Livre juif : A propos des gaufres de maman Cécile de Wolfgang Freund

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Les gaufres de maman Cecile de Michael Adam

 

A propos des gaufres de maman Cécile

Wolfgang Freund

L’auteur (né en 1939) de ce „roman“ est un rescapé, juif et Français de souche, parisien de qualité gavroche. Il y insiste, dès qu‘on parle avec lui.
Oui, il a survécu à la Shoah, mais ce n’est que par hasard. Son expérience de l’enfer hitlérien s’était arrêtée au camp de Drancy, "salle d’attente“ dantesque chez "les Gaulois“ pour l’enfer d’Auschwitz, situé bien plus à l’est de la dolce vita parisienne.
Quasiment par miracle il en sort indemne (1944), mais sa vie réelle démarre en Israël à Beer-Sheva (1958) où, grâce à ses connaissances de langues (français, hébreu, anglais couramment, avec des notions d’allemand et d’arabe en plus), il entame rapidement une belle carrière dans les services administratifs de l’Université Ben-Gourion, doublée dans ses heures de loisir de celle d‘un homme de lettres: poète, écrivain, traducteur pour le français en hébreu et vice-versa.

"Les gaufres de maman Cécile“ n‘étaient pas belges comme "l’original“, mais préparées dans un petit village de la France septentrionale rurale, justement par cette "maman Cécile“ à laquelle le titre du livre est dévoué: une paysanne du coin hébergeant une poignée de petits enfants juifs qui y vivaient une existence de "faux catholiques“, semi-secrète et tranquille, jusqu’au moment où les sbires de la Gestapo allemande, assistée dans leur action lugubre par des gendarmes français pétainistes, sont venus les rafler direction Drancy … et bien plus loin encore pour la plupart d’eux. Sans retour. Marcel (Michaël Adam) lui, l’héros principal du récit, en échappa par miracle.

Ce livre est un hymne à ces anonymes de la France profonde qui, bien que non-juifs, avaient sauvé, de par leur courage et compassion, un nombre innombrable de juifs français, d’une"apothéose“ atroce dans les baraques et crématoires de la “solution finale“. Tout en risquant leur propre peau. Chacun d‘eux aurait mérité son arbre dans l’allée "des Justes“ de Yad Vashem à Jérusalem, près de leurs semblables et autres Schindler.

Michaël Adam déclenche chez moi, de ce fait, une réflexion  "collatérale“ dont je ne voudrais priver les lecteurs de ces lignes.

Selon toutes les données disponibles concernant la Shoah et ses effets infernaux, il est permis de dire que, pendant les quatre années d‘occupation nazie (1940-1944), les juifs français avaient néanmoins "bénéficié  d’une chance“ … bien que relative. Cela dit toute proportion gardée. -

Or grosso modo, les deux tiers de la communauté juive franco-française ont pu échapper aux horreurs d’Auschwitz et autres "hauts lieux“ de la machine mortifère hitlérienne.

Ceci principalement grâce à la solidarité et compassion agissante d’une fraction significative de leurs compatriotes goyim, qui, presque toujours au risque de leur propre vie "normale“, avaient prêté assistance efficace et protection solide à ces malheureux en fuite devant une structure policière, "vichyiste et gestapiste“, omniprésente dans cet Hexagone d’époque. Situation d’une résistance qui, ouvertement, ne disait jamais son nom et dont "Maman Cécile et son équipe“ furent vraiment une illustration parfaite, un cas-modèle.

Car l’autre côté de la médaille existait également sur les terres de France et de Navarre, à savoir celui des collabos avec leurs milices franco-françaises au service du régime pétainiste, qui n‘étaient pas moins antisémites que les Übermenschen d’outre-Rhin ayant envahi la France.

Le projet Endlösung version France n’aurait jamais été envisageable SANS le concours actif des unités policières pétainistes, SNCF compris pour les billets "aller simple“ direction Auschwitz et similaires destinations "balnéaires“. En France 1940/44 les conquérants allemands n’avaient pas affecté les "ressources humaines“ suffisantes à cette besogne, le gros de leurs effectifs militaires et paramilitaires (SS et tutti quanti) intrinsèquement mêlé à l’agression folle de l‘URSS, donc bloqué sur le front de l’Est.

La France durant la première moitié des années quarante, alors pays de résistance contre ou de collaboration avec Hitler et ses sbires pervers? - A partir du débarquement des forces alliées en Normandie (été 1944) la question, admettons-le, ne s’était plus posé.  -  Mais avant cette date?

La France de ces années sombres n’était pas une nation remplie de résistants comme un seul homme debout, mais un pays dont la plupart des citoyens faisaient le dos tout rond devant l’occupant, cachant "en prime“ aussi un noyau dur de collabos plus vrai que nature, dont une brochette de tristes Sires perdure jusqu’à nos jours. Les gens comparables à "Maman Cécile et son équipe“ par contre étaient une minorité courageuse et active certes, mais une minorité quand-même, devant les autres.

Ce "détail de l’histoire“ (citation Le Pen père) n’était pas le sujet du "roman“ de Michaël Adam, mais l‘auteur en est amplement marqué. Je le sais de source sûre, c’est-à-dire, de sa propre bouche.

Si tous les hommes de la planète étaient des Michaël Adam, ou des mamans Cécile soucieuses de réussir leurs gaufres, notre monde se porterait mieux.  Nous sommes aujourd‘hui, hélas, très loin du compte. D’où l‘urgence absolue d’un tel livre.

Livre juif : rencontre avec Michael Adam pour son livre Les Gaufres de maman Cécile

Michaël Adam: Les gaufres de maman Cécile. Lys Bleu Editions.

​Pour l'acheter:

https://www.lysbleueditions.com/produit/les-gaufres-de-maman-cecile/

 

 

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