumière qui ne s'allume plus — autant de signaux qui peuvent sauver une vie.

La campagne intervient dans un contexte social particulièrement tendu en Israël, où la guerre à Gaza et ses répercussions économiques ont accentué les fractures communautaires et l'isolement des personnes vulnérables. Les personnes âgées vivant seules, les individus souffrant de troubles mentaux ou simplement coupés de tout réseau familial constituent les premières victimes de cette épidémie silencieuse.

Ce que ZAKA documente chaque mois n'est pas un fait divers. C'est le miroir d'une société qui regarde ailleurs.

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