Ronen Bar limogé : le Shin Bet savait, mais n’a pas agi – la décision judiciaire suspend le verdict politique

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Shin Bet en crise : Ronen Bar défie Netanyahu et refuse de démissionner

Le chef du Shin Bet, Ronen Bar, sous le feu des critiques après le 7 octobre

Alors que la responsabilité des services de renseignement israéliens dans les défaillances du 7 octobre reste au cœur du débat public, le gouvernement a voté le limogeage du chef du Shin Bet, Ronen Bar. Une décision contestée, sur fond d’alertes ignorées, de conflits d’intérêts présumés et de guerre encore en cours.
Tandis que la Cour suprême suspend son éviction, c’est l’intégrité des institutions sécuritaires israéliennes qui se trouve aujourd’hui mise à l’épreuve.

Une attaque politique directe au sein du cabinet

Dimanche, alors que le gouvernement se réunissait pour examiner la révocation de Ronen Bar, chef du Shin Bet, un haut responsable politique a brisé les codes habituels de réserve en s’attaquant frontalement à lui :

“Il n’est pas venu parce qu’il avait peur de donner des réponses – et d’expliquer pourquoi, après avoir su de nombreuses heures avant l’attaque, il n’a rien fait et n’a pas appelé le Premier ministre.”

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Ce commentaire, attribué à un “source politique” lors du huis clos gouvernemental, révèle l’extrême tension qui règne au sommet de l’État autour de la gestion des alertes sécuritaires de la nuit du 6 au 7 octobre 2023, qui ont précédé l’attaque massive du Hamas contre Israël.

Le Shin Bet, dans un rapport interne, a reconnu avoir été en possession d’un renseignement important, mais a nié avoir compris à ce moment-là l’ampleur ou l’imminence de l’assaut.

Le Shin Bet admet une alerte, mais pas sa portée

Dans ce rapport, publié en partie par les médias israéliens début mars, les responsables du service de sécurité intérieure reconnaissent avoir détenu une “alerte concrète” la veille de l’attaque. Toutefois, ils affirment que cette alerte ne permettait pas de conclure à un plan d’attaque d’une telle envergure.

“Le service n’a pas su anticiper l’échelle, la date ni le modus operandi de l’agression coordonnée du Hamas”, peut-on lire dans les conclusions de cette enquête interne.

Il faut rappeler que l’attaque du 7 octobre a coûté la vie à 1 218 personnes, en majorité des civils, et a entraîné l’enlèvement de plus de 250 Israéliens, dont plusieurs sont toujours otages à Gaza.

Une décision politique controversée

Le gouvernement, lors de la même séance, a voté à l’unanimité la révocation de Ronen Bar. Officiellement, la décision repose sur une perte de confiance dans le chef du Shin Bet. Le ministre de la Justice Yariv Levin a résumé la position du cabinet :

“Ronen Bar ne nous a laissé aucun choix. Ce n’est pas seulement la lettre – c’est toute sa conduite.”

Mais derrière cette décision, plusieurs observateurs évoquent une manœuvre politique. En effet, Ronen Bar aurait supervisé ou initié des enquêtes sensibles, notamment sur des flux financiers liés au Qatar et des éléments proches du bureau du Premier ministre. Ces enquêtes sont aujourd’hui au cœur des soupçons de conflit d’intérêts avancés par Bar lui-même.

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Dans une lettre adressée au gouvernement et rendue publique, Ronen Bar dénonce une “décision invalide et motivée par des considérations personnelles”.

Blocage judiciaire : la Cour suprême intervient

La Cour suprême israélienne, saisie dans l’urgence, a suspendu la décision de révocation dans l’attente d’un examen des recours déposés. Elle a également interdit toute nomination d’un nouveau directeur du Shin Bet tant que l’affaire n’est pas tranchée.

Ce gel est une clause de sauvegarde institutionnelle essentielle, dans un contexte où la politisation des services de sécurité inquiète nombre d’acteurs au sein même de l’establishment militaire et sécuritaire.

Un précédent : les services dans la ligne de mire

Ce n’est pas la première fois que des chefs de services paient le prix des défaillances du 7 octobre. Aviv Kochavi, chef d’état-major jusqu’en janvier 2023, a été critiqué pour avoir laissé une armée mal préparée, tout comme le général Herzi Halevi.

Mais la tentative d’éviction de Ronen Bar, toujours en fonction à la date de l’attaque, marque un tournant : le pouvoir politique semble désormais prêt à désigner des responsables individuels, au risque de provoquer des fractures internes et d’affaiblir les institutions sécuritaires dans une période encore marquée par une guerre ouverte au Sud et au Nord.

Un Shin Bet fragilisé ?

L’image du Shin Bet, longtemps considéré comme l’un des meilleurs services de renseignement au monde, sort abîmée de cette séquence.
Le public israélien, déjà ébranlé par la violence du 7 octobre, n’a pas encore reçu de réponse claire sur la nature des signaux d’alerte reçus, et sur le processus décisionnel ayant conduit à leur sous-estimation.

Plusieurs sources internes au Shin Bet évoquent un climat délétère, entre pression politique, remises en question internes et manque de clarté sur les responsabilités stratégiques et opérationnelles.

Enjeux stratégiques et image d’Israël

Dans un contexte de guerre prolongée contre le Hamas à Gaza, et alors que les tensions avec le Hezbollah au nord restent à leur paroxysme, l’affaiblissement du Shin Bet constitue un enjeu stratégique majeur. La coordination entre les différents organes sécuritaires est essentielle à la dissuasion et à la protection du territoire.

Dès lors, les voix se multiplient pour appeler à une commission d’enquête nationale indépendante sur les failles du 7 octobre, à l’image de celle formée après la guerre du Kippour de 1973. Mais cette fois, la crise est autant sécuritaire que politique.

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