Qui sont ces Juifs de France qui font l'Alyah?

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Pourquoi les Juifs de France quittent-ils leur pays pour Israël? Parmi ceux qui franchissent le pas de l'Alyah, on observe différents types de profils. Certains partent pour des raisons économiques ou fiscales, tandis que d'autres espèrent obtenir de meilleurs emplois qu'en France. 

La France éduque, Israël recrute

Mickael, 32 ans, est originaire de Toulouse. Il est diplômé d'une école de commerce et il a un MBA en finances. Après une première aliyah, il est rentré France, où il a postulé en tant que manager dans le marketing numérique:

"J'ai cherché pendant 5 mois, j'ai envoyé peut-être 20 CV par jour. Rien... Je suis rentré en Israël. En une semaine, j'avais trois offres d'emploi, avec des salaires comparables à la France, exactement dans le même secteur."

Il explique que "le décalage est lié à la conjoncture économique et aussi beaucoup à la mentalité des recruteurs. J'ai monté ma propre boite. Mon CV n'est pas assez cohérent pour un Français. En Israël, comme en Amérique latine ou aux Etats-Unis, on me dit que c'est génial.»

Selon Daniel Benhaïm, le directeur de l'agence juive «50% des olim en 2014 avait moins de 35 ans". Une part énorme de jeunes diplômés français (27%) pensent que leur avenir professionnel se situe à l'étranger plutôt qu'en France et l’aliyah «s’inscrit dans cette logique-là».

L'alyah: une solution aux problèmes financiers? 

Emmanuel Smadja, 36 ans, a fait son alyah il y a deux ans. Il est désormais à la tête de son entreprise de création de logiciels.

Il est en colère quand il entend que " les Français partent en Israël parce qu'ils ont peur: il y a des roquettes ici, tu entends des sirènes, tu dois aller dans des abris, ne pas paniquer pour ne pas inquiéter les enfants. On ne vient pas en Israël pour fuir la peur».

Emmanuel, précise qu'il adorait la France mais il a eu de gros problèmes financiers avec son restaurant alors il a choisi de commencer une nouvelle vie en Israël:

"Quand on veut être chef d’entreprise, ici, tout est plus simple; pour créer une entreprise, tu donnes 200 shekels à un comptable tous les mois et tu n'as rien d'autre à faire que ton travail. Juste ouvrir un compte... Il y a moins de taxes, moins de charges. Tout est plus facile et plus efficace qu'en France.»

Y-a t-il encore des perspectives d'avenir en France?

La France n'encourage pas l'entreprenariat, l'écosystème est peu propice à la création d'entreprises et le niveau d'imposition trop élevé.

Franck, 38 ans, est entrepreneur. Ce sont des raisons économiques qui le poussent à faire son Alyah:

"Ceux qui pensent que la France est foutue à cause de Charlie, je pense qu'ils ont tort. Moi je pars pour d’autres raisons. J'ai eu une carrière très internationale et j’ai fréquenté des gens de tous les horizons. La France globalement est un pays qui ne bouge pas. Le marché du travail n'est pas assez flexible: moi, ça m’empêche de faire des choses. 

J'ai des gens qui travaillent en Inde pour moi parce que je veux le moins de gens possible en France à cause des contraintes: les charges importantes, les vacances très longues, les contrats très rigides qui ne te donnent pas le droit à l'erreur.

Face à cet horizon un peu bouché, je me suis demandé est-ce que j’ai envie que mes enfants grandissent là? Ma réponse c’est non." affirme t-il.

L'alyah fiscale

Alain Kaelman, 65 ans, ancien PDG de Natalys vit à Tel Aviv depuis 3 ans. Il avoue que les raisons fiscales ont beaucoup joué dans sa décision.

"En tant que nouvel immigrant, je ne paie pas d’impôts sur les revenus qui proviennent de l’étranger pendant dix ans."déclare t-il.

En 2014, Israël a modifié sa législation. Une nouvelle loi impose aux banques israéliennes d’identifier les clients étrangers et de déclarer leurs comptes à leur pays d’origine.

Devenir Israélien permet cependant de contourner la loi: le compte change  de statut en passant de compte «étranger» à «résident israélien». Les autorités bancaires israéliennes ne sont plus tenues de déclarer au fisc français les comptes de leurs nationaux.

Les émigrés dits "patrimoniaux" forment un nouveau profil d'immigrants:  «les détenteurs de patrimoines qui quittent la France en raison du niveau d’imposition élevé qui touche les plus gros contribuables».

Caroline Haïat

 

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