Un divorce à Tel-Aviv pulvérise les lois du silence fiscal : 50 millions de $ pour l’épouse

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Un divorce à Tel-Aviv pulvérise les lois du silence fiscal : 50 millions de $ pour l’épouse

Dans une décision aussi rare que retentissante, un juge israélien a refusé de se laisser piéger par les artifices juridiques d’un mari millionnaire qui avait dissimulé sa fortune dans un réseau sophistiqué de sociétés et de fiducies à l’étranger. Ignorant les façades légales, il a restitué à l’épouse, tenue à l’écart de tout, une part égale de leur patrimoine estimé à 100 millions de dollars. Une victoire judiciaire sans précédent qui bouscule les frontières entre droit du divorce et justice économique.

Un juge dénonce une manœuvre financière sophistiquée pour priver une épouse de ses droits : le récit d’un divorce mené d’une main de maître

C’est l’histoire d’un divorce à cent millions de dollars, dont la sentence vient d’être rendue par le tribunal des affaires familiales de Tel-Aviv.
Après près de
vingt ans de mariage, un homme, figure de l’élite financière, a tout tenté pour priver son épouse de la moitié de leur immense fortune, dissimulée dans un labyrinthe de sociétés écrans et de fiducies disséminées à l’international. Il a perdu. Et elle a gagné : une maison d’une valeur de 25 millions de dollars, 37,5 millions de dollars en espèces, et 2,6 millions de shekels pour ses frais d’avocat.

« L’affaire la plus scandaleuse que j’ai eu à traiter », écrit sans détour le vice-président du tribunal, le juge Yehoram Shaked, dans une décision d’une sévérité rare, qui pointe la duplicité d’un homme prêt à tout pour ne pas verser un centime à la mère de ses enfants.

Un couple d’élite, une séparation aux enjeux vertigineux

Le couple avait tout pour figurer dans les pages mondaines des journaux : des diplômes de Harvard pour tous les deux, une vie de luxe entre les États-Unis, l’Angleterre et Israël, et une villa de 1 600 m² dans une enclave huppée du pays, avec chauffage au sol, piscine, court de tennis, spa, sauna sec et humide. Pourtant, derrière l’apparente réussite, un déséquilibre profond : la femme avait mis entre parenthèses sa carrière pour élever leurs enfants, tandis que son mari, expert en fonds spéculatifs et optimisation fiscale, bâtissait une fortune colossale.

Lorsque le mariage s’effondre en 2016, après deux décennies de vie commune, la femme découvre peu à peu l’ampleur du système qu’il a mis en place. La maison familiale ? Enregistrée au nom d’une société basée dans les îles Vierges britanniques, elle-même contrôlée par un fonds fiduciaire fondé sur l’île anglo-normande de Guernesey.
Un montage complexe qui n’avait qu’un but, selon le juge : évincer son épouse de toute participation au patrimoine familial.

« Vivre dans une cage dorée »

Dans sa plainte, l’épouse dépeint une vie de dépendance financière totale, où elle n’avait accès à aucun compte ni ressource personnelle, bien qu’elle vive dans le confort absolu. « Vivre dans une cage dorée », dit-elle, avec l’angoisse constante d’être abandonnée sans rien si le couple venait à se séparer.

Face à cela, l’homme nie tout en bloc. Il affirme que la maison ne leur appartient pas personnellement, mais à la société. Il ajoute que le reste des biens est déjà en grande partie au nom de son épouse, sous-entendant une manœuvre malhonnête de sa part. Des affirmations que le tribunal balaiera avec vigueur.

Une dissimulation méthodique, un juge intraitable

Le juge Shaked ne s’y trompe pas. Dès les premières lignes de sa décision, il souligne la volonté implacable du mari : « Il s’était fixé un objectif suprême – il n’y en a pas d’autre – : ne pas verser à cette femme un seul shekel de l’immense fortune qu’ils avaient accumulée. » Et d’ajouter que son témoignage était truffé de mensonges, sa défense soutenue par « une batterie d’avocats » visait uniquement à contourner la loi.

Le verdict est clair : la maison vaut 25 millions de dollars, et doit être vendue, avec un partage égal des fonds. Le reste du patrimoine, évalué à 75 millions de dollars, revient pour moitié à l’épouse : 37,5 millions de dollars à verser par le mari.

Enfin, le tribunal condamne l’homme et sa société à payer 2,6 millions de shekels de frais juridiques à la plaignante. Une décision qui résonne comme une mise en garde contre les dérives d’une élite financière qui pense pouvoir échapper à la justice.

Les avocats de l’épouse étaient Maître Yehudit Maysles et Maître Shmuel Moran. Le défendeur était représenté par Maître Roy Sidi et Maître Barak Tal. L’avocat Moshe Pardes, spécialiste du droit de la famille, a également suivi le dossier.

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