Nuit du 7 octobre : les échanges secrets de Tsahal qui n’ont jamais été suivis d’actions

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Nuit du 7 octobre : les échanges secrets de Tsahal qui n’ont jamais été suivis d’actions

Les conversations nocturnes des hauts responsables de Tsahal le 7 octobre.

Quelques heures avant l’attaque la plus meurtrière de l’histoire du pays, les plus hauts responsables militaires échangent dans la nuit des signaux d’alerte, des ordres de vigilance, des hypothèses d’infiltration et des directives opérationnelles qui ne seront jamais appliqués.
Entre instructions annulées, absence de réaction aérienne, aveuglement du renseignement et consultations fragmentées, les révélations sur la nuit du 6 au 7 octobre dévoilent un chaos intérieur dont personne n’a mesuré l’ampleur jusqu’au matin du massacre.

Révélations essentielles dans la nuit du 6 au 7 octobre 2023

La suite d’alertes ignorées avant l’attaque

Ordres donnés à 3 h 30 et jamais appliqués

À 3 h 30 du matin, trois heures et demie avant le début de l’attaque, le commandant du Commandement Sud donne l’instruction

Il ordonne alors d’élever discrètement le niveau de préparation des forces, tout en veillant à ce qu’aucune action visible ne puisse révéler à l’ennemi que l’armée se met en alerte.

L’objectif est de ne pas dévoiler les préparatifs à l’ennemi. Mais cet ordre ne débouche sur aucune action concrète sur le terrain, alors même que trois signes inquiétants sont signalés, dont celui de la « préparation d’une opération surprise, axée sur un raid ».

Les instructions visant la surveillance des hauts responsables du Hamas, l’envoi de drones dans la bande de Gaza ou encore le transfert d’hélicoptères de combat vers la base de Ramon sont annulées. L’ordre donné à l’armée de l’air de renforcer la défense aérienne et de déployer une batterie du système Iron Dome ne se traduit par aucune mise en œuvre. Le matin venu, le dispositif de défense aérienne s’effondre en quelques minutes.

Un enchaînement de réunions mal coordonnées

Trois conversations de haut niveau se tiennent en une heure et demie, censées empêcher l’attaque : le briefing de situation de Yaron Finkelman, la consultation téléphonique du chef d’état-major Herzi Halevi, et un document de synthèse rédigé par le chef de la Division des opérations, Oded Sayuk.

À 3 h 00, une réunion de synthèse se déroule sous la direction du commandant du Commandement Sud, en présence du commandant de la division de Gaza, Avi Rosenfeld, du colonel Ariel Lebowski, du colonel Aryeh Avni, d’un officier du renseignement de la division de Gaza et du Shin Bet. Une demi-heure plus tard, Finkelman engage une discussion avec les hauts gradés sur l’activité inhabituelle observée.

Une préparation offensive jamais déclenchée

Au matin du massacre, le commandant du Commandement Sud ordonne de renforcer la préparation de l’Armée de l’Air pour l’opération « désarmer Philistia et l’Épée de Damoclès », visant une frappe en profondeur contre les commandos du Hamas.
L’opération requiert vingt avions de chasse et des heures de préparation. Pourtant, seule la préparation du renseignement est engagée. Aucun avion n’est mobilisé. Lorsque l’attaque débute, il faut quatre heures à l’Armée de l’Air pour exécuter l’opération.

Les consultations du chef d’état-major dans la nuit

À 4 h 00, une réunion se tient autour d’une activité inhabituelle dans la bande de Gaza, en présence du chef d’état-major, du chef de la Division des opérations et de Yaron Finkelman. Une heure plus tard, nouvelle consultation. Herzi Halevi insiste sur des options offensives, notamment une attaque souterraine. Il réclame une vérification de l’intégrité de la barrière et demande une surveillance étroite d’une possible infiltration par tunnel.

Lors de sa première conversation avec le commandant de division Rosenfeld après le début de l’attaque, la première question de Halevi est : « Qu’en est-il d’un tunnel d’infiltration ? » Le Hamas n’a pourtant pas attaqué depuis le sous-sol.

Alerte maritime ignorée et absence de réaction aérienne

« La mer : une réponse opérationnelle et de renseignement doit être apportée à l’éventualité d’une action depuis la frontière maritime face à la côte.» Aucune opération n’est déclenchée en conséquence. 

« Les airs : même si nous estimons que le recours à ce moyen de communication est moins probable, la vigilance et la prise de conscience doivent être renforcées. »
Là encore, aucune action ne suit. Le Hamas attaque les tours d’observation par drones et infiltre les localités en parapente.

 Communication avec l’Égypte et absence d’urgence déclarée

Herzi Halevi ordonne de se renseigner auprès des Égyptiens. Aucune information n’arrive. Dans le même temps, il demande d’« examiner les cibles de riposte rapide en vue d’une attaque, compte tenu de l’offensive du Hamas dès l’aube », puis affirme qu’« en l’absence d’éléments nouveaux significatifs, une nouvelle évaluation de la situation aura lieu demain matin ».

Un document interne récapitule les ordres… sans conséquence

À 4 h 30, deux heures avant l’attaque, Oded Sayuk diffuse un document résumant les instructions liées à l’activité inhabituelle. Il y répète les directives données plus tôt, tout en précisant que les préparatifs « n’étaient pas pertinents dans les heures qui allaient suivre en termes de disponibilité » et qu’il est indispensable de protéger les sources sensibles.

Une nouvelle enquête pour déterminer où se trouvait réellement Tsahal

Après le rejet de l’enquête de la Division des opérations, une nouvelle enquête doit être remise au chef d’état-major. Elle examinera le lien entre ces conversations nocturnes et la répartition des forces lorsque l’attaque a commencé.
Les conclusions, rédigées par le général à la retraite Itzik Turgeman, ne devraient pas modifier la position de Binder, qui quittera Tsahal à la fin de son mandat au renseignement militaire.

L’enquête ne contient aucune conclusion personnelle et ne se limite pas au fonctionnement de la Brigade des opérations. Elle cherche à déterminer où se tenait réellement Tsahal dans ces heures cruciales.

Les critiques sévères sur la gestion de la nuit

L’enquête révèle que, durant la nuit, les responsables du renseignement ont choisi de protéger leurs sources et leurs méthodes plutôt que de permettre un déploiement massif de forces. Toute mobilisation trop visible aurait pu signaler au Hamas qu’Israël disposait d’informations sensibles. Pour éviter de compromettre ces canaux de renseignement, aucune mesure opérationnelle sérieuse n’a été prise sur le terrain.

 Elle déplore l’absence totale d’évaluation de la situation durant la nuit, alors que Finkelman fut le seul à en mener une. Cette situation a compromis la compréhension des signaux avant-coureurs.

Elle critique aussi sévèrement la Direction du renseignement, accusée d’avoir dissimulé des informations aux commandants. Les éléments transmis ne reflétaient pas la situation globale et ont conduit les niveaux opérationnels à agir sur la base d’informations partielles. Turgeman décrit ce dysfonctionnement comme récurrent depuis des années.

Enfin, il apparaît que la Division des opérations, comme d’autres services, fut incapable de dresser un tableau complet de la situation dans les premières heures.

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