Yotam Koman, le surdoué israélien qui a choisi Rome pour réaliser un rêve de médecine

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Yotam Koman, le surdoué israélien qui a choisi Rome pour réaliser un rêve de médecine

« Après avoir été partout, j’ai réalisé qu’il manquait quelque chose » : l’incroyable reconversion d’un surdoué israélien en médecine à Rome

Il a servi dans l’unité 8200 en Israël,joué du saxophone sur scène, signé une pièce de théâtre, enseigné à l’université… mais à 33 ans, Yotam Koman a tout quitté. Brillant psychologue et chercheur, il a troqué la reconnaissance israélienne contre une vie d’étudiant en médecine à Rome, guidé par une quête singulière : reconnecter le corps et l’esprit.
Une reconversion audacieuse, entre mer, course à pied et philosophie de la décision, portée par une routine millimétrée et un rêve viscéral.

De l’élite technologique israélienne à la médecine humaniste, Yotam Koman, psychologue clinicien et ancien de l’unité 8200, poursuit un rêve intime : relier le corps à l’esprit. À 33 ans, il quitte une brillante carrière en Israël pour entamer un nouveau chapitre en Italie.

À première vue, Yotam Koman avait tout pour lui. Lauréat du prestigieux programme Adi Lautman pour étudiants d’exception à l’Université de Tel Aviv, ancien soldat de l’unité 8200 – la pépinière technologique de l’armée israélienne –, psychologue clinicien, saxophoniste dans un groupe de jazz, dramaturge publié, il incarnait le prototype de la réussite israélienne. Pourtant, derrière ce curriculum impressionnant, une insatisfaction silencieuse le rongeait. « J’ai été directement orienté vers un master, j’ai sauté le premier car c’est un programme réservé aux génies », raconte-t-il avec un sourire discret. Mais ce parcours hors norme ne comblait pas une quête plus profonde : celle du sens.

Un virage radical, un rêve ancien

« Mon rêve est de connecter le corps et l’esprit », confie-t-il. Pendant des années, Yotam s’est consacré à la psychologie et aux neurosciences, mais ces disciplines, aussi sophistiquées soient-elles, ne lui ont pas offert les réponses espérées. « N’ayant pas trouvé ce chemin en psychologie et en neurosciences, j’essaie d’aborder ce sujet par le biais de la médecine », explique-t-il, serein. Ce n’est pas un caprice, mais une bascule radicale, mûrie avec lucidité : à 33 ans, il choisit de repartir de zéro, de quitter Israël et de s’inscrire en médecine à Rome.

Aujourd’hui, il partage son temps entre deux vies et deux pays. À Rome, il est étudiant en médecine et doctorant en neurosciences. À Tel Aviv, il reste enseignant-chercheur en psychologie à la faculté de management et suit des patients dans sa pratique clinique. Une existence double, mobile, exigeante. Une discipline de fer est indispensable pour maintenir l’équilibre. Elle commence dès les premières heures du jour.

Un matin ordonné comme une promesse

Yotam a instauré une routine matinée presque rituelle, qu’il considère comme la fondation invisible de son efficacité mentale et physique. Il se réveille chaque jour à la lumière naturelle, les fenêtres grandes ouvertes. « C’est mon moment de calme avant que la journée ne commence vraiment », confie-t-il. Un café, un rasage rapide – geste anodin mais essentiel, et il enfile ses baskets pour courir avec son chien Patrick.

Ce moment-là, il s’y accroche avec ferveur : aucune technologie, pas d’écouteurs, pas de montre, ni même de téléphone. « Je cours pour le plaisir – pas d’écouteurs, pas de téléphone, pas de montre, rien », insiste-t-il.
Courir à l’écoute de la ville, de la mer, de ses propres pas, devient une forme de méditation active. «
On peut sentir les odeurs, entendre les gens parler dans la rue. » Il court environ 40 minutes, trois à quatre fois par semaine, le long de la promenade, avant de plonger dans la mer.
«
Je me douche sur la plage avec le tuyau d’arrosage du chien – sur la plage canine –, je me peigne sur la plage, je rentre chez moi, je me change et je commence ma routine quotidienne », raconte-t-il, sans affectation.

Agir sans peur, vivre avec lucidité

Chercheur en motivation et en prise de décision, Yotam applique à lui-même les théories qu’il enseigne. « J’étudie ce qui nous pousse à agir ainsi, comment assumer nos décisions sans nous haïr ni en avoir peur », résume-t-il. Sa propre vie témoigne de ce credo. Prendre le risque de tout quitter pour recommencer ailleurs, dans un domaine nouveau, est une décision qu’il a assumée pleinement.

Fils du célèbre Alex Koman, Yotam a choisi de ne pas marcher dans les traces familiales. Installé à Neve Tzedek, en plein cœur de Tel Aviv, célibataire, il incarne une génération qui ose redéfinir la réussite.
«
En tant que chercheur en prise de décision, je sais que les décisions prises le matin déterminent le reste de la journée », affirme-t-il.

Même son rituel de rasage devient un acte signifiant : « Se raser fait partie de ma préparation avant d’aller courir : cela me donne l’assurance d’avoir l’apparence que je souhaite, sans avoir à y penser ni à m’inquiéter. »

Un pont entre deux disciplines, deux mondes, deux soi

Entre Rome et Tel Aviv, entre médecine et psychologie, Yotam construit un chemin singulier où s’entrelacent rigueur scientifique et recherche spirituelle. Il ne veut pas choisir entre ses deux vocations : celle qui guérit l’esprit et celle qui soigne le corps. Cette capacité à s’organiser dans le chaos, à faire tenir ensemble les pièces disparates de sa vie, est devenue son expertise.

Même les détails du quotidien prennent un relief particulier : un rasage net, un départ à la course, une immersion dans la mer. Rien n’est anodin lorsqu’on cherche à créer un équilibre intime et durable. « En fin de compte, ce matin me prépare à être au bon endroit pour ceux qui viennent à moi », conclut-il. Chaque jour, il incarne cette harmonie entre pensée et chair, entre rêve et action, entre hier et demain.

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