La vérité sur le lobby juif américain

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le lobby juif américain

La vérité sur le lobby juif américain

La conférence annuelle de l'AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) se tiendra du 20 au 22 mars à Washington. Les 2 principaux candidats à la présidentielle, Hillary Clinton et Donald Trump, y participeront.

Benyamin Natanyahou à l'APAIC

Benyamin Natanyahou à l'AIPAC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En revanche, Benjamin Netanyahou a décidé, exceptionnellement, de faire l'impasse sur ce rendez-vous incontournable du fameux lobby juif des Etats-Unis, pour ne pas « intervenir pendant la campagne des primaires américaines », a-t-il dit.

L'AIPAC est en effet le fer de lance de ce lobby - notion parfaitement honorable outre-Atlantique. Les lobbies y sont nombreux et institutionnalisés, alors qu'ils sont honnis en Europe, singulièrement en France.

Dans l'Hexagone, on suppose que les Juifs américains disposent, à travers leurs organisations, d'une influence considérable, voire déterminante en matière diplomatique. La raison d'être de l'AIPAC est d'ailleurs, explicitement, de défendre les intérêts vitaux de Jérusalem auprès des responsables politiques.

Cette influence est-elle réelle ou est-ce un fantasme à connotation antisémite ?

D'abord, il faut se souvenir que les grandes associations juives américaines ont quasiment toutes été fondées en réaction aux persécutions subies ailleurs en diaspora. Le B'nai Brith, créé en 1843, avait pour but principal de porter secours aux Juifs du Vieux Continent victimes des pogroms. C'était aussi l'objectif de l'American Jewish Committee à partir du début du 20ème siècle.

L'AIPAC, lui, a été fondé en 1951 par des membres de l'Emergency Committee for Zionist Affairs, datant de 1939 et qui tentait de sauver des Juifs européens des griffes nazies en leur permettant de rejoindre clandestinement la Palestine mandataire.

L'AIPAC demeure fidèle à cet esprit défensif.

Il est certes très bien organisé et plus richement doté (environ 45 millions de dollars par an) que d'autres lobbies, mais les observateurs sérieux s'accordent à reconnaître que son poids n'est pas dû, paradoxalement... aux Juifs eux-mêmes. S'il pèse sur les décisions de l'exécutif et du Congrès, c'est parce que les Arabes des Etats-Unis sont extrêmement divisés et faibles : chrétiens, sunnites, chiites... D'autre part, les protestants évangéliques sont en nombre croissant et significatif. Or, ils sont très différents des catholiques français, en ce sens qu'ils sont fortement « sionistes ».

Pour eux, Jésus reviendra lorsque tous les Juifs auront rejoint Israël. L'ensemble de la société américaine est d'ailleurs imprégnée de valeurs bibliques, méprisées par beaucoup d'Européens.

Les habitants du Nouveau Monde ont le sentiment qu'ils vivent eux aussi sur une terre promise. De surcroît, les Etats-Unis et Israël se sentent solidaires, car ce sont les 2 seuls pays développés démocratiques depuis leurs origines.

Ils n'ont jamais connu la monarchie, ni la dictature. Enfin, on ne saurait oublier le complexe de culpabilité qui ronge les Américains depuis les années 80 : les historiens n'ont cessé de rappeler que leur armée n'a pas levé le petit doigt pour empêcher la Shoah - en bombardant par exemple les voies de chemins de fer utilisées pour les déportations -, alors même qu'elle se battait contre la Wehrmacht sur le sol européen. Pour les 100 000 adhérents de l'AIPAC (Juifs et non-Juifs) et ses 165 salariés, le génocide n'aurait pas eu lieu si Israël avait existé à l'époque.

Cela dit, si les Républicains sont globalement en phase avec l'AIPAC, qui soutient le cabinet de droite au pouvoir à Jérusalem, en revanche l'administration Obama se méfie autant du lobby juif que de Benjamin Netanyahou et n'hésite nullement à tenir tête à l'un comme à l'autre. On a vu, pendant les négociations sur le nucléaire iranien, que la ligne dure de l'AIPAC n'avait guère d'influence sur la diplomatie américaine.

Parallèlement, un concurrent de l'AIPAC créé en 2008, J Street, a désormais une position officielle au Congrès. Il est certes très minoritaire et peu fortuné, mais juge les positions de son rival trop droitières et trop alignées sur le gouvernement de l'Etat juif. Il représente aux Etats-Unis les membres de la communauté les plus progressistes, proches de l'Union sioniste (le Parti travailliste et ses alliés) ou carrément de l'extrême gauche israélienne.

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