Livre juif : rencontre avec Michael Adam pour son livre Les Gaufres de maman Cécile

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Les gaufres de maman Cecile de Michael Adam

 

J'ai ouvert ce livre avec difficulté.
Je l'ai évité pour tout dire, éviter ce qui pouvait faire souffrir, éviter la radicalité d'un nouveau témoignage d'un rescapé de la Shoah, d'autant plus difficile, à lire quand il s'agit d'un enfant et qu'une étrange identification s'immisce dans votre esprit ; et si cet enfant avait été le mien ? .

Et, parce que cet enfant aurait pu être mien, j'ai surmonté cet évitement 

Ce livre se distingue par sa sobriété, l'auteur ne se répand pas, il raconte les événements d'une écriture neutre, sans distinction du bien ou du mal face aux épreuves, aux séparations successives que la vie va lui imposer et d'autres qu'il saura refuser.

C'est une écriture imprégnée de son identité israélienne où on va à l'essentiel, pétrie aussi d'une culture française creuset de ses tous premiers souvenirs.

L'essentiel pour le petit Marcel sera de retrouver Maman Cécile, dont il a été séparé brutalement, par une nuit froide, où il a été, tout comme sa petite soeur de fortune, Rachel  embarqués à l'arrière d'un camion jusqu'à Drancy.

Les cris, les pleurs, de ces deux enfants et les supplications de maman Cécile n'ébranleront pas la misérable détermination, d'un officier nazi flanqué d'un policier français, celle de remplir le quota des Juifs à assassiner.

Sa réponse est directe "Tout simplement parce que sa maman n'est pas venue la chercher. Elle est partie dans un convoi pour Auschwitz."

Claudine Douillet - Avez vous retrouvé sa trace dans les archives du Mémorial de la
Shoah ?

Michael Adam -oui non seulement j'ai retrouvé sa trace et vu son nom écrit sur le mur du mémorial mais, j'ai également retrouvé sa soeur cadette, bien plus tard, lors d'un séjour à Paris avec ma femme Haya. C'était très émouvant.
Le vrai nom de Rachel était Evelyne Swchetzuk , je vous joint sa photo "

Evelyne Swchetzuk Les Gaufres de maman Cécile

Evelyne Swchetzuk

CD  - La question qui s'impose, après la lecture de votre livre est, pourquoi, après tant d'années avez vous eu ce rêve fou, de vouloir faire ce retour dans ce passé, ce passé synonyme de souffrance, celle de la séparation, de la peur dans l'antichambre de la mort, qu'était Drancy ?
Que représente pour vous ces quatre années passées chez Maman Cécile ?

MA - Celles du bonheur, ou du moins ce que je croyais être le bonheur durant cette période troublée, l'innocence et l'ignorance, l'amour.

C'était à coup sûr, ma madeleine de Proust mais à la différence que j'ai eu la chance de pouvoir en regoûter. Je regrette une chose est de ne pas avoir pu revoir Maman Cécile une dernière fois avant son grand départ.

CD - Parlons à présent de votre sionisme que vous avez découvert à votre adolescence, à la Hashomer Hatzaïr, mouvement juif sioniste.
Vous décidez de partir en Israël comme beaucoup, vous faite partie des pionniers et partez vivre dans un Kibboutz où vous rencontrez votre femme.
Mais la politique du kibboutz, notamment, concernant la séparation des enfants de leurs parents ne vous plaît pas. Pourquoi ?

MA - Parce que j'ai passé toute mon enfance à être séparé de ceux que j'aimais.
Ma mère, puis mes deux autres mamans, parce que  la politique, la guerre l'imposaient.
Mais là accepter cette séparation d'avec notre bébé, par confort, pour une politique interne, celle du kibboutz était une aberration.

CD - Qu'avez-vous appris de ces séparations et notamment celle d'avec
vos trois mamans ?

MA - D'une certaine façon la sagesse, que rien n'est irreversible, elles m'ont donc apportées l'espoir. Elles pourraient s'inscrire dans le cycle de la vie, tout comme la guerre, puis la paix, séparation puis retrouvailles.

CD- Que souhaitez -vous nous dire de plus sur votre histoire ?

MA - Vous savez, mon histoire est celle de beaucoup de mes contemporains, elle n'est pas la pire, puisque je suis là pour pouvoir la raconter... Elle est celle des rescapés de la Shoah, de ces enfants cachés. Nous, nous regardons la vie, un peu comme des touristes, sans en faire vraiment partie, nous sommes là bien-sûr mais notre ressenti, notre affect est forcément ailleurs, il a été transformé par les épreuves. Nous sommes des survivants ce qui veut dire que nous sommes au-dessus de la vie ou au-delà ...

Le manuscrit du livre a été offert à la fondation de la Shoah, une traduction en hébreu du livre est prévue.

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